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Le Blog De Papy-Bougnat

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  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
Dans ce blog vous trouverez un peu de vérité, beaucoup de passion, et quelques coups de gueule 
Bonne route & merci pour votre visite
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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 06:49

Rappelez-vous :  

Le 10 mars 1888 : premier match officiel de boxe en France

(D’après « La Petite presse » des 12, 14 et 15 mars 1888,
« Le Figaro » du 12 mars 1888 et « Tristan Bernard,
le marquis des stades » (par Benoît Heimermann) paru en 2017)

 

Choisie comme terrain neutre pour organiser un combat entre l’Américain John Lawrence Sullivan, champion du monde des lourds, et le champion anglais Charley Mitchell, la France prohibait cependant de tels affrontements, et à l’issue d’une rencontre se déroulant en plein air, durant plus de trois heures, en présence de quarante témoins, et s’achevant sous des rafales de pluie et de vent, l’ensemble des protagonistes fut arrêté par la gendarmerie, les deux sportifs étant emprisonnés à Senlis

L’Américain John Lawrence Sullivan (1858-1918), à cette époque, semblait absolument invincible. Il avait cinq pieds onze pouces de taille (1m79) et pesait plus de quatre-vingt-dix kilos. Sa largeur d’épaules était exceptionnelle et son coup de poing proverbial. Ses flatteurs le surnommaient « l’athlète merveilleux » ou encore « l’ouragan ». Il avait pour habitude de parier qu’il mettrait son adversaire hors de combat en un nombre de coups de poing déterminé.

Il avait provoqué Charley Mitchell (1861-1918), qui était aussi un combattant extraordinaire et avait successivement battu tous les poids lourds qu’on lui avait proposés, bien qu’il ne pesât lui-même guère plus de soixante-quinze kilos, mesurant 1m75. Il était monté sur le ring à dix-sept ans, et la série ininterrompue de ses victoires l’avait mis rapidement au premier rang des boxeurs du monde entier.

 

John Lawrence Sullivan. Chromolithographie d’Edward Windsor Kemble (1883)

L’enjeu du match prévu entre le champion du monde des lourds et le champion d’Angleterre s’élevait à 25 000 francs ; il était convenu qu’il aurait lieu en France, et durerait jusqu’à ce qu’un des deux adversaires fût dans l’impossibilité de continuer le combat. Début mars, Sullivan et ses amis étaient venus s’installer à Boulogne-sur-Mer. Mitchell, lui, n’avait pas quitté l’Angleterre et attendait la date fixée du 9 au 12 mars pour se rendre en France.

Le vendredi 9, le rendez-vous pris avec le plus grand mystère était à Amiens. On vit immédiatement arriver une quarantaine d’Anglais, aux allures étranges, qui erraient par les rues et éveillaient l’attention des paisibles sergents de ville. Les champions étaient chacun dans un hôtel et échangeaient des pourparlers par l’entremise de leurs témoins, pourparlers n’annonçant pas un très vif désir d’en venir aux mains. C’était en effet à qui soulèverait des objections sur le choix du terrain, la présence d’un trop grand nombre de curieux, de quelques représentants de la presse, etc.

En présence de cette attitude non moins courtoise que prudente, les quarante assistants commencèrent à avoir des doutes sérieux sur l’animosité réelle des champions et s’écrièrent, comme les témoins du duel, dans la Vie parisienne : « Si vous n’êtes pas sérieux, nous nous en allons ! » Et ils s’en allaient en effet. Ils étaient déjà dans deux trains, l’un qui chauffait pour Londres et l’autre pour Paris, quand on les pria de descendre, Mitchell et Sullivan leur faisant savoir qu’ils ne soulèveraient plus aucune objection de détail et qu’ils étaient prêts à « se tomber » avec acharnement, pourvu qu’on leur trouvât un terrain.

Deux délégués, dont le rédacteur du Sportsman, se mirent alors en quête d’un Pré-aux-Clercs, et bientôt partirent pour Creil où ils donnèrent rendez-vous, à huit heures et demie à la gare le samedi 10 mars, aux deux combattants et à leurs quarante témoins, personne ne leur prêtant attention. La rencontre eut lieu dans le parc d’Apremont, le samedi à 12h53, derrière les écuries du baron de Rothschild, dans un champ de vingt-quatre pieds qu’il avait mis à la disposition des organisateurs et qui fut clos par des cordes soutenues par des piquets. Le public, composé uniquement d’invités, se tenait debout derrière les cordes.

