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Le Blog De Papy-Bougnat

  • Papy-bougnat
  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
Dans ce blog vous trouverez un peu de vérité, beaucoup de passion, et quelques coups de gueule 
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Traducteur

A L'affiche..

La culture Ne s'hérite pas, Elle se conquiert. 

 

[André Malraux]

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 07:35

 

 

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Les voitures de papa et de pépé……à travers le temps.

 

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Tome 2

 

La semaine prochaine  Tome 3

 

C’était aujourd’hui ;     

 

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Les voitures de papa et de pépé……à travers le temps.

 

Tome 2

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 08:10

 

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Les voitures de papa et de pépé……à travers le temps.

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Tome 1

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 15:27

 

Aujourd’hui...

 

 

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Un sport insolite : la puçomachie en 1897


D'après « L'Auto-Vélo », paru en 1897

 

Après la course cycliste, le football, l’aviron, la course en sac, le concours de natation ou celui de pêche à la ligne, une initiative insolite voit le jour en 1897 : une lutte entre deux puces.

La nouvelle ne manque pas d’originalité, écrit le journaliste et cycliste émérite Edouard de Perrodil. Le mot est faible. Il se pourrait, en effet, que l’événement qu’elle nous annonce eût les conséquences les plus grandes sur l'avenir du sport en général. Qui sait ? Il y a là, peut-être, le germe d'une transformation radicale dans la constitution du monde sportif actuel. Voici, au reste, ce dont il s'agit.

pucomaachie.jpgUn sportsman fort distingué, que je désignerai simplement par un nom d'emprunt, ignorant totalement si la publicité faite ainsi par moi lui serait agréable, M. Barbebrune, a eu l'idée de matcher... vous ne devineriez jamais qui ? Deux puces.

Ce sportsmen distingué s'est tenu à lui-même le raisonnement plein de bon sens suivant : la lutte sportive est aujourd'hui à l'ordre du jour, et tout ce qui affecte ce caractère est certain d'obtenir du succès auprès du public contemporain. Nous avons la course cycliste, d'abord, n'est-ce pas, qui obtient encore un succès incontesté ; je ne parle pas de la course de chevaux, vieille comme Hérode ; je ne parle pas davantage de la course à ânes plus vieille qu'Hérode, ni de la course en sac, qui date d'Abraham ; mais nous avons le football (plus ou moins rugby), l'aviron, le cricket, le law-tennis, le tir aux pigeons, le concours de pêche à la ligne, celui de pompes à incendie, presque aussi vieux que les allumettes chimiques ; la course plus moderne des motocycles, le concours de natation, de plongeon ; la tauromachie, la course en charrette à bras, que nous pourrions également dénommer la rigolomachie, etc., etc.

Toutes ces courses, tous ces jeux, toutes ces luttes passionnent le public, c'est indéniable. Eh bien ! s'est dit notre distingué sportsman, j'ai envie d'essayer une lutte, un match, pour mieux dire, entre deux puces ; je suis certain, en alliant ainsi l'originalité à un genre de spectacle tout à fait au goût du jour, d'obtenir un succès phénoménal. Tel fut le raisonnement. Et comme notre sportsman était un homme d'action il entreprit résolument de mettre son idée en pratique.

L'entraînement des deux puces, fut, paraît-il, assez long, mais moins dur cependant qu'on ne pourrait se l'imaginer. Le spectacle de ce match extrêmement curieux a été donné dans une localité dont je tairai également le nom afin de ne pas attenter à la modestie de ses habitants, mais le succès obtenu a été colossal. Tellement colossal que la totalité des personnes accourues à cette lutte sportive, ont tout de suite vu là le point de départ d'une véritable révolution.

Il est certain, en effet, que toute une catégorie de héros ou d’héroïnes comme on voudra, va naître de ce nouveau genre de spectacle. Il y aura des puces célèbres d'abord ; ce sera un véritable honneur d'être piqué par elles, puis tout un art de la puçomachie ; nous verrons des compétences puçomachiques qui connaîtront par coeur la table des records établis, battus et rebattus par Mlle Picassou, la puce imbattable. Qui sait ? Avant quelques mois les murs annonceront peut-être l'apparition du « Puçomane », journal exclusivement puçomachique. Voilà ce que se sont dit les nombreux spectateurs accourus à l'appel du sportsman qui a eu l'idée de présenter au public ce match d'un nouveau genre.

On dit et on répète que les courses vélocipédiques font moins d'argent qu'autrefois. Dormez tranquilles, directeurs de vélodromes, mes amis, voilà un genre nouveau qui est sûr d'obtenir en du succès auprès du public contemporain : la puçomachie. Vous en serez quittes pour débaptiser vos établissements. Vous les appellerez des puçodromes, tout simplement.

 

 

C’était aujourd’hui ;    

 

 

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la puçomachie

 

"Rendez -vous dimanche prochain pour un autre regard vers le passé"

 

Bonne semaine à toutes & tous

 


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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 08:56

 

  Aujourd’hui...

 

 

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Changement d’heure
(heure d’été / heure d’hiver) :
une idée de Benjamin Franklin en 1784

(Lettre de Franklin parue dans le « Journal de Paris » du 26 avril 1784)

 

 

Instituée en 1975 en France et appliquée l’année suivante suite au choc pétrolier de 1973, l’heure d’été, qui avait déjà été adoptée en 1916 puis abandonnée en 1946, est une idée suggérée par Benjamin Franklin en 1784, dans une lettre qu’il envoie alors au Journal de Paris, lequel en fournit une traduction à ses lecteurs : quantifiant son projet, le diplomate et savant y voit une façon efficace de réaliser de substantielles économies de bougies et chandelles

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Ecrivant au Journal de Paris, Benjamin Franklin s’exprimait ainsi : « Messieurs vous nous faites souvent part des découvertes nouvelles ; permettez-moi de vous en communiquer une dont je suis moi-même l’auteur, et que je crois pouvoir être d’une grande utilité.

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Lettre de Franklin dans le
Journal de Paris du 26 avril 1784

« Je passais il y a quelques jours, la soirée en grande compagnie, dans une maison où l’on essayait les nouvelles lampes de MM. Quinquet et Lange ; on y admirait la vivacité de la lumière qu’elles répandent mais on s’occupait beaucoup de savoir si elles ne consumaient pas encore plus d’huile que les lampes communes, en proportion de l’éclat de leur lumière, auquel cas on craignait qu’il n’y eût aucune épargne à s’en servir : personne de la compagnie ne fut en état de nous tranquilliser sur ce point, qui paraissait à tout le monde très important à éclaircir, pour diminuer, disait-on, s’il était possible, les frais des lumières dans les appartements, dans un temps où tous les autres articles de la dépense des maisons augmentent si considérablement tous les jours.

« Je remarquai, avec beaucoup de satisfaction, ce goût géreral pour l’économie, car j’aime infiniment l’économie. Je rentrai chez moi et me couchai vers les trois heures après minuit, l’esprit plein du sujet qu’on avait traité. Vers les six heures du matin je fus réveillé par un bruit au-dessus de ma tête, et je fus fort étonné de voir ma chambre très éclairée : endormi, j’imaginai d’abord qu’on y avait allumé une douzaine de lampes de M. Quinquet ; mais en me frottant les yeux, je reconnus distinctement que la lumière entrait par mes fenêtres ; je me levai pour savoir d’où elle venait, et je vis que le soleil s’élevait à ce moment même des bords de l’horizon, d’où il versait abondamment ses rayons dans ma chambre, mon domestique ayant oublié de fermer mes volets : je regardai mes montres, qui sont fort bonnes, et je vis qu’il n’était que six heures, mais trouvant extraordinaire que le soleil fût levé de si bon matin, j’allai consulter l’almanach où l’heure du lever du soleil était, en effet, fixée à six heures précises pour ce jour-là ; je poussai un peu plus loin ma recherche, et je lus que cet astre continuerait de se lever tous les jours plus matin jusqu’à la fin du mois de juin, mais qu’en aucun temps de l’année il ne retardait son lever jusqu’à huit heures.

« Vous avez sûrement, messieurs, beaucoup de lecteurs des deux sexes, qui, comme moi, n’ont jamais vu le soleil avant onze heures ou midi, et qui lisent bien rarement la partie astronomique du calendrier de la cour ; je ne doute pas que ces personnes ne soient aussi étonnées, d’entendre dire que le soleil se lève de si bonne heure, que je l’ai été moi-même de le voir : elles ne le seront pas moins de m’entendre assurer qu’il donne sa lumière au même moment où il se lève ; mais j’ai la preuve de ce fait, il ne m’est pas possible d’en douter, je suis témoin oculaire de ce que j’avance ; et en répétant l’observation les trois jours suivants, j’ai obtenu constamment le même résultat. Je dois cependant vous dire que lorsque j’ai fait part de ma découverte dans la société, j’ai bien démêlé, dans la contenance et l’air de beaucoup de personnes, un peu d’incrédulité, quoiqu’elles aient eu assez de politesse pour ne pas me le témoigner en termes exprès. J’ai trouvé aussi sur mon chemin un philosophe qui m’a assuré que j’étais dans l’erreur sur l’article de ma relation où je disais que la lumière entrait dans ma chambre ; que je concluais mal à propos ce prétendu fait, de ce que mes volets étaient demeurés ouverts, et que cet événement accidentel n’avait pas servi à introduire la lumière, mais seulement à faire sortir l’obscurité ; distinction qu’il appuyait de plusieurs arguments ingénieux, en m’expliquant comment j’avais pu me laisser tromper par l’apparence : j’avoue qu’il m’embarrassa, mais sans me convaincre ; et mes observations postérieures, dont j’ai fait mention ci-dessus, m’ont confirmé dans ma première opinion.

