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Le Blog De Papy-Bougnat

  • Papy-bougnat
  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
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Traducteur

A L'affiche..

La culture Ne s'hérite pas, Elle se conquiert. 

 

[André Malraux]

********** 

 

Actu du jour...


       

4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 08:53

 

 Autrefois .création bandeaux   Aujourd’hui……

 

"Microbe (Le) de la vieillesse "

Mieux que la mythique Eau de Jouvence ?

(D’après « Touche-à-tout. Revue hebdomadaire
universelle illustrée », paru en 1904)

 

En 1904, Jean d’Albignac, extrapolant la découverte récente du bactériologiste ukrainien Ilya Metchnikoff qui affirme avoir isolé le microbe de la vieillesse et avance qu’il loge au cœur du gros intestin, redoute de voir les chirurgiens procéder à des ablations inconsidérées pour gagner l’immortalité et évoque la mythique Eau de Jouvence, non sans s’inquiéter de la surpopulation qui résulterait de son avènement

Vous connaissez la grande nouvelle, écrit d’Albignac : le microbe de la vieillesse est trouvé. Et je vous avoue que ce n’est pas sans quelque appréhension que je l’ai appris ; car le docteur Metchnikoff, qui en est l’inventeur, nous a révélé en même temps que ce terrible microbe avait, sauf votre respect, fait sa résidence habituelle de notre gros intestin. Et je commence à voir poindre le moment où, pour nous empêcher de vieillir, les chirurgiens nous proposeront, tout bonnement, de nous enlever notre intestin, comme on pratique déjà l’appendicite.

Ivieillesse.jpg

Ilya Metchnikoff

Et, si cela continue, un nouveau chercheur découvrira le microbe des rhumatismes dans l’estomac ; un autre dénichera le microbe de la goutte dans le cerveau, etc. Et, au prochain siècle, le lieu de la résidence préférée de tous les microbes qui nous assaillent étant dévoilé, on les supprimera comme on supprime déjà l’appendice, de telle sorte que nous aurons des spécialistes pour nous vider le cerveau, pour nous supprimer le cœur, nous débarrasser de notre estomac, nous délivrer de nos poumons, après quoi, n’ayant plus en nous rien qui puisse nous faire vieillir, nous deviendrons aisément cinq ou six fois centenaires et même millénaires.

Seulement, étant privés de tous les organes qui sont la vie, continuerons-nous de vivre ?... Hum !... Peu importera à ces messieurs, puisqu’ils pratiqueront de si brillantes opérations ! Entre nous, je préférerais ne pas laisser pratiquer tant de courants d’air à travers mon individu ; et pour lutter contre tant de microbes, il me semble préférable de recourir au moyen que Molière n’a pas craint d’illustrer sur la scène française et que, par ce temps de progrès les villes un peu civilisées emploient toutes pour se débarrasser do leurs immondices.

Nos pères, auxquels on peut reprocher de n’avoir pas connu l’hygiène extérieure, connaissaient tout de même l’hygiène de la santé, quand ils recommandaient, pour vivre vieux, de se tenir tout simplement les pieds chauds, la tête libre... et - toujours sauf votre respect - le ventre aussi.

Je n’entends rien à la science ; mais je doute que notre prudent collaborateur, le docteur Paul, me désapprouve quand, à propos de la grande découverte du docteur Metchnikoff, je vous conseillerai tout uniment la bonne vieille Eau de Jouvence, qu’il nous est permis, du reste, d’envelopper de beaucoup de poésie, en nous imaginant, comme dans l’Antiquité, « qu’elle vient du paradis terrestre ». « Elle avait une telle vertu, nous content aussi les vieux auteurs, que si un homme malade en buvait et en lavait ses mains, il était aussitôt sain et guéri ; et, s’il était vieux et décrépit, il revenait à l’âge de trente ans, et cl une femme était aussi fraîche qu’en sa jeunesse. »

Dans la mythologie, Jouvence, en latin Juventa, n’était autre qu’une nymphe, que Jupiter métamorphosa en fontaine, aux eaux de laquelle il donna la propriété de rajeunir ceux qui viendraient s’y baigner. Lors de la découverte de l’Amérique, le bruit se répandit que la fontaine merveilleuse avait été découverte dans le pays nouveau, coulant sur un sol étincelant d’or et de pierreries.

La Fontaine se désolait que tout cela ne fût que le fruit de l’imagination humaine ; et il disait avec sa charmante bonhomie :

Grand dommage est que ceci soit sornettes ;
Filles connais qui ne sont pas jeunettes
A qui cette eau de Jouvence viendrait
Bien à propos

vieillesse-2.jpg

 

Fontaine de Jouvence vue par le peintre Cranach en 1546


Et au XVIIIe siècle, ces vers badins couraient par la bonne ville de Paris :



 Si tu pouvais, merveilleuse fontaine

Répandre un jour ta source dans Paris
Que de minois ridés et défleuris
Renonceraient aux ondes de la Seine 

Et voilà qu’on vient de la découvrir sur les bords de la Seine, puisque le docteur Metchnikoff nous apprend comment résister à la vieillesse. Il part de cette observation que les oiseaux ne donnent jamais de signes de décrépitudes, même le corbeau, qui fait ses délices de viandes gâtées. Or, la gent volatile n’a presque pas de gros intestin. Donc, la cause de notre décrépitude, est le gros intestin : c’est notre ennemi, que nous avons en nous-mêmes ; mais rien n’est plus aisé que de vivre avec son ennemi ; il ne s’agit que de le réduire à l’impuissance, en l’accablant de la nouvelle eau de Jouvence, que l’on peut puiser de tous côtés, puisqu’il suffit de la faire bouillir, avant de noyer ce gros viscère sous ses flots tumultueux.

Si nos aïeux avaient connu cela, peut-être ne seraient-ils jamais morts... Et il n’y aurait sans doute plus de place pour nous sur cette terre. Et voilà qui m’inquiète... Si nous nous mettons à ne plus vieillir... où placerons-nous tous nos neveux, petits-neveux et arrière-petits-neveux ? Avez-vous pensé à cela, docteur Metchnikoff ? Et un de vos successeurs devra-t-il inventer un remède pour lutter contre la surpopulation des hommes, comme Pasteur en a découvert un pour débarrasser l’Australie de ses myriades de lapins ?

Note :" en 1908, Metchnikoff fut lauréat du Prix Nobel de physiologie ou médecine, pour ses travaux sur les mécanismes de défense immunitaire contre les bactéries au moyen des globules blancs"

 

C’était.         Autrefois .création bandeaux 

  

  Aujourd’hui :

  "Microbe (Le) de la vieillesse "

 

bon dimanche.................................

 

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 08:40

 

  Autrefois .création bandeaux  Aujourd'hui....

 

 

 Crise de la politesse et
déclin de l’urbanité française

(D’après « Musée universel », paru en 1873)

 

 

Rappelant à celles et ceux qui verraient en lui un esprit chagrin prônant le retour à des valeurs tenant de l’ancienne monarchie, que la suprême politesse dans les rapports sociaux nous vient de la démocratie athénienne, un observateur attentif du déclin de l’urbanité française s’émeut, entre autres choses et à la fin du XIXe siècle, de la perte d’une « marque de déférence délicate qui maintenait la femme un peu au-dessus d’un camarade de classe ou de café »

Je ne veux pas dire, d’une façon absolue, que de notre pays ait complètement disparu cette urbanité, cette politesse exquise qui fut, aux deux derniers siècles, une des qualités les plus brillantes et les plus aimables de la société française, explique Frédéric Lock dans le Musée universel en 1873. Il nous en reste encore des débris, plus appréciés peut-être des étrangers que de nous-mêmes, mais une partie notable a péri.

Sans entreprendre d’en faire ici le nécrologe exact, je vais essayer d’en noter quelques traits.crise de la politessePeut-être, un jour, quelque chercheur curieux des mœurs d’autrefois ne sera pas fâché de rencontrer ici ces notes sur un sujet que la grande et sérieuse histoire laisse volontiers de côté, n’ayant mission d’enregistrer que les graves événements qui changent la situation des peuples.

Ce que je rappelle ici, je ne l’ai pas observé dans les réceptions de cour ou dans les salons de la noblesse ; c’étaient choses d’un usage courant dans ce que l’on pourrait appeler la moyenne bourgeoisie, si ce mot de bourgeoisie avait encore un sens précis en France.

J’ai pu voir encore, au début de ma jeunesse, des hommes qui, de l’ancienne politesse française, avaient conservé l’habitude de baiser la main à une dame en prenant congé d’elle. C’étaient des vieillards qui accomplissaient avec un respect mêlé d’affection cet acte de courtoisie, accueilli avec une gracieuse dignité par celles à qui il s’adressait.

Depuis, je n’en ai pas revu d’exemple. Au baise-main s’est substitué le serrement de mains, la poignée de mains. Je n’en médis pas : il n’est pas à dédaigner de presser amicalement dans sa main masculine une fine et élégante main féminine, bien que le plaisir ne soit peut-être pas égal pour celle-ci ; mais il y avait dans l’ancien usage une marque de déférence délicate qui maintenait la femme un peu au-dessus d’un camarade de classe ou de café.

Alors aussi, la politesse la plus usuelle n’admettait pas qu’un homme parlant à une femme, quelle qu’elle fût, dans un endroit public, eût le chapeau sur la tête. S’il ne l’ôtait pas par respect pour la femme, il l’ôtait par respect pour lui-même, afin de ne pas donner lieu de penser qu’il pût s’entretenir un instant avec une personne qui ne fût pas digne de cette marque d’égard.