Les deux adversaires, nus jusqu’à la ceinture, furent mis en présence l’un de l’autre. À ce moment Sullivan offrit de parier pour lui-même 500 livres sterling contre 300. Ce pari ne fut pas tenu. Un de ses partisans offrit alors de parier pour lui 500 livres sterling contre 200. L’offre fut également déclinée. Le juge du camp, M. Angle, rappela aux deux adversaires qu’ils devaient se conformer aux règles de la boxe anglaise. Les règlements du « Prize Ring » différaient beaucoup de ceux qu’on observe aujourd’hui ; la durée des rounds n’était limitée que par la chute d’un des adversaires ; puis, après un court repos dans leurs coins respectifs, les boxeurs reprenaient le combat jusqu’à une nouvelle chute.

Le combat qui s’engagea devait durer trois heures dix minutes et cinquante-cinq secondes. Sullivan entra le premier en lice, et fut suivi par Mitchell. Après le salut d’usage, échange de poignées de main des plus cordiales, les témoins se retirèrent et laissèrent les adversaires aux prises. Mitchell, petit en comparaison de son rival, était un vrai modèle d’homme bien proportionné et bien musclé, tout à fait entraîné. Sullivan était en moins bonne condition et n’attirait l’attention que par sa taille, la longueur de ses bras et la puissance de ses épaules. Les combattants s’observèrent longuement dans un premier temps. Puis Sullivan porta le premier coup.

Charley Mitchell. Photographie de 1886

Pendant les trois premières reprises, l’avantage resta à Sullivan, et les amis de Mitchell se félicitèrent de ne pas avoir accepté de doubler l’enjeu. À la quatrième reprise, Mitchell reçut un coup de main droite de Sullivan, qui l’étendit à terre. Les amis de Sullivan offrirent trois contre un contre Mitchell, qui souffrait visiblement du coup reçu. On s’attendit alors à voir Sullivan jouer son rôle du Champion Knocker-out (assommeur), mais il manqua plusieurs occasions de remporter la victoire.

Loin d’être mis hors de combat, Mitchell, comme on pouvait s’y attendre après les premiers coups portés par Sullivan, montra beaucoup d’endurance et d’habileté. Il fatigua longtemps Sullivan en lui faisant faire le tour de l’enceinte, mais deux ou trois fois il fut acculé dans un coin et reçut des coups terribles sur la tête.

Sullivan domina certes d’un bout à l’autre de l’affrontement, et c’était toujours la chute de Mitchell qui terminait les rounds, mais après chaque repos, le courageux Anglais reprenait le combat avec plus de courage et d’énergie. Sullivan, qui cherchait à placer un des terribles coups du droit dont il avait le secret et le monopole, ne put parvenir à toucher définitivement cet agile adversaire qui le harcelait sans relâche.

Enfin, après plus de trois heures de bataille, Mitchell semblait plus frais que son pesant adversaire, bien que tous les deux eussent le visage ensanglanté. Le combat, qui en était à son trente-neuvième round, était donc plus que jamais incertain. Les rafales de vent et la pluie qui tombait à torrents depuis une heure faisaient claquer les dents de Sullivan, qui grelottait et se fatiguait visiblement.

Le round se déroulait depuis plus de trente minutes lorsque, soudain, on vit les deux hommes s’arrêter, échanger quelques mots avec l’arbitre puis se serrer la main. D’un commun accord, ils acceptaient le « draw » ou match nul. Mitchell avait l’œil gauche tout à fait fermé, et une large contusion était visible sur sa joue droite. Il avait également sur le corps la marque des poings de Sullivan. Celui-ci était moins meurtri, mais il était accablé de fatigue.

Boxeurs et assistants quittèrent Apremont à 17h30. Pendant les cinq heures qu’ils avaient si bien employées, aucun représentant de l’autorité n’était venu troubler leur plaisir. Mais tout à coup quelqu’un cria : « Voici un gendarme ! » Toute la troupe venait de remonter dans les voitures qui l’avaient amené à Creil. On était à jeun depuis le matin, et l’on comptait dîner au buffet de la faire avant de reprendre le train pour Amiens.

C’est alors qu’on aperçut un cavalier qui arrivait au grand trot. C’était un gendarme qui signifia aux cochers l’ordre de prendre la route de Senlis. La commune d’Apremont, sur le territoire de laquelle le combat avait eu lieu, dépendait de l’arrondissement de Senlis, et c’est dans cette ville que siégeait le tribunal. Le reste de la brigade de gendarmerie déboucha presque au même moment. Il fallut obéir.

