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Le Blog De Papy-Bougnat

  • Papy-bougnat
  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
Dans ce blog vous trouverez un peu de vérité, beaucoup de passion, et quelques coups de gueule 
Bonne route & merci pour votre visite
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Traducteur

A L'affiche..

La culture Ne s'hérite pas, Elle se conquiert. 

 

[André Malraux]

********** 

 

Actu du jour...


       

30 décembre 2019 1 30 /12 /décembre /2019 10:11

Pour être franc...............

 

Le 5 décembre 1360 : création du
franc à cheval ou franc d’or

(D’après « Etudes et recherches historiques sur
les monnaies de France » (Tome 2), paru en 1853)

Premier franc de l’histoire monétaire française, le franc à cheval, pièce d’or valant une livre tournois, est frappée pendant la guerre de Cent Ans, au moment de la libération du roi Jean le Bon, qui avait été capturé par les Anglais en 1356 à la bataille de Poitiers.

 

Le franc d’or appelé aussi franc à cheval, fut la seule monnaie d’or de la création du roi Jean dont l’existence se prolongea sous les règnes postérieurs. Quant aux autres monnaies d’or elles ne furent que la reproduction de monnaies déjà connues.

On se rappelle que sous Philippe de Valois, Jean, son fils, n’étant alors que duc de Normandie, décréta, au camp devant Aiguillon, le 27 avril 1346, la fabrication sous le nom de florin saint Georges, d’une monnaie d’or qui n’eut qu’une existence éphémère. C’était cette même monnaie au type du cavalier armé, type qui rentrait dans les habitudes chevaleresques du roi, que ce prince reproduisit, en 1360, sous le nom de franc à cheval. Celte monnaie étant de bon aloi , établie dans de justes proportions, et n’ayant pas éprouvé pendant le reste du règne, les altérations de titre et de taille qui discréditèrent les autres monnaies, prit faveur non seulement en France, mais encore dans les Etats voisins.

Presque tous les princes contemporains et les seigneurs de France qui avaient droit de frapper de la monnaie d’or, imitèrent ce type avec empressement, et le copièrent aussi exactement qu’il leur fut possible sans s’exposer aux peines de la contrefaçon du coin du roi. Dans toutes les contrées du nord de la France celle monnaie circulait sous le nom de ridder ou cavalier armé, que lui donnèrent les peuples de Flandres.

L’ordonnance de création du franc à cheval fut rendue à Compiègne, le 5 décembre 1360, à la suite d’une aide que le roi avait été autorisé à lever. « Et avons ordonné que le susdit aide soit levé à sols et à livres, et non pas à taxations de florins ; parquoi nous voulons qu’il appère clèrement au peuple que nous avons entencion et propos ferme de tenir et garder la forte monnoye par la manière que s’en suit : c’est assavoir que nous avons ordonné et ordonnons que le le denier d’or fin que nous faisons faire à présent et entendons faire continuer, sera appelé franc d’or, et aura cours pour seize sols parisis la pièce. »

Ce franc d’or se fabriquait à 24 carats, à la taille de 63 au marc et devait avoir cours pour vingt sols tournois suivant autre ordonnance du même jour. Outre le franc d’or à la taille de 63 au marc, il en existait un autre au même type et au même titre, qu’on appelait le grand franc d’or, ayant cours pour trente sols tournois ou vingt-quatre sols parisis. Il se taillait de 42 au marc. Il ne peut y avoir confusion entre les deux monnaies, malgré la conformité de nom et de type, car les ordonnances sont précises. En effet, on lit dans l’ordonnance du 10 avril 1361 :

« Pour ce est-il que nous qui voulons que chascun saiche que nous qui avons très parfaite entention et bonne volonté de tout nostre povoir faire tout au plaisir du Dieu et au bien et prouffit commun de tout le peuple de nostre dit royaume, que iceulx puissent estre en bonne union et tranquillité , et que par le fait et mutacion de nostre dite monnoye, d’ores en avant, ne puisse estre grevé ni affaibli, mais puisse et doye le fait et gouvernement d’icelles demeurer et arrester en ung estat ; par très grant et bonne délibération eüe par plusieurs fois avec plusieurs prélats, barons, bourgeois et aultres à ce cognoissants, en considérant tout ce qui est à considérer, avons volu et ordonné et par ces présentes volons et ordonnons, et à tous quels que ils soient, tant de nostre lignage comme d’autres, qu’ils ne soient tant osés ni si hardys, surtout ce en quoy ils se peuvent mesfaire envers nous, de prendre ou mettre en appert ou en couvert pour aucun prix, sinon au marc pour billon, depuis la publication de ces présentes, et pour le prix que nous leur avons donné et qui s’en suit ci-après : c’est assavoir les francs d’or que nous avons fait faire, faisons et ferons faire d’ores en avant, n’ayent cours et soient pris ou mis que pour seize sols parisis la pièce tant seulement, ainsi comme ordonné avons paravant ; et aussi les autres grands francs d’or que nous avons ordonné estre faits des quels les deux sont et seront d’autelle valeur comme les trois francs de seize sols dessus dits, ne soient pris et mis que pour vingt-quatre sols parisis et non pour plus, etc. »

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23 décembre 2019 1 23 /12 /décembre /2019 12:08

Aujourd'hui 23 décembre la rétro de ce billet sera plutôt un hommage ....

