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Le Blog De Papy-Bougnat

  • Papy-bougnat
  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
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Traducteur

A L'affiche..

La culture Ne s'hérite pas, Elle se conquiert. 

 

[André Malraux]

********** 

 

Actu du jour...


       

1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 07:19

Non seulement ce texte très touchant, remuant… et par- delà, attristant et révoltant m’a bouleversé, mais le plus important c’est qu’il souhaite soulever la question de l’isolement des personnes démentes, de l’impact de cet isolement sur leur santé physique et morale, d’autant plus dur que le contact par téléphone est rendu impossible de par leur incapacité à le gérer.

Je cite:         

Mémé,

Cela fait maintenant quelques années que tu oublies. Les mots s’envolent, les phrases s’effacent, les prénoms se mélangent, le temps a disparu, les lieux se ressemblent ou te deviennent étrangers.

De ton oubli que tu mesurais il y encore quelque temps et que tu évoquais pudiquement à demi-mots, il ne reste pas grand-chose.

Tu ne t’es jamais plainte, tu as courageusement affronté ta vie, et depuis bien longtemps je suis fière d’être ta petite-fille. Tu es devenue veuve aux prémices de ta retraite, tu as suivi les cours inter-âge de l’université où tu entretenais ton Italien, apprenais l’Allemand et faisais de la peinture. Tu as pris soin de toi, de tes enfants et des autres. Et petit à petit tu as passé la main et ceux dont tu t’occupais, sont ceux qui se sont mis à s’occuper de toi.

J’aime entrer dans ton appartement et sentir son odeur et mes souvenirs. J’aime sortir les jouets du coffre de la chambre du fond que j’aimais tant et voir mes enfants jouer avec.

Il y a un mois, dans cet appartement, autour de ta table et d’une tisane, ton arrière-petite-fille, toi et moi prenions ensemble un de ces fous rires qui nous font nous sentir vivant et heureux. Mémé tu as beaucoup oublié mais tu n’as jamais oublié de rire, tu manies toujours avec brio le sens de l’autodérision et celui de la répartie.

Mémé, tu es drôle, tu es facile à vivre, tu te plains très peu et tu n’oublies jamais de sourire et de dire merci. Merci à tes enfants, à tes petits-enfants. Merci à la vie.

L’autre jour tu es tombée. Tu as été hospitalisée et testée positive au coronavirus, ce nouveau variant anglais.

Les deux premiers jours de ton hospitalisation, tu as pu recevoir une visite puis ton état physique ne se dégradant pas, tu as connu l’isolement. Dix-sept jours sans visite, sans téléphone, sans visage familier, sans voix apaisante, avec du blanc, du blanc partout, des masques, des blouses. J’imagine ces dix-sept jours comme une traversée dans un brouillard épais et sourd, un froid engourdissant et angoissant tentant d’avaler tout ce qui se trouve sur son passage.

Les soignants ont téléphoné chaque jour pour donner de tes nouvelles et je sais qu’ils ont fait leur possible pour toi.

Mais que reste-t-il quand on a presque tout oublié ?

Pour Winnicott, « un bébé sans personne ça n’existe pas ».

Une personne atteinte de démence peut-elle continuer à exister coupée de ceux qu’elle aime ? Coupée de son environnement, des voix et odeurs familières ? Coupée de toute proximité physique et affective ? Coupée de ce langage non verbal rassurant, qui s’est lentement substitué aux mots et pensées évanescentes ?

Aujourd’hui, nous te retrouvons et si le coronavirus ne t’as pas tué, l’isolement, lui, a manqué sa cible de peu.

Je suis entrée dans ta chambre dimanche et j’ai vu ton regard vide, ailleurs, tes yeux mi-clos et ton visage inexpressif. Tu as mis un certain temps à sortir de cette torpeur dans laquelle tu te laissais glisser, et me reconnaître.

C’est à ce moment-là que tu m’as communiqué ce vide, cet abandon, cette tristesse. C’était abyssal, les mots me manquent autant que toi pour décrire ce moment. C’était un moment sans parole, où les émotions dépassent de très loin notre pensée. Et me voilà, te berçant dans mes bras comme un bébé pour t’apaiser et m’apaiser, pour te cacher mon trouble et mes larmes. Des larmes de joie de te revoir et des larmes de tristesse d’effleurer en pensée ce que tu viens de traverser.

Et je repense qu’il y a trente ans c’est toi qui me berçais sur ton balcon, un soir, devant les étoiles parce que j’avais peur du noir.

Mémé, j’entrevois maintenant ce que tu ne diras pas mais que tu as ressenti durant ces dix-sept jours.

Tu as manqué de sentir l’amour et la présence de tes proches. De discuter de tout et de rien. Tu m’as dit dimanche : « on est bien à discuter toutes les deux ». Moi aussi, Mémé j’aime discuter avec toi.