Deux des Anglais sautèrent à bas des voitures et prirent la fuite. Le brigadier ordonna à haute voix à ses hommes de faire usage de leurs armes sur ceux qui tenteraient de s’échapper. Les voitures, bien escortées, se dirigèrent sur Senlis, distant d’une dizaine de kilomètres.

Combattants, témoins, parieurs, tous le prisonniers furent conduits devant le procureur de la République. On prit leurs noms, puis on les invita à faire connaître les deux combattants. Refus général de parler ; mais Charley Mitchell, avec son œil gauche complètement poché, et John Sullivan, avec sa lèvre fendue, étaient fort reconnaissables. Ils furent emmenés dans une pièce voisine, où les magistrats procédèrent à un interrogatoire sommaire. Quelques instants plus tard, on vit passer les deux prisonniers emmenés par les gendarmes et portant les menottes aux mains.

Le combat opposant Sullivan à Mitchell le 10 mars 1888. Gravure du temps

Le procureur de la République déclara à toutes les autres personnes arrêtées qu’elles étaient libres de se retirer, mais que Mitchell et Sullivan coucheraient en prison. Parmi les témoins du combat se trouvait Kilraine, boxeur qui s’était battu au mois de décembre précédent dans l’île de Bonnières. Il était un des deux assistants qui purent s’échapper lorsque les gendarmes arrêtèrent les voitures sur la route.

Les deux boxeurs furent remis en liberté provisoire, sous caution de deux cents livres, le lendemain matin, avec invitation à se présenter devant le tribunal, à l’audience de lundi. Ils étaient poursuivis en vertu des articles 309 et 311 du Code pénal

Sullivan et Mitchell seront poursuivis en police correctionnelle en vertu des articles 309 et 311 du Code pénal, ces deux articles combinés punissant d’un emprisonnement de deux ans à cinq ans, et d’une amende de cinquante à cinq cents francs « tout individu qui, volontairement, aura fait des blessures ou porté des coups, avec préméditation, sans que les coups et blessures aient occasionné aucune maladie ni incapacité de travail ».

Mitchell et Sullivan revinrent dimanche à Paris, tous deux ayant le visage en assez fâcheux état. Le soir, toute la bande dînait dans une taverne américaine, rue Scribe. Le champion américain, rendu un peu nerveux par son échec à Apremont et la mauvaise nuit dans la prison de Senlis, passa sa mauvaise humeur sur le garçon. Celui-ci ne servant pas assez vite, Sullivan lui envoya un coup de tête qui lui mit la figure en sang. Témoins et boxeurs partirent pour l’Angleterre par le train de 19h45, Sullivan et Mitchell s’exposant ainsi à être condamnés par défaut par le tribunal de Senlis.

 

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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 19:32

Métiers d'autrefois ; "Tonnelier" mais pas que .....

Tonnelleries de Gironde :
un savoir-faire reconnu

Les tonnelleries de Gironde, comme d’autres en France, affichent une bonne santé. Certains châteaux possèdent leur propre tonnelier, d’autres commandent leurs barriques chez ces tonneliers artisanaux ou plus gros, qui, depuis dès années, montrent un savoir-faire reconnu. Tour d’horizon à Smith Haut-Lafitte, à la tonnellerie Bordelaise à Martillac et chez Nadalié à Ludon-Médoc.

 

Tonnelier, un savoir-faire vieux de plus de 2000 ans. Smith Haut-Lafitte est l’un des 3 châteaux du Bordelais avec Lafitte et Margaux à avoir son propre tonnelier depuis 1995, avec Didier Fezil, comme premier tonnelier. Jean-Luc Itey a pris la suite en 2001 et fabrique ici 550 barriques à l’année. Il choisit d’abord son chêne, qui provient pour environ 55 à 60% de chêne de la forêt de Tronçais dans l’Allier, le reste provenant d’autres forêts de chêne en région parisienne ou dans le centre de la France. « C’est la pression des cercles qui fait en partie l’étanchéité, il y a aussi le fait que le bois est fendu dans le sens du fil, et après il y a une part de gonflement par rapport au vin, qui fait que la barrique est étanche », explique Jean-Luc Itey, tonnelier.

