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Le Blog De Papy-Bougnat

  • Papy-bougnat
  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
Dans ce blog vous trouverez un peu de vérité, beaucoup de passion, et quelques coups de gueule 
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Traducteur

A L'affiche..

La culture Ne s'hérite pas, Elle se conquiert. 

 

[André Malraux]

********** 

 

Actu du jour...


       

13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 06:46

 

 

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L’étymologie de mots de la langue française expliquée et analysée. Origine, racines de mots usuels ou méconnus

 

Aujourd’hui :                 " Anecdotes insolites"

 

Tabac (Plaidoyer pour une interdiction du)
dans les lieux publics

(D’après « Journal de la Société contre l’abus du tabac », paru en 1878 et 1930)

 

En 1878, un membre de la Société contre l’abus du tabac signale un abus « qu’il serait peut-être opportun de combattre : dans presque tous les restaurants, et même les premières maisons de Paris, on laisse fumer à toutes les heures et dans toutes les salles. »

 Et de poursuivre ainsi : « C’est ainsi que chacun peut avoir le désagrément d’être le voisin de table d’un fumeur qui finit de dîner et se met à fumer quand commence votre repas. Ne serait-il pas possible d’établir partout une mesure que l’on a prise dans quelques restaurants, où il n’est permis de fumer qu’à partir de certaines heures : 1 heure de l’après-midi et 9 heures du soir, par exemple ? »

Et la Société de répondre que rien n’est plus juste, rien n’est plus opportun que cette réclamation ; mais que ce serait outrepasser les droits que lui donne sa qualité de philanthropes et d’hygiénistes, que d’aller en quelque sorte faire la leçon à des chefs de maisons de commerce, qui sont peut-être les premiers à déplorer l’abus qu’un trop grand nombre de consommateurs introduisent chez eux. Si le tabac fumé par des voisins est désagréable, c’est bien vraiment pendant que l’on prend ses repas. Fumeur ou non fumeur, chacun est, dans ce cas, réellement incommodé. Que de gens se hâtent d’avaler leur dernière bouchée, pour allumer à leur tour leur cigare afin de se préserver par là du malaise occasionné par le voisin ! Il suffit d’un fumeur attablé dans un restaurant pour faire ainsi prendre feu à toute la salle.

Le remède est dans l’initiative particulière. Si deux ou trois consommateurs se plaignaient tout haut, le maître de la maison se sentirait autorisé à rappeler les fumeurs à la réserve qu’ils oublient, et bientôt cet abus criant disparaîtrait. Et de déplorer qu’aujourd’hui le tabac règne partout en maître. L’un souffle triomphalement sa fumée ; l’autre se recueille comme dans l’accomplissement d’un acte pieux et réfléchi ; celui-ci fume moins pour lui-même que pour la galerie, pour faire admirer sa désinvolture et la grosseur de son cigare. Chaque fumeur, à le bien considérer, fait l’effet d’un maniaque chevauchant une chimère. De là vient qu’on n’est pas tenté d’y toucher, qu’on le respecte comme on fait d’un somnambule et l’on oublie parfois son mécontentement pour le spectacle que l’on a sous les yeux.

tabac.01.jpg

Le Fumeur. Peinture de Joos Van Craesbeeck

Mieux encore le fumeur a aujourd’hui pour lui la mode. Fumer est une fantaisie très bien portée ; en protestant on montrerait que l’on n’est pas à la hauteur de son temps, et, l’habitude aidant, on s’incline. Oui, cette aberration de l’esprit et des sens, si souvent préjudiciable à la santé et aux relations de société, est une affaire de mode, et, comme telle, sera un jour délaissée et réprouvée autant qu’elle est acceptée et caressée aujourd’hui.

Un demi-siècle plus tard, la même Société contre l’abus de tabac dénonce un « tabac liberticide ». Pour elle, la liberté est l’apanage de la seule créature humaine ; tous les animaux sont régis par l’instinct ; l’Homme seul fait ce qu’il veut, d’où la nécessité pour lui de ne vouloir que ce qu’il doit. Et d’ajouter que le principe de la Liberté a fait commettre tant de crimes qu’un sage a pu s’écrier : « Liberté, que de crimes on commet en ton nom ». L’homme peut refléter la perfection absolue, mais il est libre de s’abêtir, de s’avilir ; c’est contre cet avilissement de l’alcoolisme que l’Amérique a dû réagir par des mesures draconiennes.

Auteur de l’article, Georges Johnen s’interroge : « Quand viendra le jour où tous les Etats s’entendront pour prescrire le poison universel qu’est le tabac ? » Selon lui, pour des raisons d’hygiène on interdit les fumées des usines près des agglomérations. Qu’est cela, en comparaison de la fumée du tabac qui poursuit de son souffle empoisonné le passant dans la rue, le client au café, au restaurant, au cinéma, le voyageur dans le train, la famille au foyer ! Cette maladie, car c’en est une, est une calamité mondiale tolérée au nom de « la liberté du fumeur ».

A cette liberté, nous devons opposer notre droit, le droit à l’air pur, à l’air sain dont nos poumons ont besoin. Le fumeur et la fumée sont des dangers sociaux qui doivent être combattus au nom de cette même liberté. Si le fumeur s’arroge la liberté de nuire, nous sommes aussi libres de l’en empêcher. Citant Shakespeare : « TOUTE LIBERTÉ DONT ON ABUSE DE-VIENT UNE SERVITUDE », Johnen ajoute qu’un grand philosophe a dit aussi : « La Vérité vous affranchira et vous deviendrez des hommes libres ». Il vaut mieux prévenir que guérir, et si vous cherchez, ajoute-t-il, dans le dictionnaire ce mot « liberticide », vous verrez qu’il veut dire « destructif de la liberté » ou mieux encore « crime de celui qui viole les libertés publiques ». Il est donc bien évident que le fumeur viole partout où il passe les libertés publiques puisqu’il oblige tout le monde, même l’enfant innocent et qui ne peut se défendre, à respirer la fumée qu’il expulse lui-même de ses bronches et de son nez !