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Banjamin Franklin

« Quoiqu’il en soit, cet événement m’a suggéré plusieurs réflexions sérieuses, et que je crois importantes : j’ai considéré que sans l’accident qui m’a éveillé ce jour-là si matin, j’aurais dormi environ six heures de plus, à la lueur des bougies. Cette dernière manière de s’éclaire, étant beaucoup plus coûteuse que la première, mon goût pour l’économie m’a conduit à me servir du peu d’arithmétique que je sais, pour faire quelques calculs sur cette matière, et je vous les envoie, messieurs, en vous faisant observer que le grand mérite d’une invention est son utilité, et qu’une découverte, dont on ne peut faire aucune usage, n’est bonne à rien. Je prends, pour base de mon calcul, la supposition qu’il y a 100 mille familles à Paris qui consomment chacune, pendant la durée de la nuit, et les unes dans les autres, une demi-livre de bougie ou de chandelle par heure : je crois cette estimation modérée, car quoique quelques-unes consomment moins, il y en a un grand nombre qui consomment beaucoup davantage. Maintenant je compte environ sept heures par jour, pendant lesquelles nous sommes encore couchés, le soleil étant sur l’horizon, car il se lève, pendant six mois, entre six et huit heures avant midi, et nous nous éclairons environ sept heures dans les vingt-quatre avec des bougies et des chandelles : ces deux faits me fournissent les calculs suivants.

« Les six mois du 20 mars au 20 septembre me donnent 183 nuits ; je multiplie ce nombre par sept, pour avoir le nombre des heures pendant lesquelles nous brûlons de la bougie ou de la chandelle, et j’ai 1281 : ce nombre multiplié par 100 mille qui est celui des familles, donne 128 100 000 heures de consommation, à supposer, comme je l’ai dit, une demi-livre de bougie ou de chandelle consommée par chaque heure dans chaque famille, on aura 64 050 000 livres pesant de cire ou de suif consommés à Paris ; et si l’on estime la cire et le suif l’un dans l’autre au prix moyen de 30 sous la livre, on aura une dépense annuelle de 96 075 000 livres tournois, en cire et suif ; somme énorme, que la seule ville de Paris épargnerait en se servant, pendant les six mois d’été seulement, de la lumière du soleil, au lieu de celle des chandelles et des bougies ; et voilà, messieurs, la découverte que j’annonce, et la réforme que je propose.

« Je sais qu’on me dira que l’attachement aux anciennes habitudes est un obstacle invincible à ce qu’on adopte mon plan ; qu’il sera plus que difficile de déterminer beaucoup de gens à se lever avant 11 heures ou midi, et que par conséquent ma découverte restera parfaitement inutile mais je répondrai qu’il ne faut désespérer de rien : je crois que toutes les personnes raisonnables, qui auront lu cette lettre, et qui, par son moyen, auront appris qu’il fait jour aussitôt que le soleil se lève, se détermineront à se lever avec lui ; et quant aux autres, pour les faire entrer dans la même route, je propose au gouvernement de faire les règlements suivants :

changement d.03« 1°. Mettre une taxe d’un louis sur chaque fenêtre qui aura des volets, empêchant la lumière d’entrer dans les appartements aussitôt que le soleil est sur l’horizon.

2°. Etablir pour la consommation de la cire et de la chandelle dans Paris, la même loi salutaire de police qu’on a faite pour diminuer la consommation du bois pendant l’hiver qui vient de finir ; placer des gardes à toutes les boutiques des ciriers et des chandeliers, et ne pas permettre à chaque famille d’user plus d’une livre de chandelle par semaine.
3°. Placer des gardes qui arrêteront tous les carrosses dans les rues après la nuit fermée excepté ceux des médecins, des chirurgiens et des sages-femmes.
4°. Faire sonner toutes les cloches des églises au lever du soleil ; et si cela n’est pas suffisant, faire tirer un coup de canon dans chaque rue pour ouvrir les yeux des paresseux sur leur véritable intérêt.

« Toute la difficulté sera dans les deux ou trois premiers jours, après lesquels le nouveau genre de vie sera tout aussi naturel et tout aussi commode que l’irrégularité dans laquelle nous vivons ; car il n’y a que le premier pas qui coûte. Forcez un homme de se lever à quatre heures du matin, il est plus que probable qu’il se couchera très volontiers à huit heures du soir ; et qu’après avoir dormi huit heures il se lèvera sans peine à quatre heures le lendemain marin. L’épargne de cette somme de 96 075 000 livres tournois, qui se dépensent en bougies et chandelles, n’est pas le seul avantage de mon économique projet. Vous pouvez remarquer que mon calcul n’embrasse qu’une moitié de l’année, et que par les mêmes raisons on peut épargner beaucoup, même dans les six mois d’hiver, quoique les jours soient plus courts. J’ajoute que l’immense quantité de cire et de suif qui restera après la suppression de la consommation de l’été, rendra la cire et le suif à meilleur marché l’hiver suivant et pour l’avenir, tant que, la réforme que je propose se soutiendra.

« Quoique ma découverte puisse procurer de si grande avantages, je ne demande, pour l’avoir communiquée au public avec tant de franchise, ni place, ni pension, ni privilège exclusif, ni aucun autre genre de récompense, je ne veux que l’honneur qui doit m’en revenir si l’on me rend justice. Je prévois bien que quelques esprits étroits et jaloux me le disputeront ; qu’ils diront que les anciens ont eu cette idée avant moi, et peut-être trouveront-ils quelques passages dans de vieux livres pour appuyer leurs prétentions. Je ne leur nierai point que les anciens ont connu, en effet, les heures du lever du soleil ; peut-être ont-ils eu, comme nous, des almanachs où ces heures étaient marquées ; mais il ne s’ensuit pas delà qu’ils aient su ce que je prétends avoir enseigné le premier, qu’il nous éclaire aussitôt qu’il se lève : c’est là que je revendique comme ma découverte.

« En tout cas si les anciens ont connu cette vérité, elle a été bien oubliée depuis et pendant longtemps, car elle est certainement ignorée des modernes ou au moins des habitants de Paris, ce que je prouve par un argument bien simple. On sait que les Parisiens sont un peuple aussi éclairé, aussi judicieux, aussi sage qu’il en existe dans le monde. Tous, ainsi que moi, ont un grand goût pour l’économie, et font profession de cette vertu ; tous ont de très bonnes raisons de l’aimer, chargés comme ils le sont des impôts très pesants qu’exigent les besoins de l’État : or cela posé, je dis qu’il est impossible qu’un peuple sage, dans de semblables circonstances, eût fait si longtemps usage de la lumière fuligineuse, mal saine et dispendieuse de la bougie et de la chandelle, s’il eût connu, comme je viens de l’apprendre et de l’enseigner, qu’on pouvait s’éclairer pour rien de la belle et pure lumière du soleil. »


 

C’était aujourd’hui ; 

 

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Changement d’heure 
(heure d’été / heure d’hiver) :

 

 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 06:15

 

 

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Légion d’honneur : décoration nationale
visible partout et par tous

(D’après « Le Petit Journal illustré », paru en 1932)

 

 

 

L’Ancien Régime vit se créer un grand nombre d’ordres de chevalerie. Mais la plupart n’allèrent pas au-delà de la Renaissance, quatre seulement subsistant jusqu’à la Révolution. Prenant conscience que les armes d’honneur, dont on gratifiait les méritants, ne sauraient constituer une récompense « visible et connue de tous à tout instant et partout », Bonaparte y remédie en 1804, en leur substituant un insigne plus facile à arborer et en instituant la Légion d’honneur

Les quatre ordres subsistant à la Révolution furent l’ordre de Saint-Michel, que Louis XI avait institué en 1469 ; l’ordre du Saint-Esprit, créé par Henri III en 1578, et deux ordres militaires : l’ordre de Saint-Louis, fondé par Louis XIV en 1696, et le mérite militaire, établi par Louis XV en 1759.

Ces deux derniers ordres étaient réservés aux officiers. Le soldat, sous l’Ancien régime, n’avait droit à aucune récompense, si héroïque qu’il se fût montré dans les combats. Quant aux deux ordres civils, seuls pouvaient y prétendre les personnages de la noblesse. Les gens du peuple et les bourgeois, même s’ils avaient rendu d’éminents services à l’Etat, n’y avaient point accès. Cependant, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, on vit l’ordre de Saint-Michel décerné à quelques artistes célèbres et particulièrement à quelques comédiens et comédiennes bien en Cour.

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Croix de la Légion d’honneur sous la IIIe République

Comment fut créé l’ordre
La Révolution, par une loi de 1791, avait supprimé « pour jamais » toute décoration. Mais les distinctions honorifiques étaient à peine abolies qu’on s’aperçut combien elles étaient nécessaires. Les soldats de la République n’étaient plus, comme sous l’Ancien Régime, de simples mercenaires. Comment récompenser ceux d’entre eux qui avaient rendu, en combattant, des services à l’Etat ?... A défaut de décoration, on leur donnait des armes d’honneur. Mais du jour où ils quittaient l’armée, plus rien ne les désignait à l’estime publique, car ces fusils, ces sabres, ces haches d’abordage, ornés d’inscriptions rappelant leurs actes d’héroïsme, ils ne pouvaient les porter avec eux sous le costume civil. Rentrés dans leurs foyers, ils perdaient complètement le bénéfice extérieur des distinctions dont ils avaient été l’objet.

C’est là, surtout, la raison qui décida Bonaparte, premier consul, à rétablir les décorations. Dans l’exposé de son projet de la légion d’honneur, il disait fort justement : « Le Français aime la gloire, mais il veut être remarqué. » Et il racontait qu’à la bataille de Rivoli un cavalier l’avait sauvé en recevant un coup qui lui était destiné. « Je lui demandai, dit Bonaparte, ce qu’il voulait pour récompense. Il me répondit qu’il avait déjà un sabre d’honneur, et que, par conséquent, je ne pouvais rien de plus pour lui... En effet, concluait le futur empereur, je ne pus rien faire. »

Et c’est pourquoi il disait encore dans son exposé : « Il faut qu’on puisse récompenser ceux qui le méritent, mais il faut que cette récompense soit visible et connue de tous à tout instant et partout. Un insigne n’est-il pas plus facile à montrer que toutes les armes d’honneur ? » En outre, les artistes, les savants, les hommes qui, dans l’industrie, le commerce ou l’administration, avaient rendu des services au pays, se plaignaient justement de ne pas avoir leur part dans la reconnaissance nationale.

C’est pour remédier à ce double inconvénient qu’en 1802 Bonaparte décida de créer un ordre destiné à récompenser également le courage militaire et le mérite civil. Il vint en personne défendre son projet devant le Conseil d’Etat. Tout en approuvant l’institution, certains conseillers voulaient qu’elle fût réservée exclusivement aux militaires. Bonaparte leur répondit :

« Nous sommes trente millions d’hommes réunis par les lumières, la propriété, le commerce ; trois ou quatre cent mille militaires ne sont rien auprès de cette masse ? Les soldats eux-mêmes ne sont que les enfants des citoyens. L’armée, c’est la nation. Si l’on distinguait les hommes en militaires et en civils, on établirait deux ordres, tandis qu’il n’y a qu’une nation ».

D’autres estimaient que les croix et les rubans n’étaient que des hochets bons pour la monarchie. Le premier consul leur répliqua avec vivacité : « Je défie qu’on me montre une république, ancienne ou moderne, dans laquelle il n’y a pas eu de distinctions. On appelle cela des hochets ; eh bien ! c’est avec des hochets qu’on mène les hommes ! » Cette déclaration, dénuée d’artifice, triompha des oppositions. Finalement, le projet de loi, adopté par le Conseil d’Etat, fut voté par le Tribunat par 50 voix contre 38, et par le Corps législatif à la faible majorité de 166 voix contre 110.

L’ordre était organisé en seize cohortes, comprenant chacune sept grands officiers, vingt « commandants », trente officiers, et trois cent cinquante légionnaires, ce qui faisait un total de 6512 membres. A ces quatre classes, un décret de janvier 1805 en ajouta une cinquième. Ce fut le plus haut degré dans la hiérarchie de la légion d’honneur, celui de grand-aigle qui, depuis, a pris le nom de grand-croix.

La forme choisie pour la décoration fut celle d’une étoile à cinq branches avec, au centre, sur l’avers, l’effigie de Napoléon Ier entourée d’une couronne de chêne et de laurier ; et au revers, un aigle tenant la foudre, avec la légende : honneur et patrie.

Premières solennités
C’est dans la chapelle de l’Hôtel des Invalides, ou comme on l’appelait alors, dans le « Temple de Mars » qu’eut lieu, le 15 juillet 1804, la première distribution solennelle des croix de la légion d’honneur. Napoléon voulut que cette cérémonie fût entourée du plus grand éclat.

Après un éloquent discours du grand-chancelier, le comte de Lacépède, on fit l’appel des dignitaires, qui s’approchèrent successivement du trône de Napoléon pour prêter le serment individuel prescrit par les statuts. Puis l’empereur, se couvrit et, s’adressant aux commandants, officiers et légionnaires, prononça d’une voix forte la formule du serment. Tous les membres de la légion, debout, la main levée, répondirent : « Je le jure ! »

Les décorations furent ensuite déposées au pied du trône dans des bassins d’or, et l’empereur les remit à leurs titulaires. Cette phase de la solennité inspira au peintre Debret le célèbre tableau qui figure au musée de Versailles. Une tradition veut que le premier décoré ait été un vétéran du nom de Coignet. Quelques vieux officiers républicains, ceux que Bonaparte appelait « les mauvaises têtes », ne répondirent pas à l’appel de leur nom. Mais l’immense majorité de l’armée et de la nation accueillit avec joie la création de la Légion d’honneur.

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Première distribution de la Légion d’honneur au camp de Boulogne, le 16 août 1804

Un mois plus tard, le 16 août, cette fête devait se renouveler au camp d’Ambleteuse, près de Boulogne-sur-Mer, où se trouvait réunie une armée de 70 000 hommes destinée à la descente en Angleterre. Du haut de son trône, qui était, dit-on, le fauteuil de Dagobert, et qui dominait un vaste hémicycle occupé par les troupes, l’empereur découvrait toute l’armée, les batteries de côté, l’entrée du port et une partie de la rade.

Les militaires désignés vinrent successivement recevoir des mains de Napoléon les décorations qui leur étaient destinées. Pendant la cérémonie, des vaisseaux anglais s’étant imprudemment approchés de la côte furent canonnés par les bâtiments de la flotille française. Et, devant une foule de plus de cent mille personnes, accourue de tous les points de la région septentrionale, la cérémonie se déroula, imposante et solennelle, au milieu des clameurs d’enthousiasme que ponctuait la grande voix du canon.

Depuis l’institution de la Légion d’honneur
Du début à la fin du premier Empire, il fut fait 48 000 nominations dans la légion d’honneur, dont 1 400 seulement dans l’élément civil. La Restauration maintint la Légion d’honneur mais elle remplaça l’effigie de son fondateur par celle d’Henri IV. Elle fit même de cette distinction un usage immodéré, et, dans ses deux premières années, ne distribua pas moins de dix mille croix.

Sous Louis-Philippe, on commença à se plaindre de la facilité avec laquelle on décorait les gens. A cette époque, l’effectif constaté était de 96 grands-croix, 216 grands-officiers, 825 commandeurs, 4061 officiers, et un nombre considérable de chevaliers. Comme remède à cet abus, la Chambre des députés vota, en 1840, la limitation en décidant que, dorénavant, il ne serait plus permis de s’écarter des chiffres fixés que pour faits de guerre.

Le second Empire rétablit, sur les décorations, l’effigie de Napol&on Ier. Enfin, le 20 octobre 1870, le gouvernement de la Défense nationale décréta que la couronne impériale qui surmontait la décoratio serait remplacée par une couronne de chêne et de laurier, et que l’effigie de la République, avec l’exergue République française 1870, serait substituée à celle de Napoléon Ier ; et, au revers, à la place de l’aigle, deux drapeaux tricolores en sautoir avec la devise honneur et patrie.

Le décret du 27 février 1951 institue encore quelques modifications. A l’avers figure l’effigie de la République entourée de l’inscription République française, tandis qu’au revers apparaissent le drapeau et l’étendard entourés de la devise honneur et patrie, sur fond d’émail bleu. Enfin, la Ve République apporte un seul changement, par le biais du décret en date du 28 novembre 1962 : est ajouté au revers la mention 29 floréal an X sur le cercle d’émail bleu, en plus de la devise honneur et patrie.

Telles furent les diverses phases de l’histoire du glorieux ordre national de la légion d’honneur, auquel un musée est consacré, occupant une aile moderne élevée entre 1922 et 1925 sur l’emplacement des anciennes écuries de l’hôtel de Salm, à Paris. Il fut créé à l’initiative du général Dubail et financé grâce à une souscription ouverte parmi les légionnaires et les médaillés militaires, dont le succès fut particulièrement vif aux Etats-Unis. Il a été inauguré en 1925. Agrandi et transformé au début des années 1930, il abrite des collections d’une incalculable richesse sur l’histoire des décorations et en particulier de la Légion d’honneur.

Notons à propos de la décoration nationale un détail très peu connu. Il s’agit d’une contrefaçon exotique de ce dernier. En 1849, à Haïti, le président Soulouque, à l’occasion de sa proclamation comme empereur sous le nom de Faustin Ier, créa un ordre de la Légion d’honneur absolument calqué sur le nôtre. Mais cet « ersatz » de la grande institution de Bonaparte n’eut qu’une existence éphémère.