Ce n’était pas ma génération mais j’aimais bien la qualité de ces textes et leurs interprétations avec surtout la pureté & la sincérité de sa voix

L'interprète de « Ma vie » est mort. Le chanteur breton Alain Barrière est décédé des suites d'un arrêt cardiaque ce 18 décembre 2019  , à l'âge de 84 ans, à Carnac (Morbihan), où il était revenu vivre depuis une dizaine d'années, à quelques kilomètres du port de La Trinité-sur-Mer où il était né. Victime d'un nouvel AVC, il était hospitalisé depuis une dizaine de jours. Il venait au début du mois de perdre l'amour de sa vie, sa femme Anièce, emportée à 69 ans par une pneumonie.

Alain Bellec, de son vrai nom, restera attaché aux années 60 et 70 dont il fut l'un des auteurs-compositeurs et interprètes les plus aimés. Il a connu ses plus gros succès en 1961 avec «Cathy » puis « Elle était si jolie » en 1963, « Rien qu'un homme » en 1970 et « Tu t'en vas » en 1974, mais c'est surtout le slow « Ma vie » en 1964 qui fera de lui une vedette en France et à l'étranger, où il fit plusieurs tournées. Après avoir connu en 1977 des démêlés avec le fisc, puis deux exils aux Etats-Unis et au Canada, il ne retrouva plus jamais le même succès. Il ne sortit que trois albums après 1980 et une autobiographie en 2006, « Ma vie», sous l'impulsion de sa fille Guenaëlle.

Fils de mareyeurs, élevé par sa mère, il était très attaché à la Bretagne et avait écrit un hymne au Stade Rennais, « Allez Rennes », en 1971 - année de leur victoire en coupe de France - puis en 1978 l'hymne écologique « Amoco » en réaction à la marée noire provoquée sur les côtes bretonnes par le naufrage de l'Amoco Cadiz et enfin, en 2006, un « hymne à la Bretagne » dont le CD était vendu avec son autobiographie.. Lire sa biblio

Lui et sa femme sont partis à 12 jours d'intervalle

Alors qu'il était en haut de l'affiche, il était retourné en 1973 à Carnac pour y construire le Stirwen, « l’étoile blanche » en breton, un complexe aux allures de château médiéval qui comprenait une discothèque, un bar-restaurant et un théâtre, où se produisaient ses amis et stars de l'époque, Johnny, Bardot, Lama... Fermée en 2007, la discothèque a été relancée en 2013 par Guenaëlle Barrière.

Le chanteur Alain Barrière le 29 novembre 2019. Fabien Lecoeuvre

En 2007, lors de ses derniers Olympia à guichets fermés, il nous avait accordé un entretien très émouvant. «Je suis un survivant », nous avait-il avoué, regrettant la «férocité » du métier. « On a vite fait de vous cataloguer has-been, s'indignait-il. J'étais quand même de ceux qui écrivaient de vrais poèmes, de vraies musiques, et qui mariait bien les deux. J'ai rarement bâclé. »

Il citait d'ailleurs comme principales influences les poètes. «Ceux qui m'ont le plus appris, c'est Federico Garcia Llorca, Francis Carco par sa légèreté, mais surtout Verlaine et Rimbaud. » Mais ne crachait pas sur les télé-crochets d'alors. « J'aurai foncé m'inscrire à la Star Ac' ou à Nouvelle Star. » Un an après la sortie de son autobiographie, cet ami intime de Bernard Hinault racontait combien elle lui avait valu de courriers de remerciements. « Les gens me disent à quel point mon histoire s'est rapprochée de la leur. A quel point ils ont eu besoin de moi. »

En proie à des soucis de santé, Alain Barrière s'était retiré de la scène en 2011, mais il venait de revenir dans l'actualité début décembre avec une compilation de 56 chansons. « C'est sa fille Guenaëlle qui m'a prévenu ce soir (mercredi soir), explique Fabien Lecoeuvre, qui était son agent depuis onze ans. Je suis comme elle sous le choc. Nous étions ensemble chez lui fin novembre pour préparer la promotion. Et il allait bien, jouait du piano tous les jours et s'occupait de ses chiens. Mais sa chère femme est décédée… Ils sont partis à douze jours d'intervalle. »

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 07:38

Quelques souvenirs d’expressions Française

(disparues de nos jours)

 

Souvent remaniée, la langue française regorge de trésors insoupçonnés. Employées par nos aïeux, quelques citations méritent respect et intérêt. Grâce à un vocabulaire imagé, les portes du savoir s’ouvrent. Je vous propose de découvrir l’origine et la signification de ces expressions.

Aujourd'hui voyons ce que veut dire : 

 

Jeter une chose à croix et à pile

(Abandonner une chose aux chances du hasard)

 

Tout le monde connaît le jeu désigné par l’expression Jouer à croix et à pile (devenue ensuite Jouer à pile ou face), qui est venue de ce que les monnaies du temps de saint Louis et de quelques-uns de ses successeurs, portaient sur une face l’empreinte d’une croix, et sur l’autre celle de deux piles ou piliers.

