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Le Blog De Papy-Bougnat

  • Papy-bougnat
  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
Dans ce blog vous trouverez un peu de vérité, beaucoup de passion, et quelques coups de gueule 
Bonne route & merci pour votre visite
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Il est très ... Exactement

 

 

 

             

 

 

 

 

A L'affiche..

La culture Ne s'hérite pas, Elle se conquiert. 

[André Malraux]

********** 

 

Actu du jour...

 

 Passion Palombe

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A chacun sa toile

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Urgent!

 Cherche Bénévoles

Pour

  Restaurer Cabane ..

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Attention ! Passion Palombe...

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C'est ici que ça se passe ............

Au mois d'octobre de chaque Année

 

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Tient ! 

IL y a une Palombière par ici .........?

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 .         

9 janvier 2023 1 09 /01 /janvier /2023 09:42

 

Késaco (Quésaco) " De l’occitan qu'es aquò (« qu'est-ce que c'est »). Attesté en 1730 (A. Piron), signifiant "qu'est-ce que c'est ?". Littéralement : "Qu'est-ce cela ?" "

Donc la question est :

La souillarde

 

 

Cela s’écrit souillarde et c’est du français. su.jaʁd\ féminin (Savonnier) Baquet pour recevoir les soudes lessivées. Exemple d’utilisation manquant. (Cuisine) Petite pièce où étaient faits les gros travaux de cuisine (avec une souillarde) et dont la fraîcheur permettait de conserver la nourriture. »Il ouvrit les placards et la porte d’une souillarde basse dans laquelle il se mit à farfouiller en battant le briquet ». Arrière-cuisine convient bien, avec une nuance de buanderie, donc.

Selon ; Pierrette Piton

Arrière cuisine..fraîche..il y avait le garde manger..les balaies ect....les bassines et parfois l'évier...

 

Ou selon  ; Josée Sadu

La souillarde est une pièce aveugle après la cuisine dans chaque échoppe bordelaise; elle possède un évier et on y range tout le matériel de ménage : balais, seaux, serpillères.

La souillon est celle qui utilise les ustensiles de la souillarde , autant dire la bonne à tout faire . Par extension, une souillon ( la version masculine n'existe pas... ) est une femme malpropre.

 

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30 mai 2022 1 30 /05 /mai /2022 09:26

Déjà............

 

Cri d’alarme au sujet de la dette publique
et défaut de politique visionnaire

(D’après « Le Gaulois », paru en 1898)

C’est dans les dernières années du XIXe siècle qu’un chroniqueur du Gaulois pousse un cri d’alarme relatif à la dette publique d’une France jouissant jadis d’une supériorité incontestée mais aujourd’hui obérée de taxes, et considère que l’Etat, dépensier, exige par ailleurs trop des contribuables tout en se contentant de « prendre l’argent là où il est » sans réelle politique visionnaire

 

La France est grevée d’une dette publique qui est la plus lourde du monde entier : 36 milliards en chiffre rond, assène A. de Claye en 1898 au sein du journal Le Gaulois. Aucun budget ne s’élève, en dépenses, à la hauteur du nôtre, continue-t-il : trois milliards cinq cents millions, rien que du chef des charges de l’Etat, et sans compter les dépenses des départements ou des communes. Le fisc prélève sur les revenus de chaque citoyen français une part qui est double et triple de ce qu’elle est dans certains pays voisins, qui dépasse en tout cas, et de beaucoup, celle que supportent ailleurs les contribuables les moins favorisés.

Jadis, la France jouissait à maints égards d’une supériorité incontestée. Nous avons gardé celle d’être le pays le plus obéré et le plus écrasé de taxes qui soit dans l’univers. Nous détenons ce record on nous le laisse, on ne nous l’envie pas.

Quand les agriculteurs, les industriels, les commerçants font entendre des doléances, c’est très commode de dire, d’un ton dégagé, que ces gens, mécontents par profession, ont besoin de se plaindre.

Voici des faits. Les campagnes se dépeuplent, et les évaluations les plus modérées établissent que, depuis vingt ans, la valeur de la propriété foncière en France a baissé au moins d’un tiers ; ses revenus ont baissé davantage encore. L’industrie, depuis longtemps déjà, a cessé de se développer. La masse de ses produits est loin d’augmenter. La rémunération qu’elle procure aux capitaux dont elle s’alimente va toujours en diminuant.

Notre commerce ne s’étend pas, lui non plus. Si l’année dernière, à raison d’un concours heureux de circonstances, les statistiques ont révélé, par rapport à l’année, précédente, qui avait été mauvaise, une majoration de deux cents millions dans les chiffres du commerce extérieur de la France, il faut tenir compte qu’en Allemagne l’augmentation a été de 800 millions. En pareil cas, c’est reculer que d’avancer moins vite que les concurrents.

Pourtant, notre 3% est coté au-dessus du pair, les actions de nos chemins de fer réalisent des prix vertigineux, les obligations atteignent des cours qui font qu’elles ne rapportent presque plus rien.

Tout cela est très vrai, observe encore de Claye. Mais causez avec des chefs d’industrie, par exemple la plupart vous avoueront que s’ils veulent emprunter pour des travaux utiles, ils ne trouvent pas d’argent. D’autres, en petit nombre, jouissent d’un tel crédit qu’ils trouveraient de l’argent à d’excellentes conditions. Mais ils s’abstiennent d’en demander. Pourquoi ? Je sais telle usine française, une des plus grandes, où l’on se rend très nettement compte qu’on sera prochainement débordé par la concurrence américaine. Il faudrait, pour y faire victorieusement face, bouleverser toute la fabrication et changer tout l’outillage.

Plusieurs millions seraient nécessaires. « Eh bien qui vous empêche d’émettre des obligations pour plusieurs millions ? Ce qui nous empêche ? m’a-t-on répondu. C’est qu’avec les théories sociales ou bien financières qui ont cours, nous ne savons pas quelles seront demain les prétentions de nos ouvriers ou celles du fisc. Nous n’avons pas de sécurité. Aussi nous vivons au jour le jour, sans nous dissimuler l’avance que prennent nos adversaires. »

Et voilà comment l’argent se retire de plus en plus des affaires productives et des emplois vraiment féconds, soit qu’il se dérobe, soit qu’on ne le sollicite pas, remarque notre chroniqueur. Il afflue alors aux guichets de l’Etat ; il sert, sans profit pour personne, à enfler d’une façon démesurée les cours des fonds publics ou des quelques valeurs assimilées. Le même rentier qui possédait, il y a vingt ans, avant la première conversion du 5%, cinquante mille francs de rente en titres sur l’Etat, ne touche plus actuellement que trente mille francs par contre, il paie à l’Etat une somme de contributions infiniment plus élevée qu’à cette époque.

Je n’ai pas l’honneur d’être économiste ; je le regrette, car cela me prive de la consolation, si c’en est une, de remonter des effets aux causes, explique notre chroniqueur. Je me borne à noter les effets ; et ils se résument en ceci, que la fortune de la France est gravement atteinte. Ce n’est pas un effondrement subit, mais c’est un déchet continu, c’est une diminution progressive.

Au fond, est-il indispensable d’avoir été nourri dans la science des économistes et d’en connaître tous les détours pour s’apercevoir qu’il y a quelque chose de détraqué dans un Etat quand, par un double phénomène simultané, les impôts y montent régulièrement et les revenus des particuliers baissent non moins régulièrement ? Or, c’est notre cas.

L’Etat exige trop des contribuables, et ses exigences, à côté des coups directs qu’elles frappent, entraînent toutes sortes de contre-coups indirects. Je viens de parler des industriels. Dans l’usine même, le prix de revient de chaque tonne de produits est alourdi par un poids mort qui est celui de l’impôt. Mais il faut qu’elle soit, cette tonne, transportée au lieu de destination. Veut-on savoir quelle condition est faite aux entreprises de transports ?

Prenez nos Compagnies de chemin de fer ; j’ai sous les yeux les comptes de l’une d’elles : elle a distribué trente-deux millions de dividendes aux actionnaires qui lui ont procuré, avec leur argent, les moyens de naître, de fonctionner, de grandir et elle a payé à l’Etat trente-huit millions sous forme d’impôts divers. On reproche à nos chemins de fer leurs tarifs trop coûteux ; à qui la faute, je le demande ? Sans doute, il serait désirable que ces tarifs fussent réduits dans l’intérêt de notre industrie si terriblement concurrencée ; mais les Compagnies, aux prises avec cette fiscalité meurtrière, peuvent-elles les abaisser ?

Quand un particulier a acquis la fâcheuse certitude qu’à vouloir continuer son train de vie il est sûr de se ruiner, pour peu qu’il soit sage, il se restreint, il fait des économies. L’Etat, chez nous, n’en fait pas. C’est qu’il y a deux catégories de dépenses publiques : les unes sont réellement irréductibles, parce qu’elles représentent la dotation nécessaire des grands services publics ; les autres sont encore plus sacrées aux yeux des majorités parlementaires et des ministres qui dépendent d’elles, parce qu’elles servent à acheter des concours ou à rémunérer des services électoraux, ou encore, comme les dépenses scolaires, à molester ceux qu’on traite en ennemis. Résultat net : la dette publique à été accrue de dix milliards en vingt ans, par l’effet de déficits annuels de cinq cents millions en moyenne.