La qualité des bois et la maîtrise de la chauffe expliquent ce choix d’une tonnellerie au château, comme le précise Fabien Teitgen, directeur technique de Smith Haut-Lafitte : « Si on sous-chauffe la barrique, on va apporter des éléments négatifs au niveau aromatique, et si on la surchauffe on va donner des notes de fumé, de grillé, de toasté, et comme dans les graves comme à Smith Haut Lafitte, le terroir donne déjà des notes de fumé, d’âtre, de silex, on va plutôt travailler sur des chauffes très douces, très soft à l’intérieur pour donner des compléments de type caramel doux, des notes d’épices, plutôt que de renforcer le côté fumé. »

 

A l’heure du gravage laser sur les barriques, et de la mécanisation pour le cerclage, la tonnellerie Bordelaise reste malgré ces avancées, une tonnellerie artisanale. Fondée en 2001 par Didier Fesil, meilleur ouvrier de France, elle emploie 13 personnes dont 10 tonneliers. Avec cette passion chevillée au corps, Didier Fesil aime transmettre son savoir-faire : ainsi a-t-il permis à Anthony un jeune tonnelier d’être meilleur apprenti de France. Une transmission qui s’opère aussi avec l’Ecole de Tonnellerie ouverte récemment à Blanquefort : 4 tonneliers et un professeur de viticulture et d’œnologie sont à l’origine de ce projet.

Dans son atelier à Martillac, ce sont 5000 fûts qui sont réalisés à l’année, essentiellement des bordelaises de 225 litres mais aussi de plus en plus de barriques plus volumineuses ou encore des cuves tronconniques ou des foudres : « On va vers des 400 et des 500 litres, pourquoi ? Parce que le rapport bois-vin n’est pas le même dans 400 litres que dans une barrique de 225 litres », commente Didier Fezil. « Et puis, il y a aussi l’aspect économique, aujourd’hui les vins passés en barriques de 400 litres, par exemple, reviennent moins chers à la bouteille que dans des barriques de 225 litres. »

Fondée en 1902 par Auguste Nadalié, la tonnellerie Nadalié à Ludon-Médoc est aujourd’hui l’une des plus importantes de Gironde. 30000 barriques y sont réalisées à l’année, mais si l’on compte ses autres structures en Charente, Belgique, au Chili et aux USA, ce sont 70000 barriques produites par 180 tonneliers dans le monde (240 personnes employées au total).

« Il faut savoir qu’il y a seulement 2% des vins faits dans le monde qui sont élevés dans du bois, donc on se dit toujours, tiens, ça va être porteur parce qu’il y a de la marge. Toutefois, on est vraiment tributaire de la récolte, si jamais la récolte est bonne en quantité et en qualité, on fera un peu plus de barriques, on a eu de belles années comme 2009, 2010 avec un superbe millésime et la tonnellerie se portait bien, » explique Stéphane Nadalié, 5e génération à la tête de l’entreprise.

Après la mode des vins boisés dans les années 80-90, les châteaux aujourd’hui reviennent à une présence et une chauffe de la barrique moins marquées, comme l’explique Fabien Teitgen du château Smith Haut Lafitte : « C’est toute la subtile alchimie de la tonnellerie et de la barrique, c’est que la barrique doit arriver en support du vin mais ne doit pas arriver au-dessus du vin. » La fédération des tonneliers de France a enregistré une augmentation en volume de +8% de l’activité en 2015, avec une production annuelle au total de 592000 fûts. Preuve que les tonnelleries ont encore de beaux jours devant elles...

 

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1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 07:19

Non seulement ce texte très touchant, remuant… et par- delà, attristant et révoltant m’a bouleversé, mais le plus important c’est qu’il souhaite soulever la question de l’isolement des personnes démentes, de l’impact de cet isolement sur leur santé physique et morale, d’autant plus dur que le contact par téléphone est rendu impossible de par leur incapacité à le gérer.

Je cite:         

Mémé,

Cela fait maintenant quelques années que tu oublies. Les mots s’envolent, les phrases s’effacent, les prénoms se mélangent, le temps a disparu, les lieux se ressemblent ou te deviennent étrangers.

De ton oubli que tu mesurais il y encore quelque temps et que tu évoquais pudiquement à demi-mots, il ne reste pas grand-chose.

Tu ne t’es jamais plainte, tu as courageusement affronté ta vie, et depuis bien longtemps je suis fière d’être ta petite-fille. Tu es devenue veuve aux prémices de ta retraite, tu as suivi les cours inter-âge de l’université où tu entretenais ton Italien, apprenais l’Allemand et faisais de la peinture. Tu as pris soin de toi, de tes enfants et des autres. Et petit à petit tu as passé la main et ceux dont tu t’occupais, sont ceux qui se sont mis à s’occuper de toi.