 

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 06:02

 

 

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Le couple futur :

"Interrogations sur
les rapports hommes femmes à l’avenir"

 

(D’après « Les Annales politiques et littéraires », paru en 1912)

 


« Jamais on ne s’occupa plus passionnément qu’aujourd’hui des problèmes relatifs à la constitution et à l’avenir du mariage. On se marie plus vite et plus légèrement qu’autrefois ; mais ce lien est aussi plus fragile ; les facilités du divorce font de l’hymen une chose sans solidité, sans durée, et de peu d’importance », écrit en 1912 le directeur des Annales politiques et littéraires, qui s’interroge sur le couple futur.

 


Bientôt, ici même, explique Adolphe Brisson, Paul Bourget vous dira les dangers qui menacent la famille, les causes profondes de son affaiblissement. Jules Bois — qui venait alors de publier Le couple futur — apporte sa pierre au même édifice. Il énonce quelques vérités essentielles qui se rapportent au féminisme... il rejoint ainsi ses débuts.

Toujours ces questions le préoccupèrent. Ce fut en lisant un ouvrage de Raymond Lulle, un opuscule mystérieux où était annoncé l’avènement de la Femme incarnée en-Messie, qu’il devint féministe, nous explique Brisson. Il l’est demeuré. Mais encore faut-il s’entendre sur la signification du mot. Jules Bois s’applique à le définir et c’est un des morceaux les plus piquants du Couple Futur.

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Il y a plusieurs façons pour un homme d’être féministe. Il y a la façon traditionnelle et classique. L’homme traite la femme en poupée, il développe sa coquetterie, il l’enivre d’un encens qui l’hypnotise ; il lui parle comme à une idole ou à un enfant. Son but est de la conquérir, de la gagner à sa propre cause sous le prétexte d’embrasser la sienne ; il l’aime pour soi.

L’autre manière d’être féministe est très différente. Elle consiste, non plus à flatter la femme, mais à l’élever, à l’instruire de ses devoirs et de ses droits, à exciter son courage, à la seconder dans les belles initiatives, à l’armer pour la lutte, à la défendre contre les pièges de l’indépendance et de la révolte, aussi dangereux que les narcotiques de l’esclavage ; elle consiste à l’éclairer au lieu de l’opprimer ou de l’asservir, à la traiter en collaboratrice, en égale, à l’aimer pour elle-même. Cette méthode est la bonne, selon Jules Bois. Il s’y rallie. Et il trace un saisissant tableau de l’évolution féminine, depuis les origines du monde jusqu’au jour présent. Ce chapitre pourrait s’intituler : « Les Variations de la Femme à travers les Ages. »

D’abord, ce sont les temps barbares, l’animalité de l’anthropoïde et de la gynoïde, temps obscurs pareils à ceux de l’embryon, manifestations d’une existence purement physique et dominée par l’instinct. Puis, peu à peu, dans les femelles dégrossies s’éveille l’intuition du divin, le goût d’un idéal ; la famille, la tribu, la cité, se fondent ; l’Eve préhistorique cultive la terre et le feu, alimente la flamme, origine et centre du foyer. C’est la deuxième période, l’ère du Matriarcat.

Ensuite, la femme abuse de son influence, de son pouvoir ; elle commande, elle veut commander seule, comme Sémiramis et Cléopâtre. Aux sages douceurs du Matriarcat succèdent — c’est la troisième phase — les violences et le despotisme effréné de l’Amazonisme. Devant cette tyrannie, le mâle s’insurge. De tous les points du monde, il accourt pour détruire la domination des reines guerrières. Hercule, Thésée, Achille, Sarpédon, Dionysos, bien d’autres triomphent d’elles.

Les légendes et même les débris de l’art antique en témoignent. L’épée a la main, sur les ruines fumantes et devant un cortège de viragos domptées, ils imposent la loi de la force et dé la raison masculines. Voilà la femme abaissée, subordonnée, reléguée au rang de serve. Ce règne dure depuis deux mille ans . Il est en train de finir. La femme, lasse de sa longue sujétion, frémit sous le joug ; on la devine impatiente de le secouer ; elle aspire à la liberté ; elle s’émancipe. Et c’est là que nous en sommes.

Qu’adviendra-t-il de ce mouvement ? s’interroge Adolphe Brisson. L’Eve de demain, en germe dans l’Eve actuelle (nous sommes en 1912), sera-t-elle la rivale de l’homme, son ennemie ? Lui disputera-t-elle avec âpreté la domination ? La trouvera-t-il sur son chemin dans les carrières où il déploie son activité ? Verrons-nous se multiplier les doctoresses, les avocates ? Verrons-nous naître les députées, les sénatrices, les ministresses ?

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L’homme, conscient du danger, saura-t-il le prévenir, en accordant spontanément à sa compagne certains privilèges qu’elle réclame, en faisant d’elle une associée, en lui offrant de participer à ses travaux ? Jules Bois croit cet accord possible. II raconte, à l’appui de sa thèse, une charmante histoire. Un de ses amis, dénué de fortune, avait épousé une jeune fille élevée dans le luxe et l’oisiveté.

« — Que d’obstacles entre nous, lui disait l’ami dont il recevait les confidences. Intelligente, intellectuelle, mais habituée à une existence d’élégance et de confort, comment pourrait-elle se faire à mon existence rude, condamnée à être extérieure, à s’écouler hors de la maison ? Je le lui déclarai nettement :

« — Vous n’aurez pas votre mari auprès de vous. Je dirige, en ce moment, une grande revue, qui ne m’appartient qu’après des luttes, non encore terminées. Il me faut tenir tête et faire front. Je dois passer les journées dans les salles de rédaction ou d’administration et la nuit dans l’atmosphère de l’imprimerie.

« Loin de s’effrayer, elle me répondit avec douceur :

« — Mon ami, j’irai avec vous,

« Et elle me suivît, en effet. Peu a peu, grâce à sa persévérance, qui, malgré les fatigues, ne m’abandonnait pas dans une tâche souvent ingrate, elle parvint à m’arracher à des minutes mesquines où je me perdais... Car le mouvement inverse de ce que j’avais annoncé se produisit. Elle ne m’avait pas quitté au dehors. Je revins de plus en plus au foyer, où elle m’attacha. Elle infusait dans mon esprit et dans mon coeur cet apaisement, cette sérénité, cette unité de vue aussi, par lesquels nous planons sur les détails et passons des petitesses de l’escarmouche aux grandes lignes de la stratégie sociale.

« Elle a fait de moi, non par la révolte, mais par la docilité, non par la résistance, mais par le consentement, un autre homme, un homme nouveau, et, je puis dire sans crainte de me tromper, supérieur à l’ancien. Grâce à elle, j’ai passé d’un plan à un autre plan, en sautant d’un coup plusieurs échelons. Pendant mon célibat, mon caractère, vite enthousiaste, se dégoûtait vite aussi. Je manquais de fixité. Elle m’en a donné. Mobile et ardent, je le suis resté ; seulement, il y a désormais dans mon destin un axe permanent autour duquel évoluent mes efforts et les circonstances. Tout cela, je le lui dois. »

L’anecdote est significative, reprend le directeur des Annales politiques et littéraires. L’exemple de ce ménage étroitement uni dans le labeur quotidien, dans une communauté de pensée, d’ambition et d’efforts, nous donne peut-être, en effet, l’image de ce que doit être la condition du « couple futur ». Chacun coopérera, selon ses moyens, au bonheur de la maison. L’épouse apportera à l’époux tous les dons qu’elle tient de la nature ; elle les développera mieux, après en avoir pris conscience. L’époux, sans rien perdre de sa dignité, réservera à l’épouse la part qui lui est due, plus large qu’autrefois, moins étroitement bornée aux soins domestiques ; elle le conseillera, l’éclairera, l’assistera efficacement. Ce ne sera plus l’abdication ni l’abus d’autorité, une alternative de victoires ou de défaites, mais une succession de pactes, librement consentis, ou celui qui cède n’est ni humilié ni vaincu...

Voilà l’idéal que nous propose Jules Bois. Il indique les moyens d’y atteindre. Ici, je ne l’approuve pas complètement. Je fais mes réserves, conclut Adolphe Brisson. Je n’aime pas beaucoup certains développements de son livre, en ce qui touche particulièrement à la préparation matrimoniale des jeunes gens. Il glisse dans le système, le paradoxe et l’utopie. Je lui reprocherai encore, littérairement, d’abuser du lyrisme et d’errer un peu trop longtemps sous les arbres de la forêt de Brocéliande. Mais, somme toute, l’ouvrage contient d’excellentes choses ; il incite à réfléchir. Il mérite d’être lu. Il le sera

 

C’était aujourd’hui ;   

 

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"Interrogations sur

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 07:36

 

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Criminalité des mineurs en augmentation
ou quand la société moderne
sacrifie le temps de l’enfance

(D’après « Le Matin », n° du 31 mai 1908)

 

Interrogé en 1908 par le journal Le Matin sur ce qui lui semble constituer le caractère le plus saillant de la criminalité, l’éminent spécialiste italien Scipio Sighele explique que si la fascination du public pour les récits morbides n’a rien d’exceptionnel, si les formes de violence varient selon qu’une civilisation repose sur la force ou la ruse, l’augmentation invraisemblable de crimes et délits commis par des mineurs est en revanche alarmante et nouvelle, y voyant les stigmates d’une société qui, toujours préoccupée de gagner du temps, abrège le temps nécessaire de l’enfance

 

 

Dans l’école criminaliste italienne, dont les théories ont jeté sur la philosophie moderne un si vif éclat, le nom de Scipio Sighele brille à côté de celui de Lombroso, rappelle le journal Le Matin, qui ajoute qu’on vient de traduire en français son ouvrage Littérature et Criminalité, et que le passage à Paris de l’éminent spéciale Sighele est l’occasion de lui demander sa pensée sur les développements de la criminalité actuelle, en 1908.