Nous possédons, sous les appellations de sénateurs et députés, près de neuf cents souverains. Il en résulte qu’aucun régime ne comporte une liste civile aussi écrasante. M. Anatole France a dit plaisamment que la république ne saurait être un gouvernement à bon marché, par la raison qu’elle a trop de parents pauvres. Le mot est joli ; surtout il est juste.

Donc, au lieu de faire des économies, on vote des impôts nouveaux. On s’inspire de la formule : « Il faut prendre l’argent là où il est. » On s’attaque aux riches ou à ceux qu’on juge tels. C’est double profit, croit-on : non seulement on pourra continuer les prodigalités, mais on donnera satisfaction à ce sentiment, le pire des instincts humains, qui s’appelle l’envie.

Ces projets ne sont encore que timidement réalisés plusieurs ne sont qu’à l’état de menaces. Mais déjà nous voyons les résultats. La seule annonce de l’impôt global et progressif sur le revenu déterminait naguère un exode des valeurs mobilières françaises vers l’étranger. On vient, par le motif que des gens gagnent de l’argent à la Bourse, de frapper les opérations qui s’y font de taxes exorbitantes. Sur les places du dehors, ces mesures sont saluées par des acclamations ; les financiers proprement dits, ceux qui alignent des millions, y transporteront leurs transactions. Seul, le petit porteur de quelques titres payera l’impôt quand il aura besoin de les négocier.

On part en guerre contre la richesse ; les coups tombent dans le vide parce que la richesse se dérobe, ou bien encore qu’elle se trouve supprimée ; les seuls coups qui portent vont, contrairement aux prévisions des imprudents novateurs, frapper des contribuables qu’ils n’avaient pas en vue.

C’est comme lorsqu’on parle d’améliorer le sort de l’ouvrier. Nous applaudissons à tout ce qui sera fait d’utile en ce sens. Mais lorsqu’on procède par voie de charges abusives imposées aux patrons, on va à l’encontre du but. Peut-être quelques ouvriers, au début, sont-ils satisfaits de voir qu’on s’occupe d’eux pour les protéger, et cela est très légitime : peut-être éprouvent-ils une seconde satisfaction, beaucoup moins saine, en voyant qu’on s’occupe de leur patron pour l’ennuyer. Bientôt ils constatent que leur intérêt est lié à celui du patron. Souvent, c’est trop tard : le patron a dû renoncer à une lutte inégale ; il a liquidé ; l’ouvrier est sur le pavé ; en flattant ses préventions qu’on aurait dû loyalement combattre, on l’a privé de pain.

Je répète, poursuit notre chroniqueur, que si j’étais un économiste, je revêtirais ces vérités de simple bon sens d’un appareil scientifique. Mais il me semble qu’il suffit de les montrer telles qu’elles sont. De ce pays, qui fut le plus illustre de tous et qui était demeuré, malgré ses malheurs, un des plus prospères, veut-on faire un champ dévasté d’expériences désastreuses ? On n’a qu’à persister dans les méthodes actuelles, autrement dit, à lui imposer des dépenses supérieures à ses ressources, à exciter la haine des foules abusées contre quiconque possède, à encourager, ouvertement ou non, la guerre des classes. Les conséquences déjà acquises attestent qu’il ne faut plus, pour que les dernières se produisent, de bien longs efforts.

Mais non, je considère comme impossible que des gouvernants français, quels qu’ils soient, poursuivent un tel dessein. Ils ont pris la direction des affaires de la France, ils en ont la responsabilité. Que font-ils d’elle au point de vue moral ? Mais je m’en tiens aujourd’hui aux intérêts matériels. Qu’ils avisent ; en d’autres termes, qu’ils économisent et qu’ils pacifient. Le patriotisme commande d’espérer qu’il est temps encore ; mais, très sûrement, il n’est que temps.

 

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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 08:11
La retro du lundi ( Expressions -proverbes d'autrefois)

Dans la catégorie expressions ; 

Savez-vous  ce que veut dire " Emporter le chat "

C’est s’en aller sans payer ou sans prendre congé

 

Voltaire dit à ce sujet, dans une lettre au chevalier Delisle : « Madame la maréchale de Luxembourg me paraît avoir raison : Emporter le chat signifie à peu près faire un trou à la lune. Les savants pourront y trouver quelque petite différence ; ils diront qu’emporter le chat signifie simplement partir sans dire adieu, et faire un trou à la lune veut dire s’enfuir de nuit pour une mauvaise affaire.

« Un ami qui part le matin de la maison de campagne de son ami a emporté le chat ; un banqueroutier qui s’est enfui a fait un trou à la lune. Voilà tout ce que je sais sur cette grande question. L’étymologie du trou à la lune est toute naturelle pour un homme qui s’est évadé de nuit ; à l’égard du chat, cela souffre de grandes difficultés. »

 

Le mot chat, dans cette locution, ne doit pas s’entendre de l’animal de ce nom, mais désigne une ancienne monnaie du même nom qui était autrefois en grande circulation, surtout dans le Poitou. Le glossaire de Ducange parle de cette monnaie au mot chatus, et rapporte cette phrase d’une charte de 1459 : Confessus est recepisse in chatis et alia moneta... « Il avoua avoir reçu en chats et en autre monnaie. » Ainsi, emporter le chat, c’est emporter l’argent, et par extension ne point payer et s’esquiver.

« On peut conjecturer aussi, dit le savant Théodore Lorin dans une des notes manuscrites qu’il a faites sur le Dictionnaire des proverbes de Quitard, que le mot chat a ici la même acception que l’espagnol gato, qui désigne une bourse faite de la peau du chat, témoin le sobriquet ata el gato (serre-bourse) donné à un avare ; témoin encore cet exemple pris de Cervantes : Un grandissimo gato de reales : une très-grande bourse de réaux. » Emporter le chat serait donc synonyme de emporter le magot, emporter la grenouille, et répondrait, selon l’exigence des cas, à toutes les significations qui lui sont assignées.

Remarquons, en terminant ce commentaire, que l’expression existait en langue romane, comme le prouvent ces deux vers du troubadour P. Cardinal, dans sa pièce Al nom del :

Mais cant lo riex er d’aisso castiatz
Venra’ N Artus sel qu’emportet lo calz.

Mais quand le riche sera de cela corrigé,
Viendra le seigneur Artus, celui qui emporta le chat.

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16 mai 2022 1 16 /05 /mai /2022 07:31

Ne pas être dans son assiette

Veux dire ; " Ne pas être en bonne forme "

 

Le magicien fatigué. Chromolithographie de 1885

posée manque souvent d’appétit. Mais, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas ce chemin métaphorique que la langue a emprunté pour parvenir à ne pas être dans son assiette.

Assiette vient du latin assedita, de adsedere signifiant « asseoir ». L’idée d’assurer quelque chose sur son séant induit au XIIIe siècle un sens figuré fiscal, la base de répartition des impôts. On est loin des considérations alimentaires ! Aujourd’hui encore, quand on détermine notre assiette fiscale, on évalue le montant qui servira de base au calcul de notre impôt.

Parallèlement, le mot assiette adopte d’autres significations. Il renvoie à la position géographique d’une ville et, de là, à l’installation ferme de quelque chose. S’agissant de personnes, assiette désigne depuis le XVIe siècle « la manière de se trouver assis », notamment sur le dos d’un cheval. On parle aujourd’hui encore de l’assiette d’un cavalier.

 

Sortir de son assiette, manquer d’assiette passent alors au figuré : assiette exprime l’équilibre physique et moral d’une personne, son état d’esprit considéré comme normal. Du temps de Molière, on parle ainsi de l’assiette naturelle ou ordinaire de quelqu’un. Qui n’est pas dans son assiette se trouve en dehors de ce degré zéro de l’humeur. Ainsi, depuis la Renaissance et dans les siècles qui ont suivi, « ne pas être dans son assiette » a acquis un sens plus en rapport avec la notion de bien-être, et aujourd’hui elle signifie « ne pas se sentir bien », « ne pas être en forme ».

Si l’on comprend sans équivoque l’expression en ce sens jusqu’au XIXe, le français moderne l’a oublié et tend à rapporter l’assiette à une autre de ses destinées. L’assiette désignait la place d’un convive avant que, du plan de table, on glisse vers le contenant du repas. Le sens relatif à l’état d’esprit a disparu et l’expression ne pas être dans son assiette demeure la seule survivance de cet usage.

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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 08:16

Toute une histoire….

A Bordeaux  "celle du pont de pierre"

Le pont de pierre a 200 ans depuis ce dimanche 1er mai. Retour sur plusieurs aspects méconnus ou oubliés de son histoire

1. Son inauguration avait déjà été discrète

 

De ce qu’on a pu constater, les panneaux installés place Stalingrad et les reproductions de photos présentées place Bir-Hakeim, pour les 200 ans du pont de pierre, ont peu retenu l’attention des passants. Mais l’inauguration elle-même s’était déjà déroulée sans festivités le 1er mai 1822. Peut-être parce qu’un autre pont, en bois, était en service depuis septembre. Ou parce que les travaux avaient à l’origine été décidés par Napoléon Ier.