J’affirme donc, écrit Johnen, d’après mes expériences personnelles et celles de tous les grands savants, que le tabac (poison) réduit l’homme et la femme en servitude, autrement dit, en esclavage. L’homme qui fume abuse de sa liberté et devient ainsi consciemment et inconsciemment un esclave de la petite herbe séchée importée en France par Nicot. L’homme qui fume, sous prétexte de fumer en toute liberté, n’importe où il se trouve, ne se rend plus compte qu’il est sous la domination d’une chose qui l’oblige à faire à chaque heure du jour le même geste, à ramener sa pensée à la même idée et à respirer la même fumée infecte. Il s’agit donc pour nous, qui avons conquis notre liberté sous ce rapport, et qui n’obéissons plus à l’ordre d’une cigarette ou d’un cigare, de montrer à ces malheureux fumeurs qu’ils sont des esclaves et qu’ils doivent entreprendre la conquête de cette liberté en se libérant, par la volonté, de leur servitude.

Combien de fois ai-je entendu, autour de moi, cette réponse : « Oui, vous avez raison, je voudrais cesser de fumer, mais je ne le puis pas ! » Le voilà donc l’aveu de la perte complète de sa liberté. Ces hommes qui abdiquent ainsi leur volonté sont cependant des courageux qui voyagent par le monde en affrontant tous les périls, qui travaillent sans cesse pour arriver à leur but, pour conquérir la fortune ou la gloire et qui se laissent dominer cependant par le petit paquet de « bleu » ou la pipe qu’ils ont dans leur poche. Ce petit paquet et cette pipe les obligeront à faire ce qu’ils ne voudraient pas et à avouer leur faiblesse ! ; ils se croient des hommes libres et ils sont enchaînés par leur mauvaise habitude nuisible, inutile et coûteuse.

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Vue des environs

Et Johnen d’ajouter : très souvent des fumeurs qui se rendent compte du mal qu’ils font à leur santé, me disent en réponse à mes observations : « Ah ! oui, c’est vrai, mais comment faire pour se passer de fumer ». Cela montre encore un manque total de volonté et je leur dis : Ayez le courage de dire « Non ». Quand un homme sait que quelque chose est vrai et bon, il doit avoir le courage de le dire et de le faire tout de suite. Ce mot « courage », un jour, touché au cœur le Président d’une Société de Jeunes Gens qui, dès que j’eus fini ma causerie se leva et dit : « M. Johnen vient de dire ces mots avoir le courage, cela m’a touché, je veux signer tout de suite et m’engager à ne plus fumer ». Et 7 jeunes gens se levèrent derrière lui pour signer aussi. Cela montre que le bon exemple est toujours suivi, aussi bien que le mauvais exemple, parmi les jeunes.

Une autre fois, renchérit Johnen, je rencontre un ami qui me dit, connaissant mes idées sur le tabac : « Savez-vous un bon moyen pour m’empêcher de fumer ? » Ma réponse fut aussitôt : « Commencez d’abord par ne plus acheter de tabac ». C’est vrai, me dit-il, mais cela est bien difficile. Alors, lui dis-je, écoutez cette histoire : « Je connais un pauvre homme vivant avec sa femme et trois enfants et qui tous les jours a l’habitude. de faire des choses nuisibles pour lui, sa femme et ses enfants et également des choses inutiles, puisqu’il pourrait très bien s’en passer et aussi très coûteuses, puisqu’il dépense pour cela environ, 100 fr. par mois. Comment appellerez-vous cet homme-là ? - C’est un idiot, me répondit-il aussitôt. - Eh bien ! Vous êtes cet homme-là ! » Ne voulant pas terminer sur ce mot qui, je l’espère, ne s’applique pas ou ne s’appliquera plus à vous, conclut Johnen, je vais vous lire quelques lignes parues cette semaine dans le journal l’Ami :

Les femmes qui fument. Un rapport du Dr Charles Barber, présenté au Congrès de l’Association américaine pour les recherches : médico-physiques, s’exprime ainsi sur les conséquences de l’usage de la cigarette par le femmes : « L’enfant d’une mère accoutumée à fumer la cigarette est toujours malade. Il est empoisonné et souvent meurt dans les deux premières années de son existence. L’autopsie de cet enfant révèle une dégénérescence du foie, du cœur, et parfois d’autres organes. Soixante pour cent des enfants de fumeuses meurent avant leur deuxième anniversaire ». Avis aux jeunes épouses et aux futures mamans.

 

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 06:08

 

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L’étymologie de mots de la langue française expliquée et analysée. Origine, racines de mots usuels ou méconnus

 

Aujourd’hui :  " Anecdotes insolites"

 

Bras droit ou gauche : lequel offrir en société à une femme ?

(D’après « Le Mois littéraire et pittoresque », paru en 1904)

 

La question du bras droit ou du bras gauche divise et déchire tout ce grand pays qu’on appelle « le Monde », ironise l’Académicien Emile Faguet au début du XXe siècle. Doit-on, conduisant du salon à la salle à manger, et reconduisant de la salle à manger au salon la demoiselle ou la dame qui a été confiée à votre sollicitude et à votre galanterie par le maître de la maison, lui offrir le bras gauche ou le bras droit ?

Il  y a là-dessus des discussions sans fin et qui commencent à devenir aigres, fait observer notre Académicien. La tradition est que l’on doit offrir le bras gauche, et les hommes de mon âge continueront d’offrir le bras gauche tant que la solution contraire n’aura pas pris force de loi.

