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Le Blog De Papy-Bougnat

  • Papy-bougnat
  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
Dans ce blog vous trouverez un peu de vérité, beaucoup de passion, et quelques coups de gueule 
Bonne route & merci pour votre visite
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Traducteur

A L'affiche..

La culture Ne s'hérite pas, Elle se conquiert. 

 

[André Malraux]

********** 

 

Actu du jour...


       

6 décembre 2021 1 06 /12 /décembre /2021 17:00
Un regard vers le passé .

En ce moment ce temple républicain est souvent mis à l’honneur. Je veux parler bien sûr du Panthéon !

Mais savez-vous qu’elle est sa devise et sa signification ?

 

Édifié en 1790, le Panthéon doit dans un premier temps servir d’église. En effet, cinquante-six ans plus tôt, Louis XV décide de faire ériger une église en l’honneur de Sainte-Geneviève, patronne de Paris, que le roi, malade, aurait sollicitée dans ses prières de guérison. L’architecte Jacques-Germain Soufflot propose donc un projet d’église à dôme, en forme de croix grecque, c’est-à-dire avec quatre branches courtes, égales en longueur et en largeur, et emprunte au style néo-classique, en rupture avec le style baroque. Avant de s’appeler “Panthéon”, l’édifice est baptisé “église Sainte-Geneviève”. La Révolution entame cependant la déconfessionnalisation de cette église royale catholique qui devient alors un temple républicain. L’Assemblée nationale constituante vote un décret le 4 avril 1791, selon lequel le bâtiment servira dorénavant de nécropole aux “personnalités exceptionnelles qui contribuent à la grandeur de la France”.

Qui est enterré au Panthéon ?

Un an seulement après son inauguration, le bâtiment subit un lifting afin qu’il devienne un “panthéon” au sens d’un temple où reposent les dépouilles des hommes et des femmes qui ont marqué l’histoire de la nation. Sous la direction de l’architecte Quatremère de Quincy, un chantier de consolidation est engagé d’entre 1791 et 1793. Le premier tombeau accueilli – en 1791 – au Panthéon, est Mirabeau mais il n’y reste pas longtemps, car accusé de trahison. Il est bientôt remplacé par Voltaire puis Rousseau, figures majeures des Lumières.

A quoi le fronton fait-il référence ?

Quant au fronton, il est à l’image des revirements politiques de l’époque. Il est d’abord l’œuvre du sculpteur Guillaume II Coustou qu’il nomme “L’Adoration de la Croix”, lorsque l’édifice a une vocation religieuse. Il est remplacé en 1793 par une œuvre de Jean-Guillaume Moitte illustrant les idéaux révolutionnaires, lui-même supplanté par une inscription en lettres de bronze restée célèbre jusqu’à nos jours : “Aux grands hommes la patrie reconnaissante”. Cette formule est pourtant de nouveau remplacée par une autre évoquant cette fois la sainte patronne Geneviève et les rois Louis XV et Louis XVIII lorsque l’édifice est rendu au culte en 1823. C’est finalement le fameux “Aux grands hommes la patrie reconnaissante” qui s’imposera durablement à partir de 1885 lors de l’inhumation de Victor Hugo qui donne au Panthéon son statut laïc définitif.

Quels secrets renferme le Panthéon de Paris ?

Les exclus du Panthéon

Quelques personnalités historiques se sont fait exclure du Panthéon après y être entrées. C'est notamment le cas de de Mirabeau, icône révolutionnaire et première personnalité à entrer dans le monument en 1791, quelques jours après sa mort... pour finalement en ressortir trois ans plus tard. La raison ? Ses relations ambigües avec le roi Louis XVI, qu'il conseillait dans l'ombre. Une correspondance cachée avait ainsi été découverte. Sa dépouille repose finalement dans un cimetière de Clamart.

C'est donc Marat qui doit prendre sa place, mort en 1793, tué par Charlotte Corday et considéré comme un martyr de la Révolution. Mais les troubles politiques causés par la Révolution française entachent sa réputation. Entré au Panthéon en septembre 1794, il en sort finalement quelques mois plus tard, le 8 février 1795.