J’aime entrer dans ton appartement et sentir son odeur et mes souvenirs. J’aime sortir les jouets du coffre de la chambre du fond que j’aimais tant et voir mes enfants jouer avec.

Il y a un mois, dans cet appartement, autour de ta table et d’une tisane, ton arrière-petite-fille, toi et moi prenions ensemble un de ces fous rires qui nous font nous sentir vivant et heureux. Mémé tu as beaucoup oublié mais tu n’as jamais oublié de rire, tu manies toujours avec brio le sens de l’autodérision et celui de la répartie.

Mémé, tu es drôle, tu es facile à vivre, tu te plains très peu et tu n’oublies jamais de sourire et de dire merci. Merci à tes enfants, à tes petits-enfants. Merci à la vie.

L’autre jour tu es tombée. Tu as été hospitalisée et testée positive au coronavirus, ce nouveau variant anglais.

Les deux premiers jours de ton hospitalisation, tu as pu recevoir une visite puis ton état physique ne se dégradant pas, tu as connu l’isolement. Dix-sept jours sans visite, sans téléphone, sans visage familier, sans voix apaisante, avec du blanc, du blanc partout, des masques, des blouses. J’imagine ces dix-sept jours comme une traversée dans un brouillard épais et sourd, un froid engourdissant et angoissant tentant d’avaler tout ce qui se trouve sur son passage.

Les soignants ont téléphoné chaque jour pour donner de tes nouvelles et je sais qu’ils ont fait leur possible pour toi.

Mais que reste-t-il quand on a presque tout oublié ?

Pour Winnicott, « un bébé sans personne ça n’existe pas ».

Une personne atteinte de démence peut-elle continuer à exister coupée de ceux qu’elle aime ? Coupée de son environnement, des voix et odeurs familières ? Coupée de toute proximité physique et affective ? Coupée de ce langage non verbal rassurant, qui s’est lentement substitué aux mots et pensées évanescentes ?

Aujourd’hui, nous te retrouvons et si le coronavirus ne t’as pas tué, l’isolement, lui, a manqué sa cible de peu.

Je suis entrée dans ta chambre dimanche et j’ai vu ton regard vide, ailleurs, tes yeux mi-clos et ton visage inexpressif. Tu as mis un certain temps à sortir de cette torpeur dans laquelle tu te laissais glisser, et me reconnaître.

C’est à ce moment-là que tu m’as communiqué ce vide, cet abandon, cette tristesse. C’était abyssal, les mots me manquent autant que toi pour décrire ce moment. C’était un moment sans parole, où les émotions dépassent de très loin notre pensée. Et me voilà, te berçant dans mes bras comme un bébé pour t’apaiser et m’apaiser, pour te cacher mon trouble et mes larmes. Des larmes de joie de te revoir et des larmes de tristesse d’effleurer en pensée ce que tu viens de traverser.

Et je repense qu’il y a trente ans c’est toi qui me berçais sur ton balcon, un soir, devant les étoiles parce que j’avais peur du noir.

Mémé, j’entrevois maintenant ce que tu ne diras pas mais que tu as ressenti durant ces dix-sept jours.

Tu as manqué de sentir l’amour et la présence de tes proches. De discuter de tout et de rien. Tu m’as dit dimanche : « on est bien à discuter toutes les deux ». Moi aussi, Mémé j’aime discuter avec toi.

Tu racontes tellement bien ton enfance pendant la guerre, cette période qui a marqué ta vie et t’a donné la force de relativiser. Tu évoques avec tolérance et humilité tout ce qui touche à la maternité et dimanche, je t’ai demandé pourquoi tu avais préféré être enseignante auprès des enfants handicapés et tu m’as répondu que c’était à eux que tu avais le sentiment d’apporter le plus de bonheur.

A moi, à nous, à présent, de nous demander comment accompagner dignement les personnes atteintes de démences, en cette période de crise sanitaire inédite. Comment concilier des soins hospitaliers sans rompre totalement avec un lien affectif primordial ?

Laissons-nous un bébé séparé de ses parents pendant plusieurs jours ?

Peut-on humainement abandonner une personne atteinte de démence, la couper totalement de son environnement affectif car elle est atteinte du coronavirus ?

Le coronavirus tue mais le sentiment d’abandon aussi. Il n’existe pas, à ma connaissance, de charte du patient atteint de démence hospitalisé. La situation actuelle, la dignité de ceux qui nous ont élevés et aimés doit nous amener à y réfléchir.

Par Adeline à sa Grand-Mère

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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 07:21
La rétro du lundi.