Deux reproductions de photos du cours Victor Hugo dans les années 1900 (dans un sens) et du pont de pierre dans l’Entre-deux-guerres (dans l’autre) ont été installées porte de Bourgogne.

 

2. L’origine de son nom est méconnue

Il devait à l’origine s’appeler « pont Louis XVIII », pour des raisons politiques qui l’ont ensuite fait appeler « pont Napoléon ». Le nom de « pont de Bordeaux », a aussi été largement usité en dehors de la Gironde. Mais pour les Bordelais c’est le nom de « pont de pierre » qui a très vite dominé. Probablement pour le distinguer du pont en bois qui le jouxtait en 1822. Mais ce n’est qu’une hypothèse.

 

3. Il a donné lieu à de nombreuses représentations

Le pont de pierre est-il le monument le plus emblématique de Bordeaux ? En tout cas il apparaît dans de nombreux tableaux des XIXe et XXe siècle. En particulier chez André Lhote qui le représente toujours depuis la rive droite, comme le point de fermeture du port de Bordeaux. Au XIXe siècle il avait inspiré des peintres comme Pierre Brun ou Charles Lacoste. On le trouve aussi représenté sur plusieurs timbres du XXe siècle, ainsi que sur des médaillons, des estampes ou des sculptures, dont beaucoup sont exposées au musée d’Aquitaine.

 

4. Il a été payant jusqu’en 1928

Dès son ouverture le passage du pont a donné lieu à un péage. Et quand celui-ci a été supprimé, en 1863, il a quand même fallu payer l’octroi, l’impôt perçu sur l’entrée des marchandises, qui n’a été supprimé que le 1er janvier 1928 à Bordeaux. Dans cette logique, des grilles fermaient l’accès au pont la nuit, et des pavillons servaient de lieux de paiement. Ils ont ensuite été reconvertis en postes de police, puis démolis en 1954 lors de travaux d’élargissement.

 

5. On a envisagé plusieurs fois de le détruire

La circulation s’intensifiant à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, le pont de pierre est rapidement apparu trop étroit et on a envisagé de le détruire pour le remplacer par un autre mode de franchissement. Deux projets de tunnel ont été présentés en 1877 et 1885 ; un projet de pont suspendu en 1912 ; un de pont à haubans en 1945.

En 1944 la Wehrmacht avait par ailleurs envisagé de faire sauter l’édifice. Mais ce projet a été contrarié par l’artificier allemand Heinz Stahlschmidt, devenu Henri Salmide, à qui la médaille de la Ville de Bordeaux a été remise en 1995.

6. On y a favorisé la circulation avant de la réduire

En 1954, le pont a donc été élargi de 15 à 20 mètres, et il a été doté de quatre files de circulation, de deux trottoirs et de deux pistes cyclables. C’était avant les constructions des ponts Saint-Jean (1965) et d’Aquitaine (1967), à une époque où le besoin de franchissements était grand.

La suite est connue : construit sur des pieux en bois pas assez longs pour atteindre les couches rocheuses solides, le pont s’est enfoncé sous son propre poids et sous l’effet de la circulation. En 2018, celle-ci a donc été réduite aux transports en commun, aux services d’urgence, aux taxis, aux vélos et aux piétons. Une rénovation complète est prévue en 2023 pour une durée de deux ans.

Source

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2 mai 2022 1 02 /05 /mai /2022 08:01

La rétro du jour sera  pour avoir une petite pensée pour :

Éric CHARDEN, (1942-2012),

Né Jacques-André Puissant né le 15 octobre 1942 à Haïphong en Indochine française (actuel Viêt Nam), décédé le 29 avril 2012 d'un lymphome (après quatre protocoles de chimiothérapie) à l’hôpital Saint-Louis à Paris 10e, à l'âge de 69 ans.

Auteur-compositeur et chanteur français.

Son talent d’auteur séduit de nombreux artistes comme Claude François, Sylvie Vartan et Johnny Hallyday pour qui il écrit plusieurs textes.

Dans les années 70, lui et son épouse décident de s’associer pour former un duo Stone et Charden. Le couple cumule les succès autant sur scène que dans les bacs mais au fil des ans, les tensions s’accumulent. Mais Stone et Charden se séparent et chacun reprend alors une carrière en solo dès le milieu des années 70.

Ainsi, Eric Charden sort 14 ans, les Gauloises et collabore même à l’écriture de génériques de séries animées comme la célèbre Albator.

Il retrouve son ancienne épouse dans les années 90 et tente de remonter le duo, sans grand succès.

Ce n’est qu’en 2007 que le duo se reforme vraiment grâce à la tournée Âge tendre et Têtes de Bois à laquelle ils participent jusqu’en 2010.

Sa biographie, sa discographie

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Charden

*

La rétro
La rétro
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25 avril 2022 1 25 /04 /avril /2022 06:45

Dans la catégorie Patrimoine Français :Aujourd'hui voyons ; 

 "Fort Boyard : le fort le plus connu au monde"

Le Fort Boyard ne doit pas sa notoriété à l’incroyable défi technique de sa construction mais aux caméras de télévision qui l’ont élu comme cadre privilégié du fameux jeu qui porte son nom. L’histoire de cet ouvrage militaire est empreinte de ces deux réalités si différentes.

Occupé par les caméras presque toute l’année
En contrepartie des frais engendrés, la finalité est, bien sûr, de redorer le blason touristique du département, même si le fort ne peut être visité. « Il est occupé par les caméras la plupart du temps et y accoster avec des touristes nécessiterait des aménagements spéciaux », nous explique l’ancien conservateur. Tant que l’émission Fort Boyard continuera d’intéresser les téléspectateurs, cette situation perdurera. Dans le cas contraire, des options touristiques pourront éventuellement être envisagées. Affaire à suivre.

Entre Aix et Oléron, pour bloquer le passage
« L’arsenal, à Rochefort, est fondé en 1666. Louis XIV et Colbert avaient alors besoin d’une marine de guerre permanente. Brest, Toulon et Rochefort vont participer à cela. Il faut protéger cet espace industriel. Avant même d’arriver dans l’estuaire, les îles d’Aix, d’Oléron et de Ré forment une espèce d’entonnoir, qui s’appellent un pertuis (une porte).

« C’est très pratique pour protéger l’accès. Mais il y a des verrous mal fermés. En particulier entre l’île d’Aix et l’île d’Oléron, il y a un passage qui fait moins de six kilomètres de large. On imagine donc de mettre un fort au milieu pour bloquer le passage », introduit Denis Roland.

Vauban déconseille, Louis XIV abandonne l’idée
Vauban décourage pourtant de tels travaux qui lui paraissent compliqués et, surtout, bien trop coûteux. « On savait qu’il y avait un banc de sable à cet endroit, cartographié un siècle plus tôt par les Hollandais. » D’où l’appellation « Boyard », phonétiquement proche en hollandais du terme signifiant « banc de sable ». Malgré ce fameux banc de sable qui rend possible la construction du fort, Louis XIV laisse tomber l’idée.

Napoléon relance l’affaire… avant d’abandonner lui aussi
En 1801, sous Napoléon, Boyard et son banc de sable refont surface. « Il va donc falloir faire un gros tas de cailloux sur lequel on pourra poser le fort. Et voilà un chantier invraisemblable qui démarre. Il se fait plutôt à marée basse, parfois la nuit, dans des conditions assez difficiles. Régulièrement, les Anglais viennent tirer sur les ouvriers. Les tempêtes dispersent ce qui a été fait dans l’année », racontent Denis Roland. De 1803 à 1809, 75 000 m3 de cailloux sont posés. Malgré cela, les travaux sont interrompus, Napoléon ne croyant plus du tout à la valeur de l’arsenal de Rochefort.

40 ans après, les travaux reprennent
Quarante ans plus tard, sous Louis-Philippe les travaux reprennent. « Ça devenait à nouveau légitime de protéger Rochefort car c’était un véritable site d’expérimentation maritime. On voit, en outre, que le tas de caillou s’est enfoncé d’un mètre mais qu’il est stable. »

De 1852 à 1859, on termine le fort. Mais on se rend compte de deux problèmes : la difficulté pour accoster (ce petit escalier qu’on voit souvent dans le jeu n’est pas très commode pour monter des canons) et les vagues qui passent par-dessus la muraille. « On fait donc un avant-port et un brise-vague, qui ont disparu depuis. Ce qui rajoute sept années de travaux ! », conclut Denis Roland dans un sourire.

En 1866, l’ouvrage est achevé. Il est prévu pour 260 hommes. Mais, à cette date, on n’a plus vraiment besoin d’un fort intermédiaire entre Aix et Oléron. L’artillerie ayant évolué, on peut tout à fait, depuis Aix et Oléron, opérer un tir croisé qui empêche les bateaux de passer. Le fort aura donc comme utilité principale de témoigner de l’art des ingénieurs de la marine française. En fait de canons, ce sont les caméras de télévisions qui finiront par occuper le fort.

En 1962, le fort est mis en vente. L’enchère est remporté par un dentiste installé à Avoriaz. Il reconnaît lui-même ne s’être pas rendu plus de cinq fois sur ce fort acheté pour une bouchée de pain mais dont les projets de restauration étaient bien sûr trop onéreux !