Voltaire a failli connaître le même sort, sous le règne de Louis XVIII qui souhaitait le retirer du Panthéon, à cause de son anticléricalisme. C'est finalement le roi lui-même qui s'oppose à cette décision, et déclare : "Laissez-le, il est bien assez puni d'avoir à entendre la messe tous les jours".

C’est aussi Un lieu d'expériences scientifiques

En 1851, le physicien Léon Foucault obtient l'autorisation de Napoléon Bonaparte pour utiliser le dôme du Panthéon et installer son célèbre pendule.

Sa démonstration scientifique de la rotation de la Terre sur elle-même est un succès. Son expérience est cependant stoppée à la fin de l'année 1851, après le coup d'État du 2 décembre.

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5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 17:03

Nous n’oublierons jamais ce 5 décembre 2017

 

Le billet du dimanche
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22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 18:35

Proverbes & citations d'autrefois

Année de noisettes, année de mariages

On dit aussi : année de noisettes, année d’enfants. Le fruit que la noisette renferme sous une double enveloppe a été regardé comme l’image de l’enfant dans le sein de sa mère, et l’on a conclu de cette similitude que les années abondantes en noisettes doivent l’être aussi en mariages ou en enfants.

 

C’est de ce préjugé fort ancien, et non, comme on pourrait le croire, des rendez-vous donnés sous la coudrette ou la coudraie, qu’est né le dicton usité parmi les gens de la campagne et rappelé par Monteil dans la phrase suivante de son Histoire des Français des divers états (XVIe siècle) : « Vous savez que c’est l’année des noisettes ; tout le monde se marie : sans plus tarder, mademoiselle, marions-nous. »

Marchande de noisettes

Cela avait lieu au Moyen Age, comme dans l’Antiquité. De plus, on déposait alors auprès du lit nuptial une corbeille remplie de noisettes qu’on avait fait bénir par un prêtre : il est resté quelque chose d’un tel usage dans ce qui se pratique aux noces villageoises, où l’on place sur la table, en face des mariés, des plats de dragées, lesquelles ne sont, comme on sait, que des noisettes ou des amandes dont l’enveloppe a été remplacée par une couche de sucre glacé. C’est d’après une analogie du même genre qu’à l’occasion du baptême des enfants on distribue des boîtes de dragées aux amis et on jette quelquefois des poignées de dragées à la foule des curieux. Il est évident que ces dragées marquent, dans le mariage, un souhait pour qu’il soit fécond, et, dans le baptême, un heureux accomplissement de ce souhait.Il faut attribuer à la même cause l’usage antique de répandre des noix aux cérémonies nuptiales ; usage qui n’avait pas pour but de marquer, ainsi qu’on l’a prétendu, que l’époux renonçait aux amusements futiles et ne songeait plus qu’aux graves devoirs de son nouvel état, mais d’exprimer un vœu pour la fécondité de l’épouse ; car la noix présentait le même symbole que la noisette. C’est ce que dit formellement Pline le Naturaliste (liv. XV, ch. XXIV). Festus affirme également que les noix étaient jetées, pendant les noces, en signe de bon présage pour la mariée : Ut novae nuptae intranti domum novi mariti auspicium fiat secundum et solistimum. (V° Nuces.)

Dans le Moyen Age on jetait plus souvent du blé que des noix ou des noisettes, pendant les noces. Le Romancero du Cid, dans sa romance intitulée Des divertissements qui eurent lieu aux noces du Cid, parle d’une excessive quantité de blé qu’on y répandit. Voici de quelle manière naïve il décrit la chose : « Tant il en est jeté par les fenêtres et les grilles, que le roi en porte sur son bonnet qui est large des bords une grande poignée. La modeste Chimène en reçoit mille grains dans sa gorgerette, et le roi les retire à mesure. »

Au XIXe siècle avait encore cours dans certaines contrées la coutume de répandre des noix, des noisettes, des amandes, des fruits à noyaux et des grains pendant la cérémonie du mariage, comme emblèmes de la fécondité qui doit en résulter notamment : ainsi en était-il souvent en Russie, en Valachie historique, ou encore dans quelques villages de Corse.