Les uns pensent, avec l’historien italien Villani, que ces piles représentaient des bernicles, instruments de torture dont ce roi avait été menacé durant sa captivité, et dont les figures devaient rester pour rappeler un tel affront jusqu’à ce que lui ou ses barons en eussent tiré vengeance. Les autres croient qu’elles étaient des colonnes pareilles à celles que Louis le Débonnaire avait fait mettre sur ses monnaies où elles soutenaient une église surmontée d’une croix, avec cette légende : Xristiana religio.

Borel a rapporté d’autres explications que voici : « Pile vient d’un ancien mot qui signifie prince (aussi est-ce le côté où est la tête du prince qu’on nomme pile), ou bien de pileus, bonnet, parce que le piIeus étant la marque de la liberté, on l’avait mis sur certaines monnaies ; ou bien encore de pyle qui en ancien gaulois se disait pour navire (d’où dérive pilote), car en la première monnaie, qui fut celle de Janus ou Noé, était représentée le navire ou arche, et j’en ai plusieurs de telles (monnaies) tant d’argent que de bronze. » (Antiquités gauloises)

Les monnaies de plusieurs villes de la Grèce et celles de Rome offraient d’un côté la tête de Janus, et de l’autre un vaisseau, qui était quelquefois remplacé chez les Grecs par une guirlande. Ces signes avaient été choisis en raison de ce que Janus passait pour l’inventeur de l’argent monnayé, des vaisseaux et des guirlandes. Les Romains jouaient comme nous en jetant en l’air une pièce de monnaie, et ils disaient : Caput aut navis, tête ou vaisseau. Macrobe et saint Augustin parlent de ce jeu.

Les Italiens disent : Fiore o santo, fleur ou saint, parce que les monnaies de Florence et de quelques autres villes sont marquées de ces signes. L’expression des Espagnols est : castillo y léon, par allusion aux figures empreintes sur leurs pièces, dont un côté présente un château qui forme les armes du royaume de Castille, et l’autre un lion qui forme les armes du royaume de Léon. En Angleterre, on appelle king’s side, côté du roi, celui où est l’effigie du monarque, et cross side, côté de la croix, celui où se trouve ce signe du christianisme.

 

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18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 07:31

Jouets d’autrefois.

 Compagnons
de notre enfance de la Belle Époque aux années 1960

 

Pour tout savoir des jouets de votre enfance, ce livre vous racontera dans le détail l’histoire méconnue de vos vieux « amis », nounours, poupées et autre cheval à bascule...

Aujourd’hui, le traditionnel hochet et les autres jouets dits couineurs accompagnent toujours bébé dans son berceau, tandis que les nounours et autres peluches bercent son sommeil. Mais il y a plus de 100 ans, les jeux et les jouets de nos aïeux étaient un peu différents... On arrivait à l’école les poches de sa blouse pleines de billes. Plus grand, on pratiquait le croquet ou le jeu de quilles. Les poupées et la corde à sauter avaient la faveur des petites filles. À l’âge intrépide, on n’hésitait pas à enfourcher son cheval de bois ou à pédaler sur son tricycle, puis à chausser des patins à roulettes. Dans la rue, avec les autres gamins, on déboulait en trottinette dans des courses haletantes.

Les voitures à pédales et autres cyclorameurs, encore peu répandus du fait de leur prix, commençaient à peupler les maisons bourgeoises, dont les parquets soigneusement cirés firent les frais des premières courses. Quant aux soldats de plomb, ils se livraient des batailles épiques sur la table du salon ou dans la cour... Les premières répliques de moteurs à vapeur, microscope ou lanterne magique ouvrirent aux enfants de la Belle Époque les portes de la science...

Tous ces objets ont fait rêver des générations de bambins émerveillés et, pour beaucoup de ces jouets, ils continuent encore à peupler le quotidien de nos enfants... Des enfants que nous fûmes tous autrefois, et que nous restons dans un petit coin du cœur. À n’en pas douter, après avoir lu ce livre, vous allez rédiger une nouvelle lettre au Père Noël.

Historien amateur, Roland André se passionne pour les traditions populaires, les coutumes rurales. Il est l’auteur, entre autres, de La fabuleuse histoire du Père Noël, de Modes et maillot de bains, de La Vendée d’antan, coiffes et costumes publiés aux éditions Sutton.

INFORMATIONS PRATIQUES :
Jouets d’autrefois. Compagnons de notre enfance de la Belle Époque aux années 1960, par Roland André. Éditions Sutton
208 pages. Format 16 x 23 cm. 22 euros
ISBN : 978-2-8138-1084-7. Paru en octobre 2019

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 12:10

En ce 11 Novembre N’oublions jamais….

Hommage et respect aux Hommes qui se sont battus pour défendre notre liberté 

Nos poilus

Mais au fait que veux dire le mot « poilu » désigne les 8,5 millions de soldats français de la Première Guerre mondiale. Pourtant ils n’étaient pas plus velus que leurs ancêtres. Certes ils pouvaient se laisser pousser barbe et moustache et paraitre à leur retour comme extrêmement poilus mais l’utilisation du terme est en réalité antérieure.  Il désignait déjà les soldats napoléoniens.

