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Le Blog De Papy-Bougnat

  • Papy-bougnat
  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
Dans ce blog vous trouverez un peu de vérité, beaucoup de passion, et quelques coups de gueule 
Bonne route & merci pour votre visite
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Traducteur

A L'affiche..

La culture Ne s'hérite pas, Elle se conquiert. 

 

[André Malraux]

********** 

 

Actu du jour...


       

12 mai 2025 1 12 /05 /mai /2025 09:13

Nous le savons, la langue française est en perpétuelle mutation. Entre le français du Moyen Âge et le français du XXIe siècle, que de chemin parcouru ! Tant de mots sont restés au bord de la route, remplacés par d’autres. Mais quelle joie de les ressusciter afin de mieux en saisir l’origine et le sens ! Et pourquoi ne pas les employer de nouveau, juste pour le plaisir ? Aujourd’hui place aux anciens noms de métiers !

Aujourd'hui ..." le maceclier ? "

Aujourd'hui ..." le maceclier ? "

Au Moyen Âge, le boucher se nommait maceclier ou macecrier. Le nom est formé sur macecle (ou macecre) qui désignait la boucherie.

Variantes : macellier, mazelier et maiselier, plus faciles à prononcer, mais aussi maisel, maisiel, macel.

Mais d’où viennent ces mots dont la forme n’évoque en rien la viande ? Il faut remonter au latin macellarius (« boucher »), à macellum (« marché aux viandes », « abattoir »), et enfin au verbe macello, macellare (« abattre un animal »).

Macecre a également donné le nom « massacre ». Rien d’étonnant : déjà, à cette époque, le nom maisel et ses variantes désignaient la boucherie au sens figuré de « carnage ». Et le boucher, rappelons-le, était nommé macecrier, autrement dit  massacrier !

Une  boucherie d'aujourd'hui..

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8 mai 2025 4 08 /05 /mai /2025 10:19
A propos de commémoration

En ce 8 Mai 2025, " Vous avez le bonjour des anciens ! "

Nous sommes nés dans les années 40, 50 et 60. Nous y avons grandi, Nous y avons étudié Nous sommes sortis, avons aimé, exploré, Nous nous sommes mariés, nous avons découvert le monde dans ces mêmes décennies. Nous avons pris des risques, bâti nos vies dans les années 60 à 90, nous nous sommes installés, Puis la sagesse a lentement fleuri en nous à partir de ces années-là.

Et nous sommes encore là, debout, en 2025 

 Nous avons traversé huit décennies, ………

Deux siècles…deux millénaires…….

Nous sommes passés du téléphone fixe aux appels longue distance, Puis aux visioconférences à l’autre bout du monde. Des diapositives à YouTube, Du vinyle à la musique en streaming, Des lettres manuscrites aux e-mails et à WhatsApp.

Nous avons écouté les matchs à la radio, Vu naître la télévision noir et blanc, Puis la couleur, la HD, la 3D. Nous sommes allés au vidéoclub, Et maintenant, nous regardons Netflix. Nous avons connu les premières machines à cartes perforées, Les disquettes, les CD, Et aujourd’hui, nous avons des gigaoctets dans nos poches.

Nous avons porté des culottes courtes, puis des pantalons longs, Des pantalons pattes d’éléphant, des costumes trois pièces et des jeans délavés. Nous avons survécu à la poliomyélite, à la méningite, à la tuberculose, à la grippe porcine, et aujourd’hui, au COVID-19.

Nous avons roulé en patins à roulettes, tricycles, vélos, motos, voitures à essence, Et désormais, nous conduisons des hybrides et des électriques.

Oui, nous avons traversé bien des tempêtes, mais quelle incroyable aventure que cette vie ! On pourrait nous appeler les anciens combattants du quotidien, nés dans un monde analogique, et devenus adultes dans un monde numérique. Nous avons tout vu, tout vécu. Notre génération a été témoin de plus de bouleversements que nulle autre auparavant. Nous sommes la génération du changement, celle qui s’est adaptée, encore et encore, sans jamais cesser d’avancer. Car oui, elle restera unique.