 

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11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 17:22

 

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8 novembre 2021 1 08 /11 /novembre /2021 08:12

Pour certains d'entre vous cela vous rappellera t'il peut-être certains souvenirs  ?

" L'anis étoilé "

 

On buvait autrefois un breuvage divin, le soir, avant de s'endormir : le nom lui-même fait rêver : l'anis étoilé a la forme d'une petite étoile boisée aux parfums étonnants et prégnants... L'odeur se répandait, exhalait des sucs enivrants, inoubliables. Infusée dans de l'eau chaude, la badiane était un rituel quotidien dont on ne pouvait plus se passer : on humait d'abord les parfums inouïs de chaque étoile, on en admirait les couleurs brunes, les formes de fleurs de bois. On se délectait des vapeurs parfumées de l'eau chaude, on regardait le liquide prendre les teintes de la badiane. Puis, venait le plaisir de la dégustation : la tisane offrait des liqueurs de roux, des rondeurs anisées, sa douceur d'étoile...La tisane nous transportait dans le monde de la nuit : l'étoile nous laissait son goût d'exotisme, de rêve, de voyage vers l'orient...L'étoile nous ouvrait les portes de la nuit, elle nous amenait vers les songes, vers des rives nouvelles, des pays inconnus, des vagues incertaines et tumultueuses, des soirs lumineux. Le goût légèrement anisé chantait le plaisir d'une boisson à la fois simple et mystérieuse. Nous pouvions, alors, nous endormir dans ces senteurs légères, vaporeuses, énigmatiques des petites étoiles.

 Nous gardons tous des parfums, des bruits, des voix, des couleurs de l'enfance... Quel plaisir, encore maintenant, de retrouver toutes ces sensations, le goût, les odeurs, les parfums, les formes subtiles de l'anis étoilé ! Quel plaisir de boire ce breuvage divin ! L'anis étoilé évoque des soirées d'hiver où l'on se réfugait près de la cuisinière, où l'on se réconfortait avec cette boisson... l'anis étoilé me rappelle des soirs d'été où, sur la terrasse, on se rafraîchissait de sucs lointains et exotiques. Boisson céleste, c'est bien ainsi que l'on peut appeler l'anis étoilé : boisson du soir, en forme d'étoiles, boisson de la famille réunie et rassemblée autour d'un rituel partagé...

 Pour mémoire :

 "La Badiane de Chine - Illicium verum - est le fruit du badianier, un petit arbre de 8 à 15 mètres de hauteur, pouvant vivre une centaine d’années, originaire du Sud-Ouest de la Chine et du Nord du Vietnam. Il est aujourd’hui inconnu à l’état sauvage mais est cultivé depuis des temps immémoriaux. La badiane, à maturité, prend la forme d’une étoile à plusieurs branches. C’est pour cette raison qu’on l’appelle aussi Anis étoilé, son odeur rappelant celle de l’anis vert du pourtour méditérannéen et dont elle partage les vertus."

Bon à savoir : "L'anis étoilé est :

antispasmodique : surtout conseillé pour traiter les spasmes intestinaux, les colites douloureuses, les gastrites, mais aussi les douleurs de règles ;
carminatif : il évite la formation des gaz intestinaux ou en facilite leur expulsion, soulageant des ballonnements, des éructations.
digestive : réputé traiter les intoxications alimentaires et les indigestions liées aux crustacés et poissons, il régule aussi le transit intestinal après des épisodes diarrhéiques."

 

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18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 17:29

Dans la catégorie : Expressions, Proverbes d’autrefois ;

 

"Il en revient toujours à ses moutons"

C’est revenir à un propos commencé et interrompu par un incident quelconque ou à un projet abandonné dont on reprend la suite

On dit encore : Revenons à nos moutons pour indiquer qu’on va reprendre le fil d’une conversation suspendue par un incident quelconque. Ce proverbe qui date du XVe siècle caractérise tous ces gens qui n’ont qu’une seule idée à laquelle ils rapportent tout, en y revenant avec une infatigable persévérance.