Comme l’indique Albert Dauzat dans son ouvrage « L’Argot de la guerre » : « Avant d’être le soldat de la Marne, le « poilu » est le grognard d’Austerlitz, ce n’est pas l’homme à la barbe inculte, qui n’a pas le temps de se raser, ce serait trop pittoresque, c’est beaucoup mieux : c’est l’homme qui a du poil au bon endroit, pas dans la main ! »

Ce terme militaire désignait ainsi dans les casernes, où il prédominait et dans le langage familier, quelqu’un de courageux. L’expression est donc un rappel du courage de ces soldats ayant vécu l’enfer des tranchées, dans des conditions de vie et d’hygiène terribles.

Mais les soldats entre eux ne l’utilisaient pas et même le rejetaient, préférant dire «bonhomme» ou «biffin». On trouve ainsi “bonhomme” dans une lettre de combattant datant de décembre 1914 : «Un autre jour il est parti entre les lignes allemande et française chercher des souvenirs, avec, pour se protéger, un parapluie qu’il a ouvert. Le parapluie que j’ai vu est criblé de trous; le bonhomme n’a rien eu, ou presque.»
Certains officiers utilisaient en revanche « poilu »  pour signifier la différence qui existait entre eux et leurs hommes.

Et même déjà chez Molière existait l’expression “un brave à trois poils” dans “Les Précieuses Ridicules” en 1659.

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4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 07:16

Le tilleul :

" Les Milles et une vertus de ces baies & feuilles "

(D’après « Revue d’histoire de la pharmacie », paru en 1930)

 

Tilia platyphyllos

En 1930, le docteur Henri Leclerc, ancien médecin de l’état-major du général Foch, porte à notre connaissance les vertus, notamment thérapeutiques, du tilleul, dont les anciens utilisaient déjà tant le bois que les feuilles, et avance qu’il est un allié précieux dans le combat contre l’artériosclérose

Les variétés Tilia sylvestris D. C, tilleul à petites feuilles, et Tilia platyphyllos, le tilleul de Hollande ou à larges feuilles, étaient connues des anciens qui, ne possédant aucune notion sur le sexe des plantes et ignorant, par conséquent, que le tilleul porte des fleurs hermaphrodites, appelaient la première « tilleul mâle » et la seconde « tilleul femelle », l’une stérile formée d’une substance dure, jaune, noueuse, épaisse, l’autre produisant des fleurs et des fruits, plus blanche, plus flexible, plus odorante.

C’était la dernière qu’ils estimaient le plus : encore ne l’employaient-ils qu’à des usages extra-médicaux dont le plus courant était la fabrication des couronnes. Dans ce but, ils utilisaient comme liens, pour tresser les fleurs dont ils se ceignaient le front, les pellicules minces et souples qui se trouvent entre l’écorce et le bois. Les poètes romains font souvent allusion à cette coutume : Horace, désireux d’édifier ses 

contemporains sur l’austérité de ses mœurs, adresse ces mots à son esclave (Ode XXIII, liv. I) :

 

Persicos odi, puer, apparatus :
Displicant nexae philyra coronae.

Je hais un repas somptueux :
Loin de moi le tilleul qu’en guirlandes dispose
Un art pénible et fastueux.

et Ovide nous montre (Fastes, V, vers. 337) des ivrognes portant des couronnes de tilleul et se livrant à de joyeux entrechats : Ebrius incinctus philyra conviva capillis Saltat.


Pour l’usage interne les feuilles étaient la seule partie de l’arbre qu’employaient les anciens ; c’est ainsi que Pline les faisait mâcher aux enfants atteints d’ulcérations de la bouche : il leur reconnaissait, en outre, des effets diurétiques, emménagogues et hémostatiques. Longtemps, comme l’enseignait Avicenne, elles passèrent pour un topique émollient, abstersif, subtiliant et résolutif propre à apaiser les douleurs et à faire fondre les tumeurs. Mollenbrock raconte que leur mucilage, additionné d’esprit de vers de terre, soulage les rhumatisants et Gabelchover vit un ulcère de la jambe, ouvert depuis dix ans, céder à des applications de leur décoction.Plus nombreux étaient les usages auxquels se prêtait le bois de tilleul : Virgile vante les jougs qu’il servait à fabriquer et Elien rapporte qu’on le débitait en minces tablettes qu’utilisaient les écrivains. On tirait enfin parti de sa souplesse et de sa légèreté pour en confectionner des appareils orthopédiques comme celui que portait le poète Cinésias, d’une maigreur et d’une débilité telles qu’on avait dû lui construire une sorte d’armature au moyen d’attelles de tilleul. Capitolinus raconte qu’Antonin le Pieux recourut à un pareil procédé pour empêcher son corps démesurément long de s’incurver, cum longus esset admodum et incurvaretur, tiliaceis tabulis pectori cum fasciis aptatis usus erat.

Au Moyen Age, l’écorce jouit d’une grande faveur auprès de sainte Hildegarde qui en faisait manger la poudre avec du pain aux malades atteints de cardialgie ; elle vantait aussi un anneau d’or muni d’une pierre verte et renfermant de cette écorce et de la toile d’araignée comme un talisman capable de conjurer toutes les pestilences.

