Aujourd'hui
Castagne au moulin des «Lettres de mon moulin»
Vache à lait touristique, le célèbre moulin d'Alphonse Daudet est au centre d'une guerre entre le maire de Fontvieille et son propriétaire.
A Fontvieille, le moulin dans lequel Alphonse Daudet aurait écrit "les Lettres de mon moulin" (DR)
Voici le corps du délit: un beau gosse de moulin, couleur de nougat, au haut d'une colline de rocailles, dans les parfums de pin et de thym. Une star dans le vent, en pierres de taille beurrées de lumière. Presque un logo, que les touristes photographient comme on photographie le panneau Hollywood au sommet du mont Lee.
On n'est pas à Los Angeles, mais à Fontvieille, terre de tauromachie, avec ses arènes où les raseuteurs s'amusent à raser les taureaux sans les mettre à mort. Fontvieille, un village de 3 600 habitants, où se préparent le loto interassociatif et le concours de taille d'oliviers. Ancienne commune de carriers, Fontvieille est célèbre pour son moulin où Alphonse Daudet aurait écrit ses «Lettres de mon moulin», long-seller publié en 1870, dont l'Education nationale, en juin 2012, distribuait 800 000 exemplaires aux élèves de CM1 dans le cadre de l'opération «Un livre pour l'été».
Parce qu'ils ont grandement péché contre ce petit moulin, il n'est pas improbable que tous les Fontvieillois finissent en enfer, comme les ouailles du curé de Cucugnan. Aujourd'hui, le maire de Fontvieille, Guy Frustié, et le propriétaire du moulin, Jacques Bellon, se disputent en justice ce moulin à farine et à mythologie, poule aux œufs d'or, fermé au public depuis décembre 2011.
«Adieu les stop lunchs des tour operators», déplore une hôtelière. Et tant pis pour ce touriste japonais venu de Kawasaki et qui tourne autour de l'édifice, tel un raseuteur. «A l'époque où j'étais écolier,explique en français ce commerçant retraité, tous les élèves au Japon étudiaient "la Dernière Classe".» Universel morceau de pathos patriote, traduit par Mori Ogai, écrivain de l'ère Meiji, où un instituteur de 1870, pour la dernière fois, fait sa classe en français - car «mes enfants, l'ordre est venu de Berlin de ne plus enseigner que l'allemand dans les écoles de l'Alsace et de la Lorraine... Le nouveau maître arrive demain».
Le moulin de Daudet, c'est l'universel: le local, plus les ailes. Bâti en 1814, ce moulin, qu'on appelle aussi moulin Saint-Pierre ou Ribet, a moulu le blé jusqu'en 1915 avant d'être restauré, puis inauguré en 1935, en qualité de saint des saints littéraire, en présence d'Edouard Herriot, ministre d'Etat. Il serait le modèle du moulin de maître Cornille, dans les «Lettres de mon moulin», où un meunier bio et donquichottesque lutte avec l'énergie du désespoir mécontemporain contre le nihilisme des nouvelles technologies de la minoterie à vapeur.
Depuis 1923, le moulin de Daudet appartient à la famille de Jacques Bellon, notaire. En décembre 2011, après cinquante et un ans de gestion municipale, les Bellon récupéraient ce bien «dans un état de délabrement extrême». Désormais, ils refusent de le louer à la mairie.
Dans l'ancienne salle de bluterie, le notaire vous montre les vestiges d'un «nid de guêpes maçonnes». «Et puis ils ont enduit le toit de Dip Etanch pour colmater les fissures. Résultat: des coulées rouges sur la tour.» «Ils ont couvert les murs de vinyle», dit-il dans l'escalier du moulin. «Ils ont saccagé à la tronçonneuse la partie vermoulue de l'axe du rouet, en bois d'orme, pour le remplacer par du bois rapporté», dit-il, en haut, dans la salle de la meule, où on peut lire le nom des 32 vents qui animaient, jadis, les ailes entoilées: Manjo Fango, Marin Miéjour, Damo ou «vent des dames», qui soulève les jupes. «Pour compléter son forfait, écrit le coriace Bellon dans une lettre à RMC, le maire prive le moulin de sa desserte énergie électrique, interdisant à ERDF cette fourniture par courrier en date du 22 février 2012.»