Toujours aussi, un homme se découvrait en entrant dans une boutique (on dit aujourd’hui un magasin) tenue par une femme et ne remettait son chapeau qu’en sortant. C’était aussi le chapeau à la main que, dans les cafés, on s’approchait de la dame de comptoir pour solder sa consommation.

Les Anglais nous ont apporté l’usage d’entrer à peu près partout et de parler aux femmes le chapeau rivé à la tête. Nous aurions pu trouver de meilleures choses à leur emprunter. D’eux aussi vient la coutume, déjà trop répandue, que les dames se retirent à la fin du dîner et s’en aillent causer seules au salon, laissant les hommes boire des liqueurs et fumer pipe ou cigare. Cela a remplacé peu avantageusement le dessert qui était, chez nos pères, le moment joyeux du dîner.

Le tabac n’a pas toujours été ce conquérant despote. J’ai vu le temps où un homme bien élevé n’eût pas osé avoir le cigare à la bouche en donnant le bras à une femme ou en raccompagnant en voiture. Si les femmes se plaignent aujourd’hui d’être chassées par la nicotine, elles ont à se reprocher d’avoir appelé et introduit chez elles cet envahisseur au lieu de le proscrire rigoureusement.

Il y eut, en effet, un moment où la vogue, l’engouement furent tels que des femmes, et du meilleur monde, non seulement tolérèrent le cigare dans la salle à manger, mais encore lui ouvrirent asile dans un fumoir et allèrent jusqu’à fumer elles-mêmes. Elles portent maintenant la peine de leur complaisance outrée.

On dit, il est vrai, que les femmes fument en Espagne. Soit ; cela plaît apparemment aux Espagnols ; mais la mode ne s’en est pas implantée en France, bien que l’on puisse voir, en quelques endroits, des paysannes le bonnet de coton sur la tête et la pipe à la bouche.

C’était encore autrefois une règle de politesse qu’un homme, rencontrant une femme dans un escalier, remontât ou redescendît quelques marches, ou, tout au moins, se rangeât pour lui laisser le passage libre et la saluât quand elle passait près de lui. C’est à peine, aujourd’hui, si l’on prend soin de ne pas la heurter, et elle serait fort étonnée de se voir saluer.

On a dit que le degré de civilisation d’un peuple se peut mesurer à la façon dont les femmes y sont traitées. Faut-il croire qu’en leur témoignant moins de respect, le temps présent leur a fait dans la société une part meilleure. Je laisse à d’autres le soin d’en décider. Qu’en pensent les femmes elles-mêmes ?...

J’ai ouï dire que toutes ces formes de politesse, à peu près oubliées, étaient des habitudes de courtisanerie, nées aux temps de la monarchie et incompatibles avec la liberté d’allures de la démocratie.

Je n’en crois rien. La suprême politesse dans les rapports sociaux, comme le suprême goût dans les choses de l’esprit et de l’art, s’expriment par un mot : Atticisme, qui nous vient de l’époque la plus florissante de la démocratie athénienne. Sommes-nous donc incapables d’être des démocrates aussi polis que les Athéniens du siècle de Périclès ?

Même dans la démocratique Amérique, qui ne se pique pas d’extrêmes raffinements de politesse, la femme est, au moins publiquement, traitée avec beaucoup de respect : la plus timide jeune fille peut aller d’un bout à l’autre des États de l’Union, certaine que pas une parole choquante ne lui sera adressée, et qu’en chemin de fer, si toutes les places sont occupées, un homme se lèvera pour lui céder son siège.

Mais je ne prétends pas faire un sermon ; je n’ai voulu que consigner quelques traits de mœurs qui n’existent plus ; je suis un témoin et non pas un panégyriste du temps passé.

Et j’en terminerai ainsi : « La courtoisie est la partie principale du savoir-vivre, c'est une espèce de charme par où l'on se fait aimer de tout  le monde. »

 

La publication est de :" Grincheux le croquant "

En ce 47ième dimanche de l’année 2011 où le sujet de cet écrit doit emmener à réflexion ?

Question qui en découle ; est ‘il toujours d’actualité ?

 Ma réponse tout à fait personnelle est « oui »

C'était, Autrefois .création bandeaux aujourd'hui.."Crise de la politesse et

déclin de l’urbanité française"

Bon dimanche …

 

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 09:03

 

Autrefois .création bandeaux   Aujourd’hui

 

Economie domestique

(D’après un texte paru au XIXe siècle)

S

 

uivant Rollin, voici les principes les plus essentiels de l’instruction qu’une mère doit donner à sa fille sur l’économie :

economie domestique1. Régler sa dépense sur ses revenus et sur son état, sans jamais se laisser emporter au-delà des bornes d’une honnête bienséance par la coutume et l’exemple, dont le luxe ne manque pas de se prévaloir.

2. Ne prendre rien à crédit chez les marchands, mais payer argent comptant tout ce qu’on achète. C’est le moyen d’avoir tout ce qu’ils ont de meilleur, et de l’avoir à moindre prix.

3. S’accoutumer à regarder comme une grande injustice de faire attendre les ouvriers et les domestiques pour leur payer ce qui leur est dû. « Lorsqu’un homme aura travaillé pour vous, payez-lui aussitôt ce qui lui est dû pour son travail ; et que la récompense du mercenaire ne demeure jamais chez vous » (Tobie).

4. Se faire représenter et arrêter les comptes régulièrement tous les mois, les clore sans manquer à la fin de chaque année.

5. Dans le règlement qu’on fera des dépenses, qui doit toujours être proportionné aux revenus, mettre à la tête de toute la portion destinée et due aux pauvres. Le moyen le plus sûr et le plus aisé de s’acquitter fidèlement de ce devoir c’est de faire cette séparation dans le moment même que l’on reçoit quelque somme de ses revenus, et de la mettre à part comme un dépôt. La libéralité coûte moins quand on a de l’argent devant soi.

 

Réflexion du dimanche !.....Ne pensez-vous pas qu’il serait bon et utile d’inscrire, aujourd’hui ! Ce genre de principe aux prochains cours d’instruction civique et morale dans nos écoles ……….

Je terminerai par ce célèbre proverbe : »les petits ruisseaux font les grandes rivières »

C’était aujourd’hui :...Autrefois .création bandeaux  l'économie domestique

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 08:39

Autrefois .création bandeaux Aujourd'hui......

 

 

Société (La) de l’avenir : un monde
de déracinés oubliant de vivre ?

(D’après « Le Gaulois », paru en 1898)

 

 

S’interrogeant à la fin du XIXe siècle sur les funestes conséquences d’une société excitant l’Homme à fuir sa terre natale pour se brûler aux trompeuses lumières des villes, le poète et romancier Edmond Haraucourt pointe l’absurdité d’une existence déracinée, tournant le dos aux plaisirs simples et produisant un être qui, sans repères ni repaire, finit par perdre l’équilibre : « le monde est son foyer », déplore-t-il encore, ajoutant que « s’il avait labouré le champ que nul ne laboure pendant qu’il s’en vient par les villes, (...) sa vie peut-être eût été chiche, mais n’eût pas été folle ».

Parmi tant de symptômes qui se font alarmants, inquiètent l’époque actuelle et menacent les générations prochaines, il en est un du moins qui nous rassure, et son importance est grande, se console Haraucourt. De toutes parts se manifeste une tendance à retourner, ne fût-ce qu’un instant, vers le pays natal, et à ressusciter ; ne fut-ce que dans une fête, les mœurs et les coutumes qui s’en allaient mourir.

Aujourd’hui, c’est aux bords de la Sèvre niortaise, à l’ombre des longs peupliers, une kermesse du Moyen Age qui se restitue avec ses dames et ses chœurs, dans le parc du vieux château. Hier, c’était à Ploujean le mystère de saint Gwennolé, qui se représentait comme autrefois dans le vaste décor des côtes et de la mer, ayant pour toile de fond l’infini des îlots sous le ciel. Auparavant, c’était la joyeuse odyssée des Cadets de Gascogne, Jasmin fêté, les petites capitales chantées, et dans les gorges des montagnes l’excursion chantante vers la source des fleuves nourriciers.

Tout cela serait bien, si cet amour du sol, cette compréhension de ses beautés, ce ressouvenir des usages, ce culte renaissant de la nature et de son histoire, avaient eu sur place leur origine et s’étaient spontanément produits, par l’unique initiative des populations indigènes. Ce serait bien en vérité, de savoir que le peuple se rappelle et veut se rappeler son histoire, ne pas renier ses ancêtres, ne pas dédaigner son berceau.

Mais ce qui nous semble mieux encore, c’est que l’initiative première soit venue de ceux-là mêmes qui l’ont quitté, le sol antique de la petite patrie, et qui, dans leur volontaire exil, tout à coup, au milieu de la vie citadine, outrancière et factice, sentent en plein Paris l’impérieux besoin, l’instinctive urgence de revenir vers la nature abandonnée, et de se retremper en elle. Comme l’Enfant prodigue, ils ont, dès leur adolescence, déserté le champ patriarcal pour s’élancer à la conquête de la vie, et brusquement, dans l’orage de leurs jours électriques, voilà qu’une chose leur manque, la chose qu’ils ont voulu fuir : la paix, le calme, la petite maison, le vaste paysage, les longues journées et les soirs courts, un peu d’air et de simplicité ; tout ce que l’existence moderne travaille à perdre et renier, tout le réconfort dont notre âge s’est privé et dont la privation anémiait nos âmes et liquéfiait nos esprits.

