Il y a trafic & trafic ……( l’hiver prochain risque d’être difficile !
/image%2F1485363%2F20260315%2Fob_01da56_gaz.jpg)
Ils font demi-tour en pleine mer pour aller en Asie: des navires chargés de gaz se détournent de la France pour vendre leur GNL plus cher en Inde
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, au moins huit méthaniers, chargés de GNL nigérian et américain, ont été redirigés vers l'Asie alors qu'ils faisaient route vers l'Europe. Cette concurrence accrue risque de faire grimper les prix du gaz, mais le gouvernement assure que les approvisionnements ne sont pas remis en cause.
La concurrence s'intensifie pour être livré en gaz. Plusieurs navires qui devaient approvisionner l'Europe ont changé de cap ces derniers jours pour trouver des marchés plus lucratifs en Asie, rapporte le média spécialisé Le Marin, à partir de données fournies par le cabinet spécialisé Kpler.
/image%2F1485363%2F20260315%2Fob_50d899_kpler.png)
Concrètement, le LNG Port Harcourt-II se dirige actuellement vers le port de Dahej, en Inde, alors qu'il devait initialement décharger son gaz naturel liquéfié (GNL) nigérian au terminal de Fos-Cavaou (Bouches-du-Rhône). Le LNG Port Harcourt-II appartient à une filiale de la major française TotalEnergies.
De même, le Marin note aussi que le BW Brussels, lui aussi chargé de GNL nigérian, qui prenait la direction de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique) a fait demi-tour dans l'Atlantique en direction de l'Asie. Il vient d'entrer dans l'océan Indien après avoir passé le cap de Bonne-Espérance, à la pointe de l'Afrique du Sud. Des méthaniers chargés de GNL américain, qui représente 25% des approvisionnements européens, font la même chose. Mardi, Kpler dénombrait au moins huit navires déroutés. "Il n'est pas inhabituel de voir des déviations se produire, mais dans ce cas, l'ampleur est assez importante", note Laura Page, experte en GNL chez Kpler, auprès du quotidien britannique.
L'explication est simple. Certains pays asiatiques sont prêts à payer plus cher pour être livrés en priorité. Cette concurrence accrue risque de tirer les prix à la hausse. Ils ont déjà nettement augmenté depuis le début du conflit, en raison notamment du quasi-blocage du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz et de l'arrêt de la production de GNL au Qatar. Ce mercredi, le cours du gaz TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, se situe à 50,4 €/MWh, soit 57,5% de plus que le 27 février, veille de l'intervention israélo-américaine contre l'Iran.
La dure loi du marché
"C'est exactement ce qu'on attendait, c'est la loi du marché. Certains méthaniers sont redirigés vers l'Asie à la demande de pays qui dépendent plus que nous du gaz", a expliqué le ministre de l'Économie, Roland Lescure, lors d'un point presse ce mercredi midi, citant notamment le cas de Singapour, où l'électricité est produite essentiellement à partir de gaz.
Les pays asiatiques sont particulièrement concernés par les perturbations liées au conflit au Moyen-Orient, d'où provient la majorité des hydrocarbures qu'ils consomment. L'Inde est particulièrement inquiète. Le pays a annoncé mardi qu'il allait affecter en priorité la distribution du gaz naturel à la consommation des ménages et aux transports. Les autres clients habituels, dont les usines de fabrication d'engrais et les industries du thé, ne recevront désormais que 70 à 80% "de leur consommation moyenne de gaz des six derniers mois". Ces craintes expliquent qu'ils soient enclins à mettre le prix pour être livrés rapidement.
"On est évidemment dans une situation beaucoup moins défavorable. On n'a aucun enjeu d'approvisionnement avant le printemps, avant le mois de mai", a insisté Roland Lescure.
C'est à ce moment-là que l'UE va commencer à remplir ses réserves de gaz pour l'hiver prochain. Ces opérations risquent d'être plus compliquées, et surtout plus chères, si la guerre se prolonge. