Ondes électromagnétiques, faut-il s'en méfier ?
L’Assemblée nationale vient d’adopter un texte visant à mieux encadrer l'exposition aux ondes électromagnétiques. À l'heure de la 4G et du wifi partout, que sait-on des risques pour la santé ?
L'impact des ondes électromagnétiques revient dans l'actualité avec le vote d'une loi visant à encadrer l'exposition à ces ondes
Les ondes électromagnétiques sont partout. Vous avez forcément du mal à les éviter au quotidien tant leur utilisation s'est généralisée. Si l'exposition la plus ciblée est celle des téléphones portables, notamment avec le déploiement récents de débits (4G) comparables à ceux des réseaux domestiques, les ondes sont aussi présentes dans des objets de tous les jours.
Interphones pour bébé, tablettes, téléphones sans fil à la maison, technologies wifi et bluetooth, four à micro-ondes, plaques à induction, lampes fluorescentes, le risque d'exposition est presque inéluctable, sans compter celui des antennes-relais.
Invisibles, les ondes électromagnétiques ont-elles des effets sur notre corps ? Des mesures sont-elles prises pour limiter les effets de ces ondes sur la santé ? Sont-elles suffisantes ? Peut-on vivre sans ondes électromagnétiques ? Tour d'horizon de ce que l'on sait
Le débat politique : vers une loi pour encadrer les ondes
Ce jeudi 23 janvier, l'Assemblée nationale a adopté un texte proposé par la députée d'Europe Ecologie-Les Verts Laurence Abeille et visant à encadrer l'exposition aux ondes électromagnétiques.
Ce texte prévoit notamment une concertation à plusieurs niveaux lors de l'installation d'équipements radioélectriques, une meilleure information sur les sources d'émission, il interdit la publicité pour les téléphones portables et autres terminaux pour les moins de 14 ans, et demande au gouvernement un rapport sur l'électro-hypersensibilité.
Ce que propose la loi sur l'encadrement de l'exposition aux ondes
© PHOTO INFOGRAPHIE IDÉ
Il y a un an, le renvoi en commission du texte initial à l'initiative des députés socialistes avait déclenché l'ire des écologistes, qui avaient reproché au gouvernement d'avoir cédé aux "lobbies". Pour la rapporteure écologiste Laurence Abeille, "nous avons désormais toutes les cartes en main" pour légiférer, notant aussi que "de nombreux pays européens appliquent des seuils plus restrictifs".
Si le texte de Laurence Abeille a finalement été adopté, la proposition d'interdire l'installation du wifi dans les crèches et écoles maternelles a, elle, été écartée. Car une telle interdiction "serait un réel frein au développement du numérique dans les écoles primaires à un moment où celui-ci est une priorité du président de la République".
Quels risques pour la santé ? Que sait-on ?
La prise en main politique du dossier a pris son temps. En 2012, le gouvernement demandait à l'Anses (l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), de mettre à jour une étude de 2009 (la première date de 2003) sur le sujet. Ce fut fait à l'automne 2013.(L'intégralité du rapport scientifique ici)
Si les conclusions de l'évaluation des risques ne mettent pas en évidence d'effets avérés sur la santé, l'Anses assure que certaines publications évoquent une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs intensifs de téléphones portables.
L'Anses pointe ainsi des effets biologiques (modifications de l'organisme) décelés avec un niveau de preuve limité, sans qu'un lien avec une pathologie n'ait été établi.

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