 

La raison de cette tradition est qu’offrir son bras est un symbole qui signifie qu’on offre son cœur et qu’il est assez naturel qu’on offre son cœur du côté où il est. Or, sauf dans la théorie du médecin de Molière, qui avait « changé tout cela », le cœur est à gauche. La raison encore est, ou était, qu’il faut réserver la main droite pour saluer, le salut de la main gauche étant incorrect.

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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 06:19

 

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L’étymologie de mots de la langue française expliquée et analysée. Origine, racines de mots usuels ou méconnus

 

Aujourd’hui  le mot …

" Harceler"

 

Il n’est guère de mot dont l’origine soit plus simple et plus incontestable ; il n’en est guère aussi auquel on ait prêté des étymologies plus tourmentées...

Nicot le fait venir de arcere, dans le sens de persécuter, sens que ce verbe n’a jamais eu, ni dans l’antiquité, ni dans le Moyen Age ; Ménage le dérive de arcellare, inconnu à Du Cange et à tout le monde : c’est un mot forgé, comme Ménage en improvise dès qu’il est embarrassé.

 

 nico.jpgBorel, qui va toujours chercher midi à quatorze heures, a recours au grec sarazéin, plaisanter, qui n’est pas du grec, mais un barbarisme estropié sans doute de sardazéin, qui signifie rire sardoniquement, rire d’un rire forcé. Périon, bénédictin mort en 1559, invoquehercazéin, calomnier, que vous chercheriez en vain dans l’excellent dictionnaire d’Alexandre, et qui, d’après sa racine hercos, ne pourrait signifier que mettre en prison ; c’est un peu plus que harceler.

Le désespoir de cette étymologie en a porté quelques-uns jusqu’au latin ira, et même jusqu’au français haïr. Ces derniers méritent vraiment qu’on les plaigne : ils devaient être bien las d’avoir battu les lexiques grecs, latins et barbares pour se replier sur le Dictionnaire français ! Quelle extrémité ! Et ils étaient dans le vrai sans s’en douter : la racine de harcelerest dans le Dictionnaire français, non pas à la vérité dans celui de l’Académie, mais dans le vocabulaire du vieux français, de ce français qui subsiste encore par lambeaux au fond de certaines provinces et dans le langage du peuple.

Harceler vient tout simplement de harcelle. Mais qu’est-ce que harcelle ? C’est une baguette d’osier, par extension toute baguette pliante et souple dont on peut agacer, taquiner, provoquer quelqu’un sans lui faire du mal, en un mot le harceler. Lorsque, par suite de la querelle de Renaud de Montauban avec Charlemagne, les quatre fils Aymon se virent contraints de fuir leur château de Dordonne et de se cacher au fond des Ardennes, ils n’avaient, comme vous savez, d’autre monture pour eux quatre que le bon cheval Bayard. Tout l’univers les a vus montés sur Bayard, sortant des magasins de Pellerin, à Épinal, ou de Deckherr, à Montbéliard ; mais ce qu’on ne sait pas généralement, c’est qu’ils étaient si pauvres, si pauvres, qu’ils avaient été réduits à se faire des étriers de baguettes coupées dans la forêt :

Tout entour Bayart furent li chevalier vaillant :
Des harceles du bois vont les estriers faisant,
Puis sont montés dessus ; Renaut estoit devant.
Amis, ne veistes gens de si pauvre semblant !

L’auteur inconnu de la version en prose des Quatre fils Aymon, faite au XVe siècle, dont l’abrégé court encore les foires de village, a gâté ce détail de la composition primitive ; il donne quatre chevaux, un pour chaque frère.

« Le supliant a mal prins certaines gaulles et harcelles que l’on nomme osier » (Lettres de rémission de 1448). « Laquelle femme s’aproucha près et frapa le supliant » par le visaige d’une waulette (gaulette) ou herchelle » (Autres lettres de 1451).

Mais d’où vient harcelle ? Nous pourrions renvoyer au bas latin harcia donné par Du Cange, mais c’est, au contraire, le latin harcia qui a été moulé sur le français harcelle, harchelle ouherchelle. Il semble que harchel est le même mot que archal : il y a certainement une analogie frappante entre une tige d’osier et un fil d’archal. L’osier peut, en bien des cas, suppléer au fil de laiton, sans compter la couleur jaune qui leur est commune. On a sans doute été conduit à nommer une baguette d’osier une archal, ou bien une harchelle, par le même trope qui nous fait dire une feuille de zinc ou de carton ; une glace pour un miroir ; une langue pour l’idiome d’un peuple. C’est une catachrèse.Archal est une forme altérée, pour orchal, et orchal est le latin aurichalcum, cuivre d’or, c’est-à-dire jauni par un mélange. Le vocabulaire de Guillaume Briton, mort en 1356, dit : « AURICALCUM, archaus. » Ici nous touchons au grec.

 

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 05:59

 

Aujourd’hui….


Autrefois .création bandeaux

 

Chiendent (Le) : les vertus méconnues
d’une graminée honnie

(D’après « Revue de thérapeutique médico-chirurgicale », paru en 1865
et « La Semaine illustrée », paru en 1899)

 Chiendent-JML.jpg

S’il est une herbe qui jouisse de peu d’estime, c’est assurément cette plante graminée à racines longues, traçantes, noueuses par intervalles, qui a nom Chiendent. A peine admet-on qu’elle soit bonne à faire une médiocre tisane. Mais sait-on qu’on en fit de la bière, du pain ou encore du sirop ? Si le chiendent ne rend pas de services à l’homme, celui-ci le lui rend bien. Il le chasse de ses jardins, le foule aux pieds dans les chemins, le brûle dans les champs...

Chiendent, ainsi nommé, non de ce que les chiens le recherchent, mais de ce que ses ergots aigus et fermes ressemblent à une dent de chien, a des racines ou rhizomes d’un blanc jaunâtre, inodores, d’une saveur à la fois douceâtre, farineuse, un peu sucrée et légèrement styptique. On y a trouvé du sucre en grande quantité, du mucilage, de la fécule, une matière extractive ayant une saveur aromatique, analogue à celle de la vanille.