Tu racontes tellement bien ton enfance pendant la guerre, cette période qui a marqué ta vie et t’a donné la force de relativiser. Tu évoques avec tolérance et humilité tout ce qui touche à la maternité et dimanche, je t’ai demandé pourquoi tu avais préféré être enseignante auprès des enfants handicapés et tu m’as répondu que c’était à eux que tu avais le sentiment d’apporter le plus de bonheur.

A moi, à nous, à présent, de nous demander comment accompagner dignement les personnes atteintes de démences, en cette période de crise sanitaire inédite. Comment concilier des soins hospitaliers sans rompre totalement avec un lien affectif primordial ?

Laissons-nous un bébé séparé de ses parents pendant plusieurs jours ?

Peut-on humainement abandonner une personne atteinte de démence, la couper totalement de son environnement affectif car elle est atteinte du coronavirus ?

Le coronavirus tue mais le sentiment d’abandon aussi. Il n’existe pas, à ma connaissance, de charte du patient atteint de démence hospitalisé. La situation actuelle, la dignité de ceux qui nous ont élevés et aimés doit nous amener à y réfléchir.

Par Adeline à sa Grand-Mère

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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 07:21
La rétro du lundi.

Rappelez-vous le ;   14 février 1933 :

Premier service d’horloge parlante par téléphone

(D’après « Le Petit Parisien » du 15 février 1933)

« Homme du jour » ou « homme de l’heure » ?... s’interroge Léon Groc dans le numéro du 15 février 1933 du Petit Parisien, au lendemain de l’inauguration à Paris du premier service d’horloge parlante accessible par téléphone, inventée par Ernest Esclangon, astronome et mathématicien

L’un et l’autre, peut-on dire, en songeant que, depuis hier, grâce au professeur Esclangon, une horloge parlante nous annonce l’heure par téléphone, poursuit Léon Groc... Cette merveilleuse machine, explique-t-il, qui est placée dans la « salle des pendules » de l’Observatoire de Paris, nous associe en quelque sorte, nous, profanes, à la vie supérieure et aux travaux mystérieux des astronomes. Elle est ainsi, en même temps qu’un précieux instrument, le symbole de cette fraternité intellectuelle, qui est l’honneur de notre temps.

Nul, sans doute, ne se représente plus les astronomes sous l’apparence de mages à la longue barbe annelée et à haut bonnet pointu. Mais leur science est demeure si purement ésotérique, si peu accessible, qu’on se les imagine volontiers indifférents et dédaigneux, tenant pour négligeable, du haut de leurs coupes élevées, l’humanité rampante, et ses désirs, et ses besoins, et ses misères.Ernest

Esclangon et son horloge parlante de l’Observatoire de Paris

Le geste du professeur Esclangon, directeur de l’Observatoire de Paris, ruine définitivement cette légende, écrit Léon Groc. Et pourtant, nul astronome n’est plus intégralement astronome que celui-là. Lorsqu’il sortit de Normale, en 1898, ce fut pour entrer immédiatement comme « aide astronome » à l’observatoire de Bordeaux. Il y devint bientôt astronome titulaire et professeur à la Faculté. Il avait assurément la vocation. Elle était assez rare déjà. Elle l’est plus encore aujourd’hui. Connaît-on beaucoup de jeunes de vingt-deux ans, en notre ère d’utilitarisme, qui, sollicités de choisir une carrière, choisiraient celle-là et diraient : « Je veux être astronome » ?...

Sans doute, le jeune Esclangon, passionné de mathématique, enviait-il la gloire de Le Verrier, qui découvrit Neptune « par le calcul », comme d’autres voudraient s’identifier à un grand navigateur, à un général illustre, à un orateur acclamé, à un immortel écrivain, à un puissant impérator.

L’austère poésie de la mécanique céleste le possédait. Il était en proie à cette ardeur secrète et brûlante qui inspire les disciples d’Uranie. Il était le descendant spirituel de ces pâtres de Chaldée, patients observateurs des astres, et de ces savants chinois qui, deux mille ans avant l’ère chrétienne, calculaient déjà la date des éclipses. Mails il fut mieux armé que ces ancêtres. Les progrès de l’optique, la photographie, le cinéma vinrent étayer ses travaux, tandis qu’il se livrait aux ivresses du calcul intégral. il publia ainsi ses ouvrages sur les comètes, les éclipses, les longitudes, les lueurs crépusculaires, les altérations de la lumière réfléchie, les anomalies de la pesanteur...

La guerre, cependant, avait interrompu son labeur. Le professeur Esclangon abandonna pour un temps coupoles et télescopes, et il mit sa science au service du pays. Il fut l’homme du « repérage par le son » Il fut le maître en l’art de déterminer rigoureusement, en étudiant le trajet des ondes sonores, les tracés des deux arcs d’hyperboles, à l’intersection desquels se trouve exactement tel canon invisible et meurtrier. Combien de vies françaises ne sauva-t-il pas ?...