Paysan-Breton.jpgCar la maladie de nos temps, c’est la Ville. Elle travaille la jeunesse des provinces. Endémique, l’amour d’aller au Centre se propage dans tous les êtres jeunes et doués de quelque énergie. Le contagieux microbe s’inocule d’un esprit à l’autre, envahit la race, et toute force se tourne vers le même point : Paris. L’ambition individuelle s’est substituée à l’ambition commune, l’effort solitaire

à l’union des efforts. Qu’arrive-t-il ? Pour le pays, pléthore du tronc, hypertrophie de la tête, anémie des extrémités : les racines, qui puisaient leur vie dans le sol, n’y sont plus et la sève manque ; la terre délaissée tombe à nulle valeur et ne fournit plus à nos besoins : l’étranger nous envahit de ses produits, et l’or, sang des peuples, s’en va comme du sang par cette plaie ouverte.

Pour l’individu, le mal est pire encore. A peine quelques-uns de ceux qui sont partis portaient en eux assez de vigueur pour se suffire, et rares sont les élus qui parviennent au bien-être que tous avaient rêvé.

Les emplois manquent aux bacheliers, le travail manque aux ouvriers, et voilà dès forces stérilisées, des énergies perdues, des vaillances qui s’aigrissent : la détresse des uns regarde avec envie la richesse des autres. Il fut des siècles où les miséreux se disaient que le sort est injuste ; nous sommes venus au siècle où ils se disent que te monde est mal fait, et qu’il faut le refaire, tout d’abord le défaire. Les mots troublants courent la Ville. Esseulés, ces êtres, venus des villages, traînent par la rue où rôdent les mots, et cherchent sans savoir ce qu’ils cherchent : beaucoup n’ont pas de gîte, plusieurs n’ont pas de pain. Le cerveau fermente et les poings se crispent. La bête se réveille dans l’homme, mais une bête tourmentée par l’esprit, et ce malheur qui chemine est une maladie en marche !

Déracinés ! M. Maurice Barrès a proféré le mot qui révèle leur mal et ses causes, et les a baptisés pour l’histoire. L’homme qui a rompu ses attaches, sans appui, sans secours, perd l’équilibre, prend le vertige. S’il n’est un héros, demi-dieu trouvant en lui-même le recours et l’appui, sa tête tourne au bord du vide qu’il a créé tout alentour.

– Luigini Luccheni (qui assassina le 10 septembre 1898 Élisabeth de Wittelsbach, impératrice d’Autriche et reine de Hongrie, connue sous le nom de Sissi), pourquoi avez-vous commis ce crime ?
– C’est mes opinions.
– Avez-vous des complices ?
– Je suis seul.

Il doit dire vrai, plus vrai encore qu’il ne croit dire. Il est le type de l’isolé, l’errant, le sans-patrie. Il va d’un pays à l’autre et n’a point de pays. Les frontières lui sont inconnues ; il ne les constate que par la différence du langage, et y prend garde à peine, étant chez lui partout, puisque nulle part il n’est chez lui. Italien ? Sur des registres, soit. Il est le cosmopolitain. Le monde est son foyer. A force d’être seul et de le sentir trop, et de trop en souffrir, cet esprit inquiet, qui se ramassait sur lui-même, a rêvé des frères, tant de frères que, par contraste à sa solitude, il a conçu la fraternité universelle.

Toutefois, comme il est de pauvre intellect et trop petit pour un rêve si vaste que jadis il y fallut un Dieu, le malheureux être s’égare, comme une âme sans flambeau : pour préluder à l’œuvre fraternelle, il commence par l’assassinat, et promène le meurtre par le monde.

Quelle sera la victime ? Où s’accomplira la tâche ? Peu lui importe, pourvu qu’il se déplace et tue. Sa fonction est de tuer ailleurs. Ses proches n’ont rien à craindre, s’il en a. Car il opérera partout, pourvu qu’il ne soit pas chez lui, si toutefois il existe sur terre un petit coin qui jadis fut le sien. Il a déserté la demeure : c’est l’Enfant prodigue du crime. Mais il marche, il doit marcher. Il vague. Il est l’Ahasvérus du crime, et ne doit jamais revenir. C’est pour toujours qu’il a quitté la terre natale et bienfaisante, la petite patrie, le clocher, si toutefois il en eut un. Vicieux, jouisseur, pervers ? Il n’est même pas cela. Il est déraciné. Il a quitté, la terre. Il croit planer et tombe en écrasant quelqu’un.

Paysan-Vosgien.jpgS’il avait labouré le champ que nul ne laboure pendant qu’il s’en vient par les villes, pour maigre que fût la glèbe, pour mince que fût la récolte, il aurait pris souci du vent et de la pluie au ciel plus que des empereurs et des rois sur leurs trônes. Sa vie peut-être eût été chiche, mais n’eût pas été folle ; peut-être elle se fût écoulée dans une misère traversée d’espérances, mais non dans une douleur lancinée de désespoirs qui unit par aboutir au crime.

Mais quoi ? Ces temps sont et veulent être citadins. Du moins ce forcené eut-il une excuse, non pas à son forfait, mais à la condition de ses jours préalables, qui l’ont amené là. Il était né dans le vent, n’avait connu ni clocher, ni famille, et les deux seuls gîtes où sa place fut marquée et son lit assigné, c’était l’hôpital et la caserne. Tristes asiles !

 Cet homme du pavé ne savait même pas qu’il vînt de la nature, ni que la nature existât : sa lugubre silhouette apparaît comme une exaspération du mal dont souffre notre époque. Son âme misérable, née de la ville, est morte par la ville. Et, comme toujours il sied qu’une leçon se dégage des choses et que quelque bien sorte du mal, ce type d’enragé nous jette une leçon, que l’on peut, dans la boue sanglante, ramasser auprès de sa lime : « Prends garde aux villes ! Souviens-toi d’un petit clocher ! »

 

C'était.....Autrefois .création bandeaux Aujourd'hui.."Société (La) de l’avenir : un monde

de déracinés oubliant de vivre ?

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 06:15

Autrefois .création bandeaux..Aujourd'hui.

 

Faire grève…….Se mettre en grève

On appelle généralement grève le bord d’une rivière ou d’une mer sur lequel, en se retirant, l’eau met à découvert du gravier, des galets ou du gros sable. A Paris, on désigne depuis longtemps sous, ce nom le rivage de la Seine qui avoisine l’Hôtel de Ville, et, pour la même raison, la place située devant ce monument, s’est, pendant des siècles, appelée place de Grève.

greves-1.jpg

C’est là que se firent les exécutions capitales jusqu’à la révolution de 1830, qu’avaient lieu les réjouissances publiques, et que, tous les ans, le prévôt des marchands et les échevins faisaient tirer un feu d’artifice à la Saint-Jean. C’était également sur cette place que, de temps immémorial, se réunissaient, le matin, les ouvriers en bâtiment, à l’effet de s’y renseigner mutuellement sur les travaux en voie d’exécution, et de s’y faire embaucher par les divers entrepreneurs ayant besoin d’un plus grand nombre de bras.

Au XIXe siècle, les questions relatives à une plus juste répartition, entre les patrons et les ouvriers, des fruits de leur travail commun et de l’élévation des salaires se sont agitées, et surtout dans ces groupes, où l’on demandait avant tout de pouvoir vivre par son travail.

Souvent le choc des intérêts mis ainsi en présence a causé de regrettables coalitions qui ont eu pour résultat de suspendre tout travail. Les interdits lancés sur tous les ateliers et tous les chantiers ayant amené encore plus d’ouvriers que de coutume, l’usage s’est établi, dans les divers corps d’état, d’appliquer le mot grève à toute interruption de travail provenant d’une coalition ; et aujourd’hui, on ditfaire grève, se mettre en grève pour signifier, en parlant d’une catégorie quelconque de travailleurs, qu’ils exigent pour condition essentielle à la reprise de leur travail, volontairement abandonné, le redressement préalable des griefs qu’ils allèguent, griefs qui ont presque toujours pour objet une augmentation de salaire..

 

C'était:Autrefois .création bandeaux "faire grève , se mettre en grève" 

Publié par :GRincheux le Croquant ,octobre 2011

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 23:40

 

Autrefois .création bandeauxAujoud'hui:


Vin et vendanges célébrés par
une confrérie de gastronomes

(D’après « Le Gastronome français ou l’Art de bien vivre », paru en 1828)

 

En 1828, quelques anciens membres du Caveau moderne, société de gastronomes et d’épicuriens qui publia entre 1806 et 1815 un recueil mensuel sous le titre de Journal des Gourmands et des Belles, et tint un dîner le 20 de chaque mois exigeant des convives une réputation reconnue dans les lettres et dans l’art des dégustations nutritives, entreprennent de faire l’apologie des vendanges et de ce vin constituant, à leurs papilles, « ce qui a été donné de meilleur à l’homme »

Depuis Noé, Bacchus et autres buveurs contemporains, le vin est regardé comme le fruit le plus merveilleux de la culture et le don le plus précieux de la munificence céleste. Les plus grands poètes ont fait son éloge. On ne tarit pas sur ses bienfaits et sur ses charmes : « Il donne du courage, produit la franchise et l’amitié, embellit l’espérance, chasse le souci, fait éclore les beaux-arts, inspire l’éloquence et enfante la liberté », écrit Horace, qui va plus loin en prétendant que quiconque ne sait pas boire n’a ni verve ni génie.

apleins-paniers-1.jpg

A pleins paniers, la femme avec ardeur / De raisins mûrs, charge le vendangeur

Buvons donc pour être aimables, et chantons Bacchus pour être bien inspirés ! Empruntons la langue des poètes ; c’est par des hymnes qu’il convient de célébrer nos mystères. Répétons les refrains joyeux du panégyriste du Falerne, et chantons soir et matin avec lui... nunc est bibendum (c’est maintenant qu’il faut boire)...

