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Vous trouverez dans ce blog un peu de vérité, beaucoup de passions et quelques coups de gueule........ Bonne route, bonne lecture merci de votre visite...
De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
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Rappelez-vous ! ; "13 avril 1598 : édit de Nantes"
Par cet édit, tout seigneur de fief haut-justicier pouvait avoir dans son château plein exercice de la religion prétendue réformée ; tout seigneur sans haute-justice pouvait avoir trente personnes à son prêche.
L’entier exercice de cette religion était autorisé dans tous les lieux qui rassortissaient immédiatement à un parlement. Les calvinistes pouvaient faire imprimer, sans s’adresser aux supérieurs, tous leurs livres dans les villes où leur religion était permise. Ils étaient déclarés capables de toutes les charges et dignités de l’Etat.
Il y avait une chambre expres au parlement de Paris, composée d’un président et de seize conseillers, laquelle jugeait tous les procès des réformés, non seulement dans le district immense du parlement de Paris, mais dans ceux de Normandie et de Bretagne.
Ils avaient, à Castres, une espèce de petit parlement, indépendant de celui de Toulouse. Il y avait aussi, à Grenoble et à Bordeaux, des chambres mi-parties catholiques et calvinistes. Leurs églises s’assemblaient en synodes, comme l’église gallicane, etc.
Henri IV ne fit vérifier cet édit au parlement que l’année suivante, lorsque le légat fut hors du royaume.
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Un peu D'histoire: Sur " Coronavirus : quatorzaine, quarantaine et première quarantaine maritime de l'Histoire " Si la question se pose de l'utilisation du mot " quatorzaine ", désignant la mise ...
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" Coronavirus : quatorzaine, quarantaine
et première quarantaine maritime
de l’Histoire "
Si la question se pose de l’utilisation du mot « quatorzaine », désignant la mise à l’isolement provisoire de personnes et apparu récemment dans les publications évoquant le Coronavirus (Covid-19), la première quarantaine maritime fut quant à elle décrétée en 1377 par la colonie vénitienne de Raguse, de nombreuses lois similaires entrant en vigueur dans les 80 années qui suivirent, notamment à Marseille, Venise, Pise et Gênes
Depuis l’arrivée de cette épidémie de Coronavirus, on parle de « quatorzaine ». Mais ce terme est-il justifié et bien utilisé dans la langue française pour désigner cette mesure de mise à l’écart de personnes, animaux ou même marchandises ?
À l’origine le mot quatorzaine est utilisé dans le monde juridique. En droit, la quatorzaine est un nom féminin singulier qui définit un « espace de quatorze jours qui s’observait légalement entre les diverses étapes d’une saisie judiciaire ». On retrouve aussi ce mot dans les dictionnaires d’autrefois. Le dictionnaire Émile Littré, dictionnaire de la langue française (1872-77) possède ce mot d’un autre temps : quatorzaine. C’est un terme de pratique ancienne qui indique un « espace de quatorze jours, qui s’observait de l’une à l’autre des quatre criées des biens saisis réellement. »
Quatorzaine est un substantif
Depuis l’arrivée du Coronavirus, les médias et les institutions se sont approprié le mot quatorzaine et l’utilisent à tout va. Mais dans la langue française, le sens de ce mot n’est pas forcément à être utilisé pour évoquer une mesure de mise à l’écart. C’est bien le mot quarantaine qui prime, même si cela ne se traduit pas
Habit et masque des médecins allant au contact des pestiférés. Gravure allemande de 1656
obligatoirement par un isolement de 40 jours. Ceci-dit, nos « cousins » du Canada utilisent le mot quatorzaine qui désigne pour eux un espace de quatorze jours, dans leur langage courant.
Dans le cas du Covid-19, il semble préférable de privilégié le terme quatorzaine. La durée de l’incubation pouvant aller jusqu’à 14 jours. En cas de risque de contamination, il faut donc éviter tout contact avec l’extérieur pendant cette période. Voici la définition du mot quarantaine donnée par le dictionnaire Larousse : Quarantaine : « Mesure de police qui consiste à imposer un isolement provisoire de durée variable aux personnes, aux navires ou aux animaux et aux marchandises provenant d’un pays infecté par une maladie contagieuse ».
