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Le Blog De Papy-Bougnat

  • Papy-bougnat
  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
Dans ce blog vous trouverez un peu de vérité, beaucoup de passion, et quelques coups de gueule 
Bonne route & merci pour votre visite
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Traducteur

A L'affiche..

La culture Ne s'hérite pas, Elle se conquiert. 

 

[André Malraux]

********** 

 

Actu du jour...


       

9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 06:40

 

  Aujourd’hui...

 

 

Autrefois .création bandeaux

 

Limousin :


"Ces fontaines qui auraient des pouvoirs de guérison"


(Source : La Montagne)

 

 

 

limousin.01.png Lieux de cultes et de processions, les bonnes fontaines restent très présentes dans les coutumes locales. On accorde à leurs eaux miraculeuses différentes vertus pour les hommes comme pour les animaux. Le réseau hydrographique important du Limousin est très propice à leur implantation. On en trouve près de 200 rien que pour le département de la Haute-Vienne. Leurs origines remontent aux croyances gallo-romaines. Elles ont d’abord été combattues par les premiers prêcheurs chrétiens qui les assimilaient à des cultes païens. Puis, face à la persistance des pratiques liées aux bonnes fontaines, elles sont nombreuses à avoir été christianisées. Beaucoup portent notamment le nom d’un Saint, et sont ornées d’une croix, d’une statue. Certaines d’entre elles sont associées à une chapelle.

Les bonnes fontaines sont généralement implantées en milieu rural. Elles sont également appelées fontaines de dévotion. La fontaine, au sens strict du terme, est une construction qui utilise un mécanisme de façon à faire jaillir l’eau à la surface. Ainsi, la majorité des fontaines de dévotion sont en réalité des sources aménagées. Ces sources sont devenues des bonnes fontaines grâce aux vertus curatives et aux effets miraculeux que l’on donne à leurs eaux. Elles guérissent de nombreux maux comme les rhumatismes, les maladies nerveuses, les convulsions, la peur, les maux de têtes. Certaines luttent contre des maux plus important comme la paralysie, les maux d’estomac, les coliques, les maux de reins, la goutte. Elles soignent le bétail de la brucellose et de l’entérite. Elles peuvent également avoir une action sur les éléments naturels (pluie et orage). D’autres sont consultées par les jeunes filles pour leur apporter un mari dans l’année. En ce qui concerne les enfants, les fontaines peuvent soit rendre fertile une femme qui a des problèmes à concevoir, soit rendre stérile une femme qui ne veut plus d’autre enfants.

Une dévotion est une manifestation de la piété personnelle, de sa foi. Beaucoup de fontaines sont attachées à un Saint. Elles font l’objet d’une procession et de pèlerinage. Un rituel particulier a été défini pour chacune d’entre elles afin de bénéficier au mieux de leurs actions. Ces pratiques étaient encore très présentes dans la première moitié du XXème siècle, et même si elles ont décliné, elles sont toujours visibles aujourd’hui.

Différentes légendes sont liées au Saint de la fontaine. En premier lieu, c’est le Saint qui a fait jaillir les eaux. Ensuite, s’il n’est pas le créateur de la fontaine, il a laissé des traces de son passage. Ainsi on peut trouver dans les rochers des traces de pas, des sillons laissés par le vêtement du Saint, des cavités creusées de ses mains, un rocher peu également avoir pris la forme d’un fauteuil dans lequel le Saint s’est reposé. Une fois par an, le Saint est célébré lors de la fête votive de la fontaine. C’est l’occasion d’un pèlerinage ou d’une procession jusqu’à celle-ci. Le chemin est souvent très précis. Jalonné de croix, le pèlerin ne doit pas revenir sur ces pas. Ensuite, les arbres et les rochers sont très souvent associés à la dévotion de la fontaine. Il faut parfois en faire le tour plusieurs fois. Ils peuvent, au même titre que les croix, marquer le chemin. Ils indiquent parfois les limites de la procession. De même, le nom de la fontaine peut être associé à l’un de ces éléments.

Le choix de la bonne fontaine

limousin.02.jpgLa tradition veut qu’on s’adresse à une « recommandeuse» avant d’aller aux bonnes fontaines. En effet, toutes les fontaines n’ont pas les mêmes vertus. La recommandeuse indique la fontaine ou les fontaines les plus appropriées pour le mal qu’on souhaite traiter. Autrefois, il y avait une recommandeuse par paroisse. Leurs secrets et leurs savoir-faire se transmettent de génération en génération, toujours dans la même famille. La recommandeuse peut être un homme, mais cela reste très marginal. Afin d’indiquer la fontaine, la recomandeuse doit, selon les expressions populaires, « tirer les saints » ou « mettre de part ». Les pratiques de la recommandeuse peuvent localement différer. Le plus souvent, elle utilise une branche de noisetier qu’elle fait chauffer. Ensuite, elle découpe de petits morceaux de charbon qu’elle va alors plonger dans un récipient d’eau. Durant cette étape, la recommandeuse récite le nom des Saints. Chaque charbon est associé à un Saint et à une fontaine. Selon la façon dont le charbon réagit dans l’eau, la recommandeuse conseille telle ou telle fontaine. Généralement si le charbon coule, il faut se rendre à cette fontaine. S’il flotte, la fontaine qu’il représente, n’est pas appropriée. Quand le charbon s’enfonce tout droit dans l’eau, il n’est pas nécessaire de se rendre à la fontaine. Il suffit d’allumer un cierge dans l’église du village. La recommandeuse préconise également la dévotion qu’il faut suivre. Chaque fontaine fait l’objet d’une dévotion qui lui est propre. Les conseils de la recommandeuse sont donc précieux si l’on veut optimiser ses chances de guérison.

Parmi les bonnes fontaines du Limousin…

 
 
les bonnes fontaines de Courbefy sont sollicitées Depuis des siècles, pour leur pouvoir de guérison. Des croyances loin d’avoir disparu, en témoignent les multiples dévotions sur place.

Le chemin tout en descente est particulièrement escarpé. Mais les nombreux va-et-vient entretiennent naturellement le passage.

Les trois bonnes fontaines de Courbefy sont là, en pleine forêt, distantes de quelques centaines de mètres. Une curieuse atmosphère envahit les visiteurs dès lors qu’ils découvrent les lots de vêtements séchés et décolorés pendus à une croix. Des pantalons, des chaussures, des chaussettes, une casquette… Autant d’indices qui témoignent du nombre impressionnant de personnes venues ici solliciter les pouvoirs des bonnes fontaines. « Chaque année, le nombre de visiteurs est phénoménal », confirme Bernard Guilhem, maire délégué de Saint-Nicolas-Courbefy. « Les gens viennent de loin pour faire des dévotions. Certains viennent avec des bouteilles afin de prendre de l’eau dans les sources. Ce sont souvent des guérisseuses qui les envoient ici ».

Des papiers griffonnés
Chaque bonne fontaine a ses propres pouvoirs : la première guérirait des convulsions et des rhumatismes, la seconde protégerait les animaux et la troisième est réservée au mal de dents et aux amours.

limousin.03.jpg


 

Chacune est abritée par une petite construction en pierre. Une boîte aux lettres métallique est accrochée aux murs. À l’intérieur, les demandes de guérison se chevauchent. Un simple coup d’oeil sur ces bouts de papier griffonnés donne l’impression de violer l’intimité des visiteurs venus avant nous. Tant de malheurs humains sont contenus dans ces boîtes aux lettres… Impossible de savoir s’il y a vraiment eu des miracles.

Mais les croyances sont toujours très ancrées et pas un jour ne passe à Courbefy sans que des personnes viennent, de plus ou moins loin, pour se recueillir dans la discrétion qu’offre la forêt. La commune prend d’ailleurs un soin particulier à entretenir les accès et à baliser les chemins pour orienter les visiteurs s’aventurant dans le secteur.

Dédiées à saint Eutrope, ces bonnes fontaines ont été bénies par l’évêque de Limoges il y a quelques années après avoir été longtemps ignorées par les représentants du monde catholique. Ce geste permit de consacrer la " reconnaissance " de cet endroit mystique. Un symbole important qui ne fait que rajouter de la crédibilité aux yeux des pratiquants.

Aujourd’hui encore, les bonnes fontaines de Courbefy sont vénérées bien au-delà du Limousin. Malgré l’appréhension qu’elles suscitent lorsqu’on les découvre au milieu des bois, ces fontaines empreintes de mystères symbolisent à elles seules des croyances profondément ancrées dans le monde rural. Des pratiques qui n’ont jamais véritablement disparues.