La paix revenue le voit à Strasbourg, où il consacre dix années de sa vie à faire de l’Observatoire un établissement modèle. Et puis c’est à Paris, dont il dirige l’Observatoire depuis juillet 1929, en même temps qu’il fait ses cours en Sorbonne et qu’il assiste, avec une irréprochable assiduité, aux séances de l’Académie des sciences, qui l’a élu le 27 novembre 1929, et qu’il consacre une part de sa féconde activité au bureau des longitudes, au bureau international de l’heure, à tout ce qui touche aux études astronomiques.

Et c’est au milieu de cette existence laborieuse, parmi ces travaux si absorbant et parfois si ardus, que le professeur Esclangon, qui voisine avec Jupiter et Saturne, flirte avec la Grande Ourse, converse avec Sirius, a trouvé encore de le temps de penser aux simples hommes de la Terre et de leur dire, à chaque seconde « quelle heure il est »...

 

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 07:56
La rétro du lundi.

Le 28 janvier 1887, il Ya 134 ans la première « pierre » de la future tour Eiffel pour l’Exposition universelle prochaine de 1889 à Paris, était posée…

Toute une histoire

En réalité le début du creusement des fondations :

une journée marquée par un incident que les journaux du lendemain, parmi lesquels Le Temps, relatent….

 

L’article intitulé La manifestation ouvrière du Champ de Mars paru dans le numéro du 29 janvier 1887 du Temps nous en livre quelques détails : « Un incident qui avait pris, au début, un caractère inquiétant, mais dont l’issue a été toute pacifique, s’est produit hier matin sur les chantiers de l’Exposition de 1889, au Champ de Mars. Nous avons dit dernièrement qu’environ cent cinquante ouvriers sont occupés à cet endroit aux travaux de terrassement pour les fondations des expositions diverses. Or, il ne se passe pas de jour sans que les chefs de chantier reçoivent la visite d’équipes de terrassiers ou de maçons, munis de leurs outils et demandant à être employés. L’entrepreneur, M. Manoury, ne peut malheureusement prendre un supplément de personnel. En cette saison, il est difficile de commencer les travaux de maçonnerie, par crainte des gelées. L’architecte, M. Bouvard, s’y oppose d’ailleurs formellement.

« Hier matin, on devait embaucher pour le creusage une quinzaine de terrassiers. Il s’en présenta plus de six cents. Les chefs de chantier firent leur choix. Quand les quinze ouvriers furent embauchés, quelques meneurs protestèrent, criant qu’on ne prenait que des étrangers, que tout l’ouvrage était pour eux, qu’on laissait les Français crever de faim. Pour leur montrer combien leur réclamation était peu fondée, l’entrepreneur leur déclara que sept ouvriers étrangers, tous de nationalité belge, étaient seuls employés aux travaux de terrassement de l’Exposition. Excités par les meneurs, les manifestants se sont rendus néanmoins à l’Hôtel de Ville, afin d’exposer leur réclamation à M. Alphand [un des directeurs des travaux de l’Exposition universelle]. Chemin faisant, ils se sont arrêtés devant le ministère des travaux publics, hurlant, brandissant leurs pioches. S’étant présentés à l’Hôtel de Ville à une heure trop matinale pour être reçus, ils y sont retournés à deux heures. Le directeur général des travaux leur a fait répondre qu’il ne pouvait les recevoir en masse et qu’il ferait introduire cinq délégués.

« M. Alphand a fait connaître à ceux-ci que, prévenu dès le matin, il avait tenu à savoir d’une façon précise le chiffre d’ouvriers étrangers occupés aux travaux ; que ce chiffre, effectivement de sept, avait, sur des instructions données à l’entrepreneur, été réduit à trois seulement ; enfin que, conformément aux prescriptions de M. le ministre commissaire général, il avait donné l’ordre de maintenir le nombre de ces ouvriers dans les limites les plus étroites. Les manifestants se sont retirés satisfaits des promesses de M. le directeur général des travaux et ont reçu de lui l’assurance que, dès que la température le permettrait, les travaux seraient activés de façon à permettre des embauchages plus nombreux. »

L'histoire de sa construction

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18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 09:14

Qui à connu la cabane au fond du jardin ? ( hormis Françis Cabrel ! )

Et oui, il m’arrive de rencontrer encore des personnes qui ont utilisées les toilettes au fond du jardin ou se souviennent de ces vielles toilettes vues chez leurs parents ou grands-parents. Alors, je vous arrête tout de suite, nous ne parlons pas là de toilettes sèches à litière bio maîtrisée comme nous le concevons aujourd’hui avec apport de matière carbonée.

Mais ça fait toujours plaisir d’entendre parler de ces vieux “kakati” ou “ékakatyé” et autres noms patoisants d’ailleurs qui nomment ce lieu d’aisance. Alors j’ai naturellement fait une petite recherche sur les différents noms utilisés .En voilà une liste :
Kakti, kakati, kakatire, ékakatire, ékakatyé, kakèl. Mais aussi : Gabiné, ékmondité, komodité, ézanse, boudkin, boutkin, kmon, lévéché, trône…petit coin ect….