Un peu d’histoire : origine du mot « quarantaine » et première quarantaine maritime
La quarantaine symbolise l’isolement imposé (de quarante jours à l’origine) d’une personne ou d’un animal atteint ou susceptible d’être atteint d’une maladie contagieuse, et pour empêcher sa propagation. Le sens de ce mot vient de l’italien quarantena qui signifie quarantaine de jours, une période d’isolement imposée à Venise.
Tout concorde à affirmer que c’est dans l’Italie du nord de la fin du XIVe siècle que seraient nées les premières mesures quarantenaires de l’humanité. Durant l’été 1373, une épidémie de peste particulièrement virulente se déclare dans le duché de Milan. Aussitôt, un réseau organisé de points de contrôles sanitaires est installé, tout le long des routes et à l’entrée des grandes villes du duché. Face à l’étendue du mal, le seigneur de Milan, Bernabò Visconti, prend alors des mesures énergiques, quoique peu cruelles pour endiguer le mal : il enferme les pestiférés dans leurs maisons et les fait détruire.
Nous avons retrouvé dans les Chroniques de Milan du XIVe siècle un texte attestant des mesures prises, et en particulier l’exil des pestiférés dans la forêt pour y mourir. Méfiant, Bernabò Visconti institue également une quarantaine de dix jours pour tout voyageur suspect désirant entrer dans une des villes du duché, l’isolement se faisant prudemment à l’extérieur des murs, explique Patrice Bourdelais dans Les épidémies terrassées. Une histoire de pays riches (2003). Encore faut-il s’entendre sur la signification du mot « suspect » : sur quelles bases pouvait-on à cette époque juger d’un coup d’œil de l’état de santé d’un voyageur ?
Malgré de telles mesures drastiques, la population de Milan perdra plus des deux tiers de sa population, d’autant plus que cette peste estivale, en fauchant les agriculteurs, sera la cause du pourrissement sur pied des récoltes de blé. Ceux qui survivent à l’épidémie mourront de faim.
Tableau votif avec pour thème la grande peste de Vienne de 1679,
église Saint-Michel de Vienne (Autriche)
C’est quelques années plus tard, dans la même région, que naîtra véritablement la quarantaine au sens où nous l’entendons aujourd’hui. En juillet 1377, en pleine épidémie de peste, la colonie vénitienne de Raguse — capitale de la République maritime de Raguse, aujourd’hui Dubrovnik en Croatie — commence à emprisonner systématiquement tous les voyageurs en provenance des zones infectées. L’enfermement a lieu dans deux îles isolées, Mrkan et Bobara, situées au large de Cavtat — petite ville située à 20 km de Dubrovnik —, pour des périodes de trente jours, ou « trentines », rapporte l’historien de la médecine Mirko Drazen Grmek (1924-2000) dans Le concept d’infection dans l’Antiquité et au Moyen Âge, les anciennes mesures sociales contre les maladies contagieuses et la fondation de la première quarantaine à Dubrovnik (1980). Face au peu d’efficacité de la mesure, la période de détention des suspects est rapidement portée à quarante jours, d’où le nom de « quarantaine ».
Certains auteurs voient, dans ce trop rapide passage des trentines aux quarantaines, des considérations mystico-religieuses. Grmek pose ainsi la question : « Pourquoi quarante jours ? La durée d’incubation des maladies quarantenaires n’est pas si longue, et il est donc difficile d’admettre que ce délai ait été établi sur des bases empiriques ». Il est vrai que le choix du chiffre quarante n’était guère fortuit, tant ce chiffre était chargé de symbolique.
En effet, derrière les quarante jours, se profilait probablement une référence à la tradition chrétienne du carême, période de quarante jours de purification, avance Kilwein dans un article paru en 1995 au sein du Journal of Clinical Pharmacy and Therapeutics. D’autres auteurs, se cantonnant au registre biblique, y voient plutôt une référence au déluge — les eaux du déluge se sont abattues sur la terre sans interruption, pendant quarante jours et quarante nuits —, ou au séjour de Moïse sur le mont Sinaï, explique Johns Hopkins en 2001 dans Foundations of public health : history and development. L’isolement de quarante jours reste donc surdéterminé par divers facteurs non nécessairement médicaux et empiriques, suggère Mirko Drazen Grmek dans L’homme, la santé et la mer (1997).