Le chiendent a été fort diversement apprécié par les auteurs de matière médicale. Il en est qui en ont fait un médicament héroïque et de premier ordre, pouvant à la longue fondre les engorgements du foie (Boerhaave), résoudre les dégénérescences du même organe, celles du pylore (Schenck, le docteur Roche). D’autres ne lui ont reconnu d’autre avantage que celui d’amuser le malade et le médecin et de remplacer au profit du premier l’emploi intempestif de drogues irritantes. Il en est enfin qui prétendent que le chiendent ne sert, le plus souvent, qu’à faire ingurgiter au malade une quantité d’eau plus ou moins intempestive.

Quand un fiévreux est tourmenté d’une soif ardente, le bon sens indique qu’une boisson à la fois émolliente, rafraîchissante et diurétique comme la décoction de chiendent est la boisson la plus propre à étancher la soif, en même temps qu’à satisfaire à l’indication principale qui est de tempérer et de ramollir, et de préparer ainsi la détente. C’est à ce titre que le chiendent fut au XIXe siècle la base de la tisane commune des hôpitaux dont voici la formule :

Chiendent mondé 30 grammes ; réglisse effilée 4 grammes ; eau de rivière 1000 grammes. Faites bouillir pendant un quart d’heure, et ajoutez 30 grammes de miel et une cuillerée de vinaigre. Cette tisane est véritablement tempérante et laxative. On peut augmenter la première de ces propriétés en y ajoutant deux à quatre grains de nitre, et la seconde en y ajoutant huit à quinze grammes de crème de tartre.

Le particulier ne faisait pas d’ordinaire une tisane aussi compliquée. Une précaution à prendre était de concasser la racine de chiendent, pour briser la couche corticale de la plante, qui est très dure, retient les parties solubles, et donnerait une tisane plutôt stimulante que tempérante. Si l’on éprouvait quelque difficulté à concasser les racines, on remplaçait cette opération en les mettant quelque temps macérer dans de l’eau bouillante. On jetait le produit de cette première ébullition et on en faisait une seconde jusqu’à ce que l’eau ait acquis une certaine viscosité. Ces précautions sont inutiles si l’on se sert de racines fraîches qu’il suffit alors de laver.


chiendent.02.jpgMais ces idées du célèbre chimiste n’ont point trouvé d’adhérents. Sylvius avait déjà fait observer que les bœufs qui, pendant l’hiver, sont affectés de concrétions biliaires, se guérissent au printemps en mangeant les feuilles et les tiges de chiendent dans les pâturages. Van Swieten a fait une observation semblable sur un homme qui fut guéri d’une jaunisse rebelle par l’usage du chiendent et autres plantes sauvages dont il faisait presque son unique nourriture. Mais Chaumeton, qui a réplique à tout, veut qu’on fasse honneur de cette cure à l’ensemble du régime herbacé et non à l’action exclusive du chiendent.
Si la racine de chiendent est la seule partie de la plante employée, ce n’est pas la faute de Fourcroy, qui prétend que les feuilles et les jeunes tiges de celte plante ont bien plus de vertu que les racines. On en retire un suc verdâtre, d’une saveur herbacée, douceâtre, qu’on peut donner à la dose de 100 à 500 g par jour et que ce savant considère comme un des fondants biliaires les plus actifs, et en même temps les plus doux, contre les obstructions du foie, de la rate, des mésentères, dans les coliques dues à l’épuisement de la bile et à la présence des calculs biliaires dans la vésicule du fiel et le canal cystique. Il a même, ajoute Fourcroy, une efficacité non moins grande dans les affections chroniques qui attaquent le système lymphatique, les glandes conglobées et les vaisseaux absorbants en général, ainsi que chez les personnes bilieuses et hypocondriaques.

Ce n’est pas tout : on prépare avec le chiendent une bière économique. A cet effet, on met dans un baquet 4 kilogrammes de chiendent haché que l’on arrose avec de l’eau tiède en quantité suffisante pour qu’il soit toujours humide sans être noyé. Aussitôt qu’il a poussé et fait paraître de petites taches blanches d’un centimètre de long, on l’entonne dans une futaille avec 1 kilogramme de baies de genévrier concassées, 60 grammes de levure de bière et 2 kilogrammes de cassonade. On verse dessus huit litres d’eau très chaude, mais non bouillante, et l’on agite le tout avec un bâton.

 

Le lendemain, on ajoute huit litres d’eau chaude et l’on agite de nouveau la liqueur. Le troisième jour, on ajoute encore neuf litres d’eau chaude, en agitant encore ; puis on bouche le tonneau en laissant un Fosset d’évent, dans lequel on introduit quelques fétus de paille. On laisse reposer cinq ou six jours ; on soutire dans une autre futaille propre, et deux jours après on peut boire cette bière, qui est agréable au goût et très saine.

Au nombre des personnes d’une certaine compétence qui ont affirmé que l’on avait tort de honnir et de fustiger la pauvre graminée, il convient de citer le docteur Leroy, qui en 1811 avait entretenu la Société d’agriculture des mérites de cette espèce de végétal. Il annonçait avoir obtenu du chiendent le quart de son poids de sirop. Il ajoutait qu’une pinte de ce sirop donnait, par la fermentation et la distillation, une pinte d’eau-de-vie à 21 degrés, et que 100 livres de chiendent fournissaient 10 pintes ‘eau-de-vie à 21 degrés. Cette eau-de-vie valait beaucoup mieux que celle extraite du seigle et se rapprochait par le goût du kirchwasser ; on en faisait d’excellente liqueur, en la mêlant avec du sirop et en l’aromatisant.