Un érudit, dont l’esprit et la raison ne sont pas contestés, a fait un livre raisonnablement gros intitulé : Eloge île l’Ivresse. M. de Sallengres a très bien prouvé que le vin est ce qui a été donné de meilleur à l’homme ; et quand nos lecteurs sauront combien c’est un remède puissant contre le chagrin, combien il donne de bonnes pensées, de beaux sentiments, de douces illusions, il n’en est aucun qui ne rougît de craindre de s’enivrer avec les sages, les philosophes, les poètes, les savants, les pères de l’église, les moines, les papes, les saints même, et tout ce que le soleil a vu de plus illustre. Rien n’égale la logique pressante et l’éloquence foudroyante de l’auteur quand il réfute les objections honteuses ou ridicules des détracteurs de l’ivresse ; c’est un torrent ! c’est un tonnerre !

Une vérité qui ne trouvera point d’incrédules, c’est que le culte de Bacchus a survécu a toutes les fêtes du paganisme ; il compte encore autant de fidèles que l’Europe renferme de Gourmands : c’est y comprendre à peu près tous les chrétiens qui l’habitent. Il n’est point de pays vignoble où les vendanges ne soient une sorte de solennité bruyante et joyeuse fort ressemblante aux bacchanales ; il ne se donne point de repas où les libations libérales n’arrosent l’autel et ne purifient le palais des convives. Nos pressoirs, nos celliers et nos caves sont les temples du dieu, et chaque quartier de vigne est un terrain consacré.

Il n’y a point de sage qui ne s’enivre une fois dans sa vie, poursuivent les auteurs du Gastronome français ; le savant Hippocrate et le grave Caton sont d’accord sur ce point de physique et de morale : l’un conseillait l’ivresse quelquefois pour la santé, et l’autre exécutait ce précepte divin. Gallien, Avicène, nous conseille l’ivresse une fois par semaine.

Les vendanges
L’été s’écoule et fait place à l’automne. Le printemps nous promit de beaux jours et de plus solides richesses que ses fleurs, l’été nous donna ses ardeurs et ses orages ; l’automne seul acquitte les promesses du printemps, et répare les outrages de l’été. La feuille, desséchée par les feux de la canicule, est remplacée par la sève d’automne ; c’est la saison des chasseurs, des convives, des amants, comme c’est celle qui met à couvert le produit des labeurs de ses sœurs. Remarquons même que c’est dans le mois où la terre, épuisée par ses dons, va goûter le repos, que depuis l’espiègle écolier jusqu’au grave interprète des lois de Thémis, tout dans la nature, par un concert unanime, a placé les vacances ; il n’est aucun de nos lecteurs, même au front ombragé de cheveux blancs, qui, en lisant ce mot autrefois si fêté, vacances, ne sente encore palpiter son cœur d’émoi au doux souvenir de sa jeunesse, de ses exploits classiques, de ses succès de collège , et de son retour sous le toit paternel.

Dans ce mois , dont la température se compose des ardeurs expirantes de l’été et de la fraîcheur avant-courrière de l’hiver, un goût plus épuré préside aux compositions du poète, du peintre et du musicien : on imagine au printemps, on médite en été, on exécute en automne pour corriger en hiver ; et il est rare que l’épreuve de ces quatre influences n’assure pas le succès de l’auteur, qui les consulta tour à tour pour recevoir les diverses inspirations de ces divers temps de l’année.

C’est dans le mois d’octobre qu’il appartient de célébrer les dons du vainqueur de l’Indus, et de chanter le dieu des vendanges au milieu des groupes réunis par son culte. Remplis ma coupe, Erigone, en pressant sous tes doigts rougissants cette grappe arrachée au pampre qui couronne ton front ! Désertant le séjour de Cythère, Amour s’est fait vendangeur ; et tandis que les Grâces, ses compagnes, que les nymphes du bocage remplissent leurs paniers des dépouilles de la vigne, l’enfant malin, aux ailes dorées, quitte sa légère écharpe, son carquois, et jusqu’à son bandeau, pour fouler le raisin bouillonnant dans la cuve. L’extrémité de ses ailes se teint de cette couleur vermeille, et c’est de ces plumes purpurines qu’il arme les flèches dont il blesse ces bergères qui, pendant les fêtes consacrées à Bacchus, boivent à longs traits le doux poison d’amour avec le jus de la treille.

D’autres rediront des hymnes à Bacchus, des chants au dieu d’amour ; moi, dans un idiome plus vulgaire, je vais continuer de célébrer les bienfaits du patriarche qui, le premier, enrichit l’Orient de la culture de, la vigne, et au conquérant qui, ne voulant que des sujets vaincus par ses largesses, faisait précéder de tonneaux ses armées, et ne combattait que ceux qui refusaient de lui prêter leur hommage en portant sa coupe à leurs lèvres. Heureux propagandiste d’un culte dont la morale fut fondée au bruit des façons et des verres, dont les lois n’ont de règle que la soif des convives, et d’empire que sur un peuple d’adorateurs dévoués et fervents.

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Sous le pressoir le doux jus de la treille / Coule à longs flots dans la cuve vermeille

Une vapeur vineuse embaume les airs ; parcourons les coteaux ouverts à la vendange : voyez ce groupe de corybantes agiter le thyrse, et s’animer à la conquête des richesses de la vigne dès l’aube du jour ! Les cuves sont dressées, le pressoir est abreuvé ; la vis graissée roule dans ses écrous ; des charrettes ont déposé à l’extrémité de chaque héritage les tonneaux que vont remplir les agiles vendangeuses. C’est bien ici le moment de dire avec le chantre immortel des Saisons, Charles Sartrouville :

« Jouissez, ô mortels, et par des cris de joie
Rendez grâces au ciel des biens qu’il vous envoie ;
Que la danse et les chants, les jeux et les amours,
Signalent à la fois les derniers des beaux jours !

 

Vendanges parisiennes
On vendange en septembre, dans les états méridionaux du Bacchus européen ; mais pour une partie de la Bourgogne, de la Champagne et des rives rhénanes, le pressoir ne coule qu’en octobre. Le raisin pend encore aux ceps de Surène et du mont Valérien, et c’est le plus glorieux moment pour les vignes de la banlieue de Lutèce.

Rendons-nous, mes amis, au temple le plus prochain du dieu dont nous professons le culte, lance encore Le Gastronome français ; partout où le vin fume le plaisir nous attend ; amenons nos amies, et n’oublions pas les flacons de l’Hermitage et de Volnay. Nous verrons faire du Surène, mais nous n’en boirons pas ; l’amour se chargera de nous ôter la raison ; et, mariant, par des libations de vieux Bordeaux, la Garonne au dieu de la Seine, peut-être inoculerons-nous le bon vin, comme la vaccine, à tous les crûs du canton. Dans l’espoir de ce miracle, qui a déjà été fait aux noces de Cana, buvons et réjouissons-nous ; que nos festins durent autant que les vendanges ; que les vendanges durent pour nous toute l’année. Une soif inextinguible, un appétit toujours renaissant sont des biens trop au-dessus des mortels ; mais entre la coupe qui pétille et la nymphe qui la remplit le désir succède de près au plaisir ; car de tous les humains c’est le buveur qui goûte le plus de la suprême félicité.

Qu’on cesse de nous débiter les lieux communs de la sobriété contre l’ivresse ; que d’autorités respectables ne pourrions-nous pas opposer à l’envie ! Mais qu’il nous suffise de citer ces dictons proverbiaux, la sagesse des nations et le produit de l’expérience : Boire comme un templier, mener une vie de chanoine, être gras comme un moine, faire un repas de pape.

Hé bien, favoris de Momus et d’Evohé, voulons-nous autre chose qu’imiter ces chevaliers valeureux, ces sages solitaires ? Si nous mêlons un peu d’amourettes a leurs saintes habitudes, cela y gâte-t-il quelque chose ? et ne faudrait-il pas être évidemment mal intentionné pour nous en faire un nouveau crime ?

Celui-là fut maudit en naissant dont le front ne s’épanouit jamais à table, et dont les yeux ne s’animent point à la rencontre de deux beaux yeux. Or, il ne s’agit pas ici de nous reprocher des excès : qui uses ’expose nécessairement à abuser quelquefois ; l’excès est aussi dans la précaution et le scrupule, et qui craint d’abuser n’usera jamais de rien.

Nous ne pouvons résister au désir de citer cet enivrant tableau de la vendange, par Saint-Lambert dans Les saisons :

Déjà près de la vigne un grand peuple s’avance ;
Il s’y déploie en ordre, et le travail commence ;
Le vieillard que conduit l’espoir du vin nouveau,

Arrive le premier au penchant du coteau ;
Déjà l’heureux Lindor et Lisette charmée
Tranchent au même ceps la grappe parfumée ;
Ils chantent leurs amours et le Dieu des raisins ;
Une troupe à ces chants répond des monts voisins ;
Le bruyant tambourin, le fifre et la trompette,
Font entendre des airs que le vallon répète.
Le rire, les concerts, les cris du vendangeur
Fixent sur le coteau les regards du chasseur.
Mais le travail s’avance, et les grappes vermeilles
S’élèvent en monceaux dans de vastes corbeilles ;
Colin, le corps penché sur ses genoux tremblants,
De la vigne au cellier les transporte à pas lents ;
Une foule d’enfants autour de lui s’empresse,
Et l’annonce de loin par des cris d’allégresse.
(...)
Mais je vois sur les monts tomber l’astre du jour ;
Le peuple vendangeur médite son retour :
Il arrive, ô Bacchus, en chantant tes louanges ;
Il danse autour du char qui porte les vendanges ;
Ce char est couronné de fleurs et de rameaux,
Et la grappe en festons pend au front des taureaux

Et Roucher écrit dans Les Mois :

Arrivés au pressoir, du milieu de la foule
Un couple pétulant s’élance, écrase, foule ;
Sous ses bonds redoublés, des grappes en monceaux
Le vin jaillit, écume, et coule en longs ruisseaux.
A ces ruisseaux pourprés enivrez-vous ensemble,
O vous tous que la soif près des cuves rassemble !
Creuse » vos mains en coupe, et que sur vos habits
De vos mentons riants le vin coule en rubis :
D’un bachique repas couronnez la journée.
Les soucis, les travaux, les sueurs de l’année
Vous méritent assez ce bonheur d’un moment !