« En 1966, le fort fait une première apparition à l’écran dans un film qui s’appelle Les Aventuriers. Il est vu par Jacques Antoine, grand créateur de jeux. En 1988, il imagine un jeu d’aventures en temps réel dans un champ clos. Le dentiste a remis son fort en vente. » Culoté, Jacques Antoine propose le marché suivant au département de Charente-Maritime : « Vous rachetez le fort, vous faites les travaux nécessaires et en échange je vous fais un jeu qui parle du département au niveau national. » Et voilà comment une collaboration inédite entre une collectivité et une entreprise télévisuelle est mise en place et perdure aujourd’hui !

 

Le fort est acheté par un dentiste installé en Haute-Savoie

En fait de canons, ce sont les caméras de télévisions qui finiront par occuper le fort.

En 1962, le fort est mis en vente. L’enchère est remporté par un dentiste installé à Avoriaz.

Il reconnaît lui-même ne s’être pas rendu plus de cinq fois sur ce fort acheté pour une bouchée de pain mais dont les projets de restauration étaient bien sûr trop onéreux !

« En 1966, le fort fait une première apparition à l’écran dans un film qui s’appelle Les Aventuriers. Il est vu par Jacques Antoine, grand créateur de jeux. En 1988, il imagine un jeu d’aventures en temps réel dans un champ clos. Le dentiste a remis son fort en vente. »

Culoté, Jacques Antoine propose le marché suivant au département de Charente Maritime : « Vous rachetez le fort, vous faites les travaux nécessaires et en échange je vous fais un jeu qui parle du département au niveau national. »

Et voilà comment une collaboration inédite entre une collectivité et une entreprise télévisuelle est mise en place et perdure aujourd’hui !

 

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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 08:36
La rétro du lundi...

Afin de d’étendre l’atmosphère derrière ce dimanche électoral oh ! combien important pour notre nation,

je vous propose en rétro ce « Lundi 11 avril 2022 « 

 

Les Bienfaits du rire sur la santé et la longévité

D’après « Le Mois littéraire et pittoresque », paru en 1907)

En 1907, l’académicien Émile Faguet s’interroge sur les recommandations d’un journal médical nous donnant une panacée ; non pas tout à fait une panacée, mais un régime hygiénique universel, ce qui, précisément, et tout compte fait, pourrait s’appeler une panacée préalable, puisque l’hygiène est de la médecine préventive...

Cette panacée donc, puisque panacée il y a, c’est le rire. Il faut rire, il faut rire de tout son cœur. Il faut rire, comme il faut se tenir propre ; comme il faut se tenir les pieds chauds, le ventre libre et la tête froide ; comme il faut s’abstenir d’alcool, de tabac et de la lecture de romans nouveaux, ou tout au moins éviter en ces trois choses même le commencement de l’excès. Il faut rire par devoir envers soi-même et envers ses enfants et pour leur conserver un père, avance Faguet.

Il paraît, d’après ce journal savant, « qu’il n’y a pas une partie de notre être, pas un petit vaisseau qui ne reçoive une ondée de sang dans la circonvolution d’un bon éclat de rire. Le principe de la vie va renouveler ainsi toute notre chair ; la circulation plus rapide impressionne tous les organes. Rire, c’est donc allonger notre existence en accordant ce stimulant à notre activité générale. » On voit que le journal savant, comme si souvent il arrive, est absolument d’accord avec la sagesse populaire qui depuis si longtemps a dit que rire, c’était se faire une pinte de bon sang.

Aristote et Sarcey — Francisque Sarcey (1827-1899), critique dramatique et journaliste — étaient du reste tout à fait dans le même sentiment, et Aristote recommandait la terpsis (gaieté), comme le fondement de la sagesse, et Sarcey répétait à tue-tête : « Soyez gais ! Par la sambleu ! Soyez gais ! C’est la solution », tout semblable à un médecin qui dirait à un malade : « Parbleu ! Soyez bien portant ! C’est le vrai remède ! Pourquoi tant chercher ? » Voilà qui vaut fait et je veux bien rire, écrit notre académicien. Mais encore faut-il en avoir l’occasion, et c’est sur cela qu’il faut s’entendre.

Je dis qu’il faut s’entendre à cause de ceci. Ne faut-il pas d’abord mettre hors de la question, et c’est-à-dire en dehors du rire hygiénique, ce rire particulier qui est excité par la vue de la sottise humaine ? Si ce rire là était hygiénique, plus nous ririons, plus nous aurions d’admirables chances de nous bien porter. Les ridicules, les hommes qui « apprêtent à rire », comme disaient si joliment nos ancêtres, abondent de plus en plus et semblent se multiplier comme pains et poissons. Individuellement même ils deviennent plus beaux, plus copieux, plus magnifiques, plus féconds en rires homériques pour ceux qui les contemplent et les écoutent.

Mais est-ce ce rire-là qui est bien sain ? s’interroge Faguet. C’est le rire sardonique ; c’est le rire mêlé de malice ; c’est le rire où il entre une dose assez considérable de méchanceté, et de dédain, et de mépris, toutes choses que je m’étonnerais qui entretinssent abondamment la santé. C’est le rire de Démocrite, de qui dit Juvénal qu’il ne pouvait mettre le pied hors de sa maison et faire un pas sans éclater de rire :

Ridebat quoties de limine moverat unum
Protuleratque pedem

et de qui dit Montaigne : « J’aime mieux cette humeur que celle d’Héraclite, non parce qu’il est plus plaisant de rire que de pleurer, mais parce qu’elle est plus dédaigneuse et qu’elle nous condamne plus que l’autre, et il me semble que nous ne pouvons jamais être assez méprisé selon notre mérite. »

Oh ! oh ! s’il en est ainsi, je crois, à la vérité, qu’au temps où nous vivons nous pouvons rire « tout notre saoul », et du soir au matin, et dès que nous mettons le nez hors de notre porte, et même, entre nous, sans prendre la peine de sortir, poursuit l’académicien. Mais d’un rire qui dédaigne, et qui méprise, et qui condamne, que voulez-vous bien qui s’ensuive en fait de bonne santé et de pureté de sang ?

Aussi, je ne crois point que le Démocrite en question ait vécu plus vieux que le mélancolique Héraclite, lequel ne pouvait pas, de sa part, sortir de chez lui sans verser des larmes.

Ce rire-là étant donc écarté, nous voilà à la recherche du rire vraiment hygiénique. Il nous faut un rire qui ne soit pas celui qui pourrait être un pleurer ; il nous faut un rire qui ne soit pas celui dont parle Beaumarchais, quand il dit : « Je me hâte de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer. » Il nous faut un rire qui ne soit pas celui de La Bruyère quand il dit le plus mélancoliquement du monde : « Il faut se hâter de rire sans sujet si l’on ne veut pas mourir sans avoir ri. » Or, ce rire-là, ce rire sans mélange, ce rire pur, ce rire intégral, ce rire sans intervention de quelque chose qui pourrait faire fondre en larmes, s’il vous plaît, où est-il ?

Est-il dans la comédie de Molière ? Bon ! voilà Musset qui nous dit que la gaieté de Molière est « si mâle », et « si profonde », et « si triste », que « lorsqu’on vient d’en rire on devrait en pleurer. » Ce n’est donc pas encore cela. Serait-ce le rire obtenu par des moyens mécaniques et nous faudra-t-il nous faire chatouiller la plante des pieds avec une plume de paon ou nous mettre en quête de l’herbe de Sardaigne ?

Car vous vous rappelez qu’il existait en Sardaigne une plante, le sardonion, qui, flairée, faisait rire d’une façon incoercible, et c’est précisément de là que vient le mot, « rire sardonique », qui, du reste, n’a pas du tout le même sens. Autant en fait « le gaz hilarant » ou protoxyde d’azote. Mais je ne crois point, ajoute Faguet, que ces moyens mécaniques, chimiques ou pharmaceutiques puissent produire autre chose que de fâcheuses maladies nerveuses. Ce n’est pas encore cela qu’il nous faut.

Que nous faut-il donc ? A bien examiner et analyser, on en vient à reconnaître une vérité qui me semble incontestable : le seul rire qui soit hygiénique est celui qui n’a pas de motif, qui est son motif à lui-même ; qui du moins n’a pour motif ou plutôt pour occasion que des choses qui ne mériteraient pas qu’on en rît. Les enfants, les gens de tempérament jovial « et non saturnien », comme dit Régnier, rient en vérité sans motif, sans raison, et il faut entendre par là sinon tout à fait pour rien, du moins pour un rien.

Dès lors, d’où vient qu’ils rient ? Ils rient parce qu’ils sont toujours sur le bord, sur le seuil du rire, pour ainsi parler ; ils rient parce qu’ils sont gais, et, en dernière analyse, ils rient par ce qu’ils sont en bonne santé.

De sorte que ce n’est pas le rire qui fait la santé, mais la santé qui fait le rire ; ou, si vous voulez, le rire fait la santé ; mais le rire n’est qu’une forme de la santé et par conséquent c’est la santé qui se fait elle-même par la manifestation d’une de ses formes. D’où il suit que nous dire : « Riez pour vous bien porter », cela revient à dire : « Portez-vous bien pour bien vous porter », maxime indiscutable et qui est le fond même de la médecine.