 

Par respect et en hommage à nos prédécesseurs sans qui nous ne serions pas là 

 

La génération des anciens vous salut bien! . PB..

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28 avril 2025 1 28 /04 /avril /2025 07:36

Aujourd’hui le Carambar  "

l’histoire secrète du célèbre bonbon français aux 5000 blagues

Un regard vers le passé ..........

L’incontournable friandise à la forme allongée caractéristique a fêté ses 70 ans en 2024. Parmi les ingrédients de son succès, les plaisanteries qui doivent, elles aussi, s’adapter à l’époque.

À la fraise, au citron ou au caramel originel, les Carambar fêtent cette année leurs 70 ans et traversent les générations, sans l’ombre d’une ride. Plus de 9 Français sur 10 connaissent cette marque emblématique et l’apprécient, selon Toluna, une entreprise spécialisée en études de marché. Parmi les vecteurs qui ont participé à la renommée de Carambar, les blagues courtes inscrites à l’intérieur des emballages sont désormais devenues incontournables.

Ces plaisanteries sont apparues en 1969, quinze ans après un heureux accident dans une confiserie du nord de la France. Du caramel et du cacao sont mélangés et assemblés dans un bonbon allongé, qui séduit ses créateurs, Georges Fauchille et Augustin Gallois. Les deux hommes s’empressent alors de le commercialiser sous le nom de « Caram’bar ». Pour établir « une proximité avec les consommateurs », les créateurs créent « d’abord des points, à récupérer dans l’emballage », raconte Hélène Riboulleau, directrice marketing des marques Carambar & Co. Viennent ensuite les blagues, qui s’ajoutent aux points. « Des concours ont été organisés avec des écoles pour écrire des devinettes, des rébus et des charades », détaille la représentante.

Depuis, les plaisanteries ont évolué, il y a celles « qu’on ne se permettrait plus de faire » ou d’autres qui ne collent plus avec l’époque. « L’une d’elles portait sur le magnétophone, je ne suis pas sûre que les jeunes sachent ce que c’est », s’amuse Hélène Riboulleau. Parmi les 5000 blagues publiées depuis 1969, les thèmes les plus représentés portent sur les fruits et légumes, la nature ou les astres. Certains métiers sont également moqués (gentiment) comme le comble d’un facteur qui est « de perdre sa lettre de motivation ». « En 2024, quand on interroge nos consommateurs, les blagues sont indissociables de nos bonbons », relève la directrice marketing.

Si le secret de leur rédaction n’est pas révélé, il s’écoule neuf mois « entre le moment où la décision est prise de retravailler les blagues et celui où le consommateur va les voir apparaître dans les emballages ». Un travail d’autant plus minutieux que les papillotes n’excède pas sept centimètres de longueur. Pour Hélène Riboulleau, cette stratégie a permis de créer « un attachement émotionnel » auprès des consommateurs avec un « enjeu de transmission très fort chez Carambar qui crée un moment de complicité entre les générations ». Pour renforcer cette idée de « famille », les personnages Carambar ont également été créés en 2014.

 

Cette « love brand » est un succès à la française, qui appartient aujourd’hui au groupe Carambar & Co, lancé en 2017 et regroupe des dizaines de marques de confiseries et de chocolat comme Lutti, Vichy, la Pie qui Chante ou encore Poulain. L’entreprise, aux 400 millions d’euros de chiffre d’affaires, détient quatre sites de production en France, dont un à Bondues, dans les Hauts-de-France, un autre à Saint-Genest d’Ambière dans la Vienne, un atelier à Vichy et un autre à Strasbourg.

À l’intérieur de celui de Bondues, qui produit les Carambar, plus de 82 000 kilomètres de bonbons sont confectionnés chaque année, « soit l’équivalent de deux fois le tour de la Terre ». Chaque minute, 2000 Carambar sont ainsi dégustés dans le monde mais ils sont à consommer avec modération pour éviter des apports en sucre trop importants, notamment chez les plus jeunes.

Son histoire…………..