On a fait remonter l’origine de ce proverbe à une ancienne pièce du théâtre français ayant pour titre : La farce de maître Pathelin, où un marchand drapier venait porter plainte contre un berger qui lui a dérobé des moutons. Mais le plaignant, M. Guillaume reconnaît dans maître Pathelin, l’avocat qui défend le berger, celui qui lui a volé une pièce de drap. Dans son trouble il s’interrompt souvent pour parler de la pièce de drap volé. Le juge ne comprenant rien à son galimatias et ne connaissant pas l’affaire de la pièce de drap, est forcé de l’interrompre souvent pour l’inviter à revenir à ses moutons.

Rabelais (XVIe siècle) a employé ce proverbe plusieurs fois (Livre Ier, chapitres 1 et 2 ; Livre III, chap. 33) et condamne toute digression intempestive dans un plaidoyer. Il ne faut pas omettre de citer les exemples que nous a légués l’antiquité sur ce sujet. A Athènes, le héraut qui appelait les orateurs pour parler devant le peuple, leur recommandait de le faire sans préambules et sans passions. Cicéron, dans une harangue, s’étant écarté de son sujet, a dit : Domum redeamus, ce qui veut dire : Revenons à notre maison. Voici sur ce sujet une imitation d’épigramme assez originale :

Pour trois moutons qu’on m’avait pris
J’avais un procès au bailliage.
Guy, le phénix des beaux esprits,
Plaidait ma cause et faisait rage.
Quand il eut dit un mot du fait,
Pour exagérer le forfait,
Il cita la fable et l’histoire,
Les Aristotes et les Platons.
« Guy, laissez là tout ce grimoire
Et retournez à vos moutons. »

 

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27 septembre 2021 1 27 /09 /septembre /2021 17:46

Dans la catégorie " Origine des mots "

Voyons aujourd'hui celui  du " timbre poste " D’après « Le Petit monde », paru en 1920)

L’invention des timbres-poste est relativement récente, puisque datant du XIXe siècle. Avant eux, le port des lettres était calculé suivant la distance à parcourir et c’était le destinataire et non l’envoyeur qui en payait la taxe ! 

 

Au tarif de 1827, il fallait payer 1 fr. 20 pour recevoir une lettre venant de Marseille à Paris. Les inconvénients de ce système sont évidents, et ce sont ces inconvénients mêmes qui ont suscité l’idée des petites vignettes dont nous usons couramment aujourd’hui. Voici ce qu’on raconte à ce propos.

En 1835, un riche anglais nominé sir Rowland Hill voyageait dans le nord de l’Angleterre quand le hasard l’amena à la porte d’une auberge au moment précis où le facteur présentait une lettre à une jeune fille. Celle-ci prit l’enveloppe, l’examina sur toutes les faces et demanda le prix qu’elle avait à payer. La somme montait à un shilling. La jeune fille soupira et rendit la lettre en disant : « Je suis trop pauvre pour donner un tel prix. Reprenez-la quoique cela me navre, car elle vient de mon frère qui habite Londres. »

Le riche anglais fut ému et tendit une pièce au facteur. La jeune fille voulut s’y opposer. Rowland Hill ne céda pas et, le facteur parti, interrogea la destinataire de la lettre qui avoua : « J’ai dit la vérité, nous sommes très pauvres. mais pour pouvoir correspondre avec mon frère sans rien payer, nous avons convenu de certains signes qui, tracés sur l’enveloppe, nous permettent de savoir si nous sommes en bonne santé l’un et l’autre. Quant à la lettre elle-même, ce n’est qu’une feuille de papier blanc. »