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Scipio Sighele

Il y a des gens superficiels qui s’étonnent et se scandalisent en voyant que le public est fasciné par les récits des crimes et en recherche les détails dans les journaux avec une curiosité morbide qui grandit de jour en jour. L’observateur calme et sincère de la psychologie collective ne partage pas cette opinion, qui voudrait être morale et qui est seulement ingénue.

On sait, en effet, ou on devrait savoir, que l’âme humaine a toujours été attirée – comme par l’aimant – par le spectacle du mal, et que tout ce qui est horrible ou pervers a toujours eu sur notre imagination un attrait bien plus grand que ce qui est simple et honnête. La légende biblique est très vraie au point de vue psychologique : les fruits de l’arbre du mal sont bien plus savoureux que les fruits de l’arbre du bien.

Je ne sais pas s’il est vrai que les peuples heureux n’ont pas d’histoire, poursuit Sighele : mais je sais qu’on écrit peu d’histoire et surtout qu’on raconte peu de chronique sur les personnes obscurément tranquilles et heureuses. On les admire, peut-être, mais en silence, et en y mettant cette légère teinte d’ironie avec laquelle on regarde dans le monde tout ce qui est simple, normal et sain. Ce sont des figures trop décolorées, trop uniformes, trop monotones pour notre imagination, car notre œil cherche, dans le paysage humain, des profils plus singuliers et plus hardis qui nous donnent par leur renommée, la souffrance de l’envie, ou par leur audace, le frisson de la peur, ou, par leur perversité, le spasme de l’horreur.

Avant de déplorer ce phénomène, il faudrait chercher à l’expliquer. Et, en cherchant, on trouverait qu’il y a une raison ni vulgaire ni morbide au fond de cet inconscient prestige du mal, au fond de cet intérêt qui passionne les foules pour les récits des crimes et les rend avides de chaque détail.

C’est que nous sentons – sans nous l’avouer peut-être – qu’en étudiant les crimes nous nous étudions nous-mêmes, puisque les crimes d’une époque donnée jettent une lueur éclatante sur l’âme de cette époque ; nous entrevoyons que le crime n’est pas autre chose que le reflet de notre vie, le révélateur de nos mœurs, le symbole pathologique de tout ce qui hurle au fond de notre cœur, de tout ce qui frémit dans les cellules de notre cerveau. Il est comme la fièvre qui, en marquant les phases de notre maladie, marque aussi le degré de résistance et de force de notre organisme ; il est la pierre de touche de notre hauteur ou de notre bassesse morale, comme l’ombre est la mesure de notre taille.

Il suffit de mettre en comparaison les crimes modernes avec les anciens, il suffit de remonter des époques les plus lointaines jusqu’à nos jours pour se convaincre que les grands coupables de chaque époque ont toujours été soumis comme nous le sommes tous aux influences de leurs époques, et que ces influences se manifestent aussi dans l’infamie de leurs crimes.

Ainsi, par exemple, dans les civilisations primitives à base de violence, où la lutte pour la vie se pratiquait essentiellement par la force, où le pouvoir politique était conquis par les armes, où la concurrence commerciale se faisait avec les armées et les flottes, la criminalité était toute ou presque toute affaire de violence, de muscles, et procédait par des moyens féroces : le meurtre, le vol à main armée, le viol.

Au contraire, lorsque la civilisation à base de ruse parut, et se greffa sur l’autre, lorsque la lutte pour l’existence commença à être faite de mensonge et de fraude, lorsqu’on ne conquit plus le pouvoir avec la force, mais avec l’argent, alors la criminalité aussi devint moins brutale et plus rusée ; elle fut toute ou presque toute affaire non de muscles mais de cerveau, et elle procéda par des moyens insidieux et obscurs : le vol, la fraude et le faux.

Et ce n’est pas seulement la façon matérielle d’accomplir les crimes, qui change selon les époques, mais c’est aussi ce que j’appellerai l’orientation morale de la criminalité, explique encore Scipio Sighele. Ainsi, par exemple, au Moyen Age, lorsque la religion et la superstition régnaient en souveraines, grâce à la terreur de l’au-delà, les délires plus ou moins sanguinaires de tous les dégénérés avaient toujours une teinte religieuse et, par contre, à notre époque, où les théories scientifiques ont pris le dessus, celles-ci colorent souvent les penchants déséquilibrés des criminels et des fous.

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Les débuts d’un mineur criminel ?

Evidemment, on ne doit pas, pour cela, rendre aujourd’hui la science responsable de certains crimes, comme oserait le prétendre quelque myope réactionnaire, oubliant que l’on devrait aussi logiquement rendre la théologie et l’Eglise responsables des crimes anciens. On doit seulement et simplement constater que, par un phénomène naturel et universel de mimétisme, le crime se conforme aux différentes époques et aux différentes attitudes de la pensée humaine et subit l’influence des conditions du milieu historique.

En tenant compte de ces observations générales et en voulant répondre à la question : Quel est, de nos jours, le caractère le plus saillant de la criminalité ? je ne puis que faire cette constatation triste et grave : c’est qu’aujourd’hui le cachet de la criminalité, non seulement en France, mais dans tous les pays civilisés, est l’augmentation énorme, invraisemblable, des crimes et délits commis par les mineurs.

Une armée criminelle composée d’enfants qui n’ont pas encore dix-huit ou vingt ans, une armée juvénile qui grossit désespérément tous les jours, voilà le phénomène le plus dangereux et le plus douloureux de cette aube de siècle.

C’est la jeunesse qui est malade ! s’exclame Sighele. C’est la jeunesse qui est pourrie ! Et cette maladie qui envahit nos enfants ne se manifeste pas seulement dans le crime, mais aussi dans le suicide. Le nombre des suicides d’enfants va augmentant toujours. On croyait que le dégoût de la vie, le refus de la vie pouvaient germer seulement dans ceux qui connurent la vie, ses douleurs et ses déboires.

Et voilà, au contraire, qu’on se tue à quinze ans, à dix ans, même à six ans ! Ah ! Qui saura jamais imaginer la tempête d’idées trop grandes dans ces cerveaux trop petits ; qui pourra imaginer la souffrance de ces âmes d’enfants avant d’accomplir l’acte fatal ?

Il y a évidemment plusieurs causes à ce phénomène, et je ne peux pas les analyser toutes, dans un article de journal ; mais je veux fixer ici celle que je juge être la plus grave et la plus importante. Aujourd’hui, il n’y a presque plus d’enfance au vrai sens du mot. Nos enfants vivent trop comme nous, trop avec nous, ils entrent trop tôt dans la vie, ils ressentent trop tôt le contre-coup de cette existence fiévreuse qui nous entraîne, ils éprouvent trop tôt les émotions et les préoccupations que leur âge devrait ignorer.

Tout s’abrège aujourd’hui dans le monde physique comme dans le monde moral. Notre loi souveraine est la hâte. Abolir le plus qu’on peut et jusqu’où on peut ces obstacles anciens qu’on appelait le temps et l’espace, voilà le but après lequel nous courons avec une vitesse qui donne le vertige, voilà l’idéal où nous mettons notre orgueil.

Et nous sommes en train d’abolir ou du moins de raccourcir l’enfance.

Comme nous devenons vieux avant le temps, de même les enfants, avant le temps, deviennent hommes. Sous l’impulsion d’idées ou de sensations trop supérieures à leur âge, ils deviennent hommes par les désirs et par les passions, non pas par la force et par la constance.

Et de ce déséquilibre entre la loi de nature et les besoins morbides de notre civilisation, de cette antinomie entre ce qu’on peut et ce qu’on veut, éclate dans l’âme enfantine le drame, qui s’appellera crime ou suicide selon les circonstances et selon les prédispositions de l’enfant, mais qui, toujours, révélera l’état anormal de la jeunesse d’un siècle où l’on n’a presque plus le temps d’être jeune.