Carambar est créé le 2 janvier 1954 à Marcq-en-Barœul par monsieur Fauchille dans l’usine de Chocolat Delespaul-Havez. Après une étude auprès d'enfants, il estime que ceux-ci aimeront les bonbons au caramel de forme allongée Contrairement à certaines affirmations, il n'y a pas eu d'accident de mélange de caramel et de cacao tombés dans une machine déréglée. Cette machine fabrique une barre de caramel débitée à la longueur, d'où l'origine du nom Caram’Bar.

Au lancement, l'idée marketing est de faire un papier d'emballage rouge, fuchsia et jaune reconnaissable sur les comptoirs des épiceries avec un prix de 5 centimes, accessible à tous. Le bonbon fait à l'origine 12 mm de large et 62 mm de long. Vinrent ensuite les points DH ; ceux-ci pouvait être échangés pour obtenir un lot en échange. En 1960, 300 millions de barres étaient vendues.

En 1965, la Générale Alimentaire achète l'entreprise Delespaul-Havez et la marque Carambar. En 1969, des blagues remplacent les points DH.

En 1972, Caram’Bar s’allonge. Sa taille passe de 6,2 à 10 cm pour 12 g[réf. souhaitée], rebaptisé Super Caram'bar et un prix en conséquence (dix centimes au lieu de cinq centimes de franc)[réf. souhaitée]. En 1973, l'entreprise crée une version fruitée, avec des arômes artificiels : fraise, orange et citron. En 1977, l'apostrophe disparaît pour devenir Super Carambar et passe de 12 à 10,5 g toujours pour 10 cm. Une saveur réglisse est lancée mais c'est un échec commercial.[réf. souhaitée]

En 1980, la marque passe sous le giron de l'entreprise française Danone qui absorbe l'entreprise Générale alimentaire. En 1984, Super Carambar est rebaptisé « Carambar et ne mesure plus que 8,5 cm[réf. souhaitée] pour 9,4 g. Lancement du Carambar goût cola en boulangeries[réf. souhaitée]. En 1990, sa taille est ramenée à 8 cm pour 8 g, taille qu'elle conserve jusqu'à présent.

En 1993, un Carambar de 405 cm pour 212 kg établit un record.

En 1998, Carambar passe sous le giron de l'entreprise britannique Cadbury[6].

Le 20 janvier 2010, l'entreprise américaine Kraft Foods rachète pour treize milliards d'euros la société Cadbury. Du fait de ce rachat, Carambar est détenu par Kraft Foods. Puis le 1er octobre 2012, Carambar appartient au groupe américain Mondelēz International (issu d'une scission de l'américain Kraft Foods).

Le 23 octobre 2015, la société Mondelez International annonce qu'elle met en vente une partie de sa division confiserie et se sépare de la marque Carambar. En mai 2017, Carambar, Kréma, La Pie qui Chante, Vichy, Poulain et Suchard) sont cédées au fonds d'investissement français Eurazeo pour une valeur d'environ 250 millions d'euros. Ces marques sont regroupées au sein du groupe Carambar & Co.

La production annuelle de Carambar est de 900 millions de barres.

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7 avril 2025 1 07 /04 /avril /2025 07:24
Culture ( générale) : Origine des mots

Nous le savons, la langue française est en perpétuelle mutation. Entre le français du Moyen Âge et le français du XXIe siècle, que de chemin parcouru ! Tant de mots sont restés au bord de la route, remplacés par d’autres. Mais quelle joie de les ressusciter afin de mieux en saisir l’origine et le sens ! Et pourquoi ne pas les employer de nouveau, juste pour le plaisir ? Aujourd’hui place aux anciens noms de métiers !

Apothicaire, maceclier, savetier… Qui se cache derrière ces anciens noms de métiers ?

 

Le cortillier –> le jardinier

En ancien français, c’est ainsi que l’on nommait le jardinier.

Le nom cortillier (ou courtillier) vient du mot ancien cortil, désignant le jardin, l’enclos, de la même famille que « cour ».

Autres mots : hortillonneur, verdier.

Étaient également employés à cette époque les verbes cortillier, « jardiner », et acortillier, « cultiver » (dans l’agriculture).