Et elle la lui montra. Rowland Hill continua sa route en réfléchissant. Ce qu’il venait de voir lui montrait les grands défauts du système employé, l’exagération des prix et, comme conséquence, la tentation de frauder. Il y chercha un remède et c’est ainsi que, le 13 février 1837, sir Rowland Hill proposa officiellement au gouvernement anglais « d’employer dorénavant un petit carré de papier de grandeur suffisante pour recueillir le sceau postal et enduit sur son autre face d’une colle légère qui permettrait à l’acheteur de le fixer au dos d’une lettre. »

Vous voyez que c’est la définition exacte du timbre tel que nous le connaissons aujourd’hui. Mais la poste anglaise n’appliqua pas de suite cette idée. Elle crut mieux faire en imprimant sur des enveloppes une vignette représentant la Grande-Bretagne assise sur un roc, avec un lion couché à ses pieds et entourée d’attributs divers.

 

Ces enveloppes n’eurent pas de succès. On reconnut alors que Rowland Hill avait raison et l’on fabriqua les timbres ainsi qu’il l’avait indiqué. Le premier qui parut, le 10 janvier 1840, était noir et représentait la reine Victoria, vue de profil. En 1811, il devint rouge. Le prix uniforme pour toute l’Angleterre était d’un penny. En 1854 enfin, on imagina de perforer les quatre côtés des timbres pour permettre de les détacher plus facilement de leurs voisins.

La Suisse ne tarda pas à imiter l’Angleterre. Puis ce furent le Brésil, les Etats-Unis et la Belgique. En France, il fallut la Révolution de 1848 pour qu’on adoptât cette nouvelle mode infiniment pratique et, le 1er janvier 1849, le premier timbre français fut mis en circulation. Il était noir sur fond jaune, représentait une tête de Cérès et valait 20 centimes.

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27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 16:57

Les gentlemen sont rares, dans le monde débraillé du rock. Indubitablement, Charlie Watts, avec 58 ans passés à jouer des tambours pour les Rolling Stones, en était un. Il vient de nous quitter juste après avoir fêté ses quatre-vingts printemps.

Très logiquement, les hommages de ses pairs tombent comme à Gravelotte. Pour Elton John, il s’agissait d’un « homme élégant et d’une brillante compagnie ». En effet, si les accoutrements de ses complices avaient parfois de quoi laisser perplexes, Charlie Watts fut, sa vie durant, toujours tiré à quatre épingles. Il arrivait même à être chic, en costume et tee-shirt, voir même déguisé en hippie ; c’est dire. Grand collectionneur d’armes et d’uniformes, avec une prédilection pour ceux des troupes confédérées, il était esthète. Ce que confirme Keith Richards : « Comment décrire un gars qui achète une Alfa Romeo de 1936, uniquement pour observer le tableau de bord ? Charlie ne sait pas conduire. »

En revanche, il n’était pas manchot devant une batterie réduite à sa plus simple expression : une grosse caisse et une claire, une charleston et deux cymbales. Ça lui suffisait pour faire le job.

Pour la petite histoire, une fois, Charlie Watts s’énerva lorsque Mick Jagger, recevant des journalistes en studio, le présenta de la sorte : « Charlie Watts, c’est mon batteur ! » Et ce dernier de se lever, de coller une sévère droite à son altesse Mick, si sèche qu’elle le laissa sur le carreau, avant de préciser : « Cher Mick, je ne suis pas ton batteur, mais celui des Rolling Stones… » Et il alla ensuite se rasseoir sur son tabouret.

Après, une question demeure : les Rolling Stones poursuivront-ils leur tournée mondiale, interrompue pour cause de pandémie ? Nicolas Ungemuth, toujours : « Pour moi, les Stones sans Bill Wyman et Charlie Watts, c’est comme les Who sans Keith Moon et John Entwistle : une absurdité. »

Voilà qui n’est pas faux. Repose en paix, Charlie et, surtout, merci pour tout !

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23 août 2021 1 23 /08 /août /2021 07:14

Être fort, c’et rayonner de bonheur quand on est malheureux.

C’est essayer de pardonner à quelqu’un qui ne le mérite pas.

C’est rester calme en plein désespoir.