 

C’était aujourd’hui ;    

 

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 05:36

 

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L’éducation des enfants,
entre fermeté des professeurs et autorité parentale

(Extrait de « De l’éducation : de l’autorité et du respect dans l’éducation » (Tome 2), paru en 1861)

 

 

En 1861, Félix Dupanloup, déjà académicien, mais également théologien ayant eu en charge, vingt ans plus tôt, du séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet qu’il réforma de fond en comble afin d’en faire un lieu d’éducation où se mêlaient avec succès les jeunes garçons de familles riches et l’élite des élèves pauvres, décrit dans son De l’éducation les principes fondamentaux présidant à une éducation profitable des enfants, et prône la politique de la main de fer dans un gant de velours...

 

Pour l’académicien élu en 1854, « la fermeté, dans l’Éducation, c’est la force personnelle et morale, la force d’esprit et de caractère, avec laquelle un instituteur exerce et soutient les droits de l’autorité réelle dont il est revêtu. Ainsi, c’est la force morale et non pas la force matérielle : cette force est de l’âme et non pas du corps. C’est la force d’esprit, c’est-à-dire la fermeté dans le conseil : des pensées sans indécision, sans tâtonnement, sans faiblesse ; bien réfléchir, mais la réflexion faite, bien savoir ce qu’on veut et ce qu’il faut vouloir. La force de volonté, c’est-à-dire quelque chose d’arrêté et de résolu : de modéré sans doute, mais d’immuable dans sa modération.

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Remise du premier prix à un écolier

« Voilà ce que je nomme la fermeté, et ce qui fait l’autorité personnelle, l’ascendant magistral, sans lequel on ne réussira jamais à élever même l’enfant du caractère le plus doux et le plus facile. Cette fermeté seule imprime le respect et inspire la soumission : les avantages, les moyens extérieurs n’y nuisent pas ; mais il n’y faut compter ni beaucoup, ni longtemps : ce n’est ni le ton de la voix, ni la grandeur de la taille, ni même l’âge et la science, ni surtout les punitions et les menaces qui donnent une telle autorité : ce qui la donne et ce qui la soutient, c’est une trempe d’âme ferme et égale, qui se possède, se gouverne toujours, et par là se montre digne de gouverner et de posséder les autres ; qui n’a pour guide que la raison et n’agit jamais par caprice, ni par emportement : ce qui la donne encore, c’est un sage mélange de la gravité et de la douceur, de l’amour et de la crainte. L’amour doit gagner le cœur des enfants, mais sans les amollir, et la crainte respectueuse doit les retenir, mais sans les rebuter. »

Dupanloup remarque qu’on voit des choses étonnantes : des professeurs très instruits, d’une taille prodigieuse, d’une force herculéenne, d’une voix de Stentor, ne pouvoir obtenir de leurs élèves un moment de silence et d’attention ; et des professeurs jeunes, sans apparence, n’ayant qu’un filet de voix, tenir admirablement une classe nombreuse, sans avoir même jamais besoin de demander l’attention et le silence. À ses yeux, la fermeté dans l’Éducation consiste principalement en trois choses :

« 1° NE LAISSER JAMAIS MÉPRISER SON DROIT. On peut pardonner des fautes de légèreté, d’inadvertance, et même des fautes plus graves ; mais les manques de respect, les fautes contre le droit de l’autorité, jamais.
2° NE JAMAIS LAISSER LANGUIR SON ACTION : c’est-à-dire ne laisser jamais commettre une faute, quelque pardonnable qu’elle soit, ne fût-elle qu’un mot, un geste, un regard, l’omission la plus légère, sans que l’enfant soit au moins averti paternellement de sa faute, sans qu’on lui représente avec douceur, mais sérieusement, ce qu’il devait faire et ce qu’il a fait, ou n’a pas fait ; sans qu’on lui fasse sentir et reconnaître son tort ; et si la faute est plus coupable, il doit être non seulement averti, mais gravement réprimandé, même quand on ne le punit pas.
3° NE JAMAIS RIEN CÉDER PAR FAIBLESSE aux caprices et aux importunités des enfants. Il faut qu’ils sachent et comprennent bien que, quand l’autorité a décidé, il n’y a plus qu’à se soumettre. En un mot, exiger toujours le respect, l’obéissance, la règle, la droite raison, et réprimer, corriger tout ce qui s’en éloigne ou s’y oppose : tel est l’office de la fermeté dans l’Éducation. »

Notre académicien considère la fermeté « nécessaire contre les enfants, contre les maîtres, contre les parents ; nécessaire contre le siècle, contre le pays où l’on vit. Nécessaire pour maintenir les études et faire travailler les maîtres et les élèves, et cela souvent malgré les parents ; sur trois cents enfants qui sont là, il y en a deux cent quatre-vingt-dix, qui naturellement ne voudraient rien faire, et souvent leurs parents n’y tiennent pas plus qu’eux ; les dix qui naturellement aiment l’étude, et travailleraient sans qu’on les y obligeât, sont des exceptions miraculeuses. Nécessaire pour maintenir le silence en même temps que le travail ; rien ne déplaît plus à ces trois cents enfants que l’ordre et le silence, et il faut qu’ils soient en silence douze heures par jour, et dans l’ordre toujours !

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Félix Dupanloup

« Nécessaire pour maintenir la règle, toute la règle, rien que la règle, et tous les règlements particuliers de détail en chaque chose, du matin au soir et du soir au matin : car on est chargé de ces enfants et on en répond pendant vingt-quatre heures chaque jour. Nécessaire enfin pour ne jamais souffrir ni permettre une infraction, ni même une faiblesse et une condescendance contre l’ordre. On peut la pardonner quelquefois, mais la permettre, jamais ! Les fautes d’inadvertance ou d’ignorance, aussi bien que celles de légèreté dont le temps et l’âge corrigeront, peuvent être pardonnées. Mais jamais le principe de raison et de vertu qui est dans le règlement, ne doit fléchir ; et toujours un avertissement paternel ou une réprimande sévère doit accompagner le pardon : les autres fautes, de quelque nature qu’elles soient, et selon qu’elles doivent être réprimées, corrigées, réparées ou expiées, devront trouver nécessairement la répression, la correction, la réparation, ou même l’expiation convenable. »

L’autorité parentale est selon lui décisive : « C’est dès le premier abord que les parents et les instituteurs doivent prendre leur ascendant, et être les maîtres de l’enfant. S’ils ne saisissent ce premier moment, qui est toujours le plus favorable, et ne se mettent sans hésiter, du premier coup, en possession de l’autorité, ils auront toutes les peines du monde à la retrouver, et c’est l’enfant qui sera le maître ! et ce sera un terrible malheur ; car il n’y a pas de tyran comparable à ce maître-là. (...) Il y a, dans le fond de l’homme et du plus petit enfant, une volonté tyrannique, qui se montre et éclate dès l’âge le plus tendre : la lutte dès le premier moment est entre cette volonté et la vôtre. Que signifient ces pleurs, ces cris, ces gestes menaçants, et puis ces coups, ces yeux étincelants de colère dans un enfant, contre ceux qui ne lui accordent pas tout ce qu’il veut ? Que signifie tout cela, sinon cette volonté d’autant plus impérieuse qu’elle est déraisonnable, et qu’elle s’obstine à toute force et sans raison à obtenir ce qu’on lui refuse ? »

Et Dupanloup de citer Charles Rollin (1661-1741), historien et professeur de français, qui un siècle plus tôt, dans son ouvrage intitulé Traité des Études destiné aux pédagogues, explique que si on ne donnait jamais aux enfants « ce qu’ils demandent en criant et pleurant, ils apprendraient à s’en passer, et n’auraient garde de criailler et de se dépiter pour se faire obéir ; ils ne deviendraient pas si odieux, si incommodes à eux-mêmes et aux autres. Quand je parle ainsi, ce n’est pas que je prétende qu’il ne faille avoir aucune indulgence pour les enfants : je dis seulement que ce n’est pas à leurs pleurs qu’il faut accorder ce qu’ils demandent : et s’ils redoublent leur importunité pour l’obtenir, il faut leur faire entendre qu’on le leur refuse, précisément pour cette raison-là même. »

Sur la même ligne de pensée, notre académicien reprend : « Donc, dans l’Éducation privée, comme dans l’Éducation publique, au collège comme dans la maison paternelle, on doit tenir pour une maxime invariable, qu’après avoir refusé une fois quelque chose aux enfants, il faut se résoudre à ne l’accorder jamais à leurs cris ou à leurs importunités, à moins, dit encore Rollin, qu’on n’ait envie de leur apprendre à devenir impatients et emportés, en les récompensant de leur emportement et de leur impatience. Je dirai même, et toujours avec Rollin, que plus les enfants sont exigeants, moins on doit satisfaire leurs désirs déréglés : moins ils ont de raison, plus il faut en avoir pour eux ; et plus il est nécessaire qu’ils soient soumis à la ferme autorité et à la direction de leurs maîtres. Quand une fois ils ont pris ce pli, et que l’habitude a rompu leur volonté, c’en est fait pour le reste de la vie, et l’obéissance ne leur coûte plus rien. »