( Cliché d'illustration Emile Georges, la jeune jardinière

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31 mars 2025 1 31 /03 /mars /2025 07:55
Un peu de culture ( générale )

Nous le savons, la langue française est en perpétuelle mutation. Entre le français du Moyen Âge et le français du XXIe siècle, que de chemin parcouru ! Tant de mots sont restés au bord de la route, remplacés par d’autres. Mais quelle joie de les ressusciter afin de mieux en saisir l’origine et le sens ! Et pourquoi ne pas les employer de nouveau, juste pour le plaisir ? Aujourd’hui place aux anciens noms de métiers !

Apothicaire, maceclier, savetier… Qui se cache derrière ces anciens noms de métiers ?

 

L’apothicaire –> le pharmacien

Anciennement, l’apothicaire était celui qui préparait et vendait des médicaments, l’équivalent, donc, de notre pharmacien.

L’origine du mot est fort intéressante. Le nom « apothicaire » n’a pas de lien avec le domaine médical. Il vient du latin apothecarius, lui-même issu du grec ancien apothêkê, qui signifie « magasin », « boutique ».

Littéralement donc, l’apothicaire est celui qui tient une boutique, ce qui fait de lui un commerçant ayant pignon sur rue, à la différence du charlatan de passage, qui n’est établi nulle part, et peut donc « disparaître » comme bon lui semble, après avoir vendu ses potions.

Cette étymologie explique aussi pourquoi, dans la langue savante, on nomme « apothiconyme » un nom de boutique, de commerce, de raison sociale.

Bien que délicieusement désuet, le mot « apothicaire » n’est plus guère employé aujourd’hui. Il a presque totalement disparu au profit du nom « pharmacien ». On le retrouve, négativement, dans l’expression « compte d’apothicaire » pour désigner un compte très long et compliqué.

Notons que l’orthographe du mot a évolué. En ancien français, on écrivait apotecaire ou apotecour. Comme souvent, le français moderne a réintroduit des lettres étymologiques, comme le « h » issu du grec.

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24 mars 2025 1 24 /03 /mars /2025 09:33
Un regard vers le passé ; Expressions & proverbes D'autrefois

Dans la catégorie ; " Expressions & Proverbes d'autrefois " voyons aujourd'hui "

" Après lui, il faut tirer l’échelle" 

Ces mots signifient que, si quelqu’un a très bien fait une chose, il ne faut pas chercher à l’égaler.

Cette locution proverbiale s’emploie pour désigner un homme très habile ou très fort, qui fait si bien que personne ne saurait entreprendre de faire la même chose après lui et de la faire mieux que lui.

On s’en sert aussi en parlant d’une personne qui vient de raconter sérieusement un fait exagéré et incroyable.

On a employé ici le mot échelle, parce que cet objet servait aux condamnés pour monter au gibet. Lorsqu’il y avait plusieurs condamnés que l’on exécutait successivement, c’était le plus coupable qui passait le dernier, on disait tout naturellement qu’après lui on pouvait tirer l’échelle.

Cette locution, employée actuellement, ne l’est plus qu’au figuré.

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17 mars 2025 1 17 /03 /mars /2025 12:25
Un regard vers le passé ; Expressions & proverbes D'autrefois

Dans la catégorie ; Expressions & Proverbes d'autrefois " voyons aujourd'hui "

Faire d’un diable deux

(Ajouter une seconde faute à une première qu’on cherche à corriger. Produire un nouveau mal par le remède)

Cette signification est très bien établie dans le passage suivant de Rabelais : « Pantagruel feit d’ung ange deux, qui est accident opposite au conseil de Charlemaigne, lequel feit d’ung diable deux, quand il transporta les Saxons en Flandres et les Flamens en Saxe. Car, non pouvant en subjection contenir les Saxons, par luy adjoinctz à l’empire, qu’à tous momens n’entrassent en rebellion, si par cas estoyt distraict en Hespaigne ou aultres terres loingtaines, les transporta en pays sien et obéissant naturellement, sçavoir est