« Tout compte fait, disent les médecins qui vont au fond des choses, il n’y a qu’un moyen d’être en bonne santé, c’est de ne pas être malade. » La recommandation du journal de médecine cité plus haut est donc une vérité parce qu’elle est une tautologie. Il en est, du reste, de cette vérité, comme de toutes les vérités, et, dès qu’une vérité est autre que tautologique, elle devient incertaine. En fait de vérités humaines, on n’est tout à fait sûr que de A = A.

Une réflexion me vient cependant, conclut Émile Faguet, sur l’affirmation du journal de médecine précité, sur l’affirmation elle-même, en soi. Fontenelle ne riait jamais : « Vous n’avez donc jamais ri, Monsieur de Fontenelle ? lui disait-on. — Jamais ri ? C’est-à-dire... Enfin, je n’ai jamais fait Aaa ! » Bref, il n’avait jamais ri. Eh bien, il a vécu quatre-vingt-dix-neuf ans et dix mois. On me dira que s’il avait fait Aaa, il aurait très probablement atteint le siècle. Il est possible.

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4 avril 2022 1 04 /04 /avril /2022 08:41

Dans la catégorie « Métiers anciens ou oubliés »

Aujourd’hui je vous présente celui de ;

Vendeuse de douces liqueurs au théâtre pendant l’entracte

(D’après « La Mosaïque du Midi », paru en 1877)

Avant le temps où les théâtres eurent un « foyer, » c’est-à-dire une salle commune, où se promènent les spectateurs pendant l’entracte ; avant le temps où des buvettes furent ouvertes aux alentours de chaque théâtre, les spectacles, devenus des lieux choisis pour les parties de plaisir, se pourvurent presque tous d’une « distributrice de douces liqueurs »

Joli nom, assurément ! Figurez-vous une demoiselle accorte, fraîche, parfois charmante, qui se tenait au parterre, dans un bureau décoré de petits lustres, de beaux vases et de verres de cristal. Elle avait sur les lèvres un perpétuel sourire, et l’amabilité de sa gracieuse personne attirait les chalands.

C’était une marchande de confitures, de boissons rafraîchissantes ou réchauffantes, selon les saisons. La distributrice de douces liqueurs débitait les fines oranges, les frais citrons, les généreux vins d’Espagne ou d’autres provenances. On faisait cercle autour d’elle, et sa recette ne laissait pas que d’atteindre un chiffre assez honorable. Ce petit commerce payait aux comédiens français une rente de huit cents livres.

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3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 08:04
Expressions Proverbes d'autrefois

Dans la catégorie Expressions Française : " voyons aujourd'hui ce que veut dire "

Les biens lui viennent en dormant

 

Se dit en parlant d’un homme à qui quelque bonne fortune arrive

 Lorsqu’il ne s’y attend pas et sans travailler

Le bibliographe Antoine du Verdier (1544-1600) explique que « François Ier, ou plus vraisemblablement Louis XI, voyageant par son royaume, étant entré un peu devant l’heure de vêpres dans une église (Notre-Dame de Cléry), comme quelqu’un qui avait couru la poste, lui demanda en don un bénéfice de collation royale, vacant par le décès du possesseur d’icelui, et que le roi à l’instant vit, à l’un des coins du chœur, un pauvre prêtre qui dormait ;

« Après l’avoir fait éveiller, lui donna le bénéfice, pour lequel l’autre, à force de courir par plusieurs journées, s’était mis en péril de se rompre le col, et commanda lettres lui en être expédiées, disant qu’il voulait en cet endroit faire trouver véritable le proverbe qui dit : Qu’à aucun les biens viennent en dormant ».

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2 novembre 2021 2 02 /11 /novembre /2021 16:17
La rétro ...

Dans la catégorie " termes anciens  "

C'est quoi un rebouteux ?

Définition: « Celui qui remet les os bout-à-bout »

Ce terme ancien renvoie aux personnes qui soignaient dans les campagnes sans être médecins. Leur spécialité, ce sont les entorses, les fractures, les luxations, les sciatiques. Ils revendiquent souvent un don inné, ou qui se transmet de génération en génération, comme l’explique Déborah Kessler-Bilthauer, docteure en ethnologie: « Leurs savoirs et leurs aptitudes se sont imposés à eux par les voies divines ou naturelles dès les premières années de leur vie ou un peu plus tard. »

Face à un regain d’intérêt pour les médecines non conventionnelles, quelques formations se sont développées, mais aucun ordre professionnel ne les réunit. Cependant, depuis 1949, le groupement national pour l’organisation des médecines alternatives rassemble rebouteux, magnétiseurs et autres naturopathes. Ils partagent la même charte qui les contraint notamment à ne formuler aucun diagnostic.

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18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 17:29

Dans la catégorie : Expressions, Proverbes d’autrefois ;

 

"Il en revient toujours à ses moutons"

C’est revenir à un propos commencé et interrompu par un incident quelconque ou à un projet abandonné dont on reprend la suite

On dit encore : Revenons à nos moutons pour indiquer qu’on va reprendre le fil d’une conversation suspendue par un incident quelconque. Ce proverbe qui date du XVe siècle caractérise tous ces gens qui n’ont qu’une seule idée à laquelle ils rapportent tout, en y revenant avec une infatigable persévérance.

On a fait remonter l’origine de ce proverbe à une ancienne pièce du théâtre français ayant pour titre : La farce de maître Pathelin, où un marchand drapier venait porter plainte contre un berger qui lui a dérobé des moutons. Mais le plaignant, M. Guillaume reconnaît dans maître Pathelin, l’avocat qui défend le berger, celui qui lui a volé une pièce de drap. Dans son trouble il s’interrompt souvent pour parler de la pièce de drap volé. Le juge ne comprenant rien à son galimatias et ne connaissant pas l’affaire de la pièce de drap, est forcé de l’interrompre souvent pour l’inviter à revenir à ses moutons.

Rabelais (XVIe siècle) a employé ce proverbe plusieurs fois (Livre Ier, chapitres 1 et 2 ; Livre III, chap. 33) et condamne toute digression intempestive dans un plaidoyer. Il ne faut pas omettre de citer les exemples que nous a légués l’antiquité sur ce sujet. A Athènes, le héraut qui appelait les orateurs pour parler devant le peuple, leur recommandait de le faire sans préambules et sans passions. Cicéron, dans une harangue, s’étant écarté de son sujet, a dit : Domum redeamus, ce qui veut dire : Revenons à notre maison. Voici sur ce sujet une imitation d’épigramme assez originale :

Pour trois moutons qu’on m’avait pris
J’avais un procès au bailliage.
Guy, le phénix des beaux esprits,
Plaidait ma cause et faisait rage.
Quand il eut dit un mot du fait,
Pour exagérer le forfait,
Il cita la fable et l’histoire,
Les Aristotes et les Platons.
« Guy, laissez là tout ce grimoire
Et retournez à vos moutons. »

 

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27 septembre 2021 1 27 /09 /septembre /2021 17:46

Dans la catégorie " Origine des mots "

Voyons aujourd'hui celui  du " timbre poste " D’après « Le Petit monde », paru en 1920)

L’invention des timbres-poste est relativement récente, puisque datant du XIXe siècle. Avant eux, le port des lettres était calculé suivant la distance à parcourir et c’était le destinataire et non l’envoyeur qui en payait la taxe ! 

 

Au tarif de 1827, il fallait payer 1 fr. 20 pour recevoir une lettre venant de Marseille à Paris. Les inconvénients de ce système sont évidents, et ce sont ces inconvénients mêmes qui ont suscité l’idée des petites vignettes dont nous usons couramment aujourd’hui. Voici ce qu’on raconte à ce propos.

En 1835, un riche anglais nominé sir Rowland Hill voyageait dans le nord de l’Angleterre quand le hasard l’amena à la porte d’une auberge au moment précis où le facteur présentait une lettre à une jeune fille. Celle-ci prit l’enveloppe, l’examina sur toutes les faces et demanda le prix qu’elle avait à payer. La somme montait à un shilling. La jeune fille soupira et rendit la lettre en disant : « Je suis trop pauvre pour donner un tel prix. Reprenez-la quoique cela me navre, car elle vient de mon frère qui habite Londres. »

Le riche anglais fut ému et tendit une pièce au facteur. La jeune fille voulut s’y opposer. Rowland Hill ne céda pas et, le facteur parti, interrogea la destinataire de la lettre qui avoua : « J’ai dit la vérité, nous sommes très pauvres. mais pour pouvoir correspondre avec mon frère sans rien payer, nous avons convenu de certains signes qui, tracés sur l’enveloppe, nous permettent de savoir si nous sommes en bonne santé l’un et l’autre. Quant à la lettre elle-même, ce n’est qu’une feuille de papier blanc. »

Et elle la lui montra. Rowland Hill continua sa route en réfléchissant. Ce qu’il venait de voir lui montrait les grands défauts du système employé, l’exagération des prix et, comme conséquence, la tentation de frauder. Il y chercha un remède et c’est ainsi que, le 13 février 1837, sir Rowland Hill proposa officiellement au gouvernement anglais « d’employer dorénavant un petit carré de papier de grandeur suffisante pour recueillir le sceau postal et enduit sur son autre face d’une colle légère qui permettrait à l’acheteur de le fixer au dos d’une lettre. »

Vous voyez que c’est la définition exacte du timbre tel que nous le connaissons aujourd’hui. Mais la poste anglaise n’appliqua pas de suite cette idée. Elle crut mieux faire en imprimant sur des enveloppes une vignette représentant la Grande-Bretagne assise sur un roc, avec un lion couché à ses pieds et entourée d’attributs divers.