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Charles Rollin

Et de citer une nouvelle fois Rollin, qui dans sonDe la manière d’enseigner et d’étudier les belles lettres par rapport à l’esprit et au cœur, explique que « le premier soin d’un écolier qui a un nouveau maître, c’est de l’étudier et de le sonder. Il n’y a rien qu’il n’essaye, point d’industrie et d’artifice qu’il n’emploie pour prendre, s’il peut, le dessus. Mais quand il voit toutes ses peines et toutes ses ruses inutiles, et que le maître, paisible et tranquille, y oppose une fermeté douce et raisonnable, pour lors il cède et se rend de bonne grâce ; cette espèce de petite guerre et d’escarmouche, où il essayait ses forces, se termine vite ; et l’enfant se décide à la soumission et à la crainte respectueuse qui lui conviennent. » Pour Dupanloup, « ceci est tout à fait d’expérience ; l’enfant sur ce point est d’une pénétration, d’une sagacité inouïe. On me dira peut-être : mais vous parlez de la crainte : vous la voulez donc dans l’Éducation ? – Eh ! sans aucun doute, par la raison très simple que les enfants ne sont pas des anges, et très souvent, surtout dans le premier âge, sont à peine des êtres raisonnables. Mais je dis la crainte respectueuse : c’est la seule nécessaire, et elle suffit. Que les enfants doivent être conduits par l’amour, et non par la crainte servile, je l’ai toujours pensé ; mais la crainte respectueuse et filiale n’est pas la crainte servile, et s’allie très bien avec l’amour. Je ne fais qu’exprimer ici la pensée de Fleury, de Fénelon lui-même et de Bossuet. »

Fleury, qu’il considère le plus austère des trois, va en effet jusqu’à dire : « Quoi que l’on fasse pour exciter les enfants à s’appliquer, il ne faut pas espérer qu’ils le fassent longtemps, ni que l’on puisse toujours les conduire par le plaisir ; on aura souvent besoin de crainte. Les enfants se familiariseront trop avec le maître, s’il est toujours en belle humeur, et il doit prendre garde, en cherchant à les réjouir, à ne se rendre pas trop plaisant, et à ne leur pas découvrir quelque faiblesse. Il faut donc qu’il reprenne souvent le caractère qui lui convient le plus, qui est le sérieux, et qu’il montre quelquefois de la colère et par ses regards, et par le ton de sa voix, pour arrêter l’épanchement de ces jeunes esprits et les faire rentrer en eux-mêmes. »

Fénelon voulait qu’on ne châtiât les enfants qu’à l’extrémité, rappelle Dupanloup, mais il voulait qu’on les châtiât : « Montrez-lui, disait-il, tout ce que vous avez fait pour éviter cette extrémité ; paraissez-lui en être affligé ; parlez devant lui avec d’autres personnes du malheur de ceux qui manquent de raison et d’honneur jusqu’à se faire châtier ; retranchez les marques d’amitié ordinaires, jusqu’à ce que vous voyiez qu’il ait besoin de consolation ; rendez ce châtiment public ou secret, selon que vous jugerez qu’il sera plus utile à l’enfant, ou de lui causer une grande honte, ou de lui montrer qu’on la lui épargne ; réservez cette honte publique pour servir de dernier remède. » Et de citer également Bossuet : « La crainte est un frein nécessaire aux hommes, à cause de leur orgueil et de leur indocilité naturelle. »

 

C’était aujourd’hui ; 


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L’éducation des enfants, à l'école

 

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 06:35

 

 

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Vin et vendanges célébrés par
une confrérie de gastronomes

(D’après « Le Gastronome français ou l’Art de bien vivre », paru en 1828)

 

 

En 1828, quelques anciens membres du Caveau moderne, société de gastronomes et d’épicuriens qui publia entre 1806 et 1815 un recueil mensuel sous le titre de Journal des Gourmands et des Belles, et tint un dîner le 20 de chaque mois exigeant des convives une réputation reconnue dans les lettres et dans l’art des dégustations nutritives, entreprennent de faire l’apologie des vendanges et de ce vin constituant, à leurs papilles, « ce qui a été donné de meilleur à l’homme »

Depuis Noé, Bacchus et autres buveurs contemporains, le vin est regardé comme le fruit le plus merveilleux de la culture et le don le plus précieux de la munificence céleste. Les plus grands poètes ont fait son éloge. On ne tarit pas sur ses bienfaits et sur ses charmes : « Il donne du courage, produit la franchise et l’amitié, embellit l’espérance, chasse le souci, fait éclore les beaux arts, inspire l’éloquence et enfante la liberté », écrit Horace, qui va plus loin en prétendant que quiconque ne sait pas boire n’a ni verve ni génie.

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A pleins paniers, la femme avec ardeur / De raisins mûrs, charge le vendangeur

Buvons donc pour être aimables, et chantons Bacchus pour être bien inspirés ! Empruntons la langue des poètes ; c’est par des hymnes qu’il convient de célébrer nos mystères. Répétons les refrains joyeux du panégyriste du Falerne, et chantons soir et matin avec lui... nunc est bibendum (c’est maintenant qu’il faut boire)...

Un érudit, dont l’esprit et la raison ne sont pas contestés, a fait un livre raisonnablement gros intitulé :Eloge île l’Ivresse. M. de Sallengres a très bien prouvé que le vin est ce qui a été donné de meilleur à l’homme ; et quand nos lecteurs sauront combien c’est un remède puissant contre le chagrin, combien il donne de bonnes pensées, de beaux sentiments, de douces illusions, il n’en est aucun qui ne rougît de craindre de s’enivrer avec les sages, les philosophes, les poètes, les savants, les pères de l’église, les moines, les papes, les saints même, et tout ce que le soleil a vu de plus illustre. Rien n’égale la logique pressante et l’éloquence foudroyante de l’auteur quand il réfute les objections honteuses ou ridicules des détracteurs de l’ivresse ; c’est un torrent ! c’est un tonnerre !

Une vérité qui ne trouvera point d’incrédules, c’est que le culte de Bacchus a survécu a toutes les fêtes du paganisme ; il compte encore autant de fidèles que l’Europe renferme de Gourmands : c’est y comprendre à peu près tous les chrétiens qui l’habitent. Il n’est point de pays vignoble où les vendanges ne soient une sorte de solennité bruyante et joyeuse fort ressemblante aux bacchanales ; il ne se donne point de repas où les libations libérales n’arrosent l’autel et ne purifient le palais des convives. Nos pressoirs, nos celliers et nos caves sont les temples du dieu, et chaque quartier de vigne est un terrain consacré.

Il n’y a point de sage qui ne s’enivre une fois dans sa vie, poursuivent les auteurs du Gastronome français ; le savant Hippocrate et le grave Caton sont d’accord sur ce point de physique et de morale : l’un conseillait l’ivresse quelquefois pour la santé, et l’autre exécutait ce précepte divin. Gallien, Avicène, nous conseillent l’ivresse une fois par semaine.

Les vendanges
L’été s’écoule et fait place à l’automne. Le printemps nous promit de beaux jours et de plus solides richesses que ses fleurs, l’été nous donna ses ardeurs et ses orages ; l’automne seul acquitte les promesses du printemps, et répare les outrages de l’été. La feuille, desséchée par les feux de la canicule, est remplacée par la sève d’automne ; c’est la saison des chasseurs, des convives, des amants, comme c’est celle qui met à couvert le produit des labeurs de ses sœurs. Remarquons même que c’est dans le mois où la terre, épuisée par ses dons, va goûter le repos, que depuis l’espiègle écolier jusqu’au grave interprète des lois de Thémis, tout dans la nature, par un concert unanime, a placé les vacances ; il n’est aucun de nos lecteurs, même au front ombragé de cheveux blancs, qui, en lisant ce mot autrefois si fêté, vacances, ne sente encore palpiter son cœur d’émoi au doux souvenir de sa jeunesse, de ses exploits classiques, de ses succès de collège , et de son retour sous le toit paternel.

Dans ce mois , dont la température se compose des ardeurs expirantes de l’été et de la fraîcheur avant-courrière de l’hiver, un goût plus épuré préside aux compositions du poète, du peintre et du musicien : on imagine au printemps, on médite en été, on exécute en automne pour corriger en hiver ; et il est rare que l’épreuve de ces quatre influences n’assure pas le succès de l’auteur, qui les consulta tour à tour pour recevoir les diverses inspirations de ces divers temps de l’année.

C’est dans le mois d’octobre qu’il appartient de célébrer les dons du vainqueur de l’Indus, et de chanter le dieu des vendanges au milieu des groupes réunis par son culte. Remplis ma coupe, Erigone, en pressant sous tes doigts rougissants cette grappe arrachée au pampre qui couronne ton front ! Désertant le séjour de Cythère, Amour s’est fait vendangeur ; et tandis que les Grâces, ses compagnes, que les nymphes du bocage remplissent leurs paniers des dépouilles de la vigne, l’enfant malin, aux ailes dorées, quitte sa légère écharpe, son carquois, et jusqu’à son bandeau, pour fouler le raisin bouillonnant dans la cuve. L’extrémité de ses ailes se teint de cette couleur vermeille, et c’est de ces plumes purpurines qu’il arme les flèches dont il blesse ces bergères qui, pendant les fêtes consacrées à Bacchus, boivent à longs traits le doux poison d’amour avec le jus de la treille.