Flandres : et les Hannuiers [habitants du Hainaut] et Flamens, ses naturelz subjectz, transporta en Saxe, non doubtant de leur féaulté, encores qu’ilz transmigrassent en régions estranges. Mais advint que les Saxons continuarent en leur rebellion et obstination première ; et les Flamens, habitans en Saxe, embeurent les meurs et conditions des Saxons. » (Liv. III, ch. I)« En remontant le fleuve, nous avions pour compagnon de voyage un vieillard de Memphis, interprète sacré, d’un savoir admirable, et qui avait approfondi toute la doctrine égyptienne. On disait même qu’il était resté vingt-trois ans dans les sanctuaires souterrains, où Isis l’avait initié dans la magie. Je fus quelque temps sans deviner ce qu’il était ; mais quand je le vis, toutes les fois que nous entrions dans un port, nous étonner par mille prodiges, monter des crocodiles et nager au milieu des monstres qui le respectaient et le flattaient de la queue, je ne doutai plus que cet homme n’eût quelque chose de sacré, et, par des égards et des prévenances, je devins insensiblement son ami, son confident. Nul de ses secrets ne me fut caché.

« Un jour, enfin, il m’engagea à laisser tous mes esclaves à Memphis et à le suivre seul. Nous ne manquerons pas, me disait-il, de gens pour nous servir. Nous ne restâmes plus que nous deux. Seulement, quand nous arrivions dans une hôtellerie, il prenait la barre de la porte, le balai ou le pilon, lui mettait un habit, et, en prononçant quelques paroles, il en faisait un être qui marchait et que tout le monde prenait pour un homme. C’était là ce qui allait nous puiser de l’eau, nous préparait à manger, rangeait les meubles et nous servait en tout avec une singulière adresse. Le service fini, l’Égyptien disait d’autres paroles, et le balai n’était plus qu’un balai, le pilon qu’un pilon. Malgré mes instances, je ne pus jamais savoir de lui cet enchantement ; il s’en réservait le mystère, quoiqu’il me dît volontiers tout le reste.

« Mais un jour, caché près de lui dans l’obscurité, j’entendis, à son insu, la formule magique ; elle avait trois syllabes. Il ordonna ensuite au pilon ce qu’il fallait faire et sortit. Le lendemain, comme il était encore occupé dans la ville, je prends le pilon, je l’habille, je lui adresse de la même manière les trois syllabes et lui commande de m’apporter de l’eau. Il obéit, remplit l’amphore et me l’apporte. Il suffit, lui dis-je, ne va plus chercher d’eau et redeviens pilon. J’ai beau parler, il ne m’écoute pas, et à force de puiser et d’apporter de l’eau, il menace de me noyer.

« Que faire alors ? Je tremblais que Panocratès, à son retour, ne se mît en colère, comme il n’y manqua pas. Je saisis donc une hache et je coupe en deux le pilon ; mais chacun des deux morceaux prend une amphore et continue. Au lieu d’un porteur d’eau, j’en avais deux. En ce moment, Panocratès arrive ; il devine la chose, et rend au pilon sa première forme. Mais depuis il me quitta sans me rien dire, et je ne le vis plus. Ainsi je n’ai que la moitié de son secret, et, supposez que je fasse un porteur d’eau, je ne saurais jamais le faire revenir ce qu’il était. Il ira puiser toujours, et j’inonderai la maison. »

On voit très bien l’origine du dicton, faire d’un diable deux, dans l’opération malencontreuse du pilon coupé en deux, qui fait deux porteurs d’eau ou deux diables. Mais quel est le sens moral de ce conte ? Madame de Staël, qui fait honneur à l’imagination de Gœthe du récit de Lucien, qu’elle ne connaissait pas sans doute, trouve que l’imitation maladroite des grands secrets de l’art y est très bien peinte.

On peut penser aussi que l’élève sorcier est l’emblème des agitateurs politiques. Après avoir déchaîné les passions du peuple dans la vue de leur ambition particulière, ils cherchent en vain à les retenir. La révolution qu’ils ont provoquée éclate par des effets contraires à leurs espérances, et fait couler le sang comme l’eau. Les moyens qu’ils emploient pour y remédier ne font qu’accroître le mal, et tout va périr s’il ne se présente un homme puissant et habile qui fasse tout rentrer dans l’ordre.