 

Ces enveloppes n’eurent pas de succès. On reconnut alors que Rowland Hill avait raison et l’on fabriqua les timbres ainsi qu’il l’avait indiqué. Le premier qui parut, le 10 janvier 1840, était noir et représentait la reine Victoria, vue de profil. En 1811, il devint rouge. Le prix uniforme pour toute l’Angleterre était d’un penny. En 1854 enfin, on imagina de perforer les quatre côtés des timbres pour permettre de les détacher plus facilement de leurs voisins.

La Suisse ne tarda pas à imiter l’Angleterre. Puis ce furent le Brésil, les Etats-Unis et la Belgique. En France, il fallut la Révolution de 1848 pour qu’on adoptât cette nouvelle mode infiniment pratique et, le 1er janvier 1849, le premier timbre français fut mis en circulation. Il était noir sur fond jaune, représentait une tête de Cérès et valait 20 centimes.

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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 17:36

Dans la catégorie : Expressions, Proverbes d’autrefois

"Il en revient toujours à ses moutons"

C’est revenir à un propos commencé et interrompu par un incident quelconque

ou à un projet abandonné dont on reprend la suite

On dit encore : Revenons à nos moutons pour indiquer qu’on va reprendre le fil d’une conversation suspendue par un incident quelconque. Ce proverbe qui date du XVe siècle caractérise tous ces gens qui n’ont qu’une seule idée à laquelle ils rapportent tout, en y revenant avec une infatigable persévérance.

On a fait remonter l’origine de ce proverbe à

une ancienne pièce du théâtre français ayant pour titre : La farce de maître Pathelin, où un marchand drapier venait porter plainte contre un berger qui lui a dérobé des moutons. Mais le plaignant, M. Guillaume reconnaît dans maître Pathelin, l’avocat qui défend le berger, celui qui lui a volé une pièce de drap. Dans son trouble il s’interrompt souvent pour parler de la pièce de drap volé. Le juge ne comprenant rien à son galimatias et ne connaissant pas l’affaire de la pièce de drap, est forcé de l’interrompre souvent pour l’inviter à revenir à ses moutons.

Rabelais (XVIe siècle) a employé ce proverbe plusieurs fois (Livre Ier, chapitres 1 et 2 ; Livre III, chap. 33) et condamne toute digression intempestive dans un plaidoyer. Il ne faut pas omettre de citer les exemples que nous a légués l’antiquité sur ce sujet. A Athènes, le héraut qui appelait les orateurs pour parler devant le peuple, leur recommandait de le faire sans préambules et sans passions. Cicéron, dans une harangue, s’étant écarté de son sujet, a dit : Domum redeamus, ce qui veut dire : Revenons à notre maison. Voici sur ce sujet une imitation d’épigramme assez originale :

​​​​​​​Pour trois moutons qu’on m’avait pris
J’avais un procès au bailliage.
Guy, le phénix des beaux esprits,
Plaidait ma cause et faisait rage.
Quand il eut dit un mot du fait,
Pour exagérer le forfait,
Il cita la fable et l’histoire,
Les Aristotes et les Platons.
« Guy, laissez là tout ce grimoire
Et retournez à vos moutons. »

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30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 07:56

Dans la catégorie " Remèdes oubliés "

La Mousse de Corse : 

(D’après « Revue d’histoire de la pharmacie », paru en 1951 et 1955)

Se récoltant en raclant les roches des côtes provençales mais également de Corse, de Sardaigne et de Sicile, la mousse de Corse, Alsidium helminthocorton, ou mousse de mer, fut l’objet d’un engouement à la fin du XVIIIe siècle, ses propriétés vermifuges lui valant un article inséré au sein de la Gazette de la Santé et d’élogieux prospectus publicitaires

 

La manière de collecter cette algue faisait que le produit commercial était constitué par un mélange de quelque 20 espèces différentes additionnées de conserves et de lichens. D’après de Candolle, qui en pratiqua un examen approfondi, la meilleure qualité, celle qui venait d’Ajaccio, ne contenait encore qu’un tiers de véritable fucus, Fée accordant quant à lui une moitié.

L’emploi de la mousse de Corse est fort ancien en Grèce ; certains passages de Théophraste et de Dioscoride indiquent son emploi médical, et le muscus marinus de Pline et des vieux auteurs ne serait autre que notre mousse. La connaissance des propriétés vermifuges de ce petit fucus aurait été apportée en Corse par une colonie grecque venue s’y établir vers le milieu du XVIIe siècle.

 

En 1776, un chirurgien de l’île, en botaniste intéressé, chercha à l’exploiter commercialement et vint en France lancer son spécifique ou M. lemithocorton. Il en communiqua un échantillon, avec d’autres produits, dont l’orseille, à un botaniste en renom, de La Tourette, qui le présenta à l’Académie de Lyon. En janvier 1777, la Gazette de Santé signalait le nouveau vermifuge et faisait remarquer que lemithocorton était une déformation de helmintocorton, qui en grec signifie « herbe aux vers », et celui-ci fut adopté par La Tourette, puis par Schwendimann, qui lui consacra sa thèse en 1780.

Enfin, de La Tourette publia une très belle étude dans le Journal de physique de septembre 1782 et établit que la mousse de Corse doit être définitivement rangée dans le genre fucus. Suivent celles de de Candolle, de Fée, etc., et l’analyse chimique de Bouvier faite en 1791 et qui bien entendu ne mentionne pas l’iode, qui n’était pas encore découvert.

 

Le prospectus du promoteur, le sieur Dimo Stephanopoli — le Comité des Travaux Historiques et Scientifiques nous apprend que ce naturaliste né en 1729 fut docteur en médecine, médecin de la famille Bonaparte, chirurgien-major au Royal-Corse en 1777, chirurgien-major à l’hôpital militaire d’Ajaccio en 1780, conseiller municipal d’Ajaccio, et que l’empereur Napoléon Ier lui confia une mission scientifico-politique sur les côtes de la Grèce et de l’Albanie en 1797 — fut notamment apposé sur les murs de la ville de Carpentras, le texte étant le suivant :

« Avis par permission de Monseigneur le Gouverneur du Comtat et approbation des Messieurs les médecins

« Le sieur Dino Stefanopoli, chirurgien, employé dans les hôpitaux de l’île de Corse, annonce au public un spécifique contre les vers, auxquels sont sujets particulièrement les enfants. Ce remède, dont l’effet est très bénin, a non seulement la propriété de détruire les vers qui se trouvent dans les intestins, en les expulsant par les selles, mais il a encore l’avantage d’empêcher qu’il ne s’en engendre de nouveaux, pourvu qu’on en prenne deux ou trois doses dans le courant de l’année, même en état de santé.

« Ce spécifique n’est point une composition, ni un secret ; il consiste en une petite plante marine du genre des coralines, appelée en grec Lemithocorton, qui ne croît qu’aux environs d’Ajaccio en Corse, et qui est bien différente de la coraline articulée. Celle-ci est la vraie coraline des Grecs, dont l’efficacité a été tellement reconnue par les médecins et chirurgens qui habitent l’île de Corse, que M. Le Vachez, premier médecin des hôpitaux militaires de cette île, a ordonné qu’on ne se servît que du vrai Lemithocorton.

« On trouvera cette simple, avec un imprimé qui indique la façon de s’en servir, à Carpentras, chez M. Chapuy, à la rue de l’Ange. »

Dimo Stephanopoli décrit sa découverte dans le mémoire annexé à Voyage de Dimo et Nicolo Stephanopoli en Grèce pendant les années V et VI (1797 et 1798), Tome 2 par Antoine Sérieys, paru en 1800 :

« La colonie grecque dont je fais partie, établie en Corse depuis cent vingt ans, venue des côtes de la Laconie, avait conservé l’usage du Lémithochorton ; mais elle ne l’avait point étendu au-delà de ses limites. Depuis quatre-vingt-cinq ans qu’elle habitait cette île, jamais aucun Corse n’avait soupçonné les vertus, ni même l’existence de cette plante, lorsqu’en 1760, exerçant la chirurgie dans ce pays, où les maladies vermineuses et les fièvres putrides sont très communes, je sentis la nécessité d’un vermifuge assuré, assez puissant pour en détruire les causes. Le Lémithochorton de la grande espèce, qui m’était connu comme aux autres Grecs, devint l’objet de mes recherches. J’en séchai et j’en préparai une certaine quantité ; je l’employai en poudre, en infusion, en décoction et en sirop, de toutes les manières. Ses heureux effets surpassèrent mes espérances.