Ce n’est qu’à partir de la Renaissance que les fleurs du tilleul prirent place dans la pharmacopée, mais elles n’avaient rien perdu pour attendre, ainsi qu’en témoignent les éloges que leur prodiguèrent les simplicistes d’alors. Matthiole en prône l’usage contre les défaillances du cœur, A. Mizauld prête à leur hydrolat de grandes vertus contre l’épilepsie, et le crédule Paullini affirme qu’il suffit de se coucher à l’ombre du tilleul et d’en respirer les effluves pour se guérir de cette maladie.

Hoffmann recommande l’infusion théiforme des fleurs comme un spécifique de toutes les affections caractérisées par des spasmes douloureux, Boerhaave en fait un excellent remède des convulsions de l’enfance, des vertiges, de l’hypocondrie. II entrait dans la composition de l’aqua epileptica et figurait parmi les 126 substances dont la réunion constituait l’aqua generalis.

Pour terminer l’histoire thérapeutique du tilleul, rappelons que les adeptes de la médecine des signatures, trouvant une analogie frappante entre sa graine attachée sur une bractée par un pédicule allongé et l’embryon rattaché au placenta par le cordon ombilical, la prescrivaient, recueillie en la fête de la décollation de Saint-Jean, aux parturientes et aux nouveaux-nés.

Si toutes les parties du tilleul ont été expérimentées par les médecins, elles ont également servi d’objet aux recherches des chimistes. Pour exemple la vanilline et la tiliadine que Broentigam a extraites de l’écorce ; le miellat ou miellée que renferment les feuilles, substance sucrée qui, selon Maquenne, contient 40 % d’une matière identique à la mélézétose de la manne de Perse ; l’huile volatile qu’on obtient des fleurs en ajoutant du sel de cuisine à leur hydrolat et en agitant ensuite le liquide avec de l’éther ; leur richesse en sels de manganèse ; l’huile dont Mueller a signalé la présence dans les graines, et qui, par son aspect et par sa saveur, peut rivaliser avec la meilleure huile d’olive.

D’ailleurs, ces découvertes de la chimie n’ont pas empêché que le tilleul n’ait beaucoup perdu de l’aveugle confiance dont l’entouraient nos pères : il est vrai qu’il ne peut, comme on le croyait jadis, guérir ni l’épilepsie, ni l’hystérie et que, dans ces névroses, il fait bien piètre figure à côté des bromures et du gardénal.

En revanche, avance le docteur Henri Leclerc, il possède une propriété relative au traitement de l’artériosclérose. On sait, nous rappelle-t-il alors, que dans cette maladie le médecin n’a pas seulement à combattre la dégénérescence scléreuse qui aboutit à la perte de l’élasticité des artères et à la diminution de leur calibre : il lui faut encore s’opposer à des altérations du sang caractérisées par la polyglobulie, par l’hyperviscosité et par la plus grande rapidité du temps de coagulation.

Ainsi que me l’ont prouvé de nombreuses observations cliniques secondées par des examens hématologiques, explique encore Leclerc, le tilleul est un des médicaments les plus utiles pour remédier à cette triple dyscrasie sanguine, pour rendre le sang plus fluide, plus ductile, pour prévenir sa stase dans les vaisseaux et la pléthore qui en résulte : mais c’est à la condition de l’employer larga manu et de délaisser l’infusion trop peu active pour de fortes doses d’extrait fluide qu’on prescrira comme dans la formule suivante :

Extrait fluide de tilleul : 50 gr.
Hydrolat de tilleul : 450 gr.
Sirop des 5 racines : 500 gr.
Deux verres à Bordeaux par jour.

Cette indication thérapeutique ne doit pas nous faire oublier les services que peut rendre la classique tisane comme auxiliaire de la médication antispasmodique dans les affections du système nerveux auxquels ne conviendraient pas des drogues d’un héroïsme intempestif : c’est à ce titre qu’elle est universellement mise en usage par toutes les classes de la société : l’élégante mondaine dont une existence aussi vide que bruyante fit les dents crissantes de névrose, l’homme de la campagne qui regagne le soir, courbé par un dur labeur, sa chaumière enfumée, le savant dont les veilles prolongées ont étreint le front d’une couronne migraineuse, tous recourent également à l’infusion parfumée que son arôme doux et gracieux, sa saveur agréable, ses propriétés tempérantes leur font apprécier.

Beaucoup de nos contemporains ont même pris l’habitude de la substituer au thé et au café, rapporte le Dr Leclerc, qui ajoute avoir souvent entendu soutenir à un vieux confrère, qui avait connu Balzac, ce paradoxe : « A un bon repas sans café, je préférerais une bonne tasse de café sans repas. » Sa surprise et son indignation, conclut Leclerc, ne seraient pas médiocres s’il voyait les gens de ce siècle délaisser la fève d’Arabie au ton chaud et à l’arôme robuste pour le pâle et discret tilleul et, de fait, cette préférence d’une infusion sédative au breuvage le plus stimulant fournirait à un philosophe l’occasion d’argumenter à perte de vue sur la déchéance de nos tempéraments et sur l’irritabilité de nos nerfs.