Cependant, il est plus probable de voir dans cette période de 40 jours une réminiscence de l’ancien précepte d’Hippocrate, selon lequel une maladie aiguë doit nécessairement se déclarer dans les quarante jours de sa contraction. Cette explication donne raison au docteur Frank Gerard Clemow, médecin britannique qui avait été délégué de l’Angleterre au Conseil Supérieur de Santé de Constantinople, en 1904, et pour qui ces quarante jours correspondent plus simplement à l’affirmation hippocratique que le quarantième jour d’une maladie est un jour de crise, c’est-à-dire qu’il permet d’émettre une décision sur la bonne ou au contraire la funeste issue d’un épisode morbide (article de F. G. Clemow intitulé The origin of quarantine et paru dans The British Medical Journal).
Les médecins médiévaux étaient ainsi persuadés que le quarantième jour marquait la limite entre les maladies aiguës et celles chroniques. Une fièvre qui se prolongerait au-delà du quarantième jour perdait ainsi toute nature pestilentielle. Dans la même veine, les alchimistes du Moyen Âge accordaient une importance capitale aux mois philosophiques, ces cycles de quarante jours durant lesquels s’opéraient certaines transmutations, dont les processus de circulation, de digestion et de putréfaction.
Effrayé par l’intensité de l’épidémie de 1377, Jacob de Padoue, qui occupait alors le poste de médecin chef de Raguse, va même proposer de construire, hors des murs de la cité, un édifice destiné à traiter les citoyens malades ou simplement suspectés d’être pestiférés. Cela dénote un changement radical dans la procédure de la quarantaine : il ne s’agit plus seulement d’enfermer l’étranger. Obéissant à un vieux réflexe d’homéostasie, la société occidentale médiévale commence alors à fabriquer un système excluant ses propres membres, dès lors qu’ils sont seulement suspectés de représenter un danger pour l’ensemble de la communauté. La frontière n’est plus tracée entre malades et bien portants, mais plutôt entre sains et inconnus.
L’État de Raguse, dont l’économie florissante était alors essentiellement basée sur le commerce maritime, avait grand intérêt à protéger son port, car on savait qu’une épidémie de peste aurait eu pour effet immédiat de dissuader toute tractation avec les autres cités. C’est donc autant pour protéger ses concitoyens que pour préserver l’économie de l’État que le Recteur de Raguse — gouverneur de la cité,un nouveau recteur était élu mois — va éditer la célèbre Loi de Raguse de 1377, premier texte connu définissant et organisant les procédures de quarantaine
.Ci-contre.Scène de la peste de 1720 à la Tourette (Marseille). Peinture de Michel Serre
Cette loi énonce quatre principes fondamentaux, qui seront ensuite repris, à peu de choses près, par toutes les législations internationales ultérieures régissant les quarantaines :
1° Les citoyens ou voyageurs provenant de lieux infectés ne peuvent être admis à Raguse tant qu’ils n’auront pas été isolés pendant un mois ;
2° Aucun citoyen de Raguse n’est autorisé à pénétrer à l’intérieur de l’aire d’isolement, sous peine d’y être enfermé pendant trente jours ;
3° Les personnes chargées par le Grand Conseil de soigner ceux qui sont en quarantaine ne sont pas autorisées à leur ramener de la nourriture, sous peine de rester avec eux pendant un mois ;
4° Quiconque ne se plie pas à ces règles devra payer une amende et sera isolé pendant un mois.
Les premières ordonnances quarantenaires de Raguse prescrivent un isolement exceptionnellement long de trois mois, sans toutefois mentionner le mot « quarantaine ». Aucune expression technique particulière ne figure d’ailleurs dans ces premiers textes fondamentaux. Le législateur ragusain préfère plutôt employer l’expression Ordines pro peste en 1391, puis celle un peu plus élaborée de Prouisio morbi pestiferi euitandi en 1422. Jusqu’au XVIIe siècle, alors même que le mot « quarantaine » devient courant en Méditerranée, les Ragusains s’attachent encore à employer l’ancien mot Contumacia.
Les années suivant cette première Loi de Raguse de 1377 témoignent d’un très net durcissement de la législation, très probablement lié à la virulence des épidémies de peste qui frappaient alors régulièrement la cité. Vers la fin du XIVe siècle, la loi quarantenaire est ainsi renforcée par la création d’un corps d’officiers sanitaires, et par l’instauration de sanctions qui vont jusqu’à des peines de corps. Par les décisions du Grand Conseil de Dubrovnik, datées du 8 juin 1391, du 5 janvier 1397, du 25 mai 1379 et du 28 juin 1397, le contrôle de l’isolement quarantenaire fut rendu beaucoup plus strict. On désigna des fonctionnaires particuliers qui devaient surveiller les frontières, vérifier les documents des voyageurs, fixer la durée de l’isolement, organiser et contrôler la vie dans les lieux d’isolement, chasser les récalcitrants et punir les transgresseurs des lois sanitaires.
Officiers de vaisseaux mis en quarantaine à Marseille et recevant la visite de leur femme
et enfants lors de l’épidémie de choléra de 1884. Gravure anglaise du temps
Ces officiers étaient autorisés à punir sévèrement les coupables, sans devoir recourir pour cela à un autre pouvoir judiciaire. Si, par exemple, quelqu’un essayait d’échapper à l’isolement, il avait à payer de cinquante à cent perpers — monnaie de l’éphémère empire médiéval serbe — ; dans les cas graves ou lorsqu’il s’agissait d’indigents, on marquait le coupable au fer rouge ou on allait jusqu’à lui couper une oreille, explique Mirko Drazen Grmek.
En 1397, l’ancien couvent de l’île de Mljet — aujourd’hui Parc National de Croatie, l’île est située entre Korcula et Dubrovnik — est converti pour accueillir — reclure ? — les voyageurs en quarantaine. Une polémique anime aujourd’hui encore les historiens du monde entier concernant le lieu où aurait été édifié le premier lazaret de l’Humanité. La primauté du bâtiment de Mljet est contestée, au profit du lazaret de Venise. Certains auteurs, tels l’historien italien Dominico Barduzzi, Garrison ou le médecin John J. Keevil, proposent même une date postérieure, considérant que le premier lazaret dans l’histoire ne daterait que de 1464, date de la fondation du lazaret de Pise, à proximité de l’église Saint Lazare.
Quelle que soit l’hypothèse considérée, retenons que c’est dans une république maritime du sud de l’Europe que serait née l’idée de construire un bâtiment spécifiquement affecté à l’isolement des voyageurs potentiellement contagieux.
Dans la catégorie vieilles Expressions Française voyons aujourd’hui ce que veut dire :
Un peu d’absence fait grand bien
Effectivement, le sentiment s’affaiblit par l’habitude d’être ensemble et se retrempe par l’absence. Voici quelques lignes de Montaigne (XVIe siècle) sur ce sujet. (Essais, livre III, chapitre 9).
« L’imagination embrasse plus chaudement et plus continuellement ce qu’elle va guérir que ce que nous touchons. Comptez vos amusements journaliers : vous trouverez que vous êtes le plus absent de votre ami lorsqu’il vous est présent. Son assistance relâche toute votre attention et donne liberté à votre pensée de s’absenter à toute heure pour toute occasion. »
Un poète comique du XVIIIe siècle, Barthe, a dit dans une de ses comédies :
La beauté, même à l’œil, sait-elle toujours plaire ?
Vous croyez que le temps la détruit ou l’altère :
L’habitude, voilà son plus triste ennemi.
A qui nous voit toujours on ne plaît qu’à demi.
La Rochefoucauld (XVIIe siècle), dans ses Maximes, a comparé l’absence au vent qui allume le feu et éteint les bougies.
«J'en peux plus!» Cette expression si familière que personne n'y prête attention est bien plus noble qu'il n'y paraît. Pensez: elle a cours en France depuis le 14e siècle. Au moment où la peste noire et la Guerre de Cent ans ravageaient la France, on disait déjà «n'en plus pouvoir». Au siècle précédent, au temps de Philippe Auguste et de saint Louis, on était déjà «mal en point»: on l'est encore, huit cents ans après.
Voilà ce qu'on apprend en picorant dans le Bouquet des expressions imagées, un gros volume de 1700 pages où sont rassemblées les milliers de locutions qui émaillent ou ont émaillé le langage courant des Français, chez les bourgeois et dans le peuple, à la cour, aux champs et à l'usine. Pour mener à bien ce travail encyclopédique, les auteurs - Claude Duneton pour la première édition de 1990, Sylvie Claval pour cette version revue et augmentée - ont épluché des dizaines de dictionnaires et de récits littéraires ou populaires. Puis ils ont classé méticuleusement leur faramineuse cueillette: l'index final fait 450 pages. J’y ai picoré quelques expressions que voici:
● Nom d'un chien !