 

C’était aujourd’hui ;   

 

Autrefois .création bandeaux

 

 "Ces fontaines qui auraient des pouvoirs de guérison"

 

Rendez est pris dimanche prochain pour un autre regard vers le passé .........

 

Bonne semaine......

 

 

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 09:41

 

 

  Aujourd’hui...

 

Autrefois .création bandeaux

 

Quand le tramway de Bordeaux était attaqué en 1907 comme une diligence....

 

 

 

" Un épisode de western dans les limites urbaines de Bordeaux...c'était en 1907 ! "

 

tramway.jpg

 

L'insécurité dans le tramway, un problème, déjà, début XXe. Description : http://www.sudouest.fr/img/trans.gif

 

 

L'insécurité dans les transports en commun ne date pas d'aujourd'hui.

Les colonnes de la « Petite Gironde », quotidien qui précéda le journal « Sud Ouest », offraient une place de choix aux faits-divers sensationnels : agressions nocturnes, rixes, cambriolages, noyades, crimes et disparitions suspectes. Les chroniques judiciaires du palais de justice de Bordeaux régalaient leurs lecteurs d'un luxe de détails circonstanciés et dénonçaient avec indignation les malandrins épinglés.

Le journal du 27 mai 1907 fait le récit d'un incroyable « assaut », non d'une diligence mais d'un tramway ! Un épisode de western dans les limites urbaines de Bordeaux… les boulevards.

Les faits.....

Vers 23 h 30, un tramway conduit par le wattman (1) Aubert, rejoint le dépôt de Lescure, lorsqu'au lieu-dit « les marronniers », sur le boulevard Camille-Godard, six individus mal intentionnés montèrent dans sa voiture après en avoir demandé l'arrêt. Cinq restèrent sur la plateforme arrière et le sixième agressait le conducteur pour lui faire abandonner sa recette.

Par trois fois, sur la même ligne, scénario identique. La dernière agression fut bien plus grave ; le conducteur s'agrippa à la courroie de sa sacoche sectionnée par un des malfaiteurs qui lui infligea pas moins de cinq coups de couteau au ventre et à la tête. Au Bouscat, rue Baudin, dans un égout, la sacoche renfermant la recette fut retrouvée vide. Au moment de l'assaut, elle n'aurait contenu qu'une toute petite somme d'une vingtaine de francs seulement ! À l'audience, un des prévenus prétendit avoir participé à une « plaisanterie » : « On voulait seulement faire perdre du temps au conducteur en lui cherchant des histoires »…

Et d'un convoi de maraîchers !

Troublante coïncidence, durant cette même soirée, un laitier du Bouscat nommé Perpétue vécut la même mésaventure. Trois « vauriens » entourèrent son attelage, sans le frapper. Six jours plus tard, c'est au tour d'un convoi de maraîchers, chargé de fraises à destination du marché des Capucins, d'être assailli sur la route du Médoc au Bouscat. Les deux « vauriens » avaient tenté d'arrêter leurs chevaux dans le but de les dévaliser. En fouettant leurs bêtes, les deux maraîchers avaient pu échapper au « hold-up » (2).

Le 13 août 1907, la foule se pressait dans la salle d'audience du tribunal de Bordeaux pour écouter le verdict des agresseurs de tramway. La brutalité de cette affaire avait fait grand bruit dans la capitale girondine. Un service de police maintenait l'ordre car la population surexcitée était venue en masse dans la salle des pas perdus (3).

La cour prononça des peines sévères et sans appel : Bareyt, 20 ans de travaux forcés ; Fiol et Marclaut, huit ans et Estèbe 6 ans ; Guicheneuf, 5 ans de prison ferme. Mêlée à la foule, la sœur Bareyt poussa des cris et tomba à terre en proie « à une crise nerveuse ». Estebe sortit le dernier, se tourna vers un groupe de jeunes gens et lança ironiquement en les montrant du doigt : « Les voilà les innocents ! ». Les accusés furent aussitôt conduits à la toute proche prison du fort du Hâ. Bordeaux baignait alors dans une chaleur moite.

(1) nom donné au conducteur de tramway électrique.  

2) « La Petite Gironde », n°12 759, 8 juin 1907.

(3) « La Petite Gironde », n° 12825, 14 août 1907.

 

 

C’était aujourd’hui ;   

 

Autrefois .création bandeaux

 

 

 

 

"Quand le tramway de Bordeaux était attaqué en 1907 comme une diligence...."

 

A la semaine prochaine pour un nouveau rendez-vous avec le passé

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 07:31

 

 

  Aujourd’hui...

 

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Origine, histoire des mois


aout.jpg

 

Aujourd’hui…L’histoire du mois d’août..

 

 

 

Avant Auguste, empereur romain, ce mois était nommé Sextilis, parce qu’il avait été autrefois le sixième mois de l’année ; il fut désigné depuis sous le nom d’Augustus par les Romains, et ce mot, dénaturé, est arrivé jusqu’à nous, réduit successivement, par les contractions, à cette seule syllabe,oût.

Le plébiscite et le sénatus-consulte qui autorisèrent à Rome le changement de nom, ont été conservés par Macrobe et Dion ; les motifs allégués par ces auteurs se rattachent aux principaux événements de la vie d’Auguste, tels que son premier consulat, ses trois triomphes, la conquête d’Egypte, la fin des guerres civiles, accomplis dans le cours du huitième mois de l’année. Plus tard Néron, par imitation, voulait faire appeler le mois d’avril Neroneus, mais cette tentative n’a pas été sanctionnée par la postérité.

Les Grecs célébraient pendant ce mois, dans la forêt de Némée, les jeux néméens, institués par Hercule. A Rome, on célébrait, au jour des Ides, la fête des esclaves et des servantes, en mémoire de la naissance de Servius Tullius, fils d’un esclave. Dans le même mois on crucifiait un chien ; il paraît que cet usage se rapportait à la prise du Capitole : c’était un anathème contre le silence des chiens, dont la vigilance fut en défaut ce jour-là.

 

 

C’était aujourd’hui ;    

 aout.01.jpg

 

 

 

Autrefois .création bandeaux

 

 

Je vous donne rendez-vous dimanche prochain pour un autre regard vers lepassé.....

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 07:42

 

 

  Aujourd’hui...

 

Autrefois .création bandeaux

 

 

Vocations féminines de jadis et de naguère
comparées à celle du XXe siècle

(D’après « Le Petit Journal illustré », paru en 1930)

 

 

 

 
 
Quelles furent, jadis et naguère, les professions les plus enviées par les jeunes Françaises ? Quelles sont-elles aujourd’hui ? s’interroge en 1930 un journaliste du Petit Parisien, qui exhume une enquête réalisée à la fin du XIXe siècle et destinée à cerner les aspirations des élèves de l’époque.

Le travail industriel de la femme, son accession aux professions commerciales ou libérales uniquement exercées autrefois par les hommes, sont le résultat d’une évolution toute moderne, et qui s’est produite surtout depuis la Première Guerre mondiale dans les mœurs et les conditions de la vie sociale, écrit Jean Lecoq dans Le Petit Parisien.

Sans doute, les femmes ont travaillé de tout temps ; mais leur activité se bornait à la pratique de quelques métiers essentiellement féminins, et qui leur étaient, d’ailleurs, strictement réservés. On vous dira qu’au Moyen Age les femmes étaient admises dans certaines corporations qui, plus tard, ne furent ouvertes qu’aux hommes ; qu’il y avait par exemple à Paris, au XIIIe siècle, plusieurs « mirgesses » — femmes médecins — et quelques apothicairesses. C’étaient là de pures exceptions. La grande majorité des femmes, en ce temps-là, ne songeaient guère à envahir les métiers masculins.

couturiere.01.jpg

La couturière

Si, au XVIIIe siècle, le féminisme commença à marquer quelques instincts de conquête, ses ambitions furent, par la Révolution d’abord, par Napoléon ensuite, sévèrement réprimées. Les « Grands Ancêtres » n’étaient rien moins que féministes : chaque fois que les femmes voulaient se mêler de politique, ils les renvoyaient à leurs foyers. Quant à l’empereur, on connaît son mot à Mme de Staël : « La femme la plus remarquable, c’est celle qui a le plus d’enfants. »

Bref, c’est seulement dans le dernier quart du XIXe siècle que, timidement, les femmes commencèrent à regarder un peu pus loin que le foyer familial, et les jeunes filles à rêver de quelque profession autre que celles qui, de temps immémorial, étaient réservées au sexe faible.