 

 

 

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10 mars 2025 1 10 /03 /mars /2025 08:53
Un regard vers le passé: " Expressions & proverbes d'autrefois  "

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Ajoud'hui voyons ce que veut dire

 

Siffler la linotte

(D’après « Parémiographe français-allemand ou Dictionnaire des métaphores
et de tous proverbes français adaptés et sanctionnés
par l’Académie française » (par Jacques Lendroy), paru en 1820)

Lexpression| Siffler la linotte veut dire Boire beaucoup, (plus que de raison.) Une expression datant du XVIIe siècle qui tire son origine du penchant immodéré pour la boisson d'un domestique du médecin ordinaire du roi auquel son maître avait promis de doubler les gages s'il parvenait à siffler une linotte Née en 1594, Marin Cureau de La Chambre, exerçait comme médecin dans la ville du Mans, lorsqu’en 1632 il fut nommé médecin par quartier du roi Louis XIII — il était au service du roi durant un trimestre par année. Mais il fit de tels progrès dans la médecine et se rendit si célèbre par ses cures étonnantes, que le cardinal de Richelieu le fit le médecin ordinaire du roi en 1641 — le médecin ordinaire remplaçait le premier médecin lorsque ce dernier était indisponible.

L’histoire :

Marin Cureau, qui remplit également cette fonction sous Louis XIV, avait pour domestique un jeune homme que l’on nommait le beau siffleur. En effet, il sifflait avec tant d’agréments, de douceur et d’art, que chaque jour l’on priait son maître de lui accorder la permission de se rendre tantôt dans une société, tantôt dans une autre, pour y étaler son art et contribuer à leur amusement.

Des invitations si souvent réitérées, et surtout les différents toasts que l’on portait sans cesse à son habileté, en firent un si grand ami de la bouteille, qu’il ne rentrait presque jamais chez lui sans être pris de vin. Son maître, pour couper court à un vice qui empirait de jour en jour, lui défendit de sortir dorénavant, et lui promit de doubler ses gages si dans le cours de trois mois, il apprenait parfaitement à siffler une linotte qu’il lui remit en main.

Quelque dur que fût ce sacrifice, le domestique s’y résolut, et promit de faire l’impossible pour s’acquitter de la tâche qui lui était imposée. Malheureusement, dans la chambre où il exerçait son élève, se trouvait une porte qui conduisait au cellier, où son maître tenait ses vins les plus fins et les plus délicats. Le démon du vin lui insinua de se procurer un passe-partout, pour se dédommager des bonnes rasades dont on venait de le sevrer ; et aussitôt sa leçon donnée, il allait au tonneau, contentait son appétit et revenait à son ouvrage qu’il continuait avec la plus grande ardeur.

Un jour, son maître le prit sur le fait, et le trouva si enivré qu’il le rossa d’importance, lui ordonna de faire son paquet et de déguerpir au plus vite. Notre beau siffleur eut beau prier et conjurer, il fallut obéir, et ce qui lui tenait le plus à cœur, fut de perdre ses gages qui lui revenaient, depuis deux ans, et que son maître lui retint, pour s’indemniser du vin qu’il lui avait bu.

Tout le monde, instruit du sort du beau siffleur, qui depuis son équipée, avait déserté Paris, de peur d’y être montré au doigt, en demanda la raison à Marin Cureau de La Chambre, qui n’en fit pas mystère et raconta la chose comme elle s’était passée. Cette histoire vola bientôt de bouche en bouche et donna lieu à l’expression siffler la linotte, dont on se servit depuis pour indiquer une personne qui boit plus que de raison.

 

 

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24 février 2025 1 24 /02 /février /2025 11:58
Un regard vers le passé : " Expressions & Proverbes d'autrefois "

Dans la catégorie Expressions& Proverbes d’autrefois :


Aujourd’hui voyons ce que veut dire ;

"Avoir la venette"

 

( Avoir peur )

Une étymologie faisait autrefois venir le mot venette des Vénètes, peuple d’Italie qui, obligé de fuir devant le conquérant Attila, fonda Venise ; l’autre, qui est de Littré, le dérive de vene, vesne, vieux substantif français tombé en désuétude, et qui, pour cette raison, brave mieux l’honnêteté que son synonyme dans la langue moderne.