 

C'était: aujourd'ui :Autrefois .création bandeaux "vin  et vendanges célébrés par

une confrérie de gastronomes

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 05:28

 

Aujourd'hui;Autrefois .création bandeaux

 

 

La saison des vendanges..


Peut-être avez-vous vu, quand vous étiez enfant, un tombereau déverser son raisin dans le pressoir d’une ferme. Peut-être avez-vous participé à des vendanges lorsque vous étiez étudiant.
Autrefois, c’était tout le village qui aidait à cueillir les raisins mûrs, à travers des tâches bien distinctes.

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A ton joyeux festival, se régale l'abeille, Mère de Septembre, c'est ton fils véritable Qui guérit le malade, fleurit le souvenir Qu'Octobre aux pieds de brume change en merveille". Les vendanges d'autrefois étaient bien le travail le plus joyeux, le plus festif. D'une vigne à l'autre on chantait, on riait parce qu'il y avait beaucoup de jeunesse pour faire ce travail. Etre le premier au bout du sillon était aussi une façon de s'amuser. Heureux temps les vendanges d'autrefois

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Pour fouler la vendange, pendant très longtemps on a utilisé les pieds ! Après sont arrivés les fouloirs afin d'écraser les raisins. Vers les années 30, les pressoirs bâtis remplacèrent les vieux pressoirs en bois qui pouvaient être de véritables passoires s'ils n'avaient pas suffisamment trempé. Boire à la sortie du pressoir le vin de nouveau, il faut avoir vécu cela pour dire: "Ceux qui croient que tu es le sang de Jésus, Ceux qui te boivent en adorant Bacchus, Sitôt qu'ils t'ont goûté, plus rien ne les arrête". Avec modération quand même 

 

 

Un travail collectif

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Quand le raisin est mûr, il faut le cueillir vite. Tout le monde s’y met : le propriétaire, la maîtresse de maison, les grands-parents, les enfants. Si l’école a repris, tant pas pour les cours : les enfants sont réquisitionnés et les cahiers de présence des instituteurs attestent qu’il n’y a parfois qu’un ou deux écoliers présents lors des semaines de vendanges. Une absence particulièrement totale dans les années de guerre, lorsque tant de pères sont absents mais que les grappes sont toujours là, à couper, chaque automne.
Si la vigne est plus étendue, on fait appel aux amis, aux voisins, aux cousins, auxquels on rend la pareille le moment venu.
Enfin, si le vignoble est vraiment très grand, l’appel à la main d’œuvre saisonnière est nécessaire. Les vendangeurs mercenaires (hommes, femmes, enfants) viennent parfois de fort loin, en charrette, se louer sur les places des villages. Ce sont longtemps les mêmes familles, générations après générations, qui viennent travailler dans les mêmes vignes et qu’on finit par accueillir comme des parents. On les héberge comme on peut, dans les granges, les fenils, les cabanes des vignes… Le raisin n’attend pas, le confort

 


Les coupeurs

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Les coupeurs font tomber les grappes dans un panier à l’aide d’une serpette puis d’un sécateur (cet outil apparaît vers 1840 mais ne se généralise que lentement). Ce travail est réservé aux plus âgés, aux femmes et aux enfants, car il ne demande guère de forces. Il reste pourtant fatigant car il est mené accroupi, dos courbé, rangée après rangée. On passe pencher, d’un cep à l’autre, genoux pliés… et se déplier le soir, après une journée entière dans la même position, est bien difficile pour le corps engourdi. Tout l’honneur du coupeur consiste à avancer vite dans sa ligne, mais sans laisser de raisins sur les ceps. Dans de nombreuses régions, la vendangeuse qui est trop lente ou qui oublie

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Le portage des hottes, seilles, bennes… (le nom varie selon les régions) reste un travail d’homme car, une fois pleine, la hotte peut peser bien plus de cinquante kilos. Dans les pays en pente, on utilise aussi des mulets, bâchés avec deux hottes. En bout du carré de vigne vendangé, une charrette attend, dans laquelle le hotteur déverse le contenu de sa hotte. Une ou plusieurs fois par jour selon la taille du vignoble, la charrette va jusqu’au pressoir déverser le raisin par une fenêtre sur le sol nettoyé. Une autre charrette contient de grandes cuves qui prendront, une fois pleines, la direction du cellier pour que le vin rouge y fermente.

Les pressureurs

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Il y a bien longtemps que le foulage du raisin au pied ou en sabot n’a plus cours. Le pressoir en bois, avec son pas de vis, a pris sa place avant d’être à son tour mécanisé. Sur ces anciens pressoirs, qui ont subsisté dans les petites fermes jusqu’aux années 1970, il faut jusqu’à cinq ou six hommes sur la barre. Dans certaines régions (Alpes, Marne…), quand les raisins deviennent durs à serrer, le chef du pressoir rythme l’effort par le chant

La journée du vendangeur

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En général, on commence tôt, vers six ou sept heures du matin, après une collation et un verre de vin. Des collations, il y en a d’autres, tout au long de la journée. Parfois jusqu’à quatre mais qui restent frugales. Du pain, de l’ail et des oignons seulement autrefois dans certains vignobles. Un peu de fromage ou de jambon en plus dans d’autres. Du saucisson ou des rillettes aussi au XXème siècle. C’est le repas du soir, pris après la journée de vendange, qui offre à tous une soupe et un plat copieux, variable selon les régions. Pas de véritable fête le soir : on est fatigué, on a mal au dos, et on sait qu’on doit remettre ça le lendemain, même si ça n’empêche ni la bonne humeur ni les commentaires – par exemple sur la qualité supposée du vin en fonction de l’ensoleillement et des pluies de l’année ! Enfin, jusque vers 1930, le dîner du dernier jour des vendanges est souvent suivi d’un bal jusqu’à minuit. On s’embrasse et c’est fini ! Rendez-vous l’année suivante pour les prochaines vendanges !

 

C'était;Autrefois .création bandeaux

                                                                                    Aujourd'hui nous avons parlé des vendanges.

 

Publié par ;Grincheux le croquant

Dimanche 25 septembre 2011

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 06:41

 

Autrefois .création bandeaux Aujoud'hui


Presse moderne et pornographie :
"racolage éditorial commercialement rentable ?"

(Extrait de « Le Tam-Tam », numéro du 13 septembre 1902)

***

 

En 1902, le chroniqueur Louis Gaillard du journal satirique Le Tam-Tams ’élève contre une presse qui, avide d’accroître son lectorat, cède, selon lui, aux sirènes commerciales de la pornographie, quitte à sombrer dans le racolage éditorial du plus mauvais goût

C’est bien rococo, n’est-ce pas ? De partir en guerre contre la pornographie. Toutefois, jugez la chose : un ancien courtier en librairie, las de bourlinguer, des bouquins sous le bras sur toutes les routes de France, s’impatronise éditeur sans méditer bien longtemps sur le genre de marchandise qu’il jettera sur le marché. Il a compris son époque. Il sait tout le parti qu’on peut tirer du vice. Il sait la manière de réveiller l’animal qui, au dire de Monselet, sommeille au plus profond du cœur de chaque individu.

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L’éditeur en question fera de la pornographie. Il lance sur Paris des milliers de feuilles ordurières. L’une dans l’autre elles se vendent. La clientèle se forme composée de la grande majorité des adolescents et d’une bonne partie de cette population sénile qui s’efforce de tromper son impuissance par la contemplation de quelques allégories transparentes.

Le succès vient. Mais il en est de cette cuisine comme de toutes les cuisines. Le palais se blase des sauces les plus pimentées. A chaque nouveau repas il faut remettre du poivre. L’éditeur n’épargne pas les épices. Dédaigneux du sel de Maistre Rabelais, éventé par l’âge, il cherche de nouvelles saumures assez raides pour lui conserver une clientèle que la concurrence, facile d’ailleurs, guette au coin de toutes les rues.

Chaque semaine l’éditeur augmente la dose. Ses petits journaux forment un cours complet de débauche à l’usage du trottin et de l’apprenti. Toutefois le champ de cette exploration est assez restreint : il va du cabinet de toilette au promenoir public. L’éditeur a bien vite fait le tour de ce domaine où toutes les laideurs, celles de l’âme et celles du corps, sont mobilisées. Il a donc cherché autre chose.

Il vient de faire un numéro, un gros numéro spécial sur les maisons closes que Paris possède on ne sait pourquoi. Les lois veulent que ces immeubles demeurent immuablement fermés. L’éditeur a braqué l’objectif de son photographe sur les chambres de ces maisons de change du plaisir. Il a ouvert les persiennes des maisons closes. La police n’a rien dit.

