Aujourd’hui :
La vérité sur les privilèges des fonctionnaires
L’ENQUETE du jour : Salaires, retraites, sécurité de l'emploi... Les agents de l'État vivent sur une planète plus confortable que les salariés du privé. La preuve en chiffres.
C'est au niveau de la progression de salaires que l'injustice est la plus criante. Les fonctionnaires peuvent compter sur l'accroissement des primes et indemnités: 6,4% en 2012. Ou sur la garantie individuelle de pouvoir d'achat qui leur assure un supplément de salaire en cas de perte de revenu par rapport à l'inflation. (Infographie Challenges)
Avec la polémique engendrée par la suppression du jour de carence des fonctionnaires, la guerre des deux France est relancée: le privé contre le public. L'occasion de vérifier si les fonctionnaires (ils sont plus de 5 millions) sont des privilégiés. D'abord, contrairement à une idée reçue, ils sont mieux payés. Sauf s'ils travaillent dans la fonction publique territoriale, ils ont en moyenne un meilleur salaire dans une administration (Etat ou établissements publics de santé) que les employés du secteur marchand.
Un gel des salaires en trompe-l’œil
"L'injustice se situe surtout au niveau de la progression des salaires", précisent Maël de Calan et Sylvain Bertoux, rapporteurs de l'étude de l'Institut Montaigne sur la dépense publique publiée en décembre 2012. En 2010, en pleine crise, le pouvoir d'achat des fonctionnaires avait ainsi grimpé d'1,7% ... Certes, depuis 2011, le gel du point d'indice - base de calcul au traitement du public - a ralenti la progression. Il n'empêche, avec le système automatique des avancements - le "glissement vieillissement technicité", le fameux GVT -, les rémunérations augmentent. "La moitié des agents de catégorie B a vu son salaire net progresser au moins de 9,7% en euros constants entre 2006 et 2010, soit 2,3% par an", note le rapport de la fonction publique de 2012.
Les fonctionnaires peuvent aussi compter sur l'accroissement des primes et indemnités: 6,4% en 2012. Ou sur la garantie individuelle de pouvoir d'achat, instaurée en 2007, qui assure un supplément de salaire en cas de perte de revenu par rapport à l'inflation. Rien qu'en 2011, 74.000 fonctionnaires d'Etat ont reçu, en moyenne, 852 euros. Coût pour le budget: 63 millions d'euros. "Depuis 2007, en euros constants, les agents de l'État ont été augmentés de 3%, tandis que les salariés du privé ont perdu près de 1% de leur pouvoir d'achat", conclut Agnès Verdier-Molinié, directrice de la fondation I frap.
Une flopée de petits plus
Mais le vrai avantage des fonctionnaires reste leur statut. A l'heure où le chômage dépasse les 10%, près de 80% des agents du public sont fonctionnaires à vie. Sauf cas rares, ils ne peuvent pas être licenciés. Sur les 20% restants, la moitié est en CDI, donc protégée des aléas économiques. Certes, au titre de la "solidarité" avec le privé, les agents versent, depuis 1983, une petite cotisation chômage. Mais cette ponction, qui n'excède pas 1% de leur revenu, n'a jamais été revalorisée. Dans le privé, cette cotisation - autour de 2,5% à la charge du salarié est régulièrement augmentée.
Enfin, leur statut offre aux fonctionnaires toute une série de petits bonus, en matière de logement, de mutuelle, de prêts bancaires... Sans oublier le "supplément familial de traitement": cette prime, accordée dès le premier enfant et cumulable avec les allocations familiales générerait une facture annuelle de plus de 1 milliard d'euros pour l'État.
Un système de retraite nettement plus avantageux
Mais le plus grand privilège des fonctionnaires est leur régime de retraite, bien plus généreux que celui du privé. Et pour cause: leur pension est calculée sur les 6 derniers mois de traitement, celle des salariés du privé sur les 25 meilleures années. Alors que les carrières pleines dans le privé se font rares, ce système creuse l'écart. "Les agents du public ont leur pension garantie à 75% de leur dernier salaire en moyenne. Sauf faillite de l'Etat, ils seront toujours payés", précise Pierre-Edouard du Cray de l'association Sauvegarde retraites.