Les métiers féminins d’hier
Quelles étaient ces professions ? La plus ancienne codification qui existe des statuts industriels, le Livre des Métiers, d’Etienne Boileau, nous apprend qu’au temps de saint Louis les métiers dont la matière première est la soie ou le fil d’or étaient réservés aux femmes. Seuls les femmes pouvaient être « fileresses à grands et à petits fuseaux et tisserandes de soie. »

Au XVe siècle, le plus important des métiers réservés aux femmes est celui de lingère. Paris compte un nombre considérable de travailleuses de l’aiguille, mais c’est là, à peu près, le seul apanage féminin en matière industrielle. Dans la plupart des métiers mixtes, des métiers qui peuvent être exercés par les deux sexes, la femme est toujours subordonnée à l’homme : elle n’a point le droit d’y acquérir le titre de « maîtresse » et doit se contenter toute sa vie de celui de « compagnonne.

Il en fut ainsi jusqu’ la suppression des jurandes et des corporations. Mais bien des femmes n’avaient pas attendu cette suppression pour devenir patronnes ; et au XVIIIe siècle, à Paris, la plupart des maisons les plus estimées dans les industries de la mode étaient dirigées par des femmes. Néanmoins, bien des années encore devaient se passer avant que les femmes songeassent à s’évader des métiers féminins.

Vers 1880, l’autorité scolaire fit, à Paris, une enquête caractéristique à ce sujet. Les institutrices des écoles primaires de la Ville demandèrent à leurs élèves d’indiquer les professions qu’elles avaient l’intention de prendre, et de donner les motifs de leur préférence. Les réponses furent consignées dans un rapport de M. Gérard, alors directeur de l’Enseignement primaire de la Seine.

Or, savez-vous quelle est la profession qui vient en tête de cette enquête, et avec une avance considérable sur les autres métiers féminins ? Eh bien ! C’est la profession de couturière. Près de quarante pour cent des jeunes filles interrogées répondirent que c’était là leur idéal. Et elles donnèrent à leur choix toutes sortes de bonnes raisons : « Il est toujours très utile, pour une femme, de bien savoir la couture », dit l’une ; « Une femme qui ne sait pas coudre n’est bonne à rien », dit une autre. Celle-ci déclare modestement : » Je ne puis parvenir à mieux » ; « C’est mon goût, dit cette autre, et maman me répète souvent qu’on ferait de moi une bonne travailleuse ».

En voici une qui estime que cet état n’est point incompatible avec l’instruction : « J’ai mon brevet de capacité, mais cela n’empêche pas ». Quelques-unes ont donné des motifs plus futiles : « On est toujours sûre d’être habillée à son goût » ; « On n’est jamais si bien habillée que par soi-même » ; « On ne se fatigue pas beaucoup, on reste assise » ; « J’aime mieux faire aller mes doigts que mes jambes ». Enfin, voici la réponse d’une jeune personne pratique : « La façon, aujourd’hui, coûte plus cher que l’étoffe : c’est un bon métier ».

Après l’état de couturière, la profession la plus fréquemment indiquée était celle d’institutrice. Peut-être un certain nombre des fillettes qui s’étaient prononcées en faveur de cette profession voulaient-elles ainsi rendre hommage à leur maîtresse d’école ; il n’en est pas moins vrai que plus d’une réponse témoignait d’une vocation sincère :

« Profession difficile, mais si noble et si belle. — C’est la profession la plus noble. — j’aime beaucoup les enfants. — Je serai utile à mes semblables. — Je serais heureuse de me dévouer. — Je trouve que c’est une grande gloire d’instruire le peuple. — On doit être heureux d’instruire les autres. — Rien ne m’intéressera plus que de voir l’intelligence des enfants se développer peu à peu ».

Puis venait l’état de fleuriste : « Quoi de plus agréable que de pouvoir représenter ces belles fleurs que l’on voit dans les jardins. — J’ai toujours mieux aimé les bouquets que les poupées » ; et celui de modiste : « C’est un métier doux » ; celui de plumassière : « C’est un métier délicat » ; celui de repasseuse : « C’est un métier propre et coquet : on travaille toujours dans le linge blanc ».

Quelques jeunes filles souhaitaient devenir caissières, parce qu’elles avaient beaucoup de goût pour les chiffres. D’autres rêvaient d’être dessinatrices : « N’ayant que six ans, disait l’une d’elles, j’allais tous les dimanches au Louvre, j’admirais les tableaux peints par les grands hommes, et je me disais : « Quand je serai grande, je tâcherai d’imiter tout ce que je vois ».

petite-institutrice.jpg

La petite institutrice

Quatre voulaient être religieuses ; deux sœurs de charité. Un certain nombre de réponses se répartissaient entre les professions les plus variées : boulangère « parce qu’on aura toujours besoin de boulangers » ; brodeuse : « Avec ce métier-là, on est toujours propre » ; cartonnière, coloriste, compositrice d’imprimerie, confectionneuse, coupeuse, corsetière, dentellière, éventailliste, giletière, graveuse sur or, maîtresse de piano, passementière, peintre sur porcelaine, polisseuse, relieuse, etc.

Deux de ces jeunes personnes exprimaient le désir d’être sages-femmes. Et une seule — oui, une seule, sur sept mille fillettes interrogées — poussait ses espérances jusqu’à vouloir devenir « auteur ». Mais cette demoiselle s’écriait tout aussitôt : « Je sens bien que je suis trop ambitieuse ».

Ce qu’elles souhaitent aujourd’hui
Voilà donc à quoi rêvaient les jeunes fillettes à la fin du XIXe siècle. Imaginez pareille enquête faite aujourd’hui, s’exclame Jean Lecoq en 1930. Quel renversement des vocations !... La profession de couturière qui, jadis, tenait la corde, serait rejetée bien loin derrière les autres ; il en serait de même de tous les métiers manuels exercés uniquement par les femmes autrefois. Et il est fort probable que ce ne serait plus une seule fillette, mais quelques centaines pour le moins, qui caresseraient l’espoir de devenir « auteur » et n’estimeraient pas de leur part cette ambition excessive.

J’imagine que plus d’une penserait plus volontiers à être star de cinéma que giletière ou dentellière, poursuit notre journaliste ; et je crois bien que la profession qui, de très loin, distancerait toutes les autres serait celle de dactylo... Que les temps sont changés ! Avant guerre — nous sommes en 1930 — il fallait, dans tous les métiers féminins, payer son apprentissage : les gains de l’ouvrière étaient minimes, et l’on faisait des journées de dix heures, sans compter les veillées.

L’application des lois sur la protection de l’ouvrière a mis ordre à cela. La journée de huit heures, la semaine anglaise, la suppression des veillées ont modifié heureusement les conditions de travail. Non seulement l’ « arpète » ne paie plus pour apprendre, mais c’est elle qui est payée tout de suite... Et cependant, le recrutement est de plus en plus difficile... Ecoutez plutôt les plaintes des Chambres syndicales de la Couture et de la Mode...

L’aiguille est délaissée, observe Lecoq ; c’est la machine à écrire qui triomphe partout. Le préjugé de la supériorité des professions dites libérales, auquel les hommes ont à peu près renoncé depuis la guerre, semble avoir trouvé un refuge dans l’élément féminin. La modiste, la couturière, si expérimentées qu’elles soient, demeurent des ouvrières ; la dactylo est une manière de petite bourgeoise qui s’imagine, si ses parents furent de modestes travailleurs manuels, qu’elle a monté quelques degrés dans la hiérarchie sociale.

Ainsi va le monde... conclut notre journaliste. Et l’on demeure confondu de voir avec quelle rapidité ont évolué les idées sur lesquelles la jeunesse échafaudait naguère ses rêves d’avenir et ses aspirations.

 

C’était aujourd’hui ;    

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Vocations féminines de jadis et de naguère

 

Rendez-vous est pris pour la semaine prochaine avec un autre regard vers le passé...

 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 23:28

 

      Aujourd’hui, je vous présente……..

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      Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui notre regard ne se portera  pas  sur le passé, mais sur l’actualité D’aujourd’hui…

 

 

 

      La plus grosse montgolfière du monde


née à Dole (Jura, Franche-Comté)

(Source : Le Progrès)

 

 

Ce mastodonte de 41 mètres de haut qui peut embarquer 32 passagers a été imaginé et conçu par Olivier Cuenot, dirigeant de la société Cameron Balloons France, basée à Dole.