De plus, le docteur Leroy avait obtenu du chiendent pulvérisé une farine capable d’être convertie en pain. Cette farine, mêlée avec celle du blé, fournissait un très bon pain, et seule un pain passable. Notre homme de sciences ayant trouvé ainsi dans cette plante : sirop, sucre, eau-de-vie, liqueur, farine et pain, on songeait à la fin du XIXe siècle à en extraire de nouveau toutes ces choses-là, et de faire du chiendent le rival de la canne à sucre.

 

 

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 06:24

Aujourd’hui….


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Voilà il en est fini pour cette série sur les affiches  des Pub D'autrefois 

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 07:12

Aujourd’hui….


Autrefois .création bandeaux

 

 

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C’était aujourd’hui ;   

 

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 06:21

 

Aujourd’hui….


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C’était aujourd’hui ;   

 

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 06:31

 

 

A la Mi-Août...............

 

 

A-la-mi-aout.png

 

J’allais, gai gai l’écolier, pendant les vacances manger des fraises & des gâteaux chez ma grand –mère…Donc, à la mi-août, c’était censé être plus romantique et on pouvait prévoir de s’amuser comme des fous ! A la mi-août, C’est tell ‘ment plus romantique, A la mi-août, Y a d'la joie pour les matous
A la mi-août On se sent plus dynamique

A la mi-Août, J’au  connu une Auvergnate
Qui aimait un
bougnat, Quand elle disait : "À bas les pattes», Il s'écriait : "Fouchtra, Quand ch'est-y que tu me donn'ras Tout ché que tu pochèdes ?, Pour l'inchtant répond-elle au gars, Y est pas quechtion de cha……………………

 Mais là les amis (ies), il s’agit de références culturelles que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… donc si vous n’avez pas connu De Gaulle et Pompidou, allez plutôt essayer de comprendre sur Google.

Cela dit, ma grand-mère ne savait que le refrain, heureusement pour elle, sinon elle aurait été horrifiée de mettre la puce à l’oreille d’un petit garçon modèle à propos de multiples références félines légèrement tendancieuses…

Passons rapidement là-dessus pour éviter qu’elle ne découvre le poteau rose, on ne sait jamais, Google a peut-être une appli secrète cachée dans les tombes antiques…,

Donc disais-je, à la mi-août, on doit faire les quatre cents coups...............     Ah oui ?

Il était une fois le désert français

 Si vous n’êtes pas en train de bronzer idiot (enfin bon, quand les orages daignent mettre la pédale douce) sur la côte Atlantique, de crapahuter sur le GR 20 avec le Club Rando des montagnards Aubinois ou  d’admirer les stalactites (oui, celles qui tombent) des grottes de Rocamadour, pouvez-vous m’expliquer comment vous faites pour vous éclater lors de cette mi-août prétendument si prometteuse ?

Tout est fermé. Partout, c’est le grand désert de Gobi. Fermée la boulangerie. On ne mange plus de pain. Enfin ça, c’est plutôt bon pour la ligne…

Fermée l’épicerie. Il faut vivre en autarcie, cultiver son jardin ou avoir un congélateur digne de chez Picard.

Fermée la bibliothèque. Reste Amazon mais c’est plus cher, et ce n’est pas bien pour le redressement productif national comme dirait le bel Arnaud.Monte…….

Fermée la pharmacie. Si vous n’avez pas une bonne réserve de Doliprane, évitez les soirées trop arrosées ou il vous en cuira (cuitera ???).

Fermé le cabinet médical. A la moindre coupure, foncez aux urgences, mais vous risquez de vous vider de toute votre hémoglobine avant qu’un interne débordé ne trouve le temps de vous scotcher l’épiderme.

Fermée la mairie. Ce n’est pas le moment d’avoir besoin de renouveler votre carte d’identité et, si vous voulez un passeport, passez par l’ambassade de France au Gabon, ça ira plus vite.

Fermé, le musée archéologique régional. Pendant les vacances, l’archéologie c’est en Grèce ou à Rome, pas ici.

Fermé, le théâtre. Enfin, voyons, vous n’êtes pas à Avignon, mais à quoi pensez-vous ?

Fermée, la salle de concert. Bayreuth, ce n’est pas fait pour les chiens, quand même…

Fermés les cinémas. Quelques séances en plein-air étaient prévues mais, hélas, il pleut sur la ville.

Et fermé, le petit café du coin. Même plus moyen de retrouver les copains.

Quant au resto local, il a délocalisé pour la saison en des lieux plus rémunérateurs.

 Alors, je vous le demande haut et fort : on fait comment pour s’éclater ?????

 Le Seul avantage de la période : mon banquier me fiche une paix royale et ne pense même plus à récriminer sur mes découverts abyssaux. Il danse la salsa à Puntas Cana, grand bien lui fasse ! Autre bonne nouvelle : le conseiller de chez Free avait l’air heureux que je lui demande pour la nième fois comment changer mon canal Wi-Fi qui s’obstine à dysfonctionner, il semblait tellement s’ennuyer sur sa plate-forme ! Mais à part ça… y’a plus personne nulle part ! Pour les sorties mémorables, les soirées explosives, les rendez-vous joyeux, les dîners épiques, les fêtes étranges… on verra ça en septembre.

 Il avait raison le vieil orchestre ringard : à la mi-août, y’a de la joie que pour les matous !!!

À la mi-a mi-a mi-a mi-a mi-a mi-a mi-août

 

 

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 06:04

 

Aujourd’hui….