Les praticiens qui jugeraient cette infusion trop débile ou trop banale auraient la ressource de lui substituer l’hydrolat plus chargé de principes actifs et moins connu des malades. Le Dr Leclerc nous confie que, médecin de l’état-major du général Foch, il avait accoutumé de prescrire aux poilus dont les émotions de la guerre titillaient trop le système nerveux, une potion composée d’hydrolats de tilleul, de fleurs d’oranger et de laitue ; il l’appelait : « les trois hydrolats ». Elle lui valut, un jour, ce compliment d’un brave tringlot : « Vous savez, Monsieur le Major, ils m’ont bien fait dormir, ces trois idiots-là. ».

 

 

 

 

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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 07:24

La vie insolite de nos ancêtres

Le monde d'aujourd’hui, envahi comme jamais par la technologie et les usages numériques, nous éloigne de plus en plus de la vie que menaient nos ancêtres, à tel point qu’il nous est parfois difficile d’imaginer comment ceux-ci pouvaient survivre sans électricité, ni eau courante, ou sans bénéficier des progrès de la médecine

 

Savez-vous que les gens n’avaient pas de noms de famille au Moyen Age ? Que l’on trouvait des prostituées dans les cimetières ? Que la pomme de terre était considérée comme la plante du diable ? Que l’arracheur de dents avait toujours une troupe de musiciens pour étouffer les cris de douleur ? Que jusqu’à la Révolution, on utilisait aussi le sel en suppositoire ? Et pourquoi comprimait-on dans des bandages le visage des enfants à la naissance ?

Autant de faits authentiques qui nous semblent souvent étranges, presque incroyables. Nous ne pouvons-nous représenter nos ancêtres que sous forme de rêveries trompeuses, soit trop semblables à nous-mêmes dans leurs façons d’être et leurs motivations (comme si nos aïeux étaient déjà des capitalistes forcenés), soit écrasés par un sort funeste, peinant sans merci lors d’une vie sans joie.

L’absence de confort devait certainement peser son poids dans la réalité des siècles passés, donnant une dimension pour nous inimaginable aux problèmes d’hygiène ou d’alimentation, pour ne citer qu’eux, mais nos ancêtres avaient leurs fêtes, leurs us et leurs coutumes, et leurs propres sources de plaisirs pour égayer leurs existences.

Ce livre raconte l’étonnante vie quotidienne de nos aïeux : un voyage insolite et amusant à travers l’histoire et les coutumes propres à chaque époque, souvent loin, très loin, des clichés et des idées reçues, permettant de découvrir tous les secrets — et d’éventer tous les clichés — qu’on pu comporter celles-ci, du Moyen Âge à la fin de la révolution industrielle. Julien Arbois est historien. Il est l’auteur du Petit dico des expressions historiques et de Je n’aime pas trop l’Histoire, mais là ça m’intéresse (City, 2012).

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
La vie insolite de nos ancêtres, par Julien Arbois. Éditions City
288 pages. Format 14,4 x 22,5 cm. 21,33 euros
ISBN : 978-2-824602899. Paru en avril 2013

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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 18:25

 

Quelques souvenirs d’expressions Française (disparues de nos jours)

Souvent remaniée, la langue française regorge de trésors insoupçonnés. Employées par nos aïeux, quelques citations méritent respect et intérêt. Grâce à un vocabulaire imagé, les portes du savoir s’ouvrent. Je vous propose de découvrir l’origine et la signification de ces expressions.

 

Aujourd'hui voyons ce que signifie............

 

" Goujat "

(D’après « Le Courrier de Vaugelas », paru en 1879)

Qualifiant à l’origine un valet chargé de servir les soldats, et notamment de porter leurs armes, le mot goujat serait issu du vocable gascon goujon utilisé pour désigner un garçon

 

Dans les armées d’autrefois, le mot goujat désignait un valet qui servait les soldats. Chez les Gascons, qui imitèrent l’infanterie espagnole, il aurait désigné le jeune homme chargé de la conduite et de l’entretien du bidet qui portait l’arquebuse à croc. Plus lard, quand les armes s’allégèrent et que le cheval de peloton qui les avait portées jusque-là fut supprimé, le goujat les porta lui-même sur son dos.

Depuis Louis XII, il se chargeait, moyennant une petite rétribution, du bagage des soldats d’extraction noble qui se faisaient appeler « capitaines » quoiqu’ils fussent sans aucun grade réel. Un goujat portait la caisse du tambour-major. Vers le milieu du XVIIIe siècle, le goujat était considéré comme palefrenier des chevaux de bât, et Bombelles (1746) n’emploie goujat que dans ce sens.

Ainsi, d’après ce qui précède, le goujat ne devait pas être tenu en bien haute estime, fait confirmé du reste par la citation suivante, empruntée à un édit du roi Henri III : « Que les goujats, en cas qu’il s’en trouve plus d’un par trois soldats, seront chastiés du fouet ; sera tenu le fourrier avoir par escript le nom desdits goujats pour les faire chasser, sous peine du fouet pour la première fois, et, s’ils s’y retournent, d’estre pendus et estranglés sans aucune forme ne figure de procès. »

Aussi, n’est-il pas étonnant que goujat, resté dans la langue après que l’homme qu’il désigne a cessé d’exister dans l’armée, y soit toujours un terme de mépris, et s’applique à un personnage sale et grossier, plus encore au moral qu’au physique.