Z-750 : c’est son nom est à ce jour la plus grosse montgolfière homologuée au monde. Avec une capacité de 32 passagers (plus deux pilotes) elle n’a pas d’équivalent : le précédent record s’établissant à 28 passagers.

Avec des mensurations très impressionnantes, l’engin ne devrait pas passer inaperçu dans le ciel de Touraine. Car c’est là-bas qu’elle a élu domicile depuis qu’elle a été livrée à son propriétaire, il y a quelques semaines. Olivier Cuenot, chef d’entreprise installé à Dole est le concepteur de cette montgolfière gigantesque. Commande lui a été passée en octobre dernier par un client désireux de faire voyager dans le ciel un grand nombre de personnes.

Après quelques mois de calculs, de dessins et de montgolfiere.jpgdémarches d’homologation, le travail de fabrication a pu débuter en janvier dans les ateliers de la société Cameron Balloons à Bristol en Angleterre. Pour un premier vol d’essai en juin. Pour l’entreprise doloise, c’est évidemment une belle réussite. « C’était un beau défi », se félicite Olivier Cuenot dont le parcours professionnel s’avère très atypique.

Originaire d’Arc-et-Senans (Doubs), il a été amené à découvrir le vol en montgolfière par son père, photographe amateur, désireux de prendre de la hauteur pour ses prises de vue. « Il a passé son brevet de pilote, moi aussi », se souvient-il. C’était en 1989. C’est ainsi que la passion est née. « Je suis ensuite devenu instructeur. Puis en 2001, le leader mondial de la fabrication de ballons lui demande s’il est intéressé pour s’investir et devenir son représentant en France. Olivier accepte.

« Les 3 ou 4 premières années, nous faisions cela, mon épouse et moi, à la maison, à Monnières. Mais assez vite la place manque. L’entreprise s’installe à Dole, rue Émile-Zola puis Avenue Pompidou, l’année dernière. Aujourd’hui, la société est prospère. L’activité s’organise autour de la vente de montgolfières, de la réparation des ballons, d’une école de pilotage et de baptêmes de l’air.

Pour répondre à la demande très importante l’été, le couple fait appel à des saisonniers. « Je pense que nous allons créer un emploi de permanent l’année prochaine », se félicite le patron heureux du bel envol de son entreprise.

Cameron Balloons France :
renseignements et réservations pour les baptêmes de l’air au : 06 73 46 75 19 ou 03 84 82 45 35

 

 

 

C'était aujourd'hui un regard au présent....

sur

La plus grosse montgolfière du monde

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 14:30

 

Aujourd’hui...

 

Autrefois .création bandeaux

 

Piqueurs (Des) parisiens s’attaquent
aux postérieurs féminins !

(D’après « Le Musée de la conversation », édition de 1897)


 
 Piqueurs (Des) parisiens s’attaquent
aux postérieurs féminins !

(D’après « Le Musée de la conversation », édition de 1897)


 

Dans la seconde moitié de l’année 1819, un incident assez original vint jeter l’émoi dans la partie la plus gracieuse de la population parisienne. Un certain nombre de femmes, des jeunes filles surtout, se plaignirent d’avoir reçu, en se promenant sur la voie publique, des blessures produites par des instruments pointus que quelques farceurs inconnus auraient dirigés contre les régions les plus proéminentes de leurs personnes...

Voici à ce propos une note émanée de la Préfecture de police, que nous trouvons insérée dans le Moniteur universel du 4 décembre 1819 ; elle ne manque pas d’une certaine saveur :

« Un particulier, dont on n’a pu se procurer le signalement que d’une manière imparfaite, se fait depuis quelque temps un plaisir cruel de piquer par derrière, soit avec un poinçon, soit avec une longue aiguille fixée au bout d’une canne ou d’un parapluie, les jeunes personnes que le hasard lui fait rencontrer dans les rues, sur les places ou sur les promenades publiques.

piqure.01.jpg

Le résultat d’une Piqûre

« Celles sur lesquelles il semble qu’il ait de préférence exercé, jusqu’à ce jour, sa coupable et dangereuse manie, sont les jeunes personnes que les principes d’une éducation soignée, une timidité naturelle, ou la crainte d’occasionner un éclat ou du scandale, ont dû empêcher de se plaindre aussitôt qu’elles se sont senties blessées. »

La note finissait en engageant tous les citoyens à s’unir à l’autorité pour l’arrestation du coupable, jusqu’alors resté insaisissable. Le même organe cite, à la date du 12 décembre, un extrait du Journal de Paris : « Ces bruits répandus par les journaux, disait-on dans cet article, ont jeté dans le public une sorte d’effroi et une alarme telle, qu’une demoiselle prend la fuite, si on semble l’approcher de trop près. »

Naturellement l’aventure devait servir de prétexte à la réclame. Aussi lisons-nous dans l’Indépendant du 10 décembre une lettre d’un sieur Liébert, pharmacien, rue Saint-Louis, 21, au Marais ; recommandant un spécifique contre les piqûres, dont plusieurs, assure l’habile commerçant, lui ont laissé voir quelques apparences venimeuses. Cet antidote, appliqué à temps, devait arrêter tous les effets dangereux, « qui ne se manifestent ordinairement qu’au bout de quelques heures. »

Inutile de dire que chansons et caricatures égayèrent le public aux dépens des malheureuses victimes de l’introuvable mystificateur. On publia une plaquette intitulée : Piqûre à la mode, complainte, romance et chansons, par un membre de la société d’Épicure. Il y eut aussi les Piqûres en vaudeville. Quant aux caricatures, presque toutes anonymes, bien peu méritent d’être signalées.

Nous ne nous occuperons que des moins convenables. L’une d’elles, intitulée le Résultat d’une Piqûre, représente une femme dans une position... préoccupante. Nous mentionnerons la suivante comme une des meilleures. Un ouvrier est en train de garnir d’une cuirasse de sûreté les parties les plus exposées d’une jeune dame fort élégante. On voit pendues au mur plusieurs cuirasses de même forme. On lit en haut de la feuille : Par brevet d’invention, cuirasses préservant des piqûres, et en bas : comme ils vont être attrapés !

Une autre estampe, qui traite te même sujet, a pour titre : Étrennes pour le jour de l’an 1820. Préservatif certain contre la piqûre. Dans un magasin rempli de cuirasses de toutes grandeurs, une jeune femme essaie l’une de ces plaques protectrices à double convexité. A droite, un ouvrier forgeron les prépare. Au bas du dessin se trouvent ces vers :

Une doublure en fer-blanc,
La matière est un peu dure,
Mais le soin le plus urgent,
C’est d’éviter la piqûre

Ça vous va-t-y bien,
ça n’vous bless’t-y pas ?

Finalement l’affaire se dénoua devant la police correctionnelle. Le Journal de Paris des 26 janvier et 2 février 1820 rend compte du Procès d’un individu prévenu d’être un piqueur. Comme le rédacteur ne manque pas de le faire observer, cette cause était de nature à piquer la curiosité des dames.

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Étrennes pour le jour de l’an 1820. Préservatif certain contre la piqûre

Le prévenu était un malheureux garçon tailleur, âgé de 35 ans, nommé Bizeul. Bien que n’ayant pas été pris en flagrant délit, il fut reconnu par quelques-unes des parties intéressées et condamné à cinq ans de prison et 500 francs d’amende. A diverses reprises, notamment à la fin de juin 1895, la police eut à s’occuper de faits du même genre, qui semblent constituer un cas d’érotomanie parfaitement caractérisé. (l’Éclair des 5 juillet 1895 et 5 juillet 1896.)

L’affaire des piqueurs avait eu un curieux précédent dans les dernières années du règne de Louis XVI. Mercier rapporte, dans son Tableau de Paris (tome XI), le cas d’un particulier surnommé le chevalier Tape-cul qui, vers 1788, époque où le volume parut, prenait plaisir à frapper au bas du dos les femmes qui se trouvaient sur son passage. L’auteur ajoute qu’en général, les dames, surtout celles d’un certain âge, ne se montraient pas trop offusquées des mauvaises plaisanteries de ce maniaque.