« Dame » : voilà une interjection qui, comme « nom d'une pipe », survit depuis le 18e siècle. Certes, elles ne s'emploient plus guère. Et si on les réhabilitait pour varier le « merde » sonore dont nous ponctuons à tout va notre parler quotidien. À la rubrique des interjections anciennes, «vertuchou!» (17e siècle) ne manque pas de charme. On pourrait aussi ressortir de nos mémoires les expressions du 19e, plus boulevardières : « Nom d'un chien », « tu parles Charles », « mazette », « purée », « des flûtes », « mince », « crotte de bique ». « Mon cul mon œil » n'est pas mal non plus : au début du 20e siècle, on le disait à tout bout de champs, comme un siècle plus tard, les ados diront « grave !» à gogo.
" Que le Cierge de la Chandeleur
conservé pour un singulier rituel"
(D’après «Revue des traditions populaires», paru en 1890)
En 1890, Fertiault rapporte l’existence d’une curieuse croyance en Champagne, à propos du cierge de la Chandeleur dont on conserve soigneusement une partie, laquelle n’est allumée qu’en cas de douloureuses circonstances
Il est de coutume dans un petit village de la Champagne, que le curé donne, tous les ans, à la Chandeleur, un beau cierge en cire au chantre de l’église. De ce cierge, qui, bien entendu, est bénit, le ménage du brave homme se sert bien un peu pour l’usage ordinaire, une économie de chandelle ou de bougie n’étant pas à dédaigner ; mais on en conserve soigneusement une partie, vénérée comme une relique, et qu’on n’allume que dans des circonstances graves ou douloureuses.
Sans parler du mort, près duquel la lueur du cierge fait tristement sentinelle, il est des malades dont le cas appelle le corps du cierge en consultation. A-t-on, par exemple, pour un habitant, la crainte d’une dangereuse affection au cerveau, vite les voisines se réunissent. Elles vont dévotement sortir du fond de l’armoire le reste du précieux flambeau, et s’empressent d’y mettre la flamme.
Dans cette localité, la méningite s’appelle cathère. On veut immédiatement savoir à quoi s’en tenir sur ce point inquiétant : l’alité a-t-il, ou non, le cathère ? Pour être fixées sûrement, les voisines ont recours à une pratique aussi délicate que simple. Elles emplissent d’eau un récipient quelconque, bol, soucoupe, ou verre, et sur cette eau, en récitant quelques phrases de prières, elles font couler plusieurs gouttes de la cire en fusion du cierge.
Si les gouttes arrivées à fleur du liquide y forment une figure dentelée, en étoile, encornes, en un mot, à angles irréguliers, le souffreteux a ou aura le cathère ; si, au contraire, les gouttes blanches ont tombé de manière à former une figure plane et d’une circonférence correcte, un joli rond uni, le malade n’aura pas à craindre l’inflammation du cerveau.
Tout le monde de l’endroit a la foi la plus robuste en cette superstitieuse prédiction. Il n’y a sage avis qui tienne, et le médecin, en diplomate bienveillant, est obligé de s’arranger pour circonvenir les effets de cette confiance par trop aveugle.
Dans la catégorie Expressions & Proverbes d'autrefois
Aujourd'hui que veut dire ; " Planter ses choux "
(Se retirer à la campagne)
Peut-être avez-vous rêvé comme but d’une laborieuse et difficile carrière de pouvoir un jour « planter tranquillement vos choux » ? A qui croyez-vous devoir la pacifique formule à l’aide de laquelle vous traduisez votre innocente ambition ? Peut-être allons nous vous la dépoétiser.
Votre précurseur n’est autre que Dioclétien, le cruel destructeur des derniers privilèges du sénat romain, l’implacable persécuteur des chrétiens. Malade, lassé des agitations et des soins du pouvoir, Dioclétien, abdiquant le rang suprême, s’était retiré à Salone — alors la capitale de la province romaine de Dalmatie, emplacement aujourd’hui situé en Croatie — où il vivait en simple particulier.