La cabane au fond du jardin  définition

La cabane se distingue, par un certain nombre de caractéristiques, de la maison, qui est un habitat familial fournissant une adresse.

Elle est destinée à abriter le plus souvent séparément, soit des hommes, soit des animaux, soit du matériel.

Elle est bâtie de manière rudimentaire, d'où sa fragilité et sa précarité éventuelle. Elle n'est en général pas divisée en pièces ou locaux. Elle ne fait pas l'objet des mêmes procédures administratives pour être construite que la « maison d'habitation ».

Elle ne représente qu'un faible investissement financier, voire aucun, d'où souvent sa valeur marchande faible ou inexistante.

Elle fait appel habituellement à un matériau local : le bois dans les zones forestières, la pierre dans les zones rocheuses, mais les matériaux de récupération ne sont pas à exclure, surtout dans les zones péri-urbaines (tissu, métal, plastique, carton, etc.).

Participant de l'autoconstruction, elle est en règle générale construite manuellement et avec les moyens du bord. Elle peut alors s'inscrire dans un choix de vie écologiste ou primitiviste.

Pour le Dictionnaire de la langue française (Littré) de 1873, cabane, hutte et chaumière sont synonymes. « Ces trois termes, qui désignent une petite maison, se distinguent en ce que : 1° la cabane exprime quelque chose de chétif et de misérable; la cabane est la maison du pauvre; 2° la hutte est la maison du sauvage ou de celui que les circonstances obligent à se loger comme les sauvages; on se construit des huttes dans les forêts; 3° la chaumière est la demeure du paysan, de l'homme des champs; elle est sans doute humble et pauvre, mais elle n'emporte aucune idée de misère, et les satisfactions champêtres y peuvent trouver place. »

 

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11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 07:00

Un mythe du cinéma français 

« Un jour j'ai eu la chance de rencontrer des gens qui étaient dans ce métier de cinéma et qui m'ont présenté à un metteur en scène qui s'appelait Yves Allégret qui cherchait pour un rôle un garçon de 20 ans » et ce garçon, c'est Alain Delon, 

Karl Zéro et Daisy d'Errata passent au crible en 58mn le mythe Delon, cherchant à comprendre pourquoi l'acteur d'exception a choisi, à un tournant de sa carrière, de se cacher derrière son propre rôle. 

Pourquoi Alain Delon, star mondiale hors catégorie, mais d'abord acteur exceptionnel passionnément attaché à son art, a-t-il choisi, il y a près d'un demi-siècle, de se figer dans un rôle, le sien, aussi spectaculaire à la ville qu'oubliable à l'écran ? À cette question frontale, ce nouveau portrait de la collection "L'ombre au tableau" (après Charles Trenet, Yves Montand et Claude François) répond par le mystère, maintes fois évoqué, d'une personnalité à jamais duelle. Si "Delon" est parvenu à incarner, en un temps remarquablement bref, un mythe, c’était aussi pour protéger "Alain", l'enfant terrible et malheureux qu'il n'aurait jamais cessé d'être. Gamin placé, engagé volontaire à 17 ans pour la guerre d'Indochine puis révoqué pour indiscipline, voyou de Marseille devenu gigolo à Paris, il est intronisé acteur par l'intermédiaire de quelques femmes inspirées, avant de voler, très vite et très loin, de ses propres ailes. De Christine (qui lui fait rencontrer Romy Schneider, en 1958) à Mr. Klein (qu'il produit lui-même, en 1976), cette réussite fulgurante, incandescente, sous l'égide notamment de ses trois "pères" de cinéma, René Clément, Luchino Visconti et Jean-Pierre Melville, précède une carrière en dents de scie, durant laquelle "Delon", qui se met lui-même en scène sans craindre de se caricaturer, affiche sa lassitude vis-à-vis de son art et du monde. 
Homme à failles
Karl Zéro et Daisy d’Errata tissent extraits de films, archives en partie inédites et confidences de proches recueillies en noir et blanc, façon studio Harcourt : le cinéaste Patrice Leconte, avec qui il a tourné Une chance sur deux, le philosophe et réalisateur Bernard-Henri Lévy, qui l'a fait jouer (avec Karl Zéro) dans son film Le jour et la nuit, les actrices Nicole Calfan et Véronique Jannot, rencontrées respectivement sur les plateaux de Borsalino et du Toubib, et l’ancien commissaire divisionnaire Charles Pellegrini. Leur portrait affectueux, mais sans complaisance, met ainsi à nu l'homme à failles derrière l'icône.

 

Une Réalisation :de

Karl Zéro Daisy D'Errata

Pays : France      Année :  2019

Pour les passionnés  "visionnez ces 58mn une pure merveille !

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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 20:08
2020 " la rétro.............

