Overblog Tous les blogs Top blogs Humour
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

  • : Lespassionsdepapybougnat
  • : Vous trouverez dans ce blog un peu de vérité, beaucoup de passions et quelques coups de gueule........ Bonne route, bonne lecture merci de votre visite...
  • Contact

Le Blog De Papy-Bougnat

  • Papy-bougnat
  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
Dans ce blog vous trouverez un peu de vérité, beaucoup de passion, et quelques coups de gueule 
Bonne route & merci pour votre visite
  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour ! Dans ce blog vous trouverez un peu de vérité, beaucoup de passion, et quelques coups de gueule Bonne route & merci pour votre visite
">

Traducteur

A L'affiche..

La culture Ne s'hérite pas, Elle se conquiert. 

 

[André Malraux]

********** 

 

Actu du jour...


       

10 août 2026 1 10 /08 /août /2026 18:04

(Celui d’Autolib’ Autopartage « ile de France «)

 

 

293 millions d’euros engloutis en Île-de-France : les 4 000 voitures électriques ont fini alignées sur des parkings

 

Un naufrage annoncé depuis des années

Sur le papier, Autolib’ devait être un modèle. Lancé en grande pompe, « la création d’un service d’autopartage de véhicules électriques d’une telle ampleur était une première en France et n’avait d’équivalent ni en Europe ni dans le monde » rappelait la Chambre régionale des comptes d’Ile-de-France dans son rapport de 2020. Le service devait même être bénéficiaire : Autolib’, qui était censé ne pas solliciter d’aides publiques et apporter 56 millions d’euros de bénéfices par an, engendrait finalement 50 millions de pertes annuelles.

Le mécanisme du fiasco tient en une phrase : trop peu d’abonnés, des recettes qui ne suivent pas. Le service a pris l’eau avec trop peu d’abonnés et des recettes largement inférieures au plan d’affaires prévu par l’entreprise et annexé au contrat de délégation de service public, signé pour 12 ans. Douze ans de contrat, sept ans de survie. L’écart, à lui seul, résume l’ampleur du décalage entre les promesses et la réalité du terrain.

Le point de rupture survient au printemps 2018. Confronté à une « dette abyssale », le groupe Bolloré réclame aux quatre-vingt-dix-huit communes desservies par le service près de 40 millions d’euros par an jusqu’au terme de la délégation de service public, en 2023. Une somme colossale, présentée comme la conséquence logique du contrat signé quelques années plus tôt : le groupe de transport et de logistique n’est tenu de prendre en charge les pertes que jusqu’à un montant de 60 millions d’euros, au-delà, les pertes sont portées par les communes. Les élus, eux, choisissent de résilier plutôt que de payer la note à répétition jusqu’en 2023.

 

Quatre mille petites voitures électriques grises, immobilisées sur des parkings avant leur revente ou leur destruction. Plus de mille bornes de recharge abandonnées sur les trottoirs franciliens. Et une facture qui a fini par atterrir directement dans les comptes de 98 communes. Voilà le bilan d’Autolib’, le service d’autopartage lancé en grande pompe fin 2011 et arrêté net le 31 juillet 2018, après sept années d’exploitation.

Le chiffre a de quoi donner le vertige : le déficit s’élève à 293 millions d’euros mais le contrat de délégation de service public stipule qu’en cas de déficit l’entreprise prend à sa charge 60 millions d’euros. Le reste ? À la charge des collectivités membres du syndicat mixte, donc des contribuables franciliens. Le groupe Bolloré, maison mère du service via sa filiale Autolib, avait d’abord tenté un autre calcul : en 2018, il notifie au syndicat mixte le défaut d’intérêt économique de la concession et lui demande le versement d’une compensation financière de 233,7 millions d’euros. Une demande refusée par les élus, qui ont préféré claquer la porte plutôt que de payer.

À retenir

  1. Un contrat de délégation de service public signé pour 12 ans ne survit que 7 ans : que s’est-il réellement passé ?
  2. Des milliers de Bluecar alignées comme des vestiges : pourquoi cette débâcle n’a pas été évitée ?
  3. Qui paie vraiment la facture de 293 millions d’euros et comment les collectivités se sont retrouvées piégées ?

4 000 voitures, 254 emplois, un service qui s’arrête net

La fin du service ne se limite pas à une ligne budgétaire. Elle touche aussi des salariés, en chair et en os. La résiliation du contrat impacte les 254 salariés qui travaillaient pour la société, tous réclamant la préservation de leur emploi, le groupe Bolloré s’étant engagé à travailler à leur reclassement. Un député mesurera, quelques semaines plus tard devant l’Assemblée nationale, l’ampleur du gâchis en une phrase choc : catastrophe économique, puisque la facture s’élève à 290 millions d’euros, catastrophe sociale, puisque 600 emplois sont supprimés, catastrophe écologique du fait de l’abandon de 1 100 centres de rechargement et de 4 000 voitures électriques. Le mot « catastrophe » revient trois fois dans la même intervention. Ce n’est pas un hasard.

Sur le terrain, les images sont éloquentes. Dès l’automne 2018, les Bluecar commencent à quitter les rues parisiennes pour de vastes parkings de stockage en province. Dès novembre 2018, une centaine de BlueCars avait été mise en vente sur le parking d’un supermarché de Romorantin-Lanthenay, dans le Loir-et-Cher, affichées au prix de 3 700 à 4 700 euros. Romorantin n’est pas un choix anodin : l’ancien site industriel de Matra Automobiles, avec son immense parking prévu pour stocker des voitures neuves, s’est révélé idéal pour accueillir des milliers de Bluecar rapatriées par convois entiers.

Certaines voitures ont trouvé une seconde vie. La société Autopuzz, ancienne sous-traitante de Bolloré spécialisée dans les câbles de charge, a fait le pari inverse en rachetant 2800 voitures lors de l’arrêt des services d’auto-partage à Paris en 2018, puis à Lyon et Bordeaux. D’autres, en revanche, sont restées immobiles pendant des années. Un millier d’entre elles étaient encore stockées « sur deux sites proches : un parking et une aire défrichée d’une zone industrielle de Romorantin », des années après l’arrêt du service. Ces images de champs entiers de Bluecar alignées ont même nourri, en 2021, une intox virale aux États-Unis prétendant montrer un « cimetière » de voitures électriques aux batteries mortes, alors qu’il s’agissait simplement d’un stock en attente de revente.

 

Des bornes fantômes et une facture qui court toujours

Sur les trottoirs franciliens, ce sont les bornes de recharge qui ont posé problème longtemps après la fin du service. Plutôt que de les arracher toutes, la Ville de Paris a préféré les récupérer : le réseau a été repris en gestion municipale et transformé pour accueillir de nouveaux opérateurs d’autopartage dans le cadre du service Mobilib’, lancé en décembre 2018. Ailleurs, dans certaines des 98 communes concernées, des bornes sont restées inactives plusieurs années avant d’être démontées ou réaffectées à la recharge grand public.

Le dossier judiciaire, lui, n’est toujours pas totalement clos près de huit ans après l’arrêt du service. Le syndicat Autolib’Vélib Métropole a été condamné par la cour administrative d’appel de Paris à indemniser la société Autolib, filiale du groupe Bolloré, à hauteur de 66 millions d’euros. Une somme bien inférieure aux 233 millions initialement réclamés, mais qui vient s’ajouter à la facture déjà payée par les collectivités. De quoi rappeler qu’un contrat de délégation de service public mal calibré peut continuer à coûter cher aux communes des années après la fin effective du service.

Sources : francebleu.fr 

Partager cet article

Repost0

commentaires