Autrefois .création bandeaux

 

 

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En voici quelques exemples

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C’était aujourd’hui ;   

 

Autrefois .création bandeaux

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 06:39

 

Autrefois .création bandeaux

 

 

Fromage de Roquefort :


 « Itinéraire d’un produit unique et protégé »

(D’après « Le Roquefort » (par Eugène Marre), paru en 1906)

Si un document du XIe siècle semble indiquer que les Caves ce Roquefort étaient connues bien avant cette date, à l’origine les producteurs de fromage apportaient simplement en dépôt leurs produits aux caves pour les y faire saler et affiner, moyennant rétribution, et les reprenaient ensuite pour les consommer ou pour les vendre. Bientôt, la production augmentant, la consommation croît également avec la prospérité de ce commerce, et c’est au XVIe siècle que le privilège de la fabrication est accordé par le parlement de Toulouse au seul village de Roquefort.

Dans ses Mémoires pour servir à l’histoire du Rouergue (1797), l’historien Bosc dit que la « propriété des Caves de Roquefort est connue depuis bien longtemps, comme on peut s’en convaincre par un acte des archives de Conques par lequel Frotard de Cornus, donnant à ce monastère ses alleus des Enfruts, de las Menudes, de Malpoiol et de Nègra-Boissière, déclare, entre autres revenus dépendant de ces terres, deux fromages qui doivent lui être payés annuellement par chacune des Caves de Roquefort : et donat unaquaeque cabanna duos fromaticos », document datant du règne de Philippe Ier, vers l’an 1070.

 

En 1338, l’hôpital de Millau, pour faire saler son fromage à Roquefort, dépense 60 sous », rapporte l’abbé Rouquette dans ses Recherches historiques : « Item costero los fromagges da Roquefort da salar LX s. » En 1411, « dernier d’avril », des lettres patentes de Charles VI défendent de saisir les fromages qui sont dans les caves de Roquefort, pour cause de dettes, sauf à défaut d’autres biens meubles. Dans ces lettres, il est expliqué qu’à Roquefort il n’y a ni vin, ni blé, sauf du blé de mars, et qu’il y a des caves « moult froides en l’esté desquelles les gens du pais d’environ qui ont fromaiges les y aportent pour les illec conroyer [arranger] et mieulx assaisoner et prennent la peyne et diligence, moiennant certain argent o aultres proffits qu’ils ont et prennent de ceulx à qui sont les fromaiges, dont les dicts suppliants gaignent leur pain et soutiennenl leurs povres vies ».

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  Préparation à la traite..

Les lettres patentes octroyées par Charles VI furent confirmées par François Ier, Henri II, François II et Louis XIII, les 6 février 1518, 8 septembre 1550, septembre 1560 et 10 décembre 1619. Une pièce de procédure datée de 1439 nous fait connaître que la communauté de Roquefort revendiquait le droit de percevoir chaque année, à la Saint-Luc, une forme de chaque personne apportant des fromages pour les préparer et les saler dans les caves, destinant le produit de ces prélèvements à la réparation des murs et fortifications et autres charges du dit lieu.

Mais ce genre de commerce, en raison de l’éloignement des vendeurs, de leurs relations peu étendues et des difficultés de communication, dût devenir pénible et difficile à un moment donné, surtout lorsque la production augmenta, et c’est sans doute sous l’influence de ces difficultés que les propriétaires de caves furent amenés progressivement, d’abord à vendre, pour le compte des cultivateurs, les fromages affinés, ensuite à acheter ferme pour lur propre compte, des fromages frais qu’ils revendirent mûrs. « Le négociant intéressé à la réputation de son fromage, dit Limousin-Lamothe dans son Mémoire sur Roquefort, le soigna mieux ; la consommation augmenta ; la prospérité de ce commerce ne fit que s’accroître et le pays tout entier dût sa fortune à ces caves dont peut-être le hasard seul avait fait connaître la propriété. »

En 1547, un arrentement de la dîme des fromages est consenti par la communauté de Roquefort à un nommé Fabre moyennant huit quintaux trois pèzes et demi de fromages (lapèze était un poids utilisé en plusieurs endroits du Rouergue, mais n’ayant pas partout la même valeur. Cette valeur semble avoir varié, d’après Affre (Dictionnaire des institutions, mœurs et coutumes du Rouergue), entre 20 et 25 livres) : « per lo près et quantitat de huech quintals tres pèzas et miéza de fromatgés bons et marchans de aquels que se levaran deI comu : promet paguar lod. Fabre losd, fromatgés als dictz sendictz quant losd, sendictz et la communa n’aura nécessitat de jour en jour et tout en continuen. »

En 1550, les habitants de Roquefort sollicitent et obtiennent du parlement de Toulouse un arrêt qui leur assure le privilège de la fabrication des fromages et défend à tous individus, manants ou autres de s’occuper de cette fabrication en dehors du village de Roquefort, sous peine d’une amende de six livres par quintal.

Cette juridiction, jalouse de conserver au fromage de Roquefort sa juste réputation, défendit plusieurs fois de mettre en vente, sous son nom, des fromages d’origine différente, témoin l’arrêt suivant du parlement en date du 31 août 1666, « qui fait très expresses inhibitions et défenses à tous merchandz, voyturiers et autres personnes de quelle qualitté et condition qu’ils soient qui aurons prins et achepté du fromaige dans les cabanes et lieux du voysinage du dit Roquefort, de le vendre, bailler, ny débiter en gros ny en détail pour véritable fromaige de Roquefort à peine de mil livres d’amende et d’en estre enquis », rapporte Marcorelles dans son Mémoire sur le fromage de Roquefort. Le dernier acte du parlement de Toulouse date du 31 janvier 1785.

Un manuscrit de 1552 nous apprend qu’à la foire tenue annuellement dans la petite ville de Creissels, les transactions sur le roquefort seul laissaient cinq à six mille livres de profit. En 1554, le Juge Mage du Rouergue étant venu à Saint-Affrique à l’occasion d’un procès entre les consuls de cette ville et l’évêque de Vabres, on lui offrit des fromages de Roquefort « comme un présent digne d’un homme de son importance », pouvons-nous lire dans laNotice sur les caves et les fromages de Roquefort de Roques et Charton.