Rappelez-vous le ;   14 février 1933 :

Premier service d’horloge parlante par téléphone

(D’après « Le Petit Parisien » du 15 février 1933)

« Homme du jour » ou « homme de l’heure » ?... s’interroge Léon Groc dans le numéro du 15 février 1933 du Petit Parisien, au lendemain de l’inauguration à Paris du premier service d’horloge parlante accessible par téléphone, inventée par Ernest Esclangon, astronome et mathématicien

L’un et l’autre, peut-on dire, en songeant que, depuis hier, grâce au professeur Esclangon, une horloge parlante nous annonce l’heure par téléphone, poursuit Léon Groc... Cette merveilleuse machine, explique-t-il, qui est placée dans la « salle des pendules » de l’Observatoire de Paris, nous associe en quelque sorte, nous, profanes, à la vie supérieure et aux travaux mystérieux des astronomes. Elle est ainsi, en même temps qu’un précieux instrument, le symbole de cette fraternité intellectuelle, qui est l’honneur de notre temps.

Nul, sans doute, ne se représente plus les astronomes sous l’apparence de mages à la longue barbe annelée et à haut bonnet pointu. Mais leur science est demeure si purement ésotérique, si peu accessible, qu’on se les imagine volontiers indifférents et dédaigneux, tenant pour négligeable, du haut de leurs coupes élevées, l’humanité rampante, et ses désirs, et ses besoins, et ses misères.Ernest

Esclangon et son horloge parlante de l’Observatoire de Paris

Le geste du professeur Esclangon, directeur de l’Observatoire de Paris, ruine définitivement cette légende, écrit Léon Groc. Et pourtant, nul astronome n’est plus intégralement astronome que celui-là. Lorsqu’il sortit de Normale, en 1898, ce fut pour entrer immédiatement comme « aide astronome » à l’observatoire de Bordeaux. Il y devint bientôt astronome titulaire et professeur à la Faculté. Il avait assurément la vocation. Elle était assez rare déjà. Elle l’est plus encore aujourd’hui. Connaît-on beaucoup de jeunes de vingt-deux ans, en notre ère d’utilitarisme, qui, sollicités de choisir une carrière, choisiraient celle-là et diraient : « Je veux être astronome » ?...

Sans doute, le jeune Esclangon, passionné de mathématique, enviait-il la gloire de Le Verrier, qui découvrit Neptune « par le calcul », comme d’autres voudraient s’identifier à un grand navigateur, à un général illustre, à un orateur acclamé, à un immortel écrivain, à un puissant impérator.

L’austère poésie de la mécanique céleste le possédait. Il était en proie à cette ardeur secrète et brûlante qui inspire les disciples d’Uranie. Il était le descendant spirituel de ces pâtres de Chaldée, patients observateurs des astres, et de ces savants chinois qui, deux mille ans avant l’ère chrétienne, calculaient déjà la date des éclipses. Mails il fut mieux armé que ces ancêtres. Les progrès de l’optique, la photographie, le cinéma vinrent étayer ses travaux, tandis qu’il se livrait aux ivresses du calcul intégral. il publia ainsi ses ouvrages sur les comètes, les éclipses, les longitudes, les lueurs crépusculaires, les altérations de la lumière réfléchie, les anomalies de la pesanteur...

La guerre, cependant, avait interrompu son labeur. Le professeur Esclangon abandonna pour un temps coupoles et télescopes, et il mit sa science au service du pays. Il fut l’homme du « repérage par le son » Il fut le maître en l’art de déterminer rigoureusement, en étudiant le trajet des ondes sonores, les tracés des deux arcs d’hyperboles, à l’intersection desquels se trouve exactement tel canon invisible et meurtrier. Combien de vies françaises ne sauva-t-il pas ?...

La paix revenue le voit à Strasbourg, où il consacre dix années de sa vie à faire de l’Observatoire un établissement modèle. Et puis c’est à Paris, dont il dirige l’Observatoire depuis juillet 1929, en même temps qu’il fait ses cours en Sorbonne et qu’il assiste, avec une irréprochable assiduité, aux séances de l’Académie des sciences, qui l’a élu le 27 novembre 1929, et qu’il consacre une part de sa féconde activité au bureau des longitudes, au bureau international de l’heure, à tout ce qui touche aux études astronomiques.

Et c’est au milieu de cette existence laborieuse, parmi ces travaux si absorbant et parfois si ardus, que le professeur Esclangon, qui voisine avec Jupiter et Saturne, flirte avec la Grande Ourse, converse avec Sirius, a trouvé encore de le temps de penser aux simples hommes de la Terre et de leur dire, à chaque seconde « quelle heure il est »...