Maintenant, d’où goujat a-t-il été tiré ? Le mot goujat, qui répond au mot grec signifiant porte-bagage, au ferentarius des Romains, au pack-knecht, domestique du paquet, des Allemands, se rendait en italien par bagaglione, galuppo, et, en espagnol, par galopin, criado, ce qui signifie, en d’autres termes, qu’il n’est originairement ni grec, ni latin, ni allemand, ni italien, ni espagnol. Ce mot vient, selon Borel, du gascon ou du languedocien goujon, signifiant garçon, de même que, dans le midi de la France, gouge signifie encore fille ou servante.

Voici d’ailleurs une autre preuve que le terme goujat vient bien d’un nom masculin ayant pour féminin gouge ; c’est que, parmi les maçons du Limousin, on désigne encore par ce terme un apprenti dont la fonction est de porter des matériaux où les ouvriers peuvent en avoir besoin.

Indépendamment de goujon, le mot goujat a encore les formes gouget, goyart, goujart (analogue à soudard). Ces formes sont devenues des noms propres, et voilà pourquoi on les rencontre en cette qualité dans l’Almanach Bottin (1ère partie), qui indique, pour Paris, l’adresse de 3 Gougeard, de 26 Goujon, de 13 Goyard et de 10 Goujet. C’est l’équivalent de Garçon, répété 3 fois dans le même ouvrage.

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14 octobre 2019 1 14 /10 /octobre /2019 16:21
La rétro du lundi.............

Rappelez-vous ce jour là….14 octobre 1888 : 

"Tournage du premier film de l’histoire par Louis Le Prince"

 

(D’après « La direction de spectateurs : création
et réception au cinéma » paru en 2015
et « Ciné-Comœdia » du 30 décembre 1930

Si la date mémorable du 28 décembre 1895 est celle de la première séance publique et payante du cinématographe organisée par les frères Lumière, on peut considérer que le premier « film » fut obtenu, grâce au procédé de chronophotographie, sept ans plus tôt par l’inventeur Louis Aimé Augustin Le Prince

Que célèbre-t-on quand on inscrit symboliquement, sur le registre d’état civil du cinéma, la date de naissance du 28 décembre 1895, désormais ancrée dans la mémoire collective ?

Le « premier » essai d’images animées ? Non. Du théâtre d’ombres oriental aux lanternes magiques, l’histoire du mouvement des images remonte à plusieurs siècles et s’est accélérée, invention après invention, au cours du XIXe siècle, à partir du Phénakistiscope de Joseph Plateau (1832), du Zootrope de Homer (1834), du Praxinoscope d’Émile Reynaud (1877) jusqu’au Fusil chronophotographique d’Étienne-Jules Marey (1882) et au Kinétoscope d’Edison et Dickson en 1891.

La « première » projection publique d’images animées ? Non. Dès 1892, Émile Reynaud améliore son Praxinoscope et, grâce à son « Théâtre optique », propose au public du musée Grévin les premières projections de dessins animés. Et dès le 1er novembre 1895, les frères Skladanowsky organisent au Wintergarten de Berlin, grâce à un appareil de leur invention, le Bioscope, la première projection publique et payante en Europe de films chronophotographiques.

L’invention d’une machine : le cinématographe ? Non. Dès le 13 février 1895, Auguste et Louis Lumière déposent le brevet pour un appareil « servant à l’obtention et à la vision des épreuves chronophotographiques » qui sera baptisé « cinématographe » dans un certificat d’addition du 30 mars. Tout se joue en moins d’un an, le cinématographe devance sur le fil d’autres inventions analogues, mais souvent moins performantes, réalisées, en cette même année 1895, par des scientifiques et inventeurs français et étrangers (l’Anglais William Paul qui améliore le Kinétographe ; les Américains Lauste et Latham qui effectuent des projections grâce à leur Pantoptikon ; les Américains Jenkins et Armat qui projettent les films du « Kinétoscope » avec leur « Phantascope » à la foire d’Atlanta ; l’Allemand Max Skladanowsky qui invente le « Bioscope » ; le français Raoul Grimoin-Sanson qui met au point le « Phototachygraphe »).

Le tournage du premier film ? Non. Car le 14 octobre 1888, Louis Aimé Augustin Le Prince (presque en même temps que Marey) tourne deux très courts films (de quelques secondes !) sur papier sensible : une scène de jardin avec sa belle-mère (Une scène au jardin de Roundhay) et une vue de la circulation des tramways, des calèches et des piétons sur le pont de Leeds (Leeds Bridge).

Dans le Nouvel Art cinématographique, nous trouvons des renseignements sur Louis Le Prince, né à Metz le 28 août 1841, chimiste, ingénieur et inventeur, qui étudia la peinture à Paris puis la chimie à l’université de Leipzig, avant de partir en 1868 vivre à Leeds, dans le Yorkshire de l’Ouest, Angleterre, où il fonda une école d’art appliqué et où il acquit une renommée dans l’art de fixer des photographies en couleur sur le métal et les poteries.

Durant son séjour aux États-Unis (de 1881 à 1886), Louis Le Prince poursuivit ses expériences sur la production de « photographies mobiles » et fabriqua, en reprenant une technique d’Étienne-Jules Marey et de l’Anglais Eadweard Muybridge, un appareil muni de seize objectifs qui permettait de décomposer les mouvements des êtres vivants trop rapides pour être analysés par le regard. De retour en Angleterre, il mit au point un nouvel appareil destiné à la prise de ces mêmes vues animées, mais muni cette fois d’un seul objectif et qu’il fit breveté le 11 janvier 1888.