En 1664, fut établi le livre compoix des terres et du village de Roquefort relevant alors de la généralité de Montauban. Le compoix établissait la contenance, le bornage, la valeur de chaque parcelle de terrain et fixait la taille due au roi. Sur le compoix de Roquefort figurent quelques caves, entre autres la « cavane de l’abbaye de Nonenque » (Les grandes usines : Caves de Roquefort, Aveyron, de Turgan).

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Chargement des fromages

Des documents recueillis par Affre dans les comptes consulaires de recettes et de dépenses de la communauté de Millau, indiquent que les consuls de cette ville faisaient des cadeaux de fromage de Roquefort aux hommes qu’ils avaient le désir de ménager ou d’intéresser à leurs affaires, tels que l’Intendant de la Généralité et ses secrétaires, les hommes d’affaires chargés de représenter Millau au Grand Conseil, au Parlement ou ailleurs :

« Et, pour ne pas être trompés sur la qualité du produit, un des consuls se rendait à Roquefort pour choisir ce qu’il y avait de mieux. Le 25 août 1683, 2 quintaux, 75 livres furent payés à raison de 28 livres le quintal et adressés à M. de Pégueirolles à Toulouse, avec le nom, l’adresse et la qualité des personnes auxquelles les fromages étaient destinés, pour les remercier des services rendus dans le procès de la communauté contre le prieur de la paroisse. En 1701, le 8 novembre, un achat de 4 quintaux, 14 livres fut fait à Mme Vernhet née Réfrégier, au prix, cette fois, de 36 livres le quintal. »

Cet usage de faire des présents aux tout-puissants du jour cessa en 1766, sur la demande de l’un d’eux, s’il faut en croire le document relevé par Jules Artières dans les Archives de Millau : « La communauté, dit-il dans les Annales de Millau, avait depuis bien longtemps l’habitude d’envoyer chaque année à l’Intendant de Montauban une charge de fromages de Roquefort ; elle s’imposait à ce sujet de 300 livres.

« En 1766, M. de Gourgue estimant que c’était là un usage abusif et onéreux pour la ville, écrivit à l’Administration communale qu’il y aurait un bien meilleur usage à faire de ces fonds, notamment en l’employant au soulagement des pauvres de la ville et qu’en conséquence il lui saurait gré de ne plus lui faire à l’avenir pareil envoi ». En 1704, leDictionnaire universel de Trévoux dit que « le roquefort, le parmesan et le fromage de Sassenage en Dauphiné, sont des fromages fort estimés ».

« Le 21 décembre 1724, rapporte encore Affre dans son Dictionnaire des institutions, on servit sur la table de son Eminence l’Archevêque de Paris un des deux superbes roqueforts à lui offerts par M. l’abbé de Glandières de Bussac, archidiacre dans la Cathédrale de Rodez, qui était dans l’usage de renouveler tous les ans ce cadeau. Le duc de Noailles qui dînait ce jour là à l’Archevêché, fit le plus grand éloge du produit rouergat. »

Dans son Mémoire sur le fromage de Roquefort, Marcorelles nous apprend qu’en 1754 on comptait vingt-six grottes propres à recevoir les fromages fournis par cinquante mille brebis paissant sur les pâturages abondants de l’immense plateau du Larzaç. Il se faisait de ce fromage, qui voyageait à dos de mulet, une consommation importante, non seulement dans le Rouergue et le Languedoc, mais encore dans la Provence, le Dauphiné, le Roussillon, la Gascogne, à Lyon, à Bordeaux, à Paris. On en expédiait même en Italie, en Angleterre et en Hollande et dans les îles françaises. Marcorelles est le premier auteur sérieux qui traite avec détails de la préparation technique du roquefort. Son mémoire est reproduit, dans ses parties essentielles, par l’abbé Rozier, en 1786 (Cours complet d’Agriculture : mot Fromage).

 

« Les derniers fromages que vous nous avés envoyés se sont trouvés excellents, écrivait à la date du 13 février 1767, M. de Bertin, conseiller d’Etat et prieur de Coubisou, à M. Saltel notaire à Espalion et juge du dit Coubisou. Je voudrais fort faire parvenir à mon frère l’évesque de Vannes, avant le caresme prochain, un pareil envoy ; mais aurés-vous la facilité de les lui adresser à Vannes en Bretagne. Vous pourriés les adresser par Toulouse, à M. Perceval greffier de la 2e chambre des enquestes, rue Sainte-Catherine à Bordeaux, avec prière de ma part de les faire passer, à la 1re occasion, à Vannes. Cela allant par eau sera long, mais moins coûteux », rapporte Affre.

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raclage des fromages

D’après le Dictionnaire universel de la Géographie commerciale de Peuchet, on faisait à Roquefort, à la fin du XVIIIe siècle, des fromages de lait de brebis très estimés et on en expédiait beaucoup à Paris. « Le fromage de Roquefort est sans contredit le premier fromage d’Europe » écrivent Diderot et. d’Alembert dans l’Encyclopédie, en 1782. Desmarest (Fromages de Roquefort), en 1784, donne de nombreux détails techniques presque textuellement empruntés à Marcorelles ; il nous apprend que « le fromage de Roquefort est, de tous ceux qui se font en France, celui qui a le plus de réputation par la délicatesse de son goût, la fermeté de sa pâte et le persillage qui se forme dans certaines parties de sa masse ».