Pressé un jour de ressaisir le pouvoir par Maximin, qui avait été son collaborateur à l’empire, et qui ne s’accommodait pas comme lui de l’humilité et du repos, il l’emmène dans son jardin, et lui faisant admirer une magnifique plate-bande de choux : « Non, répond-il : je n’avais jamais joui du soleil ; laisse-moi me rassasier de sa belle et bienfaisante lumière ; je ne vivais pas avant d’être ici ; laisse-moi vivre ; laisse-moi planter mes choux. »
Qu’a eu lieu la naissance officielle
de l’académie Goncourt
(D’après « Revue universelle », paru en 1903)
Edmond et Jules de Goncourt. Dessin de Gavarni
C’est seulement six ans après la mort de son fondateur Edmond de Goncourt, à la suite de difficultés de tout genre, de contestations, d’incidents judiciaires et de transactions, que l’académie des Goncourt obtient enfin son existence légale
Les frères Edmond et Jules de Goncourt, qui détestaient l’Académie française, eurent un jour l’idée de fonder une académie nouvelle, composée de littérateurs ayant une originalité tranchée. Cette société devait fonctionner après leur mort, et chacun de ses membres, désigné d’abord par eux, recevrait une rente annuelle.
Cette idée n’était qu’un pur rêve, car la fortune des Goncourt était alors médiocre. Elle ne prit corps qu’après la mort de Jules (1870), lorsque Edmond de Goncourt, qui, pour se distraire de la perte de son frère, s’était mis à collectionner des œuvres d’art, apprit un jour que sa collection de dessins seule valait environ 250 000 francs. Il reprit alors son projet abandonné et, de concert avec son ami le plus cher, Alphonse Daudet, arrêta toutes les dispositions qui devaient, pensait-il, assurer la réalisation de son œuvre.Son académie devait comprendre dix membres. Les dix premiers qu’il choisit étaient Gustave Flaubert, Paul de Saint-Victor, Fromentin, Barbey d’Aurevilly, Léon Cladel, Théophile Gautier, Théodore de Banville, de Chennevières, Veuillot et Vallès. Beaucoup d’entre eux moururent et, à partir de ce moment, la liste fut fréquemment modifiée. Avec Alphonse Daudet, on y vit figurer Guy de Maupassant, Paul Bourget, Pierre Loti, Emile Zola, Joris-Karl Huysmans et Henry Céard. Maupassant mourut à son tour ; les noms de Bourget, de Loti et de Zola furent effacés lorsqu’ils posèrent leur candidature à l’Académie française. Il en fut de même de Céard, à la suite d’une discussion.
Edmond de Goncourt fit de nouveaux choix parmi les habitués de son « grenier » qui l’affectionnaient et qui lui étaient particulièrement chers. Par son testament, ouvert quelques jours après sa mort, le 19 juillet 1896, il consacrait tout ce qu’il possédait à la fondation de son académie, destinée à soutenir l’art indépendant ; il en excluait les hommes politiques, les fonctionnaires, les grands seigneurs et les poètes.
Edmond de Goncourt. Photographie colorisée de Nadar réalisée en 1890
L’académie devait comprendre dix membres, se compléter elle-même en cas de vacance, constituer une association cordiale se réunissant en un dîner mensuel et distribuer chaque année un prix de 5000 francs à un jeune écrivain. Chaque membre devait recevoir 6000 francs par an à titre de rémunération. Goncourt désignait pour ses exécuteurs testamentaires Alphonse Daudet et Léon Hennique. Il les chargeait de liquider sa succession et de faire divers dons. Enfin il désignait comme membres de l’académie future Alphonse Daudet, Huysmans, Octave Mirbeau, Rosny aîné, Rosny jeune, Léon Hennique, Paul Margueritte et Gustave Geffroy.Pour assurer l’avenir et le fonctionnement de son institution littéraire, il fallait qu’elle pût jouir d’un revenu annuel de 65 000 francs. La vente des collections et de la maison de Goncourt n’atteignit pas la somme sur laquelle il comptait. Les droits de succession, les frais des procès engagés par des collatéraux qui demandaient la nullité de son testament, les transactions faites vinrent ébrécher le capital réalisé. La mort d’Alphonse Daudet, exécuteur testamentaire, compliqua encore la situation.
Et il ne fallut pas moins de six ans avant que l’académie, qui s’était complétée par l’adjonction de Léon Daudet, Lucien Descaves et Élémir Bourges, pût se réunir officiellement pour la première fois en janvier 1903. L’actif de la nouvelle société littéraire étant d’environ 50 000 francs de rente, les dix académiciens délibérèrent lors de cette réunion sur la question de savoir si, pour faire fonctionner pleinement l’académie, il n’était pas nécessaire de capitaliser le montant de l’héritage jusqu’au jour où on aurait obtenu les revenus indispensables.