 

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 07:56
La rétro du lundi.

Le 28 janvier 1887, il Ya 134 ans la première « pierre » de la future tour Eiffel pour l’Exposition universelle prochaine de 1889 à Paris, était posée…

Toute une histoire

En réalité le début du creusement des fondations :

une journée marquée par un incident que les journaux du lendemain, parmi lesquels Le Temps, relatent….

 

L’article intitulé La manifestation ouvrière du Champ de Mars paru dans le numéro du 29 janvier 1887 du Temps nous en livre quelques détails : « Un incident qui avait pris, au début, un caractère inquiétant, mais dont l’issue a été toute pacifique, s’est produit hier matin sur les chantiers de l’Exposition de 1889, au Champ de Mars. Nous avons dit dernièrement qu’environ cent cinquante ouvriers sont occupés à cet endroit aux travaux de terrassement pour les fondations des expositions diverses. Or, il ne se passe pas de jour sans que les chefs de chantier reçoivent la visite d’équipes de terrassiers ou de maçons, munis de leurs outils et demandant à être employés. L’entrepreneur, M. Manoury, ne peut malheureusement prendre un supplément de personnel. En cette saison, il est difficile de commencer les travaux de maçonnerie, par crainte des gelées. L’architecte, M. Bouvard, s’y oppose d’ailleurs formellement.

« Hier matin, on devait embaucher pour le creusage une quinzaine de terrassiers. Il s’en présenta plus de six cents. Les chefs de chantier firent leur choix. Quand les quinze ouvriers furent embauchés, quelques meneurs protestèrent, criant qu’on ne prenait que des étrangers, que tout l’ouvrage était pour eux, qu’on laissait les Français crever de faim. Pour leur montrer combien leur réclamation était peu fondée, l’entrepreneur leur déclara que sept ouvriers étrangers, tous de nationalité belge, étaient seuls employés aux travaux de terrassement de l’Exposition. Excités par les meneurs, les manifestants se sont rendus néanmoins à l’Hôtel de Ville, afin d’exposer leur réclamation à M. Alphand [un des directeurs des travaux de l’Exposition universelle]. Chemin faisant, ils se sont arrêtés devant le ministère des travaux publics, hurlant, brandissant leurs pioches. S’étant présentés à l’Hôtel de Ville à une heure trop matinale pour être reçus, ils y sont retournés à deux heures. Le directeur général des travaux leur a fait répondre qu’il ne pouvait les recevoir en masse et qu’il ferait introduire cinq délégués.

« M. Alphand a fait connaître à ceux-ci que, prévenu dès le matin, il avait tenu à savoir d’une façon précise le chiffre d’ouvriers étrangers occupés aux travaux ; que ce chiffre, effectivement de sept, avait, sur des instructions données à l’entrepreneur, été réduit à trois seulement ; enfin que, conformément aux prescriptions de M. le ministre commissaire général, il avait donné l’ordre de maintenir le nombre de ces ouvriers dans les limites les plus étroites. Les manifestants se sont retirés satisfaits des promesses de M. le directeur général des travaux et ont reçu de lui l’assurance que, dès que la température le permettrait, les travaux seraient activés de façon à permettre des embauchages plus nombreux. »

L'histoire de sa construction

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18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 09:14

Qui à connu la cabane au fond du jardin ? ( hormis Françis Cabrel ! )

Et oui, il m’arrive de rencontrer encore des personnes qui ont utilisées les toilettes au fond du jardin ou se souviennent de ces vielles toilettes vues chez leurs parents ou grands-parents. Alors, je vous arrête tout de suite, nous ne parlons pas là de toilettes sèches à litière bio maîtrisée comme nous le concevons aujourd’hui avec apport de matière carbonée.

Mais ça fait toujours plaisir d’entendre parler de ces vieux “kakati” ou “ékakatyé” et autres noms patoisants d’ailleurs qui nomment ce lieu d’aisance. Alors j’ai naturellement fait une petite recherche sur les différents noms utilisés .En voilà une liste :
Kakti, kakati, kakatire, ékakatire, ékakatyé, kakèl. Mais aussi : Gabiné, ékmondité, komodité, ézanse, boudkin, boutkin, kmon, lévéché, trône…petit coin ect….

La cabane au fond du jardin  définition

La cabane se distingue, par un certain nombre de caractéristiques, de la maison, qui est un habitat familial fournissant une adresse.