Pour quatre sous les gamins et les fillettes pourront pénétrer le mystère attristant des bouges immondes et des fastueux lupanars. Un texte bien nourri d’interviews accompagne ces illustrations d’après nature. C’est un vade-mecum. L’éditeur va-t-il s’en tenir à cette réalisation ? Jusqu’où ne descendra-t-il pas ! Demain, pour assouvir les désirs allumés chez sa clientèle par le décor des maisons closes, il devra reproduire le spectacle. Ce sera une belle recette, un joli coup de marée. La police ne dira rien.

Nous le regrettons, non pas seulement à cause de la morale : il n’y en a plus, mais à cause de la Beauté, de la Beauté à laquelle nous devons tant de merveilles attestées par nos musées, de la beauté qui nous vaut les sereines consolations de l’Art.

presse-moderne.2.jpgLes feuilles cantharidées de l’éditeur pornographe méritent d’être arrachées des boutiques des libraires non pas seulement à cause qu’elles avilissent les caractères mais surtout parce qu’elles dépravent le goût. M. Lépine, qui est homme de famille, sage et quelque peu artiste, tend des filets à nos beaux poissons bleus. C’est parfait. Ne fera-t-il rien pour endiguer la marée envahissante des illustrés pourrisseurs ?

En 2011 hélas ! Toujours d’actualité, ces images qui envahissent notre quotidien ! !

 

C’était :

Autrefois .création bandeaux

 

Sujet; "presse moderne & pornographie"

 

Dimanche 18 septembre 2011.

 

Publié par "grincheux le croquant" 

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 07:47

 

Autrefois .création bandeaux Aujoud'hui.

 

Jour de rentrée scolaire
au XIXe siècle

(D’après « Journal d’un écolier » paru en 1921)

 



Dans son Journal d’un écolier publié en 1921, René Fournier se remémore un jour de rentrée pas comme les autres, découvrant une nouvelle école cependant que la famille avait quitté Lyon pour s’installer à Saint-Julien

 

C’est le jour de la rentrée ! Mon père vient de me conduire chez mon nouveau Maître, M. Leroy. C’est un homme de quarante ans environ, grand, maigre, vif. Ses yeux noirs et profonds, lorsqu’ils vous regardent, semblent fouiller jusqu’à l’âme. Ils n’ont cependant rien de dur, et pourtant ils sont gênants par leur insistance à deviner vos intentions secrètes. Il porte les cheveux longs et plats, son front est comme rayé par eux d’une ligne d’ombre. Il me semble même que quelques cheveux blancs argentent ses tempes. Sa voix, qui est douce et prenante, est naturellement harmonieuse.

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La rentrée des classes

Je n’ai pu, quand il parlait à papa, m’empêcher de le comparer à mon ancien rnaître de Lyon, le bon M. Trotet, au ton nasillard, à la parole lente et comme scandée par un claquement de doigts qui précédait toujours son éternelle phrase : « Vous entendez... » Mon père, en prenant congé de M. Leroy, lui a dit :
- Je crois vous donner, en mon René, un bon sujet, dont le seul défaut peut-être est une tendance à la paresse ; si vous le voulez, nous travaillerons tous deux à faire de lui un honnête homme.
- C’est mon plus cher désir, répondit alors M. Leroy.

Et ils se séparèrent, après s’être serré la main. M. Leroy, me montrant mes condisciples qui, dans la cour, étaient groupés et nous regardaient curieusement, a ajouté : Allez jouer, mon ami. Je fis quelques pas timides de leur côté, éprouvant, malgré mon assurance de citadin, une certaine gêne. L’un d’eux, le plus grand de tous, qui portait sur l’oreille un béret à la couleur passée, rompit le cercle qui s’était formé autour de lui et m’aborda en ces termes : Tu sais, le nouveau, si tu veux jouer avec nous, il faut donner à chacun quelque chose. Pour montrer que je n’avais point peur, je m’avançai encore plus près de cette espèce de tyran, dont je ne devinais que trop les intentions hostiles. Un petit, qui avait une grosse tête et des cheveux crépus, me prit alors la main et me glissa doucement à l’oreille : Dis, c’est ton papa, ce joli monsieur qui a parlé tout à l’heure au maître ?

Comme je lui fis de la tête un signe affirmatif, il ajouta, avec une mine chagrine :
- C’est dommage, nous aurions été amis, sans cela...
- Que veux-tu dire ? répliquai-je, secrètement froissé.
Il parut s’éloigner, puis revint sur ses pas et me chuchota :
- C’est que mon père, à moi, n’est qu’un pauvre chiffonnier, un "pati", comme on dit ici, et tu aurais honte d’aller avec moi...
- Mon père m’a appris à ne mépriser personne, répondis-je, en lui souriant gentiment.
Ces simples paroles eurent pour effet de vaincre ses dernières résistances. Il me tendit la main et m’entraîna un peu à l’écart des autres.

Peu après, il me montra son plumier à trois compartiments, et moi je lui fis explorer les profondeurs de ma serviette de cuir. Il s’y trouvait, par hasard, une image représentant l’entrée des Français à Tananarive. Je vis, à ses yeux, qu’elle lui plaisait, je la lui donnai avec empressement. Vite, il la fit disparaître entre les pages de son cahier neuf, oubliant de me dire merci, tant sa joie était grande. Au coup de sifflet du maître, je m’alignai tant bien que mal et me trouvai placé près de mon nouvel ami. Chacun s’assit au petit bonheur ; les anciens élèves à leur place accoutumée, les nouveaux, comme moi, ou les promus de la deuxième classe, aux places laissées vides. Il y eut un court moment de désordre. Des pupitres claquèrent, des livres tombèrent à terre, un encrier fut renversé et laissa couler son encre sur la culotte de velours d’un gros garçon joufflu qui ne se fâcha pas.

Mais ce fut un rire général, lorsque tout à coup on entendit le bruit d’une chute qui fit redresser tout le monde. A la dernière table, un écolier, en enjambant le banc, avait perdu l’équilibre et se trouvait étendu sur le dos, les jambes en l’air, les bras tendus, implorant du secours. Le petit cuirassier ! s’exclama-t-on de tous côtés, c’est le petit cuirassier ! Celui qu’on nommait « le petit cuirassier », de son vrai nom Jean Mancel, était une espèce de nain, guère plus haut que la table, dont le corps s’était surtout développé dans le sens de la largeur. Il avait une poitrine d’homme sur des jambes grêles et torses. Son visage gras et bouffi était éclairé par deux petits yeux malicieux, sans cesse en mouvement, et qui semblaient chercher une issue par où ils pourraient s’enfuir.

A la fin de la classe, j’avais appris à connaître le nom de plusieurs de mes camarades. Celui qui paraissait le mieux répondre aux questions du maître était Noël, qui se rengorge en parlant, ce qui fait croire en son orgueil ; puis venait Monier, extrêmement timide, avec des yeux très doux de petite fille ; Nandas, nerveux et bouillant comme un fils du Midi, le vrai type de l’étourdi ; Breuil - celui à qui j’avais donné mon image - au visage touchant de souffre-douleur. A ma droite se trouvait justement le grand Busch, qui m’avait posé, dans la cour, son ultimatum : « Quelque chose ou la rossée ! » A gauche, j’avais Michel Servon, aux cheveux blonds, ébouriffés, à l’air maladif, qui tire la langue en écrivant, et dont on entend la respiration courte et sifflante. Derrière moi, se trouvaient : Françon, le fils d’un jardinier, qui a, comme son père, un tablier de toile bleue ; Brison, dont le père est poseur de rails pour la Compagnie P.-L.-M. ; Verne, noir comme une mûre, très drôle avec sa casquette en poils de chat pouvant se rabattre sur les oreilles. Le pauvre enfant, à ce qu’on m’a assuré, est épileptique et a pour père un ivrogne.

Je n’ai pas oublié, non plus, un certain Ranconi dont le père est gendarme. Pour celui-ci, par exemple, on sent que la discipline n’est pas un vain mot : il se comporte à l’école comme un soldat à la caserne. Dans son costume de drap bleu, taillé dans les vieux effets de son père, il a quelque chose de militaire. Peut-être a-t-il la tête dure, car je le vois faire des efforts prodigieux pour comprendre les choses les plus simples. Je l’aime déjà, ce petit enfant de troupe, avec sa ride volontaire au milieu du front, sa poitrine bombée, ses épaules larges et carrées. Il ne m’a pas fallu longtemps pour m’apercevoir aussi que le grand Busch avait pour lui le respect que l’on doit à un bon biceps et à un poing solide. Il me rappelle mon ancien camarade Dumas, de l’école de la Croix-Rousse, qui s’était fait notre justicier, et qui mettait sa robuste poigne au service de tous les molestés, les faibles et les infirmes du quartier.

Où êtes-vous, à présent, mes bons camarades de Lyon ? Pensez-vous à moi qui habite aujourd’hui la petite ville ouvrière de Saint-Julien, basse, enfumée, aux maisons noires et tristes, aux ruelles raboteuses, presque toujours désertes, aux impasses sordides, entre des murs rongés de mousse ? De notre villa, située sur une des collines qui enserrent la ville, Saint-Julien m’apparaît comme un pauvre accroupi dans ses haillons, sur les bords du Gier, qui traîne devant lui ses eaux lourdes et fangeuses. Il me semble être en exil ici, mais je fais contre mauvaise fortune bon cœur, pour ne point attrister ma mère, dont les grands yeux mélancoliques me disent assez l’ennui. Mon père, lui, est trop absorbé par la direction de son atelier de construction mécanique, pour se douter du déchirement qui s’est produit en nous.