Lejoncourt a fait figurer le chevalier Tape-cul dans sa Galerie des centenaires anciens et modernes(1842). Selon lui, ce vieillard, chevalier de Saint-Louis, qui n’était connu que sous ce sobriquet, serait mort vers 1802, à l’âge de 117 ou 118 ans. Jusqu’à la fin de sa vie, on le voyait se promener habituellement sur les quais Voltaire et Malaquais. Quand les femmes qu’il frappait s’irritaient de son audace, il leur répondait : « Allez, allez. vous direz que c’est un homme de cent dix-sept ans qui s’est permis cela, et on le lui pardonnera. »

 

C’était aujourd’hui ;   

Autrefois .création bandeaux

 

 Piqueurs (Des) parisiens

 

Rendez-vous dimanche prochain pour un autre regard vers le passé ...bonne semaine

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 06:41

 

  Autrefois .création bandeaux

 

 

Aujourd’hui...

 

 

A quoi ressemblaient les vacances autrefois ?

 

Rétro……………..


Des premiers bains de mers à l'instauration des congés payés, les vacances se démocratisent peu à peu au XXe siècle.

 

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Les congés d'été en famille

 

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Selon la législation françaises, les congés peuvent être pris du 1er mai au 31 octobre. Ici, une famille sur le sable de Longues-sur-Mer, en juillet 1909

Des stations balnéaires chics

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A côté des stations balnéaires familiales, des stations plus chics se développent comme Biarritz. Ici, Nice, en août 1930.

 

 

Vacances en camping

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Le camping de loisir apparaît en France en 1900 mais c'est grâce la démocratisation de l'automobile après-guerre que les Français découvrent les vacances en camping. A l'image, un camping de Trouville en juillet 1952

 

Balade en mer

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Les vacances sont aussi l'occasion d'oublier le quotidien, de s'évader, comme ici cette balade en bateau en juillet 1926

 

Les 1ier Bains de soleil

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Avant l'instauration des congés payés en 1936, les escapades à la mer se réduisent à des bains de soleil. A l'image, une plage du Finistère en juillet 1932.

Premiers congés payés

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Le 20 juin 1936, la loi sur les congés payés est votée. Les Français ont droit à 2 semaines complètes de vacances. Ici, dans le Nord de la France en Août 1952.

 

 

 

En caravane

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A vélo, en voiture ou comme ici en caravane, les Français trouvent de nouveaux moyens pour rejoindre leurs lieux de villégiature. Ici, sur les routes de Vendée, en juillet 1947

 

 

 

 

Hé oui ! déjà la Partie de pétanque

 

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Jeux de plage, parties de pétanque ou encore camping sauvage... L'été est propice à l'évasion. Ici à Berck, en juillet 1973.

 

Plage de Dinard

 

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Dès la fin du XIXe siècle, le village de pêcheur de Dinard se transforme en station balnéaire très prisée. Ici, Dinard en juillet 1934.

 

 

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 C’était aujourd’hui ;  

Autrefois .création bandeaux 


A quoi ressemblaient les vacances autrefois ?

 


 

Allez à la semaine prochaine pour un autre regard vers le passé

 

 


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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 07:10

 

 

Autrefois .création bandeaux

 

Aujourd’hui...

 

La grande boucle....

 

Son Origine.....

 

 

Dans la France du début du XXe siècle, il fallait être au mieux un grand fantaisiste, au pire une sorte d’aliéné, pour imaginer une course cycliste de près de 2 500 km à travers le pays. Géo Lefèvre, alors journaliste à L’Auto, eut cette inspiration. Son directeur, Henri Desgrange, eut l’audace d’y croire, de le suivre et de parier gros sur le Tour de France. Le 1er juillet 1903, soixante pionniers s’élancèrent de Montgeron sur leur bicyclette.

 

 Une petite Rétro .....

 

La toute 1ière fois

 

 1919

le 10 juillet

La victoire a sa couleur !

Première apparition du "maillot jaune" à l'occasion du premier Tour de France de l'après-guerre. Sa couleur évoque la teinte du papier du journal L’auto, organisateur de l'épreuve et rival du journal Le Vélo, imprimé sur papier vert. C'est au coureur Eugène Christophe que revient l'insigne honneur de porter le premier "maillot jaune" de l'Histoire.

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1924 / BAYONNE - LUCHON / 2 juillet / Ottavio Bottecchia, entouré par les spectateurs, est en tête de l’ascension du col du Tourmalet. Il remportera l’étape, et le Tour de France. Première victoire italienne Mention obligatoire : 100 ans du tour de France, photo L’Equipe

1903
le 1 juillet

 

Un tour pour la "petite reine" !

Henri Desgrange, propriétaire du plus grand journal sportif de l’époque, L’Auto, crée le Tour de France cycliste. Le 1er juillet 1903, 60 coureurs sont au départ. A l’arrivée, après 2.428 kilomètres de course, effectués en 6 étapes, seuls 20 d’entre eux répondent à l’appel. Un ancien ramoneur, Maurice Garin, est proclamé vainqueur. C’est le début de la fabuleuse histoire de la "Grande Boucle".

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1927 / BORDEAUX - BAYONNE / 28 juin / Pause-cigarette sur le vélo : Gustave Van Slembrouck offre du feu à Maurice Gedholf. À gauche, Julien Vervaecke, troisième du classement final, a aussi la cigarette à la bouche

 Mention obligatoire : 100 ans du tour de France, photo L’Equipe

1948
le 25 juillet


En direct du stade

La télévision retransmet pour la première fois l'arrivée du Tour de France en direct. Il a fallu, pour réaliser l'exploit de transmettre les images du Parc des princes à la rue Cognacq Jay, 5 kilomètres plus loin, disposer une antenne suspendue à un ballon perché à 75 mètres dans les airs

1967
le 13 juillet

 

Tragédie du dopage

La chaleur écrase les coureurs du Tour de France cycliste sur les pentes du "Mont chauve", le mont Ventoux. A deux kilomètres du sommet, le Britannique Tom Simpson se désunit. Il tombe une première fois. On le relève, il repart en zigzags, tangue, chavire et s'écroule sur le talus rocheux. Quarante minutes de réanimation n'y changent rien. Il décède à l'hôpital d'Avignon. La rumeur se répand, on aurait trouvé des amphétamines dans les poches du champion. Le dopage a endeuillé le Tour. Le drame semble cependant insuffisant pour stopper cette tricherie dangereuse.

Et aussi…

1905 : Première du Ballon d’Alsace.

1910 : le Tour franchit les Pyrénées (Tourmalet, Aubisque).

1911 : le Tour à l’assaut des Alpes (Galibier)

1930 : Création des équipes nationales et de la caravane publicitaire.

1933 : Création du Grand Prix de la Montagne.

1934 : Premier contre-la-montre individuel.

1947 : Première étape dans une capitale étrangère (Bruxelles).

1952 : Premières arrivées en altitude (Alpe d’Huez, Sestrières, Puy-de-Dôme).

1953 : Création du maillot Vert (meilleur sprinteur).

1954 : Premier départ de l’étranger (Amsterdam).

1967 : Création du prologue.

1969 : Retour à la formule des équipes de marques.

1975 : Création du maillot à Pois (meilleur grimpeur).Première arrivée sur les Champs-Elysées.

 

 

Une légende….

Si, aujourd’hui, la magie des images en direct et en couleur opère magistralement, par petit écran Interposé, et magnifie notre feuilleton sportif de juillet, le Tour de France n’a pas toujours vécu dans ce Réalisme de l’instantané.

Rien n’échappe plus aux caméras, si ce n’est parfois le regard des champions, camouflé derrière leurs Lunettes de soleil. Et même les moyens techniques dont dispose la télévision offrent à la magnifique Aventure humaine qui nous occupe ce dont ne bénéficie aucun autre sport : un décor sans cesse changeant, Qui va de la plaine à la montagne, du soleil à la brume, des rivières et des ponts aux châteaux et cathédrales.

Et c’est ainsi qu’une compétition dépasse son cadre sportif pour se faire événement social. Comme les cameramen, les photographes peuvent côtoyer d’au plus près les coureurs, à bord de leur moto, et parviennent à fixer, au gré de leur inspiration, ou de la chance, ou de l’événement, tantôt le portrait que les gamins épingleront dans leur chambre, tantôt la « carte postale » que la grand-mère glissera dans son agenda. La beauté des images est consubstantielle au sport cycliste et au Tour de France.

