Allergie : du rififi dans la lutte contre l'ambroisie
Une véritable politique doit être mise en place au niveau local, national et international
La création du comité parlementaire de suivi du risque ambroisie a été annoncée ce matin. Trois députés sont à l'origine de cette initiative (Jacques Remiller, député-maire de Vienne, Jean-Marc Roubaud, député-maire de Villeneuve-lès-Avignon, et Alain Moyne-Bressand, député de l'Isère). Leur message est clair : l'ambroisie est en plein développement en France et en Europe, ce qui représente un risque pour la santé publique. Il faut donc l'éliminer.
L'ambroisie est une plante invasive originaire d'Amérique du Nord, qui progresse dans différentes régions. Si le quart sud-est de la France est le plus touché, avec notamment la vallée du Rhône, d'autres secteurs comme le Poitou-Charentes, les Pays de Loire, le Centre ou encore la Bourgogne commencent à être infestés. Les spécialistes s'accordent à dire que la plante, au pollen fortement allergisant, a désormais envahi une zone allant de Bordeaux à Bucarest. Il suffit de quelques grains de ce pollen par mètre cube d'air pour que les symptômes apparaissent chez les personnes sensibles : des rhinites survenant en août et septembre, associant écoulement nasal, conjonctivite, symptômes respiratoires - tels que la trachéite, la toux -, et parfois urticaire ou eczéma. Pire encore : dans 50 % des cas, l'allergie à l'ambroisie peut entraîner l'apparition de l'asthme ou l'aggraver.
Pour une destruction massive de l'ambroisie
Si la nécessité d'une mobilisation contre l'ambroisie fait l'unanimité, l'appel des députés suscite la colère de l'Association française d'étude des ambroisies. "Je vous remercie de ne pas m'avoir invitée à votre conférence de presse de l'Assemblée nationale", leur a écrit le docteur Chantal Déchamp, allergologue et présidente fondatrice de l'Afeda. "J'ai été la première en France à travailler sur cette question depuis 1978 (...). Les deux seuls livres au monde qui existe, je les ai écrits (...). J'ai été nommée par le ministère de la Recherche managé du groupement Cost de l'Union européenne. J'ai effectué plus de cent publications dans des revues à comité de lecture."
La spécialiste relève aussi une erreur dans le communiqué des députés : on peut y lire que "dans notre pays, notamment dans les zones les plus envahies, de 6 à 12 % de la population serait affectée par cette plante extrêmement allergisante." Elle leur fait remarquer que ces chiffres sont faux : "Dans les zones polluées où deux d'entre vous habitent, c'est plus de 20 % de la population qui est malade de l'ambroisie", leur écrit-elle.
Enfin, concernant le repérage des plantes, là encore les positions divergent. Il est bien connu que l'ambroisie se développe dans des milieux ouverts où la terre est dénudée, comme les chantiers, les jachères, mais aussi dans les grandes cultures, notamment dans celles de tournesol. Les députés prônent "la réalisation d'une cartographie nationale qui sera actualisée chaque année, permettant une meilleure surveillance, définition d'actions de lutte ou de contrôle adaptées en fonction de chaque secteur, rédaction d'une réglementation nationale rendant obligatoire la lutte contre cette plante." L'Afeda rappelle qu'elle a mis au point une méthode de télédétection de l'ambroisie par satellite qui permet de repérer cette plante qui pousse très vite en juillet et doit être éliminée dans de brefs délais. Pour elle, il est inutile de faire des cartographies (longues à réaliser) puisque la localisation des plantes change tous les ans avec l'agriculture. Reste que tous souhaitent une destruction massive de l'ambroisie.
Source : Le Point.fr - Publié le 13/04/2011
De grincheux le croquant

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