« La simplicité de ce remède qu’on peut employer dans tous les cas, et sans craindre aucun inconvénient, les occasions fréquentes que j’ai eues de l’administrer dans le cours de plusieurs années, m’ont mis en état de connaître, par ses effets, toute l’étendue de ses vertus, et comme vermifuge et comme calmant.

 

 

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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 10:37

Expressions d'autrefois; " Boire le vin de l’étrier "

(Boire un verre de vin quand on est sur le point de partir)

Quand nos bons aïeux allaient en voyage, ils avaient coutume d’avaler quelques rouges-bords au moment de monter à cheval, et c’est ce qu’ils appelaient boire le vin de l’étrier. Ils tenaient même à se faire remarquer, en cette circonstance, par une bachique intrépidité.

En désire-t-on des exemples ? Les exemples fameux ne nous manqueront pas.

 

Affiche publicitaire de la fin du XIXe siècle pour Le Coup de l’Étrier, vin tonique de la Durante

Le maréchal de Bassompierre, l’un des hommes les plus brillants et les plus aimables qui aient joué un rôle sous les règnes de Henri IV et de Louis XIII, obtint dans ce genre une célébrité proverbiale. On rapporte qu’en 1625, le jour où il quitta son ambassade en Suisse, afin de revenir à Paris, il se fit tirer une des grandes bottes à entonnoir qu’il avait mises pour le voyage, la présenta en guise de coupe à son échanson, et, lorsqu’elle fut pleine de vin, la vida bravement à la santé des treize cantons. Ce qui donna lieu à la locution boire à la Bassompierre.

Madame Dunoyer raconte un autre trait du même genre. « Le marquis de Léri, dit-elle, ayant été envoyé à Cologne pour quelque négociation, triompha des Allemands le verre à la main. On le déclara vainqueur des vainqueurs, et comme on lui proposa, lorsqu’il montait à cheval pour revenir en France, de boire le vin de l’étrier, il ne refusa point de prêter le collet, et dit que le vin de l’étrier devait se boire dans une botte. On lui en apporta une toute pleine qu’il vida de la meilleure grâce du monde. On garde encore cette botte à l’hôtel de ville de Cologne, où elle a été érigée en trophée en l’honneur du marquis de Léri. » (Lettres galantes, tome I, lettre 50.)

 

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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 08:29

Rappelez-vous ;" L’ancêtre du SMS c’était le 24 Mai 1944"

( 1ier télégramme en morse)…

 

C’est le jour de la première communication en morse. Nous sommes à Baltimore, aux États-Unis. L’un des inventeurs, l’Américain Alfred Vail, reçoit un message télégraphique constitué de points et de traits.

Et que dit-il, ce message codé ?
 

« What hath god wrought », Ce que Dieu a forgé. L’auteur du message n’est autre que Samuel Morse, concepteur de l’alphabet du même nom. Il se trouve alors à 600 kilomètres de là, à Washington, au Capitole. Autant vous dire qu’après des années de recherche de tâtonnement, les deux interlocuteurs exultent !

 

C’est donc le premier message en morse envoyé par Monsieur Morse
Oui. Pourtant, Samuel Morse n’était pas destiné à marquer l’histoire des télécommunications. Figurez-vous que, de métier, il était peintre ! Cette idée d’envoyer des messages à la vitesse de l’électricité lui serait venue au moment de la mort de sa femme... Il se trouvait à l’époque en déplacement à Washington, pour un portrait du général de La Fayette et, prévenu trop tard de l’état de sa femme, il n’avait pu rentrer à temps pour lui faire ses adieux. Il s’est alors promis d’inventer un moyen de transmettre des informations plus rapidement qu’à la vitesse du courrier.

 

Et quel est le principe de transmission ?
 

Le système de base est composé d’un électroaimant, de piles et d’un interrupteur capable de transmettre vite et loin une série de traits et de points. Reste à coder et décoder n’importe quel message. Vous savez par exemple comment on dit SOS ? Ça peut servir : trois points, trois traits, trois points. Depuis lors, évidemment, le morse est un peu tombé en désuétude, remplacé par les radios, les portables, et même Internet... Enfin, ça, c’est une autre histoire... ( ci-contre Samuel Morse ) que de chemin parcouru en 77 années.....

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17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 07:51
La rétro du lundi.

Dans la catégorie : Patrimoine gastronomique 

Le Gâteau de Compiègne :

(Un boulanger de l’Oise relance la tradition)

Réalisé à l’occasion du mariage de Napoléon Ier avec Marie-Louise d’Autriche, le fameux gâteau de Compiègne serait en réalité une brioche déjà dégustée bien avant, sous Louis XV. Un boulanger féru d’histoire a reconstitué la recette ancestrale.

Le gâteau de Compiègne a connu deux grands moments de gloire dans l’histoire de la gastronomie française. En 1810, lors du mariage de Napoléon Ier avec Marie-Louise d’Autriche où il fut servi et en 2015 lors de l’émission Le meilleur pâtissier.

« Celui-là, c’est un beau gâteau de Compiègne ! Napoléon, il aurait aimé ! », s’enthousiasme Cyril Lignac dans l’extrait vidéo du Meilleur Pâtissier. Le chef et l’animatrice Mercotte présentent alors le dessert comme une invention née sous le Premier Empire. « C’est archi-faux ! s’exclame Berry Farah, spécialiste en technologie culinaire, à l’autre bout du combiné, le gâteau de Compiègne n’a pas été inventé spécialement pour le mariage de Napoléon Ier, il existait déjà dans les écrits dès 1677 !"

 

Le gâteau de Compiègne servi dans boulangerie-pâtisserie La Pétrifontaine.
© Crédit photo : Jacky Delplanque

 

Installé à Montréal, il publie depuis plus de 10 ans des livres sur l’histoire de la pâtisserie. Il s’est spécialisé dans le démantèlement des légendes de la gastronomie. « Les histoires sur le kougloff, le financier ou le baba au rhum sont totalement reconstruites par le temps. Je suis parti du postulat que ce qu’on nous raconte sur la pâtisserie est inventé. Et il s’avère que c’est souvent vrai. » Berry Farah s’est associé avec un boulanger-pâtissier de Compiègne pour redonner vie à la pâtisserie ancestrale.

Le gâteau de Compiègne, le vrai !
Fraîchement installé dans la Cité impériale, Jacky Delplanque est ravi. Derrière la vitrine de sa boulangerie-pâtisserie La Pétrifontaine trône fièrement le gâteau de Compiègne, l’original, celui du XVIIe siècle. La brioche au cédrat confit se vend comme des petits pains.

« J’ai lancé le gâteau de Compiègne il y a un mois à l’occasion de l’ouverture de ma boutique, et déjà, j’en prépare une soixantaine par semaine. Ça dépote, c’est un très très bon début ! » confie-t-il au téléphone.

Jacky Deplanque est friand d’histoires culinaires. Il aime remettre au goût du jour des vieilles recettes oubliées : « C’est un challenge à chaque fois, j’adore fouiner, aller loin dans les recherches et enfin, proposer le résultat aux clients. » Pâtisseries d’antan qui s’avèrent souvent moins sucrées et moins beurrées qu’aujourd’hui.

 

Le gâteau de Compiègne servi dans boulangerie-pâtisserie La Pétrifontaine.
© Crédit photo : Jacky Delplanque

Si la recette est tenue secrète, les ingrédients eux, se rapprochent de ceux d’une brioche. « Des jaunes d’œufs, de la farine, du beurre, du sucre mais surtout du cédrat confit, un fruit largement utilisé à l’époque. C’est un gros citron assez doux qu’on produit encore en Corse. » Et il ajoute : « En réalité, le gâteau de Compiègne ressemble beaucoup au panettone, qui n’existait pas à l’époque. Il se pourrait même qu’il ait un lien de famille avec la brioche italienne ! »

Le croissant de 1930
Jacky Delplanque n’en est pas à sa première expérimentation, en lieu et place du croissant ordinaire, vous trouverez le croissant de 1930. « Je suis le premier en France à l’avoir lancé. Il s‘agit d’un croissant mais moins sucré et moins beurré comme on le faisait à l’époque. » Le boulanger-pâtissier a déjà un autre projet en tête : reconstituer la recette du gâteau de Pierrefonds !

(Source : France 3 Hauts-de-France)

 

 

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 07:24
La rétro du lundi.

Dans la catégorie:            "Expressions & proverbes anciens "

Faire des gorges chaudes

Cette locution proverbiale signifie au figuré plaisanter ou rire

en compagnie à propos d’une personne désignée

Voici quelle en serait l’origine : en terme de vénerie, gorge chaude est la façon de désigner la viande du gibier, vivant ou récemment tué, que l’on donne aux oiseaux de proie, comme au faucon, par exemple, et c’est parce que cet oiseau se montre très friand d’un pareil festin que l’on dit des personnes qui se réjouissent d’une chose qu’elles en font une gorge chaude ou plus souvent des gorges chaudes.