Les Bénédictins ont compté, pour l’Occident seul, six dates différentes qui servaient autrefois de point de départ à l’année nouvelle. Ce sont, si l’on suit, non l’ordre historique, mais celui du calendrier actuel : le 1er janvier, le 1er mars, le 21 mars, l’Annonciation (25 mars), le jour de Pâques et la Noël (25 décembre).
Les deux systèmes les plus anciens sont ceux de la Noël et de l’Annonciation. On peut dire de la Noël, en particulier, que c’est le comput ecclésiastique et romain par excellence. L’usage en était si général au Moyen Age, qu’on ne doit pas craindre de se tromper en prenant, faute d’autres renseignements, le 25 décembre comme premier jour de l’année, pour fixer les dates d’une chronique étrangère à la France.
Ce calcul spécial n’a cependant point laissé d’être aussi suivi dans nos provinces. On rencontre dès le IXe siècle, dès l’époque où Charlemagne et Pépin ont des relations avec la cour de Rome, des actes émanés de la chancellerie royale datés d’après le style de la Noël. En Dauphiné, l’habitude de commencer l’année au 25 décembre persista, même après la réunion de cette province à la couronne en 1343.
Une ordonnance du roi d’Aragon introduisit le même usage dans le Roussillon en 1350. Le comté de Foix aux XIIe et XIIIe siècles, la Flandre jusqu’en 1575, la Provence, l’Alsace et la Lorraine, mais non d’une façon constante, faisaient partir chaque année de la Noël. En Angleterre ce fut là le style habituel pendant tout le Moyen Age ; il prévalut également en Normandie jusqu’en 1204, tant que cette province appartint aux Anglais, et on le retrouve en Allemagne, en Hongrie, dans les royaumes fondés à Jérusalem, à Saint-Jean d’Acre, à Beyrouth, dans l’île de Chypre.
Le système de l’Annonciation (25 mars), qui s’établit à une époque aussi reculée que celui de la Noël, fut pendant quelque temps sacrifié à ce dernier en Italie et dans d’autres pays. Puis certaines chancelleries italiennes revinrent à la date du 25 mars, mais sans tomber d’accord. Les unes remontèrent à l’Annonciation antérieure à la Noël de l’année où elles réformaient leur calendrier ; d’autres partirent de l’Annonciation postérieure.
De là deux calculs : le calcul pisan et le calcul florentin. Tous les deux reposent sur ce principe que l’Annonciation est le premier jour de l’année ; mais il y a un an de différence entre les deux systèmes. Le style florentin, qui a été plus généralement usité au Moyen Age, ouvrirait l’année courante au 25 mars ; les mois de janvier, de février, et les vingt-quatre jours de mars appartiendraient à l’année précédente.
D’après le style Pisan, l’année 2014 aurait cours depuis le 25 mars 2013, et, par conséquent, serait en avance de neuf mois et sept jours sur notre système actuel. Le calcul florentin de l’Annonciation a été adopté en France dans le Quercy, le Rouergue et le Bas-Limousin. La Sicile s’y est conformée jusqu’au XVIe siècle, et Florence jusqu’au 20 novembre 1749, époque à laquelle le duc François décréta que l’année 1750 partirait du 1er janvier suivant.
La chancellerie des papes et celle des rois de France ont plus d’une fois daté leurs actes d’après le calcul pisan, qui a été de règle jusqu’en 1745 dans la province de Sienne, à Arezzo, à Cortone et à Pistoïe.
L’usage de commencer l’année au 1er mars, très suivi en France, même sous les deux premières dynasties, doit servir de base à qui veut déterminer la chronologie des chroniques de Grégoire de Tours et de Frédégaire. Venise même y est restée longtemps fidèle ; il faut donc, pour avoir la date précise d’un ancien document vénitien rédigé dans les mois de janvier et de février, augmenter d’une unité le millésime de l’année.
Le 21 mars a été aussi, mais plus rarement, pris pour point de départ dans les calendriers du Moyen Age.
Quant à la coutume d’ouvrir l’année à Pâques, coutume constante sous dynastie capétienne, on en trouve des exemples, à l’état d’exception, dès le VIe siècle. Elle était spécialement connue sous le nom de Coutume de France, Mos Gallicanus. Les provinces où le style de Pâques fut en vigueur sont la Champagne dès le Xe siècle, la Bourgogne de 1365 à 1480, le Bourbonnais, le Languedoc au XIIIe siècle, et la Picardie. A Amiens, au XIIe siècle, et
à Péronne, au XVe, l’année commençait le jour de Pâques, après le cierge bénit.