C’est à l’aide d’un appareil de ce type, à une lentille, qu’il photographia des tableaux animés à la vitesse de 12 par seconde dans le jardin de Joseph Whitley, son beau-frère, à Roundhay, et réussit une série de 20 images (à la seconde) d’une fenêtre de Hick Brothers, au coin sudest du Pont de Leeds. Le court métrage muet d’une durée de 2 secondes connu sous le nom d’Une scène au jardin de Roundhay est en réalité une reproduction, effectuée en 1930 sur film 35 mm, des photographies qu’avait obtenues le 14 octobre 1888 Le Prince par son procédé de chronophotographie, et constitue, du point de vue technique, le premier film de l’histoire.

Dans le même temps, Louis Le Prince réalisa un nouveau projecteur pour exhiber ses tableaux sur un écran, et pour cela eut recours à la lumière électrique. C’est à ce moment que l’écrivain Ernest Kilburn Scott rencontra l’inventeur et vit son appareil. L’électricité était produite par une machine à vapeur Robey et une « dynamo Crompton », fournie par Wilson Hartnell. L’appareil était dans la cour de William Mason et fils, au 150 Woodhouse Lane, et les câbles passaient au-dessus des constructions intermédiaires, au n° 160.

Tôt, en 1889, Louis Le Prince commença à faire usage du film celluloïde transparent, qui était devenu utilisable. Ces films sensibles, coupés à la largeur exacte de sa machine par Frédéric Mason, résolurent leur problème le plus difficile.

En août 1890, Louis Le Prince se rendit en France pour prendre des brevets et pour d’autres affaires. Il voyagea avec M. et Mme Richard Wilson, de Leeds, et les quitta à Bourges pour y visiter son frère, un architecte de Dijon. Il fut vu la dernière fois entrant dans un train pour Paris, le 16 septembre 1890. Depuis ce moment il disparut complètement, et bien que de minutieuses enquêtes aient été faites par des détectives français, anglais, et par des membres ou des amis de la famille, on ne retrouva jamais aucune trace de lui. La disparition complète des bagages et des papiers d’affaires aida à suggérer la trahison, et sa veuve pensa toujours qu’il avait été enlevé par des personnes qui désiraient contrôler la situation des tableaux animés.

Cet événement eut pour résultat que, quoiqu’il eût les « brevets fondamentaux du maître », on ne put s’en servir pendant la période statutaire de sept ans, lorsque de par la loi sa mort fut présumée et ses affaires administrées. Pendant ce temps beaucoup d’autres étaient entrés dans le champ de la cinématographie.

Pendant que Le Prince était en France, il écrivit des lettres joyeuses et optimistes, et il avait arrangé d’aller à New-York à son retour afin d’exhiber des tableaux et l’appareil dans le « Jumel Mansion », que son épouse avait à nouveau décoré.

Frédéric Mason décrit ainsi Le Prince : « En beaucoup de choses un homme très extraordinaire, en dehors de son génie inventif qui était grand incontestablement. Sa taille était de 6 pieds 3 ou 4 pouces, sur ses chaussettes, et il était bâti en proportion, se mouvant lentement, très doux, réfléchi et quoique inventeur, d’une extrême placidité que rien ne pouvait émouvoir, la véritable antithèse du petit Jacques Bonhomme ; aussi très juste et insistant à payer ses comptes chaque semaine. »

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7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 18:18

Souvent remaniée, la langue française regorge de trésors insoupçonnés. Employées par nos aïeux, quelques citations méritent respect et intérêt. Grâce à un vocabulaire imagé, les portes du savoir s’ouvrent. Je vous propose de découvrir l’origine et la signification de ces expressions.

 

Aujourd'hui voyons ce que signifie............

 

Allumer la chandelle à quatre cornes

Vieille expression proverbiale dont on se sert encore quelquefois en certaines provinces et même à Paris pour marquer le contentement d’un père et d’une mère qui marient la plus jeune de leurs filles, après avoir marié toutes les autres

Elle rappelle la coutume anciennement observée, en pareil cas, de faire une espèce d’illumination de joie en allumant toutes les mèches d’une grande lampe de famille qui avait ordinairement quatre cornes ou quatre becs.

https://www.france-pittoresque.com/IMG/jpg/Chandelle-Cornes.jpg

Cette coutume était un reste des antiques formalités du mariage où l’on employait le feu comme élément symbolique. Le recueil manuscrit des anciens Statuts de Marseille (Statuta Massiliensia, an. 1274), nous apprend que le jour des noces on avait soin d’entretenir des luminaires dans l’intérieur des maisons. On peut voir sur ce sujet l’Histoire de Marseille, par Fabre (II, 204).

Il y a une remarque grammaticale à faire sur le mot chandelle, qui pourrait paraître improprement introduit dans l’expression que nous venons d’expliquer. C’est qu’autrefois chandelle était un terme générique désignant à la fois la substance qui éclairait et l’ustensile où cette substance était placée.

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