Quoi qu’on ait pu dire en faveur de la première, elle n’a aucun fondement ; car le mot venette ne se trouvant ni dans Furetière (1727), ni dans Trévoux (1770), ni dans le Dictionnaire de l’Académie de 1835, il n’est pas à croire qu’un événement arrivé sur l’Adriatique au Ve siècle ait pu donner lieu, chez nous, à une expression qui ne date guère que du nôtre.

La seconde est sans doute plus sérieuse ; mais ce n’est pas encore la vraie. En effet, si venette est le diminutif de vene, il doit se construire avec les mêmes verbes que le synonyme de ce dernier. Or, on n’emploie pas et l’on n’a jamais employé donner et avoir avec le synonyme en question : ce synonyme n’a jamais été que le complément du verbe faire ou d’un verbe de sens analogue. Par conséquent, venette ne peut non plus venir de vene.

Voici comment, semble-t-il, a été formé le mot dont il s’agit : au commencement du XVIIIe siècle, nous avions le verbe vener (latin venari) dans le sens de chasser ; ce verbe s’appliquait aux animaux de boucherie, veaux, bœufs, etc., que l’on faisait courir, paraît-il, pour qu’ils eussent la chair plus tendre : « À Rome et en Angleterre, on a coutume de vener les bœufs » (Dictionnaire de Furetière)

Ce même verbe s’employait en parlant des personnes. On disait de quelqu’un qu’il avait été bien vené, pour signifier qu’on l’avait bien fait courir, qu’on lui avait bien donné de l’exercice. Or, c’est de vener qu’on a fait venette, comme d’amuser, seriner, deviner, etc., on a fait amusette, serinette, devinette. De même qu’aujourd’hui, on disait alors donner la chasse à quelqu’un, ainsi que le montrent ces exemples : « L’aigle donnait la chasse à maître Jean Lapin » (Fables de La Fontaine, livre II, fable 8) ; « M. de Grignan donnera la chasse à ces démons » (Lettres de Madame de Sévigné) ; « Il donne la chasse aux vices » (Discours sur l’union de Jésus-Christ avec son épouse. Comment Jésus-Christ est-il l’époux des âmes dans l’oraison de Bossuet).

Une fois qu’on eut créé venette, on dit, par analogie, donner la venette à quelqu’un, pour signifier lui donner la chasse. Mais l’animal qu’on vène a évidemment peur, puisqu’il fuit, et la personne que l’on poursuit de la même manière a peur également : on a appliqué le nom de la cause à l’effet (ce qui se pratique souvent pour étendre le sens des mots), et venette s’est employé pour frayeur, peur, alarme.

 

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17 février 2025 1 17 /02 /février /2025 09:41
Un regard vers le passé ; "Proverbes & Expressions d'autrefois "

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Aujourd’hui voyons ce que veut dire ;

"A corsaire, corsaire et demi "

(Il faut se montrer plus audacieux que celui qui nous attaque)

Effectivement, vis-à-vis d’un homme agressif qui a la dureté et l’audace d’un corsaire, il faut se montrer encore plus agressif et plus audacieux, opposant ainsi à cette espèce de corsaire un autre corsaire et demi.

Le mot corsaire nous est venu de l’espagnol corsario, qui lui-même dérive de corsa, course, mot italien et provençal en même temps. Cette expression s’appliqua d’abord aux vaisseaux des pirates du nord de l’Afrique qui, partant des Etats barbaresques, couraient sur la mer Méditerranée, après les vaisseaux des chrétiens non pour les convertir à l’islamisme, mais pour s’emparer des personnes et des cargaisons.

On a donné, par la suite, le nom de corsaires aux brigands qui montaient ces bâtiments, moins grands que d’autres, mais très bons voiliers. Au XVe siècle on écrivait coursaire et l’on peut être à peu près certain que cette locution proverbiale ne devait pas remonter beaucoup au-delà.

 

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