Et je songe aux paroles de maman, lorsque, la veille de notre départ, elle nous prit dans ses bras, ma sœur Lucile et moi, et nous dit d’une voix émue : « C’est pour vous, mes chers enfants, pour assurer votre avenir, que votre père se décide à quitter cette belle ville et à rompre tous les liens d’amitié qui l’attachaient ici. Il gagnera, là-bas, davantage sans doute, mais quelles lourdes responsabilités il va assumer ! Puissiez-vous un jour, mes chers enfants, vous souvenir de ce qu’il fait en ce moment pour vous... » Bon père, comme je t’aime ! Nous te devons tout, Lucile et moi, et il te semble que ce n’est point assez... Oh ! Comment ne jamais te prouver notre gratitude, mon cher père !...

 

C'était :Autrefois .création bandeaux rentrée  scolaire au ×1x ième siècle du côté

de st julien

grincheux le croquant ;septembre2011 

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 06:53

 

Aujourd'hui;Autrefois .création bandeaux

 

Une petite rétro sur les Sécheresses (Grandes), & les étés caniculaires à travers les siècles ;

(D’après « Des changements dans le climat de la France », paru en 1845)

 
Quel est le degré de température de nos grands étés ? Ici revient l’insurmontable difficulté de fixer au juste, avant l’usage du thermomètre, l’intensité du froid ou de la chaleur. Un artifice fondé sur les rapports reconnus entre certains phénomènes naturels et les mouvements du thermomètre, fournit les mesures approximatives de nos grandes chaleurs et sécheresses.

De Humboldt a posé en principe que la végétation des arbres exige au moins une température moyenne égale à 11°. Le chiffre de cette température répond encore au point où la chaleur de l’air commence à devenir sensible. Ce degré assez fixe peut être pris pour le premier terme d’une échelle de nos grandes chaleurs. Messier a quant à lui constaté que le maximum de la chaleur à Paris, le 8 juillet 1793, a marqué 40°. C’est à peu près la plus haute température, excepté celle de l’été 1705 à Montpellier, observée en France, le thermomètre au nord, isolé, à l’ombre, à l’abri des réverbérations et à l’air libre

DATES DE NOS GRANDS ÉTÉS ET GRANDES SÉCHERESSES :

* VIe siècle : 580, 582, 584, 585, 586, 587, 589, 591
* VIIe siècle : 675, 700
* VIIIe siècle : 783
* IXe siècle : 874, 892
* Xe siècle : 921, 987, 994
* XIe siècle : 1078, 1094
* XIIe siècle : 1137, 1183, 1188
* XIIIe siècle : 1204, 1212, 1226, 1287
* XIVe siècle : 1305,
1306, 1325, 1331, 1334, 1361, 1384, 1392
* XVe siècle : 1473
* XVIe siècle : 1540, 1553

* XVe siècle : 1473
* XVIe siècle : 1540, 1553
* XVIIe siècle : 1632, 1674, 1684, 1694
*
XVIIIe siècle : 1701, 1712, 1718, 1719, 1726, 1727, 1767, 1778, 1793
* XIXe siècle : 1803, 1811, 1817, 1825, 1842, 1858, 1875, 1893secheresse-1.jpg

Les graduations intermédiaires peuvent se déduire des rapports de la température avec les mouvements de la végétation. Par exemple, les fruits à noyau fleurissent ordinairement au milieu du mois de mars, sous une chaleur extrême de 17°. La floraison des vignes et la maturité des premiers fruits se rencontrent, vers le même temps, du 15 au 30 juin : le maximum moyen de la température indique alors 32°. Les récoltes d’été, depuis celle du seigle jusqu’à celle du vin, ont lieu, année commune, entre le 20 du mois de juin et le 20 du mois de septembre ; or, la température extrême des mois de mai, juin, juillet et août, qui influent le plus sur ces récoltes, égale moyennement 35° ; enfin, au-delà de 35°, si cet excès de chaleur dure assidûment plusieurs jours ou se répète trop souvent, les plantes se dessèchent et les récoltes périssent. Ainsi, on peut estimer, d’après ces évaluations approximatives, la chaleur thermométrique de nos anciens étés.

En 580, les arbres fleurirent une seconde fois aux mois de septembre ou d’octobre. Des pluies abondantes et des inondations terribles avaient précédé cette floraison inaccoutumée ; et la chaleur, dont elle était la suite, fut accompagnée de tremblements de terre, d’incendies et de grêles, spécialement à Bordeaux, à Arles et à Bourges. Cette seconde floraison fait supposer au moins une température printanière prolongée, soit 12° à 14° de chaleur moyenne, et 24° à 25° de chaleur extrême.

La chaleur de l’année 582 fit fleurir les arbres au mois de janvier. En 584, on eut des roses en janvier : une gelée blanche, un ouragan et la grêle ravagèrent successivement les moissons et les vignes ; l’excès de la sécheresse vint consommer ensuite les désastres de la grêle passée : aussi ne vit-on presque pas de raisins cette année ; les cultivateurs désespérés livrèrent leurs vignes à la merci des troupeaux.

Cependant les arbres, qui avaient déjà porté des fruits au mois de juillet, en produisirent une nouvelle récolte au mois de septembre, ce qui implique régulièrement 20° à 24° de chaleur moyenne, et 32° à 34° au moins de chaleur extrême ; quelques-uns refleurirent encore au mois de décembre, et les vignes offrirent à la même époque des grappes bien formées, augurant 12° à 14° de chaleur moyenne, et 24° à 25° de chaleur extrême. Les arbres refleurirent au mois de juillet 585 ; ils refleurirent encore au mois de septembre 586, et un grand nombre de ces derniers, qui avaient déjà porté des fruits, en produisirent une seconde fois jusqu’aux fêtes de Noël. Au mois d’octobre 587, après la vendange, les vignes présentèrent de nouveaux jets avec des raisins bien formés.

Les arbres refleurirent pendant l’automne de 589, et ils donnèrent ensuite d’autres fruits : on eut aussi des roses au mois de novembre. La sécheresse excessive de 591 consuma toutes les prairies. Celle du long été de 874 fit manquer les foins et les blés. Les mois d’avril et de mai 892 furent en proie à une extrême sécheresse. L’année 921 se fit remarquer par de nombreux orages. Des chaleurs intenses et une sécheresse extrême régnèrent depuis, presque sans interruption, pendant les mois de juillet, août et septembre. L’extrême chaleur de l’été de 987 réduisit de beaucoup les récoltes. En 994, la disette des pluies tarit les fleuves, fit périr les poissons dans la plupart des étangs, dessécha beaucoup d’arbres, brûla les prairies et les moissons.

L’été de 1078 fut encore très sec : la vendange s’avança d’un mois ; c’est un signe de chaleurs précoces et d’une intensité moyenne de 24° à 25° au moins, et d’une intensité extrême de 35° au moins. Le vin fut abondant et fort bon. En 1094 la sécheresse fut extraordinaire. Celle de 1137 se déclara au mois de mars et persévéra jusqu’au mois de septembre, tarissant aussi les puits, les fontaines et les fleuves. Une sécheresse insolite accompagna la grande chaleur de 1183 ; elle sécha dans plusieurs endroits les rivières, les fontaines et les puits. Les mêmes phénomènes trahissent la sécheresse de 1188 : un grand nombre d’incendies se déclarèrent à Tours, à Chartres, à Beauvais, à Auxerre, à Troyes, etc.

Il ne plut pas ou presque pas pendant les mois de février, mars et avril 1204 : de fortes chaleurs succédèrent à ces trois mois de sécheresse. L’année 1212 fut très sèche. L’extrême sécheresse de l’année 1226 entraîna la ruine de presque toutes les récoltes d’été : l’automne de cette année se montra encore chaud et sec ; enfin, un hiver sec, très froid prolongea la sécheresse jusqu’au mois de février suivant. Cette chaleur sèche continue produisit dans toute la France une quantité prodigieuse de vin. Il ne plut pas pendant tout l’été 1287 ; les puits et les fontaines tarirent. En 1305, il y eut une grande sécheresse en été ; la sécheresse fut aussi excessive en 1306 au printemps et en été. La sécheresse fut si grande en 1325, qu’on eut à peine la valeur de deux jours de pluie dans le cours de quatre lunaisons : il y eut cette année-là une chaleur excessive mais sans éclairs, tonnerres ni tempêtes, peu de fruits, seulement les vins furent meilleurs que de coutume. En 1331, aux longues pluies qui avaient duré depuis le commencement du mois de novembre de l’année précédente jusqu’au commencement de cette année, succéda une si grande sécheresse qu’on ne put labourer la terre à cause de sa dureté. L’hiver suivant fut pluvieux et très peu froid ; il n’y eut presque pas de gelées.

La sécheresse de l’été 1334 fut suivie d’un hiver très humide ; il y eut beaucoup de vins, mais moins chauds que l’année précédente. Les sources tarirent pendant l’été de 1384 par le manque de pluies et la sécheresse insupportable qui régna dans toute la France. La sécheresse opiniâtre de l’été 1392 tarit les sources et empêcha les plus grands fleuves de la France d’être navigables. L’été de 1473 fut très chaud : la chaleur se prolongea depuis le mois de juin jusqu’au 1er décembre ; il n’y eut ni froid, ni gelées avant la Chandeleur. Labruyère-Champier et Fernel ont signalé les grandes chaleurs générales de l’été de 1540. En 1553, la chaleur brûlait tout au mois de juin.