Pas très fâché que cette année de merde se termine, pour plein de raisons nous en avons tous plein les bottes c’est clair ! et en plus la météo est catastrophique Que souhaiter pour 2021, la santé je crois viendra en premier, que notre société tire des enseignements positifs des péripéties sanitaires de 2020 et s’en serve comme élan pour aborder 2021 avec espoir, force et courage pour aborder cette nouvelle année …gardons une pensée pour tous ceux qui nous ont quitté cette année ……..

Bonne soirée de clôture et vive 2021….

Rappelez-vous : ils nous ont quittés en cette année 2020

En janvier ; 31 janvier Mary Higgins Clarck, écrivaine lle 26 janvier Kobe Bryant, basketteur, Michou, directeur de cabaret

25 janvier Robbie Rensenbrink, footballeur

21 janvier Terry Jones, comédien (Monty Python) Sébastien Demorand, critique gastronomique

10 janvier Marc Morgan, chanteur

7 janvier Jacques Dessange, coiffeur

1er janvier David Stern, ancien patron de la NBA

En Février : 25 Nicolas Roy, candidat de Koh-Lanta

Hosni Moubarak, ancien président égyptien

19 février Jean Daniel, fondateur du Nouvel Observateur

14février Éric Laforge, animateur radio

11 février Jean-Pierre Gallet, ancien présentateur du JT

10 février Claire Bretécher, dessinatrice

9 février Robert Conrad, acteur

7 février Raphael Coleman, acteur

5 février Kirk Douglas, acteur

En Mars ; 30 Bill Withers, chanteur du tube "Ain't no sunshine"

31 mars Pape Diouf, ancien président de l'OM

Miche Brel, épouse de Jacques Brel ,Pierre Benichou, journaliste

29 mars Alan Merril, chanteur,Patrick Devedjian, politicien français

27 mars Mark Blum, acteur

26 mars Michel Hidalgo, entraîneur de foot

24 mars Bill Rieflin, musicien de King Crimson et R.E.M.,Albert Uderzo, dessinateur,Manu Dibango, saxophoniste

21 mars Lorenzo Sanz, ancien président du Real Madrid

14 mars René Follet, dessinateur

11 mars Didier Bezace, acteur

9 mars Max Von Sydow, acteur

2 mars James Lipton, présentateur de l’émission «L’Actors Studio»

En Avril ; 25 Henri Kichka, survivant belge de la Shoah

22 avril Shirley Knight, actrice américaine

19 avril Ronan O'Rahilly, fondateur de la radio pirate Radio Caroline,Peter Beard, photographe américain,Monique Villemin, grand-mère du petit Grégory,Delphine Serina, actrice française,Philippe Nahon, acteur français

16 avril Christophe, chanteur français,Brian Dennehy, acteur américain

12 avril Stirling Moss, légende du sport automobile anglais

9 avril Marc Engels, ingénieur du son belge césarisé

8 avril Georges Trussart, cofondateur d'Ecolo

7 avril John Prine, chanteur folk américain

6 avril Radomir Antic, ex-entraîneur de l'Atlético, du Real et du Barça,Honor Blackman, actrice, ex-James Bond Girl

5avril Shirley Douglas, actrice canadienne,Marcel Moreau, écrivain belge

4 avril Patrick Francfort, batteur des Gibson Brothers,Philippe Bodson, ex-président de la FEB

3 avril Juan Gimenez, dessinateur

1er avril Ellis Marsalis Jr. , pianiste de jazz américain

En Mai : 31 Christo, Artiste plasticien

28 mai Guy Bedos, humoriste français

24 mai Jean-Loup Dabadie, académicien français

12 mai Michel Piccoli, acteur français

11 mai Jerry Stiller, acteur américain

10 mai Bettie Wright, chanteuse soul

9 mai Little Richard, pionnier américain du rock

4 mai Sylvie Duquenoy, journaliste de la RTBF

3 mai Dave Greenfield, claviériste de The Stranglers

En juin : 22 Joel Schumacher, réalisateur, notamment de "Batman"

19 juin Ian Holm, acteur (Bilbon Sacquet dans «Le Seigneur des anneaux»)

18 juin Vera Lynn, chanteuse britannique légendaire de la Seconde guerre

12 juin Jean-Claude Maréchal, créateur de la chaîne locale Télé MB

8juin Pierre Nkurunziza, Président burundais,Marion Hänsel, Productrice et réalisatrice belge

En juillet : 31 Alan Parker, réalisateur de «Midnight Express»

28 juillet Gisèle Halimi, avocate, combattante pour la cause des femmes et le droit à l’avortement

26 juillet Olivia de Havilland, actrice oscarisée pour son rôle dans «Autant en emporte le vent,Guy Lutgen, ancien ministre wallon et bourgmestre de Bastogne

25 juillet Peter Green, cofondateur de Fleetwood Mac

23 juillet Maryse Mayaudon, présente dans le Jardin extraordinaire entre 1965 et 1978,Jean Brankart, ex-cycliste belge, 2e du Tour de France 1955

17 juillet Zizi Jeanmaire, ballerine et chanteuse de music-hall

14 juillet J.J. Lionel, chanteur de la "Danse des canards",Naya Rivera, actrice de la série "Glee"