Il nous apprend aussi qu’il est produit par les brebis paissant sur le Larzac, sur le canton de Causse-Nègre dans le Gévaudan et dans quelques parties du diocèse de Lodève, depuis les premiers jours de mai jusqu’à la fin de septembre et que l’on compte à Roquefort vingt-six caves. « Les bonnes qualités du fromage de Roquefort, dit-il, sont d’être frais, d’un goût fin et délicat, bien persillé, c’est-à-dire parsemé dans l’intérieur de veines d’un vert bleuâtre. » On expédie surtout le fromage affiné à Nîmes, Montpellier, Toulouse, et à Bordeaux et Paris dès que les chaleurs sont passées ; de ces centres commerciaux, le fromage se répand dans les provinces voisines et même à l’étranger.

Dans ses Mémoires pour servir à l’histoire du Rouergue, l’abbé Bosc considère le roquefortcomme « le premier fromage de l’Europe » et nous apprend que les caves dans lesquelles on l’affine sont au nombre de vingt-six et sont connues « de toutes les parties de la France et des états voisins ». Ces caves « ont été formées ou du moins ébauchées par la nature : on les a agrandies pour les rendre plus commodes. On voit, en différents endroits du rocher où les caves sont creusées et surtout près du pavé, des fentes ou de petits trous irréguliers, d’où sort un vent froid et assez fort pour éteindre une lumière qu’on approche de l’ouverture, mais qui perd sa force à trois pieds de sa sortie. C’est à la froideur de ce vent qu’on attribue celle qui règne dans les caves. »

Le transport des fromages se faisait autrefois à dos de mulet dans des caisses ouvertes portant la marque des fermes qui les avaient confectionnés. Il fallait 20 ou 24 jours, nous dit Affre, pour le transport des pièces à destination de Paris et cela coûtait 16 livres le quintal.

En 1802, l’historien Alexis Monteil signale dans sa Description du département de l’Aveyronl’importance déjà considérable de l’industrie du roquefort et donne, entre autres détails, les suivants : « Les fromages qu’on porte à Roquefort, viennent, la plupart, des Montagnes du Larzac. Les propriétaires des caves les achètent, depuis le commencement de floréal [fin avril / début mai] jusqu’à la fin de fructidor [fin août / début septembre]. Ils coûtent de 6 à 7 sous la livre et se vendent, à leur sortie des caves, environ 50 fr. le quintal, poids de marc.

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« Les principaux débouchés sont Paris, Bordeaux et les grandes villes du Midi. On a tenté d’en faire des envois en Amérique ; mais ce n’est qu’en les renfermant dans des boîtes de plomb qu’on parvient à les conserver pendant la traversée. En général, ce fromage ne peut être transporté que difficilement ; ce n’est que par les plus grandes précautions qu’on peut l’empêcher de s’altérer. »

« On sait qu’ils viennent du Rouergue, dit encore Alexis Monteil en parlant desfromages de Roquefort dans son Histoire des Français des divers états. Le caillé qu’on emploie est fait de lait de brebis et d’un peu de lait de chèvre ; il est brisé jusqu’aux plus petites parties. Lorsqu’il est retiré des formes, il est ceint d’une bande de toile, et c’est alors un fromage qui est porté au séchoir, puis aux caves où on lui donne le sel en l’en frottant sur les deux plats de sa surface. Ensuite, on racle, à plusieurs reprises, le duvet qui se forme sur la croûte, après quoi on le laisse mûrir sur des tablettes au milieu des courants d’air, qui se forment par les interstices des rochers où les caves sont creusées. Ce fromage délicat, fin, crémeux, marbré, piquant, vous tient toujours sur l’appétit, vous le donne ou vous le rend. »

Girou de Buzareingues (Mémoire sur les Caves de Roquefort), en 1830, parle de dix caves à fromage dont cinq seulement « ont des soupiraux à courant d’air extrêmement froid qui vous pénètre et vous glace, même en été » ; Abel Hugo (La France pittoresque : Aveyron), en 1835, en signale une vingtaine, et Limousin-Lamothe (Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de l’Aveyron), en 1841, en compte 34 dont 23 naturelles.

« De 1670 jusqu’en 1789, rapporte une notice de Turgan publiée en 1867 (Les grandes usines), cette industrie ne prit pas un grand développement : il ne devait pas se produire alors plus de 2000 quintaux de 50 kil. de fromage ; le pays était privé de toute bonne voie de communication ; le fromage frais était porté à Roquefort à dos de mulet et, une fois mûr, il était expédié par le même procédé ; c’est tout au plus si ces produits pouvaient arriver à Toulouse, Montpellier, Le Vigan.

« Le commerce était, en 1790, réuni presque entièrement entre les mains de trois rivaux : la plus ancienne maison était celle de Delmas frères ; venaient après, celle de Laumière aine et celle d’Antoine Arlabosse. D’après les livres de cette époque, il devait se produire environ 5 000 quintaux de fromage. De 1800 à 1815, ce fut une période de prospérité qui créa de grandes fortunes relativement à celles de cette époque ; la production augmenta de cinq mille à dix mille quintaux. De 1815 à 1830, ce fut, au contraire, une période fatale, causant de nombreuses déconfitures et des ruines rapides occasionnées par la concurrence acharnée que se firent les négociants.

 

« Le fromage frais s’achetait à 50 fr. les 100 kil., prix moyen ; il tomba tout à coup à 40 fr. et les usines de Roquefort passèrent dans de nouvelles mains étrangères au pays. Durant quinze ans, la production resta stationnaire, le commerce n’offrant plus à l’agriculture des prix rémunérateurs. En 1840, vint à Roquefort une maison de Montpellier, Rigal et Cie, tenter le monopole de l’exploitation. Toutes les caves furent affermées. Mais ce monopole ne dura guère que deux années, 1840, 1841 ; on chercha, on trouva de nouveaux emplacements de caves ; il fallut lutter et c’est de cette lutte qu’est sorti le Roquefort de ce jour (1850), quatre fois plus important, rebâti presque à neuf : l’importance et la capacité des caves fut quadruplée, la manipulation fut perfectionnée, les relations commerciales s’étendirent et le personnel fut mieux organisé. »

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