Autrefois, les photographies avaient une autre vocation : celle de faire rêver en noir et blanc. Quand le matériel audiovisuel ne faisait que balbutier, c’est par la narration des reporters, forcément romancée puisque l’imagination devait compenser l’insuffisance des informations, et c’est par l’image qu’on pouvait

s’inventer la course, ses héros et son environnement : ah ! les moustaches des premiers pionniers, les chapeaux melons, les bretelles et les charrettes à foin du début du siècle ; ah ! les boyaux enroulés autour des épaules, les voitures suiveuses décapotables, les motards à grosses lunettes….

Dans ce kaléidoscope centenaire, le Nord de la France occupe une place privilégiée si l’on songe aux villes qui ont si souvent reçu la Grande Boucle : Dunkerque, Lille, Roubaix, les routes pavées, les rails de tramway, le vent, la poussière ou la pluie, bref, tout ce qui rappelle ce que les gens du Nord connaissent bien, à savoir que le vélo, ce n’est pas facile…

Jean-Marie Leblanc

Directeur du Tour de France

 

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Aujourd’hui...

Versiontour.04.png 2012

Version 2012 dont aujourd’hui c’est l’arrivée ……………tour.05.pngIl s’appelle Bradley WIGGINS et il est britannique ( le 1ier à inscrire son nom au palmarès de la grande boucle….

 


C'était aujourd'hui....

 

Autrefois .création bandeaux


La grande boucle....

 

à la semaine prochaine pour un autre regard vers le passé...

 

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 07:16

 

  Aujourd’hui...

 

Autrefois .création bandeaux

 

      Français :

pourquoi fut-il adopté comme

langue diplomatique dans toute l’Europe ?

 

 

      (D’après « Le Petit Parisien », paru en 1892)

 

Une entrevue entre le tsar de Russie et l’empereur allemand en juin 1892 au cours de laquelle le toast fut porté en français au grand dam de la presse allemande, fut l’occasion pour Jean Frollo, chroniqueur du Petit Parisien, de rappeler que le français était alors la langue officielle de toutes les cours d’Europe, et ce depuis le début du XVIIe siècle, lorsqu’il se substitua au latin

Le journaliste note que la particularité remarquable de l’entrevue de Kiel au début du mois de juin 1892 a été le toast porté en français par le tsar Alexandre III à l’empereur allemand Guillaume II. Si l’on s’en est formalisé dans la presse allemande, ajoute-t-il, puisqu’elle a négligé de signaler le fait, il faut lui rappeler que telle est la tradition constante en Europe depuis que le latin a été remplacé, il y a trois siècles environ, par le français dans les relations des cours souveraines.

Sans doute, entre rois et empereurs, il est d’un gracieux usage de porter les couleurs et les armes de celui dont on est l’hôte, et autant que possible de l’entretenir en sa langue. Mais il est également d’usage que le prince qui reçoit mette ses hôtes à l’aise en leur disant la bienvenue en français, poursuit notre chroniqueur.

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Rien de plus officiel que ce dîner de cinquante couverts, auquel n’assistaient que de hauts personnages de marque. Il était naturel que tout le monde parlât l’allemand, et le tsar lui-même, qui parle très familièrement cette langue. C’était assurément pour étonner qu’il répondit en français aux souhaits que Guillaume venait de lui adresser, en allemand, comme de juste. Mais c’était à celui-ci de dire d’abord en français ce qu’il avait à dire. Il aurait été dans la tradition et personne n’aurait eu à remarquer que le tsar s’y maintenait.

Le français est la langue internationale des chancelleries européennes, précise Frollo. Tous les instruments diplomatiques, tous les traités sont écrits en français. On se rappelle qu’en 1871 le prince de Bismarck proposa au prince Gortschakoff de substituer l’allemand au français dans les rapports officiels entre les puissances. La lettre de M. de Bismark était en allemand, on le pense bien. M. de Gortschakoff répliqua en bon français que les raisons qui avaient fait adopter l’usage de notre langue par la diplomatie des siècles précédents lui paraissaient des plus sages, et qu’il lui était difficile de concevoir que l’avis du grand Frédéric sur ce point ne fût point celui de son petit-fils. On sait que le roi philosophe Frédéric II, le vrai fondateur de la puissance militaire de la Prusse, ne parlait et n’écrivait qu’en français, et que sa prétention était de rivaliser avec Voltaire en prose et en vers. C’est lui qui disait : « Je parle en allemand à mes soldats, en français avec mes pairs. »

Pendant tout le dix-huitième siècle, on ne parlait que le français dans toutes les cours de l’Europe, excepté peut-être à Madrid. Aucun homme d’Etat n’aurait voulu passer pour ignorer la langue de Corneille et de Bossuet. L’orgueilleux particularisme de l’aristocratie anglaise elle-même fléchissait devant cette règle. C’était le privilège indiscuté de nos ambassadeurs de ne traiter qu’en français avec les souverains auprès desquels ils étaient accrédités, et il était inouï qu’un ambassadeur étranger à Paris s’exprimât en une autre langue.

Le français était alors, comme il est encore, l’instrument de précision par excellence de la pensée humaine, explique le journaliste. Il doit au merveilleux épanouissement de sa littérature dans tous les genres son incomparable distinction, sa lumineuse clarté et la richesse inépuisable de son vocabulaire. L’outil qui a le plus servi est toujours le mieux en main. Si l’on ne pense pas tout droit, avec ordre et simplicité, on ne s’exprime pas en français. L’étude du grec et du latin fut de tout temps la gymnastique essentielle de nos écrivains. C’est à cet exercice qu’ils sont redevables de la souplesse de leur propre langue et, pour ainsi dire, de leur habileté à s’en servir.

On n’apprend pas le latin pour le parler, pas même pour le savoir mais pour y prendre des idées toutes moulées et pour se façonner à les vêtir en français au plus juste, en leur conservant toute leur originalité. S’il en était autrement, et si l’on n’avait d’autre but que de connaître à fond l’Histoire et les grands auteurs de l’antiquité, il suffirait de se pourvoir de bonnes traductions. Elles ne manquent pas chez les libraires. On y apprendrait assurément des choses intéressantes, qu’on serait humilié d’ignorer, mais on n’en parlerait pas mieux le français. C’est comme pour les exercices gymnastiques. S’il ne fallait que les connaître, il n’y aurait qu’à regarder faire. On les pratique pour se donner des muscles, de la vigueur, de la force et de l’agilité et non pour être gymnasiarque.

Il est à peu près convenu que le grec et le latin sont éléments d’un luxe inutile et qu’on diminuera de plus en plus leur part uans l’éducation de la jeunesse. On gagnera du temps, c’est un gain appréciable. Resterons-nous la première nation lettrée et littéraire que nous sommes ? C’est ce qu’on verra quand l’expérience sera faite. Jusqu’ici il est incontestable que dans tous les domaines des belles-lettres et de l’art, nous primons tout le monde. C’est que notre langue est supérieure et que nous nous en servons supérieurement. Dans tous les domaines de la science, tout le monde est notre égal. Là, il ne faut aucune rhétorique.

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En ce temps-là, on disait que l’espagnol était la langue des dieux, l’italien la langue des femmes, le français la langue des rois, l’anglais la langue des chevaux et l’allemand la langue des fauves. Il y a toujours quelque chose d’excessif dans les à peu près métaphoriques et ce n’est certainement ni un Anglais ni un Allemand qui avait formulé de la sorte les différences caractéristiques de nos idiomes modernes. On a voulu dire, je suppose, poursuit Frollo, que les voyelles sonores et solennelles sont la dominante de l’espagnol, que les voyelles fermées, les i et les e, de l’italien sonnent délicieusement dans la bouche des femmes, que l’anglais abuse des consonnes, que l’allemand n’a que des articulations sifflantes et gutturales où les voyelles se fondent et s’évaporent et enfin qu’il y a un juste équilibre des voyelles et des consonnes dans le français.

Il n’y a qu’à comparer notre langue présente au français de nos anciens auteurs, depuis Rabelais jusqu’à Malherbe, pour se convaincre que c’est bien par la culture du latin et du grec, les deux langues les plus raffinées qui aient été parlées par les hommes, qu’elle s’est raffinée elle-même et qu’elle a acquis cet ensemble de qualités indéfinissables qui en ont fait la langue obligatoire de toutes les aristocraties, du moins de celles qui ont pu parvenir à se l’approprier. L’anglais parlait fort bien l’ancien français, c’était même sa langue officielle jusqu’à l’époque de Henri VIII. Toutes les vieilles devises de la noblesse et de la monarchie sont en français primitif Dieu et mon droit ; honni soit qui mal y pense ; sauf le roy, sauve la loi. L’Anglais mord difficilement au français de Racine et l’estropie à plaisir. Nos voyelles n’ont pas le même son que les siennes et il fait de efforts ridicules pour ne pas les avaler.

