Dordogne : de la vidéosurveillance pour protéger les truffes
L'écomusée de la Truffe de Sorges présente la vidéosurveillance aux producteurs
Les truffières du Périgord ne subissent pas autant de vols que celles du sud-est de la France, mais certains trufficulteurs sont curieux de connaître ce système de surveillance.
Elles sont petites, fonctionnent sans fil et ne se voient ni le jour ni la nuit grâce à leur boîtier peint façon camouflage. Ce sont des caméras de surveillance, spécifiquement conçues pour l'usage des métiers d'extérieur comme les gardes-chasse, les travailleurs forestiers et, plus récemment, les trufficulteurs.
À l'occasion de son 30e anniversaire, l'écomusée de la Truffe de Sorges organise aujourd'hui une démonstration de l'usage de ces caméras, pour les trufficulteurs du groupement de Saint-Pantaly-d'Excideuil. Une façon pour les producteurs de se renseigner sur une nouvelle façon de protéger leurs parcelles souvent vastes et assez éloignées de leur domicile.
Détecter les mouvements
Dans le Périgord, les vols sont plutôt rares. « Ce n'est pas un phénomène trop grave ici, pour l'instant, explique Jean-Marie Duprat, président de l'écomusée de Sorges. Les vols ne sont pas aussi nombreux que dans le Sud-Est, où c'est un gros problème. Mais il y a du chapardage, comme partout. »
Lorsqu'il a eu connaissance de ce système de vidéosurveillance, il a donc décidé de propager l'information et d'organiser une rencontre. « Parce que même si ici on ne retrouve pas nos truffières totalement retournées, c'est bien de savoir que cette technique existe, que les gens le sachent. »
Ces caméras ont été développées par une société girondine, MG Technologie, gérée par Guy et Monique Le Foll. « Le musée nous a contactés après une rencontre dans une foire aux truffes à Sorges », explique Monique Le Foll. La société existe depuis deux ans. Au départ, les caméras ont été développées « essentiellement pour les chasseurs ou les gardes-chasse, pour le comptage des animaux ».
Le défi était donc de créer des caméras sans fil, simples à utiliser et indétectables par les animaux. Pour cela, la société a donc établi un cahier des charges : ces caméras infrarouges fonctionnent sur batterie et se déclenchent par détection de mouvement. Pour ne pas être repérées, certaines sont équipées de leds invisibles.
Directement sur le mobile
Les caméras peuvent filmer ou prendre des photos à intervalles réguliers. Les plus sophistiquées peuvent envoyer les images directement sur le téléphone portable du propriétaire. Les images, horodatées et infalsifiables, peuvent servir de preuves en cas de plainte.
L'objectif avec ce système de vidéosurveillance n'est pas de pouvoir filmer toute une parcelle mais de se concentrer sur les points de passage. Les gardes-chasse les placent par exemple près des agrainoirs, où les animaux viennent se nourrir. Les entreprises de BTP les utilisent pour surveiller leurs engins restés sur place. Pour les truffières, les producteurs ont l'habitude de les placer à l'entrée ou en direction d'une haie facilement franchissable.
« C'est vrai qu'il y a des gens qui s'intéressent d'un peu trop près à la trufficulture », commente Pierre Vouters, l'actuel président du groupement de Saint-Pantaly-d'Excideuil. Le trufficulteur a entendu parler de ce système, mais attend de voir pour se décider. Connaître les prix et l'efficacité du produit. « Mais on va en parler au prochain conseil d'administration, c'est sûr. »

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