C’est sourire quand on a envie de pleurer

C’est faire rire quand on a le cœur en morceaux,

Se taire quand l’idéal serait de crier à tous son angoisse.

Être fort, c’est vivre au jour le jour

Et croire toujours en un lendemain meilleur

 

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9 août 2021 1 09 /08 /août /2021 04:38

Le saviez-vous ? 

Bicyclette (La reine) : ses lointaines
et obscures origines

En 1890, et cependant que la pratique de la bicyclette, véritable invention française, connaît un fulgurant essor, Pierre Giffard, pionnier de la presse sportive qui fondera deux ans plus tard le quotidien Le Vélo, explore avec humour les lointaines origines du vélocipède, exhumant le célérifère et autres draisienne ou grand bi

Si vous avez, comme moi, écrit Pierre Giffard, le caractère franc, l’opinion sincère, l’aveu facile, et je vous souhaite, chers lecteurs, ce trio de dons naturels que je compense malheureusement par un tas de défauts ! vous reconnaîtrez que toutes les fois qu’on innove en ce siècle, en cette fin de siècle abracadabrant où la vapeur, l’électricité, l’air comprimé, et tant d’autres forces latentes sont sorties du creuset humain, Aristote a toujours été dans l’affaire avant l’inventeur.

Avez-vous perfectionné le fil à couper le beurre ? On vous oppose immédiatement un précurseur Aristote. Songez-vous à relier entre elles la Terre et la Lune par un chemin de fer funiculaire et suspendu ? On vous dit : Halte-là ! Vous n’en avez pas l’étrenne ! Aristote a pensé à votre idée dans son traité de la Balistique interplanétaire, page 247. J’ai la preuve que cet homme universel s’occupait du tabac par deux vers bien connus de Thomas Corneille, frère de Pierre (le Grand) : (ci- contre Affiche publicitaire de 1890 pour les cycles Hurtu)

 

Quoi qu’en dise Aristote et sa docte cabale,
Le tabac est divin ; il n’est rien qui l’égale.

Ainsi !... Aristote a-t-il connu la bicyclette ? Voilà la première question qui s’est posée à mon esprit lorsque Le Figaro nous a demandé, au délicieux Mars et à votre serviteur, de chanter les hauts faits de la Reine Bicyclette, déesse auréolée des avenues et des boulevards, comme elle l’est de toutes nos routes départementales et forestières, chemins de grande communication et vicinaux.

Aristote a-t-il connu la bicyclette ? En parle-t-il quelque part ? Nous montre-t-il dans quelque traité les jolies Grecques de son temps chevauchant en cothurnes et en robes provocantes sur la bête à deux roues ? Ne dit-il pas que les Sages de son siècle, barbus et chenus, allaient donner leurs consultations en tricycle de bois sur les routes ensoleillées de l’Attique ?

Très perplexe, ennuyé à l’idée que ce diable d’Aristote aurait pu nous faire la pige encore une fois et nous chiper notre conception fin de siècle du vélocipède, j’ai passé de longues nuits à compulser les ouvrages de cet éminent philosophe, qui a tout connu. J’ai pâli sur ses livres, traduits par les commentateurs les plus selected, et je peux dire avec un juste orgueil, maintenant que je suis sûr de mon fait :

Eh bien, non, Aristote n’a pas connu le vélocipède ! Il ne souffle mot de la bicyclette, et c’est ce qui m’encourage à attaquer de front ce sujet merveilleux. On ne me jettera pas Aristote dans les jambes, ce qui pour un vélocipédiste aurait plus d’inconvénients que pour n’importe qui. En avant !

Vous me direz que je remonte dans la nuit des temps. Certes, mais c’est pour être plus sûr de ne rien omettre. Et puis une étude est une étude. Si on ne la fouille pas, autant ne pas s’en mêler. Je vous dirai donc que la bicyclette reste encore un mythe ignoré pendant que se déroulent les événements obscurs, bien qu’ils soient historiques, que nous groupons sous le vocable étrange d’événements moyenâgeux. Ni Godefroy de Bouillon, ni Roger Bacon, qui a pourtant inventé la poudre (après Aristote bien entendu) n’ont entendu parler du vélocipède.