12 juillet Kelly Preston, actrice américaine, épouse de John Travolta

11 juillet Jack Charlton, footballeur anglais, champion du monde en 1966

6 juillet Ennio Morricone, compositeur italien

5 juillet Nick Cordero, acteur américain

En août ; 28 août Antoinette Spaak, femme politique

Chadwick Boseman, acteur principal du film de super-héros «Black Panther»

Claude De Bruyn, lieutenant-colonel auteur du manuel Feu Vert

26 août André-Paul Duchâteau, scénariste de Ric Hochet

22 août Xavier Sturbois, ancien vice-président du COIB

19 août François van Hoobrouck, ancien bourgmestre de Wezembeek-Oppem

18 août Hal Singer, saxophoniste franco-américain,Ben Cross, acteur qui avait le rôle principal dans Les Chariots de feu

9 août Rachid Belhout, ancien joueur et entraîneur de Virton

En septembre ; 26 Jacky Beurlet, footballeur, 4 fois champion avec le Standard

23 septembre Juliette Gréco, chanteuse

21 septembre Michael Lonsdale, acteur français

19 septembre Michel Firket, homme politique liégeois

18 septembre Ruth Bader Ginsburg, doyenne de la Cour suprême américaine,Roger Carel, star du doublage français

13 septembre Bernard Debré, ancien ministre français

10 septembre Diana Rigg, star de «Chapeau melon et bottes de cuir» et «Game of Thrones»

9 septembre Ronald Bell, cofondateur de Kool and the Gang,Bertrand-Kamal, candidat de Koh-Lanta

7 septembre Alfred Riedl, footballeur autrichien, double meilleur buteur du championnat belge

4 septembre Annie Cordy, chanteuse et actrice belge

1er septembre Érick Morillo, DJ, créateur du tube «I Like to Move It»

En octobre ; 31 octobre Sean Connery, acteur

28 octobre Alain Rey, célèbre linguiste français

25 octobre Lee Kun-hee , président de Samsung

20 octobre Bruno Martini, ancien gardien de l'équipe de France de football

18 octobre Gérard Sulon, ancien Daible rouge

16 octobre Charles Chapelle, médecin du sport

15 octobre Rania, star des réseaux sociaux

13 octobre Henri Golan, chanteur carolo

11 octobre Margaret Nolan, actrice connue pour son rôle dans le James Bond Goldfinger

6 octobre Eddie Van Halen, fondateur du groupe de hard rock du même nom

4 octobre Kenzo Takada, styliste japonais

En novembre : 30 Anne Sylvestre, chanteuse féministe et pour enfants

29 novembre Papa Bouba Diop, footballeur sénégalais, buteur contre la France au Mondial 2002, David Prowse, acteur britannique qui a incarné Dark Vador

25 novembre Jacques Secrétin, ancien champion du monde de tennis de table,Diego Maradona, légende du football

24 novembre Christophe Dominici, ancienne star du rugby français

23 novembre Ngcongca Anele, ancien footballeur de Genk

18 novembre Régis Fassier, marionnettiste qui animait Casimir,Michel Robin, acteur français

17 novembre Vince Reffet, homme volant,Paul Sobol, rescapé d'Auschwitz

15 novembre Ray Clemence, gardien de but anglais

4 novembre Joseph Reynaerts, chanteur liégeois, représentant de la Belgique à l'Eurovision 1988

3 novembre Claude Giraud, acteur et doubleur français

 En décembre : 31 décembre Robert Hossein , le géant du théâtre populaire

29 decembre Pierre Cardin couturier Français pionner du prêt à porter

 23 décembre Rika Zaraï, chanteuse

22 décembre Claude Brasseur, acteur français

17 décembre Jeremy Bulloch, acteur qui incarnait Boba Fett dans Star Wars

16 décembre Caroline Cellier, actrice française

14 décembre Gérard Houllier, ancien entraîneur de foot

13 décembre John Le Carré, écrivain

11 décembre Malik, dessinateur, papa de "Cupidon"

9 décembre Paolo Rossi, héros de l'Italie lors du Mondial de foot 1982

5 décembre Robert Castel, comédien et père de l'humour "pied noir"

2 décembre Valéry Giscard d'Estaing, président de la France entre 1974 et 1981

*****

N’oublions pas les pertes militaires françaises au Mali et au Sahel qui sont, au 29 décembre 2020, de 53 militaires, dont 8 officiers, 2 officiers mariniers, 17 sous-officiers et 26 militaires du rang. Dont, 10 pour la seule année 2020.....

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14 décembre 2020 1 14 /12 /décembre /2020 15:55

 

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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 11:17
La rétro du lundi.

Aujourd'hui un petit tour du côté des expressions Françaises: ( régionales)

Les expressions corses

La fierté corse est liée au sentiment nationaliste des habitants de l'île de Beauté. De la même manière, ils ont des expressions qui leur sont propres.