La Fontaine, dans l’une de ses fables intitulée La Grenouille et le Rat (livre IV, fable XI), s’est servi de cette expression. Voici les derniers vers :

Notre bonne commère
S’efforce de tirer son hôte au fond de l’eau,
Contre le droit des gens, contre la foi jurée,
Prétend qu’elle en fera gorge chaude et curée

 

On s’est tout naturellement servi de cette expression, au figuré, pour indiquer le plaisir de ceux qui avaient dissipé certaine fortune provenant de succession. Ensuite, comme on aime beaucoup à se moquer des autres et à les plaisanter, on a, par induction, comparé cette joie à celle du faucon ou de tout autre oiseau de proie qui manifeste d’une façon bien visible sa satisfaction de manger des chaires toutes pantelantes.

Voici deux exemples tirés de Saint-Simon, auteur de Mémoires curieux sur la fin du règne de Louis XIV et le commencement de celui de Louis XV, de l’emploi au figuré de cette locution : « Le duc de Saint-Aignan trouva l’aventure si plaisante qu’il en fit une gorge chaude au lever du roi. Le soir le duc de Maine fit chez lui une gorge chaude fort plaisante de Fagon avec Le Brun. » Les gorges chaudes sont ironiques, mais toujours méchantes.

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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 06:26
Le saviez-vous ?

Ces Patrimoines toujours vivants  ...

" Celui  de la fabrique du silence " je veux parler bien-sûr des " Boules Quies "

Olivier Denis du Péage est le président de la société Quies, la marque fête ses 100 ans cette année. L’entreprise française représente 48 salariés et un chiffre d’affaires de plus de 17 millions d’euros.

En 1918, à la demande d’une de ses clientes importunées par le bruit, un pharmacien fabrique une boule en coton et en cire. L’arrière-grand-père d’Olivier Denis du Péage, s’associe avec ce pharmacien et crée la société Quies pour industrialiser le produit. Pour créer le nom de la marque, ils s’inspirent du terme latin quietis qui signifie le repos.

Aujourd’hui encore, la fabrication des boules Quies reste pratiquement inchangée, excepté dans les matières premières, et garde ses secrets d’il y a 100 ans : « À l’époque c’était à la main, dans des petites boutiques dans le XVe arrondissement. Des ouvrières travaillaient pour fabriquer les boules, les bouleuses, et après ça, elles les transféraient aux conditionneuses, qui mettaient dans les boîtes. (...) C’est de la cire naturelle, on imprègne le coton de cire et après on fait une boule avec », explique Olivier Denis du Péage.

Une entreprise familiale qui s’agrandit
En 1985, Olivier Denis du Péage récupère la société avec sa sœur. Ils décident d’élargir la production à la grande distribution : « C’était un besoin de donner ces produits à un plus grand nombre. À l’époque, la grande distribution commençait à prendre de l’ampleur, les gens allaient faire leur course dans les grandes surfaces, donc c’était important que l’on soit présent là-bas aussi », ajoute Olivier Denis du Péage.

Il y a 20 ans, la marque décide de se diversifier, tout d’abord par des protections auditives en mousse, puis par des produits d’hygiène de l’oreille ou anti-ronflements. Dans l’avenir, la marque Quies pense à se diriger vers des produits plus techniques et à s’ouvrir encore plus à l’international comme l’explique son président-directeur général : « Maintenant il y a des besoins de différenciation des produits, des besoins bien spécifiques. (...) Il y a aussi des produits actifs en cours d’étude. Mais aussi l’export. »

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 07:56
La rétro du lundi.

Le 28 janvier 1887, il Ya 134 ans la première « pierre » de la future tour Eiffel pour l’Exposition universelle prochaine de 1889 à Paris, était posée…

Toute une histoire

En réalité le début du creusement des fondations :

une journée marquée par un incident que les journaux du lendemain, parmi lesquels Le Temps, relatent….

 

L’article intitulé La manifestation ouvrière du Champ de Mars paru dans le numéro du 29 janvier 1887 du Temps nous en livre quelques détails : « Un incident qui avait pris, au début, un caractère inquiétant, mais dont l’issue a été toute pacifique, s’est produit hier matin sur les chantiers de l’Exposition de 1889, au Champ de Mars. Nous avons dit dernièrement qu’environ cent cinquante ouvriers sont occupés à cet endroit aux travaux de terrassement pour les fondations des expositions diverses. Or, il ne se passe pas de jour sans que les chefs de chantier reçoivent la visite d’équipes de terrassiers ou de maçons, munis de leurs outils et demandant à être employés. L’entrepreneur, M. Manoury, ne peut malheureusement prendre un supplément de personnel. En cette saison, il est difficile de commencer les travaux de maçonnerie, par crainte des gelées. L’architecte, M. Bouvard, s’y oppose d’ailleurs formellement.

« Hier matin, on devait embaucher pour le creusage une quinzaine de terrassiers. Il s’en présenta plus de six cents. Les chefs de chantier firent leur choix. Quand les quinze ouvriers furent embauchés, quelques meneurs protestèrent, criant qu’on ne prenait que des étrangers, que tout l’ouvrage était pour eux, qu’on laissait les Français crever de faim. Pour leur montrer combien leur réclamation était peu fondée, l’entrepreneur leur déclara que sept ouvriers étrangers, tous de nationalité belge, étaient seuls employés aux travaux de terrassement de l’Exposition. Excités par les meneurs, les manifestants se sont rendus néanmoins à l’Hôtel de Ville, afin d’exposer leur réclamation à M. Alphand [un des directeurs des travaux de l’Exposition universelle]. Chemin faisant, ils se sont arrêtés devant le ministère des travaux publics, hurlant, brandissant leurs pioches. S’étant présentés à l’Hôtel de Ville à une heure trop matinale pour être reçus, ils y sont retournés à deux heures. Le directeur général des travaux leur a fait répondre qu’il ne pouvait les recevoir en masse et qu’il ferait introduire cinq délégués.

« M. Alphand a fait connaître à ceux-ci que, prévenu dès le matin, il avait tenu à savoir d’une façon précise le chiffre d’ouvriers étrangers occupés aux travaux ; que ce chiffre, effectivement de sept, avait, sur des instructions données à l’entrepreneur, été réduit à trois seulement ; enfin que, conformément aux prescriptions de M. le ministre commissaire général, il avait donné l’ordre de maintenir le nombre de ces ouvriers dans les limites les plus étroites. Les manifestants se sont retirés satisfaits des promesses de M. le directeur général des travaux et ont reçu de lui l’assurance que, dès que la température le permettrait, les travaux seraient activés de façon à permettre des embauchages plus nombreux. »

L'histoire de sa construction

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18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 09:14

Qui à connu la cabane au fond du jardin ? ( hormis Françis Cabrel ! )

Et oui, il m’arrive de rencontrer encore des personnes qui ont utilisées les toilettes au fond du jardin ou se souviennent de ces vielles toilettes vues chez leurs parents ou grands-parents. Alors, je vous arrête tout de suite, nous ne parlons pas là de toilettes sèches à litière bio maîtrisée comme nous le concevons aujourd’hui avec apport de matière carbonée.

Mais ça fait toujours plaisir d’entendre parler de ces vieux “kakati” ou “ékakatyé” et autres noms patoisants d’ailleurs qui nomment ce lieu d’aisance. Alors j’ai naturellement fait une petite recherche sur les différents noms utilisés .En voilà une liste :
Kakti, kakati, kakatire, ékakatire, ékakatyé, kakèl. Mais aussi : Gabiné, ékmondité, komodité, ézanse, boudkin, boutkin, kmon, lévéché, trône…petit coin ect….

La cabane au fond du jardin  définition

La cabane se distingue, par un certain nombre de caractéristiques, de la maison, qui est un habitat familial fournissant une adresse.

Elle est destinée à abriter le plus souvent séparément, soit des hommes, soit des animaux, soit du matériel.

Elle est bâtie de manière rudimentaire, d'où sa fragilité et sa précarité éventuelle. Elle n'est en général pas divisée en pièces ou locaux. Elle ne fait pas l'objet des mêmes procédures administratives pour être construite que la « maison d'habitation ».

Elle ne représente qu'un faible investissement financier, voire aucun, d'où souvent sa valeur marchande faible ou inexistante.

Elle fait appel habituellement à un matériau local : le bois dans les zones forestières, la pierre dans les zones rocheuses, mais les matériaux de récupération ne sont pas à exclure, surtout dans les zones péri-urbaines (tissu, métal, plastique, carton, etc.).

Participant de l'autoconstruction, elle est en règle générale construite manuellement et avec les moyens du bord. Elle peut alors s'inscrire dans un choix de vie écologiste ou primitiviste.

Pour le Dictionnaire de la langue française (Littré) de 1873, cabane, hutte et chaumière sont synonymes. « Ces trois termes, qui désignent une petite maison, se distinguent en ce que : 1° la cabane exprime quelque chose de chétif et de misérable; la cabane est la maison du pauvre; 2° la hutte est la maison du sauvage ou de celui que les circonstances obligent à se loger comme les sauvages; on se construit des huttes dans les forêts; 3° la chaumière est la demeure du paysan, de l'homme des champs; elle est sans doute humble et pauvre, mais elle n'emporte aucune idée de misère, et les satisfactions champêtres y peuvent trouver place. »

 

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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 11:06

 C'est dit dans le titre  69 minutes sans chichis ….histoire de ne pas oublier ..

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