D’autres rediront des hymnes à Bacchus, des chants au dieu d’amour ; moi, dans un idiome plus vulgaire, je vais continuer de célébrer les bienfaits du patriarche qui, le premier, enrichit l’Orient de la culture de, la vigne, et au conquérant qui, ne voulant que des sujets vaincus par ses largesses, faisait précéder de tonneaux ses armées, et ne combattait que ceux qui refusaient de lui prêter leur hommage en portant sa coupe à leurs lèvres. Heureux propagandiste d’un culte dont la morale fut fondée au bruit des façons et des verres, dont les lois n’ont de règle que la soif des convives, et d’empire que sur un peuple d’adorateurs dévoués et fervents.

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Sous le pressoir le doux jus de la treille / Coule à longs flots dans la cuve vermeille

Une vapeur vineuse embaume les airs ; parcourons les coteaux ouverts à la vendange : voyez ce groupe de corybantes agiter le thyrse, et s’animer à la conquête des richesses de la vigne dès l’aube du jour ! Les cuves sont dressées, le pressoir est abreuvé ; la vis graissée roule dans ses écrous ; des charrettes ont déposé à l’extrémité de chaque héritage les tonneaux que vont remplir les agiles vendangeuses. C’est bien ici le moment de dire avec le chantre immortel des Saisons, Charles Sartrouville :

« Jouissez, ô mortels, et par des cris de joie
Rendez grâces au ciel des biens qu’il vous envoie ;
Que la danse et les chants, les jeux et les amours,
Signalent à la fois les derniers des beaux jours !

Vendanges parisiennes
On vendange en septembre, dans les états méridionaux du Bacchus européen ; mais pour une partie de la Bourgogne, de la Champagne et des rives rhénanes, le pressoir ne coule qu’en octobre. Le raisin pend encore aux ceps de Surène et du mont Valérien, et c’est le plus glorieux moment pour les vignes de la banlieue de Lutèce.

Rendons-nous, mes amis, au temple le plus prochain du dieu dont nous professons le culte, lance encore Le Gastronome français ; partout où le vin fume le plaisir nous attend ; amenons nos amies, et n’oublions pas les flacons de l’Hermitage et de Volnay. Nous verrons faire du Surène, mais nous n’en boirons pas ; l’amour se chargera de nous ôter la raison ; et, mariant, par des libations de vieux Bordeaux, la Garonne au dieu de la Seine, peut-être inoculerons-nous le bon vin, comme la vaccine, à tous les crûs du canton. Dans l’espoir de ce miracle, qui a déjà été fait aux noces de Cana, buvons et réjouissons-nous ; que nos festins durent autant que les vendanges ; que les vendanges durent pour nous toute l’année. Une soif inextinguible, un appétit toujours renaissant sont des biens trop au-dessus des mortels ; mais entre la coupe qui pétille et la nymphe qui la remplit le désir succède de près au plaisir ; car de tous les humains c’est le buveur qui goûte le plus de la suprême félicité.

Qu’on cesse de nous débiter les lieux communs de la sobriété contre l’ivresse ; que d’autorités respectables ne pourrions-nous pas opposer à l’envie ! Mais qu’il nous suffise de citer ces dictons proverbiaux, la sagesse des nations et le produit de l’expérience : Boire comme un templier, mener une vie de chanoine, être gras comme un moine, faire un repas de pape.

Eh bien, favoris de Momus et d’Evohé, voulons-nous autre chose qu’imiter ces chevaliers valeureux, ces sages solitaires ? Si nous mêlons un peu d’amourettes a leurs saintes habitudes, cela y gâte-t-il quelque chose ? et ne faudrait-il pas être évidemment mal intentionné pour nous en faire un nouveau crime ?

Celui-là fut maudit en naissant dont le front ne s’épanouit jamais à table, et dont les yeux ne s’animent point à la rencontre de deux beaux yeux. Or, il ne s’agit pas ici de nous reprocher des excès : qui uses ’expose nécessairement à abuser quelquefois ; l’excès est aussi dans la précaution et le scrupule, et qui craint d’abuser n’usera jamais de rien.

Nous ne pouvons résister au désir de citer cet enivrant tableau de la vendange, par Saint-Lambert dans Les saisons :

Déjà près de la vigne un grand peuple s’avance ;
Il s’y déploie en ordre, et le travail commence ;
Le vieillard que conduit l’espoir du vin nouveau,
Arrive le premier au penchant du coteau ;
Déjà l’heureux Lindor et Lisette charmée
Tranchent au même ceps la grappe parfumée ;
Ils chantent leurs amours et le Dieu des raisins ;
Une troupe à ces chants répond des monts voisins ;
Le bruyant tambourin, le fifre et la trompette,
Font entendre des airs que le vallon répète.
Le rire, les concerts, les cris du vendangeur
Fixent sur le coteau les regards du chasseur.
Mais le travail s’avance, et les grappes vermeilles
S’élèvent en monceaux dans de vastes corbeilles ;
Colin, le corps penché sur ses genoux tremblants,
De la vigne au cellier les transporte à pas lents ;
Une foule d’enfants autour de lui s’empresse,
Et l’annonce de loin par des cris d’allégresse.
(...)
Mais je vois sur les monts tomber l’astre du jour ;
Le peuple vendangeur médite son retour :
Il arrive, ô Bacchus, en chantant tes louanges ;
Il danse autour du char qui porte les vendanges ;
Ce char est couronné de fleurs et de rameaux,
Et la grappe en festons pend au front des taureaux.

Et Roucher écrit dans Les Mois :

Arrivés au pressoir, du milieu de la foule
Un couple pétulant s’élance, écrase, foule ;
Sous ses bonds redoublés, des grappes en monceaux
Le vin jaillit, écume, et coule en longs ruisseaux.
A ces ruisseaux pourprés enivrez-vous ensemble,
O vous tous que la soif près des cuves rassemble !
Creuse » vos mains en coupe, et que sur vos habits
De vos mentons riants le vin coule en rubis :
D’un bachique repas couronnez la journée.
Les soucis, les travaux, les sueurs de l’année
Vous méritent assez ce bonheur d’un moment !

 


C’était aujourd’hui ;

 

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 Vin et vendanges célébrés par

une confrérie de gastronomes
Rendez vous la dimanche prochain pour un autre regard vers le passé............

 

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 07:23

 

 

 

Aujourd’hui...

 

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Roquefort : saveurs et patrimoine
(Millau, Aveyron)

(Source : Midi Libre)

 

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La visite des caves est l’occasion de voir le travail délicat des maîtres affineurs.

 

Séjourner en Aveyron, c’est aussi (et surtout pour certains !) goûter les produits du terroir local. Pour cela, rien de mieux que de se rendre à seulement quinze kilomètres au Sud-Ouest de Millau dans le village de Roquefort-sur-Soulzon.

les caves de roquefort

C’est dans ce lieu unique, que chaque jour, de nombreux curieux visitent les établissements où se fabrique ce produit d’appellation d’origine depuis 1925. Nous avons choisi de découvrir les caves de la marque Société. Un site chargé d’histoire que l’on peut parcourir lors de visite guidée durant environ une heure. Le temps d’apprendre, de voir, de comprendre et même de déguster ce délicieux fromage.

"Le roi des fromages" selon Diderot

C’est par une maquette animée et le bruit représentant le chaos rocheux que débute la visite. Une animation explicative qui met en lumière l’effondrement du plateau calcaire du Combalou. Un plateau sur lequel une gigantesque fissure a provoqué la naissance de grottes et de fleurines.

Les fleurines sont de petits couloirs d’air, entre les grottes et le flanc de montagne, permettant de laisser passer un air humide pour une ventilation parfaite des caves. Vous prendrez ensuite place dans des sièges de cinéma pour visionner un documentaire retraçant les étapes de la fabrication du roquefort.

Quelques minutes plus tard, c’est debout, dans la cave Reynes, la plus ancienne du village, que vous sera projeté un film d’animation sur la construction des caves et les légendes entourant la création du “roi des fromages” (la formule est de Diderot).

Vous l’aurez compris, l’étape suivante sera naturellement tournée vers le mystère entretenu par le fameux pénicillium roqueforti. Après avoir compris le rôle des spores microscopiques de ce champignon, vous longerez les caves afin d’observer les maîtres affineurs, toujours très vigilants sur le goût et la durée de maturation de chaque produit.

Vous terminerez votre visite par le moment tant attendu de la dégustation. Vous pourrez ainsi comparer les trois roqueforts que propose Société : le classique appelé 1 863 (date de la création de la marque Société), le Baragnaude connu pour son onctuosité et ses arômes de bois et de champignons, et enfin celui des Templiers qui, par son goût très prononcé, renvoie au caractère des chevaliers d’antan.

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Et pour ceux qui n’apprécient pas ce fromage, sachez que la visite est l’occasion d’enrichir ses connaissances et de pénétrer sous terre pour comprendre le travail des acteurs de cette filière, qui représente un des fleurons du territoire aveyronnais mais aussi du patrimoine gastronomique français.

 

C’était aujourd’hui ;   

 

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Roquefort : "saveurs et patrimoine"

 

Rendez-vous dimanche prochain pour un autre regard vers le passé........

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