Et pourtant quelle ressource c’eût été au point de vue militaire, pour les croisades ! Imagine-t-on la tête des Sarrasins lorsque du haut des murs de Jérusalem ils auraient aperçu un escadron de croisés tricyclistes s’avançant à toute vitesse sous une pluie de flèches, le heaume en tête, la lance au poing ? Il est vrai que les routes de cette époque étaient si mauvaises qu’il ne faut rien regretter du passé. Le présent nous console de son indifférence.

Caricature de 1818 : draisienne remplaçant les chevaux
pour le service d’acheminement du courrier

C’est à la Grande Révolution de 1789 qu’il faut arriver, en cela comme en tant d’autres choses, pour voir le vélocipède entrer dans l’Histoire, où sa place est marquée entre le cheval et le dromadaire. Un beau jour (est-ce avant, est-ce après le cheval mécanique ou à moulin, que tous les Français âgés de moins de cent ans ont connu ?), un beau jour on vit apparaître dans Paris une sorte de machine à deux roues, sur laquelle les muscadins s’amusaient à s’élancer quand ils lui avaient donné une forte poussée.

 

C’était le célérifère, père, grand-père de la bicyclette d’aujourd’hui. On poussait devant soi, les deux roues de bois roulaient en raison de l’impulsion communiquée. On sautait alors sur la selle, et jusqu’à extinction de la force acquise, on se laissait porter. Le célérifère fut un des plaisirs favoris des petits messieurs de l’époque, qui l’appelaient évidemment le céléïfé, pour rester à la mode. L’un de ces instruments primitifs laissé par Niépce de Saint-Victor — mort en 1833 —, l’inventeur de la photographie, put faire croire il y a quelques années, que Niépce de Saint-Victor avait aussi inventé le vélocipède. Il n’en était rien. L’instrument que possédait Niépce était le joujou de son enfance et les célérifères étaient très nombreux à Paris à la fin du siècle dernier. Qui en eut le premier l’idée, par exemple ? Mystère qui ne sera jamais éclairci.

Les célérifères se sont appelés aussi draisiennes, du nom de Drais von Sauerbronn, un baron authentique qui en était l’inventeur. C’est en examinant une draisienne qu’on lui avait donnée à réparer qu’un serrurier parisien, Michaux, imagina cinquante ans plus tard d’appliquer deux pédales coudées au vieil instrument des muscadins, et créa ainsi le vrai vélocipède.

Il faut arriver aux dernières années de l’Empire pour assister au développement d’une machine à deux roues qui vraiment avait quelque analogie avec la bicyclette d’aujourd’hui. En 1869, sur l’asphalte qui couvrait un carrefour assez vaste, entre le jardin du Luxembourg et l’ancienne Pépinière, on vit arriver par douzaines, comme aujourd’hui au Pré-Catelan, des grands bicycles assez bien bâtis sur lesquels les jeunes Parisiens s’essayaient timidement.

Les pieds actionnaient directement la roue de devant qui était immense et l’équilibre était difficile à conquérir. À vrai dire le grand bicycle d’aujourd’hui, qu’on appelle dans la partie le grand bi tout court, n’est pas autre chose que le vélocipède à peu près complet de 1869, que nous regardions, nous autres badauds jeunes ou vieux, comme un instrument incommode, dangereux et surtout disgracieux. Mais c’était la mode et on se demande ce qui serait advenu du vélocipède si l’industrie parisienne, qui « était dessus » l’avait alors perfectionné. Malheureusement la guerre de 1870 arriva et arrêta net l’essor du vélocipède, comme elle arrêta toutes choses. Ci-contre: 

Grand bi. Chromolithographie de la fin du XIXe siècle

 

 