"Macagner quelqu'un" c'est lui faire une farce, une blague.

Une "risatta" indique une rigolade.

Stragner renvoie à une personne antipathique ou étrange.

Un Gaulois c'est tout simplement un Français.

Le légendaire "Babin" : s'il est prononcé sous la forme interrogative, cela veut tout simplement dire "ça va ?".

"Monta a sega" est synonyme de prétentieux.

Les expressions lyonnaises

Le parler lyonnais actuel est une variante régionale du français.

A Lyon, pour demander l'heure, vous entendrez sûrement "c'est quelle heure ?".

Attraper un rhume se dit "prendre un rhume".

Une gâche est une place

"Je me suis déchiré" équivaut à "je me suis trompé"

Pour expliquer une panne d'oreiller, il est courant d'utiliser :"tu t'es oublié".

Une gognandise est une bêtise

Frouiller : tricher

Un pélo n'est autre qu'un mec

Une fenotte : une femme

Une bambane : quelqu'un de paresseux

 

A très bientôt pour d'autres aventures régionales

 

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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 08:51

Au goût du jour…..( clin d'œil)

La vie sous l’Ancien Régime

La représentation pessimiste de cette période de l’Histoire de France relève d’une position héritée des Lumières et de l’idée de progrès, et rejette pêle-mêle la religion, la philosophie, les valeurs et les efforts déployés par nos ancêtres pour faire face à l’adversité et à la précarité de leurs conditions d’existence. Leurs descendants ont souvent trouvé que l’industrialisation et l’exode rural du XIXe siècle avaient rendu les conditions de vie bien plus pénibles, accréditant ainsi le souvenir d’un temps sinon béni, du moins agréable.

 

Sous le règne des Bourbons, l’existence était rude : climat éprouvant, alimentation déficiente, spectacle permanent de la mort et des maladies incurables. À ces conditions s’ajoutait le cadre rigide d’une société figée dans des hiérarchies immuables, révérant un souverain lointain et courbant sous le poids d’une religion traditionnelle.

Pourtant, les hommes étaient heureux. Ils le disent, l’écrivent, le chantent. Leurs témoignages, mémoires, journaux intimes, récits, louent un art de vivre à la française, le goût d’une culture singulière, d’un patrimoine, d’une gastronomie enviée, de codes comportementaux élégants. Dès lors, comment expliquer que la Révolution française ait pu s’élever contre une telle conception de la société et des rapports humains ?

L’historienne Agnès Walch répond à cette question en explorant la vie quotidienne des Français sous l’Ancien Régime. Dans un grand récit nourri aux meilleures sources et écrit d’une plume enlevée, elle donne à voir et à entendre les voix d’un passé oublié qui sut conjuguer la rudesse et la « douceur de vivre », selon la formule de Talleyrand. Professeur des universités, elle est spécialiste de l’Ancien Régime ainsi que de l’histoire du mariage et du couple. Elle a notamment publié Histoire du couple en France et Histoire de l’adultère.

 

Référence pratique :
La vie sous l’Ancien Régime, par Agnès Walch. Éditions Perrin
368 pages. Format : 14,2 x 21,2 cm. 24 euros
ISBN : 978-2-262074340. Paru en février 2020

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 09:59

L’armistice de 1918, signé le 11 novembre 1918 à 5 h 15, met provisoirement fin aux combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918) (de arma, arme et statio, état d’immobilité), reconnaissant de facto la victoire des Alliés et la défaite de l'Allemagne, mais il ne s'agit pas d'une capitulation au sens propre, cet armistice étant prévu pour durer 33 jours, puis il a ensuite été renouvelé.
Le cessez-le-feu est effectif à 11 heures, entraînant dans l'ensemble de la France des volées de cloches et des sonneries de clairons, et annonçant la fin d'une guerre qui a fait pour l'ensemble des belligérants plus de 18,6 millions de morts, d'invalides et de mutilés, dont 8 millions de civils.

(suite) Les représentants allemands et alliés se réunissent dans un wagon-restaurant aménagé provenant du train d'état-major du maréchal Foch, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne.
La guerre est terminée officiellement le 28 juin 1919 avec le traité de Versailles.

Merci..& respect............

LA LETTRE D’UN POILU À SA FEMME, QUI VA ÊTRE FUSILLÉ LE 30 MAI 1917

" LA SENTENCE EST TOMBÉE : JE VAIS ÊTRE FUSILLÉ POUR L'EXEMPLE, DEMAIN, AVEC SIX DE MES CAMARADES, POUR REFUS D'OBTEMPÉRER. "

 

Le 30 mai 1917

Léonie chérie,

J'ai confié cette dernière lettre à des mains amies en espérant qu'elle t'arrive un jour afin que tu saches la vérité et parce que je veux aujourd'hui témoigner de l'horreur de cette guerre.