Le maire a proposé de racheter le moulin pour 120 000 euros puis, sur le refus de Bellon, engagé une procédure d'expropriation pour cause d'utilité publique. Mais, malgré nos supplications, nos génuflexions, l'édile reste invisible. Guy Frustié, c'est l'Arlésienne. «Bonne chance, avec le maire...»,ironise un hôtelier qui a quitté l'office de tourisme de Fontvieille, «trop inerte», pour travailler avec celui des Baux-de-Provence.
Nous voilà tout dévarié, comme dit l'épicière dans son français de Provence. Dévarié, c'est-à-dire contrarié. «La réalité parle patois», disait le monarchiste Barbey d'Aurevilly dans sa critique des «Lettres de mon moulin» citée par Stéphane Giocanti dans «C'était les Daudet», une biographie où on apprend mille choses.
Si les modernes, ces meuniers du Soupçon, méprisent le bourgeois Daudet et sa littérature de terroir, leurs idoles, de Mallarmé à Nietzsche, de Proust à Henry James, le vénéraient, non sans raison. Flaubert tenait «Tartarin de Tarascon» pour un «chef-d'oeuvre», Maurras pour une«couillonnade». Un bon point pour Daudet, n'est-ce pas ?
Ce qui rend l'écrivain moins sympathique, c'est qu'il était antisémite et antidreyfusard. Saviez-vous qu'il avait aidé financièrement Edouard Drumont à éditer «la France juive», diarrhée mythomane ? Daudet était antisémite, mais son moulin ne l'est pas: en tout cas, c'est ce que le moulin m'a dit sur sa montagnette, dans un brusque besoin d'épanchement.
Celui qui ne s'épanche pas, c'est le maire. Bellon l'accuse d'avoir «détourné la subvention du 29 mai 2009 affectée à la réfection de la couverture du moulin, et versée, sur présentation de faux, en décembre2010, par le département des Bouches-du-Rhône». Depuis, la mairie a acheté pour 25 000 euros un autre moulin (il y en a quatre sur la colline), le moulin Avon, qui pourrait devenir le nouveau «moulin authentique» de Daudet. Emoi de Marie, l'épouse du président du club taurin des Molinos : «Si je dis maintenant à mes petits-enfants que le vrai moulin de Daudet, c'est le moulin Avon, ça va les perturber. Ils vont me dire : «Mamie, tu es tarée."» Prévoir une cellule d'aide psychologique.
Félibre des 32 vents, affable et balèze provençal, Alain Chaine fut le gardien-régisseur du moulin de Daudet, de 1988 à 1998. Pour décrocher ce poste, cet ancien chaudronnier a dû passer un concours avec quatorze candidats. «L'examinateur, un collègue d'enfance, m'a baisé sur une question en me demandant quel est le saint des carriers. Saint Symphorien. Peuchère !» Au début, il y avait 120 000 visiteurs, à la fin, 75 000. «A cause du parking, qui est devenu payant.»
Aujourd'hui, ce parking accueille les camping-cars. Chaine se souvient des voleurs de cartes postales.«Difficile de fouiller une grand-mère... Un jour, j'ai pris une maîtresse en flagrant délit, devant ses élèves. Elle m'a proposé d'acheter les cartes postales qu'elle avait volées. Je lui ai répondu: «Je ne vends pas aux salopes."».......................

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Le secrétariat d’État britannique de l’Agriculture signale l’apparition d'une maladie nouvelle affectant des bovins britanniques. Plus d’un an plus tard, l’ESB est identifiée et en 1987, on découvre que la maladie provient de l'incorporation de farines animales dans l'alimentation des ruminants. L'ESB peut se transmettre par voie digestive à l'homme sous la forme de Creutzfeldt-Jakob. La consommation de viande de bœuf chute (photo : AFP).
En mai 1999, l’affaire du poulet à la dioxine, trois ans après la "vache folle", est un nouveau coup pour les consommateurs. La crise débute en Belgique mais elle s’étend à la France. De la dioxine, une molécule toxique qui peut être à l'origine de cancers et de troubles hormonaux, est découverte dans des farines pour la volaille et le bétail. Les consommateurs se détournent des œufs et des poulets (photo : AFP).