En revanche, dans le privé, rien n'est sûr. Il n'y a qu'à voir du côté des retraites complémentaires, l'Agirc pour les cadres et l'Arrco pour les employés. Pour équilibrer leurs comptes, ces régimes, gérés par les partenaires sociaux, doivent serrer la vis, et, le 13 mars, patronat et syndicats ont désindexé les retraites de 11,5 millions de bénéficiaires de ces caisses. Au moins les fonctionnaires n'ont-ils pas de retraite complémentaire... Injustice réparée depuis 2005 avec une retraite additionnelle, la RAFP, qui leur garantit un complément de revenu - épinglée d'ailleurs par la Cour des comptes pour sa mauvaise gestion. Résultat: à l'arrivée, le montant des retraites du public est bien supérieur à celui du privé. Ainsi, au 31 décembre 2011, les 2,6 millions de retraités du public ont touché une pension moyenne de 1.724 euros par mois. Contre 1.216 euros dans le privé, selon les chiffres 2010 de l'Insee. Près de... 500 euros d'écart.
Des pensions de réversion aux petits oignons
Ce n'est pas tout. Alors que les salariés du secteur marchand prennent leur retraite en moyenne à 62,2 ans, les fonctionnaires partent... avant 59 ans. Pis, les catégories dites "actives", comme les policiers, pompiers, douaniers, aiguilleurs du ciel, peuvent se retirer à partir de 52 ans. Au total, près de un fonctionnaire sur quatre profite de "bonifications d'annuités", c'est-à-dire de trimestres gratuits. Ces avantages tendent à diminuer. Mais les agents, bien informés, savent en profiter à temps. Ainsi, la faculté de partir plus tôt après quinze ans de service et trois enfants, supprimée en 2012, a été utilisée par 154.300 agents en 2011 - 12,6% de plus qu'en 2010.
Autre privilège, encore souligné par l'OCDE dans une récente étude: la pension de réversion. Au décès d'un fonctionnaire, une partie de sa retraite est automatiquement reversée au conjoint. Dans le privé, pour qu'un veuf ou une veuve en bénéficie, il doit avoir au moins 55 ans, et ne pas dépasser un plafond de ressources. Nombreuses, ces inégalités de traitement entre public et privé ont de beaux jours devant elles. Le gouvernement a prévu de réformer à nouveau d'ici à fin 2013 le régime général des retraites dans le privé. Pas celui du public.
Plus de souplesse pour l'absentéisme
Même sur l'absentéisme, le décalage entre public et privé n'est pas près de se réduire. Sous la pression des syndicats, Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique, a supprimé, en février dernier, le jour de carence des fonctionnaires. Rayant la décision prise en 2011 par le gouvernement Fillon de ne plus payer le premier jour d'arrêt-maladie. Dans le privé, rien n'a changé: avant de percevoir des indemnités de la Sécurité sociale, un salarié attend trois jours. La droite mais aussi des élus de gauche sont montés au créneau contre la ministre, au motif que la suppression sous Fillon de ce jour de carence avait freiné l'absentéisme de confort. De son côté, la Fédération hospitalière de France a noté une diminution de 7% du nombre d'arrêts-maladie.
Les agents de l'État abusent-ils vraiment des congés-maladie? Rien ne permet de l'affirmer. Une étude du ministère du Travail de février 2013 montre que l'absentéisme dans la fonction publique (3,9%) est à peine supérieur à celui des salariés du privé en CDI depuis plus de un an (3,7%). Mais, l'enquête étant basée sur du déclaratif, Denis Monneuse, auteur de L'Absentéisme au travail. De l'analyse à l'action !, recommande d'être prudent sur ses conclusions. Selon lui, l'absentéisme varie surtout selon la catégorie socio- professionnelle : les cadres - de l'administration comme du privé - s'arrêtent moins pour maladie que les employés ou les ouvriers, plus exposés à des conditions de travail pénibles.
L'aristocratie a trois âges successifs: l'âge des supériorités, l'âge des privilèges, l'âge des vanités; sortie du premier, elle dégénère dans le second et s'éteint dans le dernier.

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Le secrétariat d’État britannique de l’Agriculture signale l’apparition d'une maladie nouvelle affectant des bovins britanniques. Plus d’un an plus tard, l’ESB est identifiée et en 1987, on découvre que la maladie provient de l'incorporation de farines animales dans l'alimentation des ruminants. L'ESB peut se transmettre par voie digestive à l'homme sous la forme de Creutzfeldt-Jakob. La consommation de viande de bœuf chute (photo : AFP).