Elle est destinée à abriter le plus souvent séparément, soit des hommes, soit des animaux, soit du matériel.

Elle est bâtie de manière rudimentaire, d'où sa fragilité et sa précarité éventuelle. Elle n'est en général pas divisée en pièces ou locaux. Elle ne fait pas l'objet des mêmes procédures administratives pour être construite que la « maison d'habitation ».

Elle ne représente qu'un faible investissement financier, voire aucun, d'où souvent sa valeur marchande faible ou inexistante.

Elle fait appel habituellement à un matériau local : le bois dans les zones forestières, la pierre dans les zones rocheuses, mais les matériaux de récupération ne sont pas à exclure, surtout dans les zones péri-urbaines (tissu, métal, plastique, carton, etc.).

Participant de l'autoconstruction, elle est en règle générale construite manuellement et avec les moyens du bord. Elle peut alors s'inscrire dans un choix de vie écologiste ou primitiviste.

Pour le Dictionnaire de la langue française (Littré) de 1873, cabane, hutte et chaumière sont synonymes. « Ces trois termes, qui désignent une petite maison, se distinguent en ce que : 1° la cabane exprime quelque chose de chétif et de misérable; la cabane est la maison du pauvre; 2° la hutte est la maison du sauvage ou de celui que les circonstances obligent à se loger comme les sauvages; on se construit des huttes dans les forêts; 3° la chaumière est la demeure du paysan, de l'homme des champs; elle est sans doute humble et pauvre, mais elle n'emporte aucune idée de misère, et les satisfactions champêtres y peuvent trouver place. »

 

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11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 07:00

Un mythe du cinéma français 

« Un jour j'ai eu la chance de rencontrer des gens qui étaient dans ce métier de cinéma et qui m'ont présenté à un metteur en scène qui s'appelait Yves Allégret qui cherchait pour un rôle un garçon de 20 ans » et ce garçon, c'est Alain Delon, 

Karl Zéro et Daisy d'Errata passent au crible en 58mn le mythe Delon, cherchant à comprendre pourquoi l'acteur d'exception a choisi, à un tournant de sa carrière, de se cacher derrière son propre rôle. 

Pourquoi Alain Delon, star mondiale hors catégorie, mais d'abord acteur exceptionnel passionnément attaché à son art, a-t-il choisi, il y a près d'un demi-siècle, de se figer dans un rôle, le sien, aussi spectaculaire à la ville qu'oubliable à l'écran ? À cette question frontale, ce nouveau portrait de la collection "L'ombre au tableau" (après Charles Trenet, Yves Montand et Claude François) répond par le mystère, maintes fois évoqué, d'une personnalité à jamais duelle. Si "Delon" est parvenu à incarner, en un temps remarquablement bref, un mythe, c’était aussi pour protéger "Alain", l'enfant terrible et malheureux qu'il n'aurait jamais cessé d'être. Gamin placé, engagé volontaire à 17 ans pour la guerre d'Indochine puis révoqué pour indiscipline, voyou de Marseille devenu gigolo à Paris, il est intronisé acteur par l'intermédiaire de quelques femmes inspirées, avant de voler, très vite et très loin, de ses propres ailes. De Christine (qui lui fait rencontrer Romy Schneider, en 1958) à Mr. Klein (qu'il produit lui-même, en 1976), cette réussite fulgurante, incandescente, sous l'égide notamment de ses trois "pères" de cinéma, René Clément, Luchino Visconti et Jean-Pierre Melville, précède une carrière en dents de scie, durant laquelle "Delon", qui se met lui-même en scène sans craindre de se caricaturer, affiche sa lassitude vis-à-vis de son art et du monde. 
Homme à failles
Karl Zéro et Daisy d’Errata tissent extraits de films, archives en partie inédites et confidences de proches recueillies en noir et blanc, façon studio Harcourt : le cinéaste Patrice Leconte, avec qui il a tourné Une chance sur deux, le philosophe et réalisateur Bernard-Henri Lévy, qui l'a fait jouer (avec Karl Zéro) dans son film Le jour et la nuit, les actrices Nicole Calfan et Véronique Jannot, rencontrées respectivement sur les plateaux de Borsalino et du Toubib, et l’ancien commissaire divisionnaire Charles Pellegrini. Leur portrait affectueux, mais sans complaisance, met ainsi à nu l'homme à failles derrière l'icône.

 

Une Réalisation :de

Karl Zéro Daisy D'Errata

Pays : France      Année :  2019

Pour les passionnés  "visionnez ces 58mn une pure merveille !

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