En 2001, un épisode épidémique de fièvre aphteuse touche le Royaume-Uni. La souche serait issue de déchets de repas non consommés à bord d'un avion provenant d'Afrique du Sud, et distribués à un élevage de porcs, qui contamine un élevage ovin. Environ 1 million d'animaux devront être abattus (photo : AFP).
En 2002, plusieurs salariés de la chaîne de restaurants Buffalo Grill affirment avoir vu de la viande britannique - sous embargo à l'époque - dans une usine de découpe de l'entreprise. La fréquentation des restaurants baisse de 40 % dans la semaine qui suit le début de l’affaire. En 2003, Buffalo Grill se retrouve au cœur d’un nouveau scandale, avec la découverte de 60 kilos de viande avariée dans les cuisines d’un de ses restaurants, situé près d’Opéra à Paris (photo : AFP).
Cette « grippe du poulet » est apparue en 2003 en Asie, puis s'est répandue au Moyen-Orient, en Europe et en Afrique. Elle a fait 240 morts. Au plus fort de la crise, entre 2005 et 2006, quatorze pays de l'Union européenne sont touchés. Des millions de bêtes ont été abattues (photo : AFP).
Alerte à la listeria avec la panga du Vietnam, alerte à l'E. Coli avec les palourdes de Turquie, alertes diverses sur les produits alimentaires provenant de Chine... Le réseau d'alertes européen fonctionne (photo : AFP).
53.000 enfants sont contaminés (une centaine sont dans un état grave et 4 bébés décèdent), après avoir bu du lait « supplémenté » en mélamine pour accroître de façon artificielle sa teneur en protéines. Deux des compagnies laitières incriminées exportaient leurs produits en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient... En Belgique, du lait mélaminé est détecté dans des friandises vendues dans des magasins asiatiques (photo : AFP).
Après des soupçons portés sur le concombre espagnol, puis les tomates et la salade verte, le verdict tombe : des graines germées issues d'une ferme biologique du Nord-ouest de l'Allemagne sont responsables de l'épidémie de E.coli à l'origine de 40 décès et 4.000 hospitalisations en Europe (photo : AFP).
En 2012, des steaks hachés contaminés par la bactérie E. coli font une quarantaine de morts en Europe. En France, une dizaine d'enfants sont hospitalisés. Les steaks surgelés commercialisés sous les marques Steaks Country, Maison Spanghero et Bien Vu sont immédiatement retirés de la vente (photo : AFP).
La découverte au Royaume-Uni de viande de cheval dans des hamburgers puis des lasagnes Findus censés contenir du bœuf provoque un scandale qui prend une dimension européenne. A l'image de leurs homologues britanniques, les distributeurs français retirent de leurs rayons lasagnes, cannelloni ou spaghetti bolognaise, moussaka, ou encore hachis Parmentier à base de bœuf. L'enquête menée par la Répression des fraudes met en lumière un circuit complexe de commercialisation de cette viande et révèle des failles dans le système de contrôle alimentaire (photo : AFP).
Les boissons énergétiques se composent généralement de sucres, de sels minéraux dits électrolytes et d’eau, leur principal ingrédient. “La déshydratation a des répercussions sur les performances physiques et mentales. Plus l’épreuve est longue, plus la déshydratation est croissante, et plus la performance diminue. Une perte de 1 % en eau entraîne une baisse de 10 % des capacités physiques, explique le médecin du sport François Fisch. Il faut donc boire de l’eau avant, pendant et après l’effort. Environ 15 cl toutes les 20 min, mais cela dépend de l’activité physique.”
Le label AB
Le drame de l'homme moderne, c'est que son cerveau et son système nerveux ne se sont guère modifiés au cours des cinq derniers millénaires, et sans doute pas du tout durant les deux derniers siècles. Or, quelle commune mesure y a-t-il entre le travail de notre ancêtre paysan de 1812 et celui de son descendant de 2013vissé devant son ordinateur ? «L'homme est un étranger dans le monde qu'il a créé», déclarait déjà Alexis Carrel (Prix Nobel de médecine en 1910) qui pourtant ne connaissait pas encore la télévision, ni l'ordinateur, ni le téléphone portable.