Quand nous sommes arrivés ici, la plaine était magnifique. Aujourd'hui, les rives de l'Aisne ressemblent au pays de la mort. La terre est bouleversée, brûlée. Le paysage n'est plus que champ de ruines. Nous sommes dans les tranchées de première ligne. En plus des balles, des bombes, des barbelés, c'est la guerre des mines avec la perspective de sauter à tout moment. Nous sommes sales, nos frusques sont en lambeaux. Nous pataugeons dans la boue, une boue de glaise, épaisse, collante dont il est impossible de se débarrasser. Les tranchées s'écroulent sous les obus et mettent à jour des corps, des ossements et des crânes, l'odeur est pestilentielle.

Tout manque : l'eau, les latrines, la soupe. Nous sommes mal ravitaillés, la galetouse est bien vide ! Un seul repas de nuit et qui arrive froid à cause de la longueur des boyaux à parcourir. Nous n'avons même plus de sèches pour nous réconforter parfois encore un peu de jus et une rasade de casse-pattes pour nous réchauffer.

Nous partons au combat l'épingle à chapeau au fusil. Il est difficile de se mouvoir, coiffés d'un casque en tôle d'acier lourd et incommode mais qui protège des ricochets et encombrés de tout l'attirail contre les gaz asphyxiants. Nous avons participé à des offensives à outrance qui ont toutes échoué sur des montagnes de cadavres. Ces incessants combats nous ont laissé exténués et désespérés. Les malheureux estropiés que le monde va regarder d'un air dédaigneux à leur retour, auront-ils seulement droit à la petite croix de guerre pour les dédommager d'un bras, d'une jambe en moins ? Cette guerre nous apparaît à tous comme une infâme et inutile boucherie.

Le 16 avril, le général Nivelle a lancé une nouvelle attaque au Chemin des Dames. Ce fut un échec, un désastre ! Partout des morts ! Lorsque j'avançais les sentiments n'existaient plus, la peur, l'amour, plus rien n'avait de sens. Il importait juste d'aller de l'avant, de courir, de tirer et partout les soldats tombaient en hurlant de douleur. Les pentes d'accès boisées, étaient rudes .Perdu dans le brouillard, le fusil à l'épaule j'errais, la sueur dégoulinant dans mon dos. Le champ de bataille me donnait la nausée. Un vrai charnier s'étendait à mes pieds. J'ai descendu la butte en enjambant les corps désarticulés, une haine terrible s'emparant de moi.

Cet assaut a semé le trouble chez tous les poilus et forcé notre désillusion. Depuis, on ne supporte plus les sacrifices inutiles, les mensonges de l'état major. Tous les combattants désespèrent de l'existence, beaucoup ont déserté et personne ne veut plus marcher. Des tracts circulent pour nous inciter à déposer les armes. La semaine dernière, le régiment entier n'a pas voulu sortir une nouvelle fois de la tranchée, nous avons refusé de continuer à attaquer mais pas de défendre.

Alors, nos officiers ont été chargés de nous juger. J'ai été condamné à passer en conseil de guerre exceptionnel, sans aucun recours possible. La sentence est tombée : je vais être fusillé pour l'exemple, demain, avec six de mes camarades, pour refus d'obtempérer. En nous exécutant, nos supérieurs ont pour objectif d'aider les combattants à retrouver le goût de l'obéissance, je ne crois pas qu'ils y parviendront.

Comprendras-tu Léonie chérie que je ne suis pas coupable mais victime d'une justice expéditive ? Je vais finir dans la fosse commune des morts honteux, oubliés de l'histoire. Je ne mourrai pas au front mais les yeux bandés, à l'aube, agenouillé devant le peloton d'exécution. Je regrette tant ma Léonie la douleur et la honte que ma triste fin va t'infliger.

C'est si difficile de savoir que je ne te reverrai plus et que ma fille grandira sans moi. Concevoir cette enfant avant mon départ au combat était une si douce et si jolie folie mais aujourd'hui, vous laisser seules toutes les deux me brise le cœur. Je vous demande pardon mes anges de vous abandonner.

Promets-moi mon amour de taire à ma petite Jeanne les circonstances exactes de ma disparition. Dis-lui que son père est tombé en héros sur le champ de bataille, parle-lui de la bravoure et la vaillance des soldats et si un jour, la mémoire des poilus fusillés pour l'exemple est réhabilitée, mais je n'y crois guère, alors seulement, et si tu le juges nécessaire, montre-lui cette lettre.

Ne doutez jamais toutes les deux de mon honneur et de mon courage car la France nous a trahi et la France va nous sacrifier.

Promets-moi aussi ma douce Léonie, lorsque le temps aura lissé ta douleur, de ne pas renoncer à être heureuse, de continuer à sourire à la vie, ma mort sera ainsi moins cruelle. Je vous souhaite à toutes les deux, mes petites femmes, tout le bonheur que vous méritez et que je ne pourrai pas vous donner. Je vous embrasse, le cœur au bord des larmes. Vos merveilleux visages, gravés dans ma mémoire, seront mon dernier réconfort avant la fin.

Eugène, ton mari qui t'aime tant.

 

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