La sécheresse de 1632 dura depuis le 12 juillet jusqu’au 15 septembre. Nous mesurons plus sûrement, grâce aux observations thermométriques, les degrés de chaleur des grands étés suivants. L’année 1684, classée par J.-D. Cassini au nombre des plus chaudes, dans un tableau des grandes chaleurs de Paris, qui comprend quatre-vingt-deux ans, a présenté, seulement sous ce climat, soixante-huit jours d’une température de 25°, entre midi et trois heures ; seize jours d’une température de 31°, et trois jours d’une température de 35°. Ainsi le thermomètre s’éleva trois fois, de midi à trois heures, le 10 juillet, le 4 et le 8 août, à 35° au moins. Les observations Udo métriques commencées en France par Lahire, en 1689, ne fournissent pas moins d’exemples de ces grandes sécheresses. Les plus considérables depuis cette époque appartiennent aux années 1694, 1719, 1767, 1778, 1793, 1803, 1817, 1825, 1842, 1858, 1875, 1893. A Paris, le thermomètre marqua 40° à trois heures et demie le 17 août 1701.

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Vignoble de Meursault au XVIIIe siècle, près de Beaune. Dessin de J.-B. Lallemand.

Les deux années de 1718 et 1719 eurent l’une et l’autre des chaleurs sèches, violentes, longues et soutenues. A Paris, le 7 août 1718, le thermomètre de Lahire, malgré son exposition défavorable, indiqua néanmoins vers trois heures de l’après-midi 35° ou 36° : il s’éleva aux mêmes chiffres le 11, le 21 et le 23. Un hiver très doux succéda à ces chaleurs. La plupart des arbres se couvrirent de fleurs dès le mois de février et de mars 1719.

Les fortes chaleurs reparurent avec le mois de juin. Plus intenses que celles de l’année précédente, elles durèrent aussi beaucoup plus longtemps. A Paris, le thermomètre de Lahire indiqua au maximum une température de 37° ; en outre, la table de Cassini attribue à cet été quarante-deux jours d’une température de 31° ; enfin, les chaleurs ont persévéré trois mois et demi, depuis le mois de juin jusqu’à la moitié du mois de septembre. L’extrême abaissement des eaux de la Seine au pont de la Tournelle, durant cette année si sèche, donna le zéro des mesures pour les hauteurs variables de ce fleuve. Le père Feuillée, cité par Maraldi, écrivait en même temps de Marseille que des chaleurs insolites y avaient fait refleurir les arbres au mois d’octobre, et qu’ils s’étaient plus tard chargé de nouveaux fruits. Les froids survenus au mois de décembre empêchèrent ces fruits de grossir comme à l’ordinaire, mais ils ne les empêchèrent pas d’aboutir à une parfaite maturité. Le père Feuillée ajoute qu’il a cueilli, le 18 décembre, des cerises et des pommes complètement mûres.

L’été de 1726 débuta vers la fin du mois de mai, continua ensuite durant les mois de juin, de juillet et d’août. Cassini y a compté à Paris soixante-deux jours d’une température de 25°, et dix jours d’une température de 31°, sa plus grande chaleur, observée le 27 et le 28 août, ayant égalé environ 34°. Les fruits mûrirent un mois plus tôt qu’à l’ordinaire. Le maximum de la chaleur fut beaucoup plus précoce en Provence. A Toulon et à Aix, il eut lieu le 13 et 14 juillet. C’est en 1726 que Delande vit à Brest son baromètre parfaitement immobile depuis le 2 février jusqu’au 1er septembre.

Les chaleurs de l’année 1727 ont duré bien davantage. Après un hiver modéré, le thermomètre commença à monter le 7 février. Le 10 mai suivant, il marquait déjà, au lever du soleil, 18°, et à deux heures le soir près de 27°. Les chaleurs se soutinrent en augmentant pendant les mois de juillet et d’août. Le 7 de ce dernier mois, à trois heures de l’après-midi, elles atteignirent le maximum de 35° ; depuis, la température ne cessa d’être élevée le reste du mois d’août et dans le cours du mois de septembre.

L’été de 1778 eut aussi des chaleurs fortes, longues et constantes. Sous leur influence, plusieurs arbres fruitiers fleurirent une seconde fois ; deux ceps de vigne en espalier contre le mur de l’ancien corps de garde du quai Malaquais, à Paris, offrirent même le 10 octobre, après avoir refleuri, des grappes assez grosses. Mourgue et Lamanon ont signalé les mêmes chaleurs, l’un à Montpellier et l’autre à Salon. Ces chaleurs insolites régnèrent principalement dans les mois de juillet et d’août ; elles furent sèches et sans nuages : ce grand été se fit d’ailleurs remarquer par la fréquence des inondations, des orages, des ouragans et des tremblements de terre.

Les chaleurs de l’été 1793 éclatèrent brusquement. Les mois de mai et de juin avaient été très froids ; il avait gelé à glace durant ces deux mois, il était tombé beaucoup de neige sur les Alpes et d’autres montagnes ; enfin, on avait vu dans la basse Autriche des chariots chargés traverser une rivière à la fin du mois de juin. Les grandes chaleurs commencèrent à paris le 1er juillet ; à Montmorency, après le 4. Elles augmentèrent si rapidement, que la journée des 8 figures déjà parmi les époques de leur maximum. Pendant tout le mois, le thermomètre se balança, au milieu du jour, entre 40° et 25° à 26°, en indiquant douze fois 24° à 34°, et dix fois 34° à 40° ; son élévation ne fut guère moindre les dix-sept premiers jours du mois d’août. Le maximum de la chaleur a donné 38°4 le 8 juillet à l’Observatoire royal de paris, et 40° le 16 du même mois à l’Observatoire de la marine. Durant ces grandes chaleurs, le vent resta fixé au nord, le ciel fut presque toujours beau, clair et sans nuages.

secheresse.3.jpgCes grandes chaleurs ont été très sèches, quoique entrecoupées de violents orages, lourdes et accablantes ; elles différèrent peu du jour à la nuit et du matin au soir. Les objets exposés au soleil s’échauffaient à un tel degré qu’ils étaient brûlants au toucher. Des hommes et des animaux moururent asphyxiés, les légumes et les fruits furent grillés ou dévorés par les chenilles. Les meubles et les boiseries craquaient, les portes et les fenêtres se déjetaient ; la viande, fraîchement tuée, ne tardait pas à se gâter. Une transpiration incessante macérait la peau, et le corps nageait continuellement dans un bain de sueur fort incommode. C’est surtout le 7 juillet qu’on a pu constater de semblables effets. Le vent du nord vint apporter ce jour-là une chaleur si extraordinaire, qu’il paraissait s’exhaler d’un brasier enflammé ou de la bouche d’un four à chaux. Cette chaleur était étouffante, régnait par un ciel très clair, arrivait par bouffées intermittentes, et produisait à l’ombre une impression aussi brûlante que celle des rayons du soleil le plus ardent.

En 1803, il plut très peu du 4 juin au 1er octobre. La pluie augmenta vers le commencement d’octobre ; après quoi, la sécheresse reprit et se soutint de nouveau jusqu’au 9 novembre. Cette sécheresse continua donc quatre mois de suite et plus de cinq mois en tout, sauf la courte interruption des premiers jours d’octobre. Les puits et les fontaines tarirent. A Paris, le petit bras de la Seine resta presque à sec, et le niveau du fleuve indiqua, le 21 et le 27 novembre, 24 centimètres au-dessous de zéro. Dans quelques départements, l’eau manquait absolument ; on allait en chercher à trois ou quatre lieues, et il en coûtait trente sous pour abreuver un cheval.

En 1811, les chaleurs furent partout précoces, intenses et prolongées. Les moyennes mensuelles de la température de Paris dépassent, cette année, de plusieurs degrés, les mois de janvier et d’août exceptés, les moyennes mensuelles déduites de vingt-et-un ans. Cet excès de chaleur éclata tout d’un coup dès le mois de février ; elle se soutint presque sans interruption, ou plutôt en augmentant de mois en mois, pendant les mois de mars, d’avril et de mai, avant de marquer une pause.

A Nancy, la chaleur commença le 15 mars, et persista avec opiniâtreté jusqu’au 6 août. Cette chaleur sèche tarit de bonne heure un grand nombre de ruisseaux que personne n’avait jamais vus à sec, compromit les prés et les semailles printanières, avança toutes les récoltes et rendit fort abondante celle des grains et des raisins. La vigne fleurit le 24 mai, au lieu de fleurir vers le 24 juin. La moisson eut lieu du 10 au 20 juillet, et la vendange dès le 8 septembre. Dans le Midi, les vents du sud, vents chauds, humides et étouffants, se prolongèrent en Provence jusqu’à la fin de l’année. Au midi comme au nord, la chaleur et la sécheresse de 1811 épuisèrent la plupart des sources, desséchèrent les torrents et les fleuves, précipitèrent la maturité des fruits, consumèrent les plantes fourrageuses, et favorisèrent, en général, les récoltes de vin.

L’été de 1842 mérite aussi de compter parmi nos grands étés, sa chaleur étant plus intense dans le nord que dans le Midi. A Paris, elle commença dès le 5 juin, et se prolongea à travers de rares intermittences jusqu’au mois de septembre. Le caractère de cette chaleur, en générale orageuse et sèche, la rendait encore plus sensible. Beaucoup de marronniers de nos jardins publics, qui avaient perdu leurs feuilles au mois de juillet, refleurirent à la fin du mois d’août.

Donc en conclusion ; nous pouvons dire que les vagues de chaleur subies au cours de l’été 2011 Ne sont pas nouvelles et ne peuvent pas être attribuées au seul réchauffement de la planète ou à celui de la couche d’ozone, cette rétro nous démontre qu’il y a belle lurette que les degrés de températures fluctues aux grés des années ! !,

De temps en temps il est bon d'avoir;

Autrefois .création bandeaux bon dimanche

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