Pendant que nous luttions contre les Allemands, les Anglais, calmes dans leur île, se saisissaient du vélocipède parisien et le perfectionnaient avec le soin jaloux qui les caractérise. Ils en faisaient un instrument presque artistique, si bien qu’en 1872, quand nous pûmes enfin respirer, on vit revenir de Londres l’instrument né en France, avec des modifications peu importantes toutefois, mais très utiles. L’emploi des aciers surtout était plus sévère. C’était toujours le grand bi, mais il n’était plus le vélocipède, il était le bicycle, prononcez baïcècle, et dame, tout ce qui vient ou revient d’Angleterre a droit, chez nous, aux plus grands égards. Une ville anglaise entre toutes se lança dans la fabrication du bicycle : ce fut Coventry. Les industriels de Coventry faisaient des rubans. Tout d’un coup ils lâchèrent la rubanerie pour approprier leurs outillages au baïcècle.

Michaux avait trouvé l’application directe des pédales. Qui a trouvé l’idée d’ajouter à ce moteur la chaîne de Vaucanson qui multiplie l’effort des pieds, et constitue la bicyclette ? Autre mystère. Cette trouvaille lançait la vélocipédie dans l’ordre des choses pratiques ! Tout le monde ne pouvait pas grimper sur les grands bicycles. La bicyclette devenait la monture accessible à tous.

C’est alors que les Anglais, prêts pour la lutte, avec un outillage formidable que les fabricants parisiens viennent à peine de créer, en 1890 — et je parle de 1876 —, purent jeter sur les marchés du monde entier les milliers de cycles, bi et tri qui laissèrent croire que l’Anglais était le père du vélocipède, alors que cet instrument devenu divin après les dernières transformations qu il a subies depuis plusieurs années, est d’invention française. C’est donc à Michaux que les amateurs de bicyclette doivent être reconnaissants, lorsqu’ils s’écrient en traversant les plaines : « Quel admirable instrument ! »

Lorsque les Parisiens virent apparaître les premiers tricycles, ils s en amusèrent fort. Il faut dire que les premiers tricyclistes prêtaient bien aussi le flanc à la gouaillerie parisienne. Copiant servilement les Anglais que rien n’arrête, ils montaient leurs instruments en redingote ou en jaquette, avec un tuyau de poêle sur la tête, alors que tout était à remplacer dans ce costume de clergyman. Peu à peu on vit les choses se régulariser, les bas et les culottes courtes apparaître, puis le veston, le maillot de tricot, la casquette ou la toque, enfin l’habillement compatible avec un sport qui vaut tous les autres à lui seul.

 

Un vélocipède de 1868. Gravure (colorisée) du temps

Mais ce qu’ils furent malmenés dans leurs familles, les premiers tricyclistes ! En eurent-ils à subir des avanies, pour se promener dans un pareil style en plein bois de Boulogne, sur des instruments ridicules... et patati et patata ! Honneur ! Honneur à ces premiers pionniers du tricycle, qui péniblement frayèrent la route par où passèrent ensuite des milliers de bicyclistes !

Car lorsque la bicyclette apparut, tout armée pour la course, à côté du bicycle, son succès fut foudroyant. Elle était plus élégante, plus légère, plus plaisante que son aîné : elle ramenait les jeunes gens au bicycle sans avoir les inconvénients du grand bi. Elle exigeait deux ou trois leçons agrémentées de chutes et d’appréhensions méritoires ; elle séduisit son monde comme un cheval qui piaffe séduit le cavalier. Le tricycle était trop facile. La bicyclette demandait un certain effort.

Dire qu’elle enfonça le tricycle dès 1880, époque où on la voit commencer à rouler sur les routes, ce serait exagérer mais bien vite elle le laissa loin derrière elle. Aujourd’hui, elle circule dans les proportions de 80 %. Les 20 % qui restent se décomposent en 15 % de tricycles et 5 % de grands bicycles. C’est l’abandon presque complet du grand bi.

Les difficultés, plus apparentes que réelles, qu’il faut surmonter pour se tenir en bicyclette éloignent encore les timides. Mais tout le monde y viendra et la Reine Bicyclette sera bientôt maîtresse incontestée des routes qui sillonnent les continents.

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