Nous ne sommes pas généreux pour les étrangers qui ne parlent pas à point notre langue. Même entre Français, nous notons malicieusement nos accents différents. Nous sourions aux fanfares du Méridional, aux molles cadences du Bordelais qui, d’ailleurs, rendent la pareille aux bredi-breda et au grasseyement des riverains de la Seine et de la Manche.

L’Espagnol et l’Italien s’habituent péniblement à parler français. L’u est pour eux une citadelle inexpugnable. Pour le prononcer, ils allongent désagréablement les lèvres en flûte et tombent quand même dans l’ou. Il en est qui doublent ce cap diabolique, mais alors ils perdent la tramontane, ne savent plus distinguer l’u de l’ou, et après le mois de jouillet font venir naturellement le mois d’ût.

Pour les Allemands, c’est une gageure de transformer le d en t et le b en p, et réciproquement. Jamais ils n’y manquent. Il n’y a ni rime ni raison qui tiennent ; l’Allemand le plus rompu à notre alphabet et à notre grammaire dira imperturbablement d’une poule qui mène ses poussins : c’est une « boule ». Mais s’il s’agit d’une boule qui tourne, pas d’hésitation, c’est une « poule ».

M. de Bismarck disait à Pouyer-Quertier lors des Conférences préliminaires de Francfort :

— Votre Napoléon était un esprit « dartif », impossible de s’atteler avec lui.
— Dartif ? fit Pouyer-Quertier, cherchant à comprendre.
— Non, répondit le chancelier, un esprit dartif, toujours en retard et n’allant que par saccades !

Il fallut écrire le mot, c’était : tardif.

— Jules Favre n’aurait eu qu’a vous entendre, lui dit en riant Pouyer-Quertier, il serait vengé.

Quoiqu’il parle le français en puriste, on voit que M. de Bismarck avait encore des raisons personnelles de n’en plus vouloir comme langue diplomatique. Mais les Russes le parlent divinement et lui donnent une saveur musicale à faire envie aux plus parfaits diseurs de l’Institut, et M. de Bismarck s’adressait à celui de tous les Russes qui connaissait le mieux le français et se vantait d’avoir ses plus chaudes amitiés et ses plus grandes admirations en France.

 

C’était aujourd’hui ;   

 

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 Français : pourquoi fut-il adopté comme

langue diplomatique dans toute l’Europe ?

 

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 05:14

 

  Aujourd’hui….

 

Autrefois .création bandeaux

 

 

Tour de France d’autrefois :

 Premiers tours de roues entre exploit sportif
et prouesse publicitaire

(D’après « Le Petit Journal illustré », n° du 21 juin 1925)

 

Il ne faudrait pas croire que le Tour de France fut, du premier coup, ce qu’il est. Il ne sortit pas du cerveau de M. Henri Desgrange, qui le conçut, comme Minerve naquit du cerveau de Jupiter. Ce fut peu à peu que le Tour de France acquit son actuelle importance, accrut ses étapes, sa durée, ses kilomètres, écrit Jacques Chabannes. D’année en année, ceux qui l’avaient conçu l’améliorèrent. Entendons-nous. En terme sportif, cela signifie qu’ils en augmentèrent les difficultés au point d’en faire l’épreuve monstre, sans conteste la plus considérable course sur route du monde.

 

Un peu d’histoire sportive


Depuis la conception initiale des dirigeants de l’Auto, tour-de-f.01.jpg

Henri Desgrange, créateur du
Tour de France en 1903

le Tour de France connut bien des modifications. Lorsque l’on voudra écrire sur le Tour de France, il faudra toujours s’en rapporter à notre ami Charles Ravaud, qui en fut l’historiographe précis, et, dirai-je, amoureux. Le premier Tour fut donc couru en 1903. C’était un petit tour en six étapes : Paris-Lyon, Lyon-Marseille, Marseille-Toulouse, Toulouse-Bordeaux, Bordeaux-Nantes, et Nantes-Paris. Plusieurs jours de repos entre chaque étape permettaient aux coureurs de « récupérer ». La distance totale était environ de 2300 kilomètres.

Maurice Garin, un homme robuste, inscrivit le premier son nom au palmarès de la course. Ce premier Tour n’obtint pas le succès qu’espéraient ses organisateurs. Ceux-ci ne se découragèrent pas. Combien ils eurent raison. Mais la seconde édition de la course fut abîmée par de multiples combinaisons, dont quelques-unes se transformèrent en de véritables attentats. La victoire revint, en fin de compte, à Cornet, par suite de la disqualification de Garin.

Les fâcheux événements de 1904 eurent une influence heureuse sur l’histoire du Tour de France. En 1905, la course fut complètement modifiée. Le nombre des étapes fut porté à onze et la distance à 3000 kilomètres. Soixante concurrents prirent le départ. Dès la première étape, on vit apparaître des clous, servis à profusion sur les routes. On sait que si ce fut la première manifestation de vandalisme imbécile, ce ne fut pas la dernière. Ce Tour de France 1905 se termina par la victoire de Trousselier.

Il marqua le commencement de la popularité de la grande épreuve française. Tout le long de la route, d’enthousiastes sportifs prodiguèrent leurs encouragements aux vaillants routiers. La cause était entendue. Si bien qu’en 1906, le Tour grandit encore... et de 1500 kilomètres d’un coup. René Pottier en sortit vainqueur. En 1907, le Tour de France comportait 14 étapes. Néanmoins, les grandes montagnes n’y figuraient point encore. Et l’épreuve se courait dans le sens contraire de celui qui fut adopté plus tard. La course, de 5000 kilomètres, vit la victoire du célèbre coureur français Petit-Breton, athlète de grande classe et d’un rare courage. En 1908, Petit-Breton renouvela son exploit et remporta son second Tour. En 1909, ce fut le coureur luxembourgeois François Faber, qui arriva vainqueur au Parc des Princes.

Enfin 1910 ! Une grande année dans l’histoire du Tour : l’entrée en scène des Pyrénées. Victoire de Lapize. 1911 : aux Pyrénées, les organisateurs, toujours en veine d’ « améliorations », ajoutent les Alpes. En plus du Tourmalet et de l’Aubisque, il faut gravir le Galibier. Garrigou est vainqueur de justesse devant le Rouennais Duboc. Pas de changement en 1912. Defraye gagne.

En 1913, changement de sens. Dès la seconde étape, la lutte est chaude entre les principaux as : Thys et Petit-Breton. C’est le champion belge qui l’emporte. 1914. Des nouveaux venus dans la course géante donnent du fil à retordre aux anciens. Ces jeunes s’appellent Henri Pelissier, Oscar Egg. Une chute de Egg dans l’étape Belfort-Longwy lui enlève tout espoir de vaincre. Thys finit par battre Pélissier.

Dès 1919, le Tour de France reprend, et, tout de suite, retrouve sa formidable popularité. Beaucoup de grands coureurs, hélas, ne sont pas au poteau de départ. La guerre a fauché Petit-Breton, Lapize, Faber. Christophe, le courageux vétéran, manque la victoire par un accident, et c’est Lambot, un homme résistant, qui fait le meilleur temps.

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Maurice Garin, vainqueur du premier
Tour de France en 1903

Jusqu’en 1914, le Tour se courait par équipe, les hommes de chaque marque devant aider le meilleur d’entre eux. De 1919 à 1924, le Tour fut, en principe, couru individuellement. Mais l’année 1925 assista à la renaissance de l’ancien « esprit d’équipes ». En outre, pour éviter les arrivées en peloton de cinquante hommes dans les étapes plates, longues et fastidieuses, il fut décidé de couper en deux les trop longs parcours, une nouveauté intervenant en conséquence : il n’y aurait pas de jour de repos entre les étapes inférieures à 200 kilomètres. Le jour intermédiaire de repos était maintenu pour les grandes étapes. Au total, 30 jours, 18 étapes, et environ 5400 kilomètres.