En mai 1999, l’affaire du poulet à la dioxine, trois ans après la "vache folle", est un nouveau coup pour les consommateurs. La crise débute en Belgique mais elle s’étend à la France. De la dioxine, une molécule toxique qui peut être à l'origine de cancers et de troubles hormonaux, est découverte dans des farines pour la volaille et le bétail. Les consommateurs se détournent des œufs et des poulets (photo : AFP).
En 2001, un épisode épidémique de fièvre aphteuse touche le Royaume-Uni. La souche serait issue de déchets de repas non consommés à bord d'un avion provenant d'Afrique du Sud, et distribués à un élevage de porcs, qui contamine un élevage ovin. Environ 1 million d'animaux devront être abattus (photo : AFP).
En 2002, plusieurs salariés de la chaîne de restaurants Buffalo Grill affirment avoir vu de la viande britannique - sous embargo à l'époque - dans une usine de découpe de l'entreprise. La fréquentation des restaurants baisse de 40 % dans la semaine qui suit le début de l’affaire. En 2003, Buffalo Grill se retrouve au cœur d’un nouveau scandale, avec la découverte de 60 kilos de viande avariée dans les cuisines d’un de ses restaurants, situé près d’Opéra à Paris (photo : AFP).
Cette « grippe du poulet » est apparue en 2003 en Asie, puis s'est répandue au Moyen-Orient, en Europe et en Afrique. Elle a fait 240 morts. Au plus fort de la crise, entre 2005 et 2006, quatorze pays de l'Union européenne sont touchés. Des millions de bêtes ont été abattues (photo : AFP).
Alerte à la listeria avec la panga du Vietnam, alerte à l'E. Coli avec les palourdes de Turquie, alertes diverses sur les produits alimentaires provenant de Chine... Le réseau d'alertes européen fonctionne (photo : AFP).
53.000 enfants sont contaminés (une centaine sont dans un état grave et 4 bébés décèdent), après avoir bu du lait « supplémenté » en mélamine pour accroître de façon artificielle sa teneur en protéines. Deux des compagnies laitières incriminées exportaient leurs produits en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient... En Belgique, du lait mélaminé est détecté dans des friandises vendues dans des magasins asiatiques (photo : AFP).
Après des soupçons portés sur le concombre espagnol, puis les tomates et la salade verte, le verdict tombe : des graines germées issues d'une ferme biologique du Nord-ouest de l'Allemagne sont responsables de l'épidémie de E.coli à l'origine de 40 décès et 4.000 hospitalisations en Europe (photo : AFP).
En 2012, des steaks hachés contaminés par la bactérie E. coli font une quarantaine de morts en Europe. En France, une dizaine d'enfants sont hospitalisés. Les steaks surgelés commercialisés sous les marques Steaks Country, Maison Spanghero et Bien Vu sont immédiatement retirés de la vente (photo : AFP).
La découverte au Royaume-Uni de viande de cheval dans des hamburgers puis des lasagnes Findus censés contenir du bœuf provoque un scandale qui prend une dimension européenne. A l'image de leurs homologues britanniques, les distributeurs français retirent de leurs rayons lasagnes, cannelloni ou spaghetti bolognaise, moussaka, ou encore hachis Parmentier à base de bœuf. L'enquête menée par la Répression des fraudes met en lumière un circuit complexe de commercialisation de cette viande et révèle des failles dans le système de contrôle alimentaire (photo : AFP).
Les boissons énergétiques se composent généralement de sucres, de sels minéraux dits électrolytes et d’eau, leur principal ingrédient. “La déshydratation a des répercussions sur les performances physiques et mentales. Plus l’épreuve est longue, plus la déshydratation est croissante, et plus la performance diminue. Une perte de 1 % en eau entraîne une baisse de 10 % des capacités physiques, explique le médecin du sport François Fisch. Il faut donc boire de l’eau avant, pendant et après l’effort. Environ 15 cl toutes les 20 min, mais cela dépend de l’activité physique.”
Le label AB
Le drame de l'homme moderne, c'est que son cerveau et son système nerveux ne se sont guère modifiés au cours des cinq derniers millénaires, et sans doute pas du tout durant les deux derniers siècles. Or, quelle commune mesure y a-t-il entre le travail de notre ancêtre paysan de 1812 et celui de son descendant de 2013vissé devant son ordinateur ? «L'homme est un étranger dans le monde qu'il a créé», déclarait déjà Alexis Carrel (Prix Nobel de médecine en 1910) qui pourtant ne connaissait pas encore la télévision, ni l'ordinateur, ni le téléphone portable.