Le comté de Poitou, avant de passer sous la domination anglaise, suivait la coutume de France. Les Anglais y introduisirent, en 1152, le style de la Noël, qui resta, concurremment avec celui de Pâques, jusqu’au moment de la réunion de cette province à la couronne. La Normandie, la Guyenne et la Gascogne ouvrirent l’année à Pâques, dès que les rois de France rentrèrent en leur possession.
Ce n’est qu’à partir du XVIe siècle, après l’édit de Charles IX (janvier 1563, vieux style) et la déclaration de Roussillon du 4 août, qu’il devint obligatoire en France de commencer l’année le 1er janvier ; cet usage fut consacré par le parlement en 1567.
Souvent remaniée, la langue française regorge de trésors insoupçonnés. Employées par nos aïeux, quelques citations méritent respect et intérêt. Grâce à un vocabulaire imagé, les portes du savoir s’ouvrent. Je vous propose de découvrir l’origine et la signification de ces expressions.
Aujourd'hui voyons ce que signifie............
" Siffler la linotte "
(D’après « Parémiographe français-allemand ou Dictionnaire des métaphores
et de tous proverbes français adaptés et sanctionnés
par l’Académie française » (par Jacques Lendroy), paru en 1820)
Signifie: "Boire beaucoup, plus que de raison"
Né en 1594, Marin Cureau de La Chambre, exerçait comme médecin dans la ville du Mans, lorsqu’en 1632 il fut nommé médecin par quartier du roi Louis XIII — il était au service du roi durant un trimestre par année. Mais il fit de tels progrès dans la médecine et se rendit si célèbre par ses cures étonnantes, que le cardinal de Richelieu le fit le médecin ordinaire du roi en 1641 — le médecin ordinaire remplaçait le premier médecin lorsque ce dernier était indisponible.
Marin Cureau, qui remplit également cette fonction sous Louis XIV, avait pour domestique un jeune homme que l’on nommait le beau siffleur. En effet, il sifflait avec tant d’agréments, de douceur et d’art, que chaque jour l’on priait son maître de lui accorder la permission de se rendre tantôt dans une société, tantôt dans une autre, pour y étaler son art et contribuer à leur amusement.
Des invitations si souvent réitérées, et surtout les différents toasts que l’on portait sans cesse à son habileté, en firent un si grand ami de la bouteille, qu’il ne rentrait presque jamais chez lui sans être pris de vin. Son maître, pour couper court à un vice qui empirait de jour en jour, lui défendit de sortir dorénavant, et lui promit de doubler ses gages si dans le cours de trois mois, il apprenait parfaitement à siffler une linotte qu’il lui remit en main.
Quelque dur que fût ce sacrifice, le domestique s’y résolut, et promit de faire l’impossible pour s’acquitter de la tâche qui lui était imposée. Malheureusement, dans la chambre où il exerçait son élève, se trouvait une porte qui conduisait au cellier, où son maître tenait ses vins les plus fins et les plus délicats. Le démon du vin lui insinua de se procurer un passe-partout, pour se dédommager des bonnes rasades dont on venait de le sevrer ; et aussitôt sa leçon donnée, il allait au tonneau, contentait son appétit et revenait à son ouvrage qu’il continuait avec la plus grande ardeur.
Un jour, son maître le prit sur le fait, et le trouva si enivré qu’il le rossa d’importance, lui ordonna de faire son paquet et de déguerpir au plus vite. Notre beau siffleur eut beau prier et conjurer, il fallut obéir, et ce qui lui tenait le plus à cœur, fut de perdre ses gages qui lui revenaient, depuis deux ans, et que son maître lui retint, pour s’indemniser du vin qu’il lui avait bu.
Tout le monde, instruit du sort du beau siffleur, qui depuis son équipée, avait déserté Paris, de peur d’y être montré au doigt, en demanda la raison à Marin Cureau de La Chambre, qui n’en fit pas mystère et raconta la chose comme elle s’était passée. Cette histoire vola bientôt de bouche en bouche et donna lieu à l’expression siffler la linotte, dont on se servit depuis pour indiquer une personne qui boit plus que de raison.
Clichés ci-dessus :
Linotte. Gravure extraite de The natural history of bristish birds
par Edward Donovan, Tome 7 paru en 1794
L'ivresse.chromolithographie de la fin du xιx ème siècle