L’esprit du Tour de France
Quelles sont les raisons de l’enthousiasme qui, pendant un mois, réunira, le long des 5400 kilomètres, une véritable chaîne sans fin d’admirateurs ? s’interroge Jacques Chabannes. C’est que le Tour de France est, essentiellement, une course nationale. C’est que les vaillants tourneurs visitent la France entière. Partis de Paris, ils arrivent à Paris, ayant parcouru la Normandie, la Bretagne, la côte de l’Atlantique, le Sud-Ouest, les Pyrénées, la côte méditerranéenne, les Alpes, l’Alsace-Lorraine, le Nord, la Picardie, l’Ile-de-France, explique-t-il.

Le Tour de France ! Titre qui frappe les esprits, par ce qu’il représente de gigantesque. Le plus profane des profanes conçoit vaguement, mais conçoit, la somme d’efforts, la volonté inépuisable, le courage surhumain que demande le Tour de France au coureur, non seulement qui le gagne, mais qui parvient au bout de l’immense ruban de routes. C’est ainsi que l’histoire du Tour de France contient la liste à peu près complète de tous les hommes qui ont illustré le sport cycliste, qui ont rendu populaire la machine qu’on appelle « la petite reine ».

On a fait, sur le Tour de France, beaucoup de littérature, ajoute Chabannes. De la bonne et de la mauvaise. On a exalté, avec peut-être un peu d’exagération (mais il le fallait) les « géants de la route », ces hommes prodigieux qui partent un matin à l’assaut de l’Aubisque et du Tourmalet. Pygmées éphémères, triomphant des montagnes éternelles. Ces hommes, poursuivant pendant des milliers de kilomètres leur effort, déployant une incroyable énergie, symbolisent la maîtrise de l’homme sur la matière. On a beaucoup écrit sur le Tour de France. On a aussi parlé des « bagnards de la route », de ces malheureux condamnés à un mois de surhumains efforts.

Là aussi, on a exagéré. Certes, le Tour de France est l’épreuve-limite, ainsi que le disait avec une parfaite justesse son père, M. Henri Desgrange, limite de la force, limite de la volonté, limite du sport. Mais cette limite n’est jamais dépassée. Le combat, dans la montagne, de l’homme et de la route, est le plus grandiose spectacle qu’on puisse concevoir. La route fraîchement tracée dans la neige éternelle, où tout est silence et mort. La lutte sans merci entre ces frères sportifs, ardents à montrer leur supériorité, ardents à vaincre.

Donc, le Tour de France est une rude épreuve. Il faut en parler à ceux qui, comme Tiberghien, l’ont plusieurs fois courue, sans réussir, par suite de malencontreux hasards, à vaincre. Il y a dans les yeux de ces hommes-là, quand ils parlent du Tour, beaucoup de choses. Le souvenir des épreuves passées, de la douleur, des souffrances, de l’accablante fatigue qui les couchait parfois exténués sur le bord de la route. Mais il y a aussi, dans leurs yeux, le souvenir de l’ivresse des victoires, et une grande force confiante, cette calme certitude des hommes qui ont voulu et qui ont pu.

Chabannes rapporte le témoignage d’un des grands champions cyclistes de l’époque, Oscar Egg (détenteur pendant 19 ans le record de l’heure), qui raconte avoir voulu boire dans une descente dans le Tour 1914, entre Belfort et Longwy : « Je lève mon bidon et me voici par terre. Ma roue avant s’était brisée sur un gros pavé qui se trouvait au milieu de la route. J’avais les mains arrachées et deux trous dans les genoux. Je repars à pied, traînant mon vélo, jusqu’u plus prochain village. On trouve un médecin qui me fait un pansement. J’achète une roue de rechange et je remonte en machine avec une heure et demie de retard, couvert de pansements. J’ai souffert, mais j’ai fini le Tour. Mes plaies suppuraient, à cause de la chaleur de l’effort. A chaque étape, on changeait les pansements, je souffrais réellement. Mais le plus dur c’étaient les crevaisons. Comme je pouvais à peine me servir de mes mains, je perdais beaucoup de temps à changer des boyaux que j’étais obligé d’arracher avec les dents. J’étais bien content d’arriver à Paris. »

Et pensez qu’Egg termina ce Tour de France 1914, dixième du classement général. La même année, après s’être cassé la clavicule en février, il avait pris la seconde place dans les Six-Jours de Paris, il avait gagné Paris-Tours. Quelques jours avant le départ du Tour, il venait de battre le fameux record mondial de l’heure sans entraîneurs sur piste. Combien d’autres exemples de courage, d’abnégation, de volonté pourrait-on citer ! Et comment n’admirerait-on pas ces hommes qui concluent simplement : « Oui, le Tour, c’est dur ».

Propagande et industrie
J’entends les détracteurs du cyclisme sur route qui s’écrient : « Eh bien, c’est entendu ! Nous voici convaincus de la valeur athlétique, du courage de vos rois de la pédale. A quoi tout cela mène-t-il, s’il vous plaît ? A la publicité. Ces hommes fourniront une somme de splendides efforts pour que les industriels insèrent dans les journaux d’énormes placards : Si X... a gagné telle course, c’est parce qu’il montait la bicyclette Z... Sans parler du frein, du pneu, de la selle. »

Rien de plus exact. Nous avons longuement vu que le cyclisme sur route – et très particulièrement le Tour de France – constituaient un remarquable moyen de propagande. Depuis le premier Paris-Brest-Paris, organisé par le Petit Journal, jusqu’au Tour de France, c’est grâce à la compétition, au sport, que le cyclisme a pris son essor, a conquis sa suprématie. Il est tout à fait normal que le sport sur route soit un bon élément de publicité. Nous sommes en présence d’un triangle parfait. L’industrie prospère grâce au sport. Le sport vit, grâce à la publicité. Les maisons de cycles entretiennent des coureurs, payés à l’année, pour porter leurs couleurs. Et si les marques ne faisaient pas les frais de ce qu’on appelle une « écurie », si elles ne donnaient pas des budgets de publicité aux journaux organisateurs, le cyclisme sur route, qui ne produit aucune recette disparaîtrait.

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Henri Cornet, vainqueur du Tour de France
en 1904 et à ce jour le plus jeune
vainqueur de l’épreuve (à peine 20 ans)

Il faut, au demeurant, convenir que si le Tour de France, par exemple, démontre la grande classe de son vainqueur (et des dix coureurs occupant les dix premières places du classement), il est incontestable qu’il prouve la valeur d’un vélo, sa solidité et sa légèreté. Le Tour de France a fait beaucoup pour le sport. Pour attirer l’attention d’un public profane – l’attention des néophytes –on doit avoir recours à des épreuves monstres qui frappent l’imagination.

L’œuvre de propagande du Tour de France, avec son chapelet de régions, de cils visités, est infiniment plus considérable. On peut même dire qu’elle est incalculable. Réjouissons-nous-en hautement. La France tient nettement la tête dans l’industrie cycliste mondiale. Nous avons en France une dizaine de grandes marques de cycles, sans compter les nombreux petits constructeurs. La population française qui vit du cycle est importante. La statistique, pour approximative qu’elle soit, permet d’évaluer que les constructeurs emploient constamment environ 100 000 ouvriers spécialistes. Les industries qui se rattachent au cyclisme, les fabricants de pneus, de selles, de chaînes, de pédales, de freins, de guidons occupent plus de 300 000 travailleurs manuels.

On ne peut évaluer avec beaucoup de précision les réparateurs, loueurs, constructeurs. Mais ils sont plusieurs centaines de milliers en France. Pensons aussi aux fabricants d’accessoires. Pensons enfin aux agents de publicité, aux soigneurs et aux masseurs. N’oublions pas enfin les coureurs, tant les « as » que les petits, régionaux et locaux, desquels tirent tout ou partie de leurs ressources des courses départementales ou d’épreuves plus modestes encore. Un de nos amis, spécialiste du cyclisme, calculait qu’il faut compter en France au moins sept cent mille personnes vivant de l’industrie du cycle ou de ce qui s’y rattache.

De toutes les épreuves routières, le Tour de France est de loin celle qui a la plus grande action en faveur de notre sport, conclut Jacques Chabannes. A ce point de vue, son utilité nationale est considérable. Voilà ce qu’est le Tour de France et voilà pourquoi il représente à nos yeux la course-type de propagande et aussi la course-limite de l’effort sportif. Pendant un mois, des télégrammes, des sans-fils sillonneront le monde, signalant les efforts héroïques, les luttes sans merci de ces hommes poursuivant pendant plus de cinq mille kilomètres la victoire.

Cette année la 99ième édition partira de Liège le 30 juin pour rejoindre Paris le 22 juillet 2012.

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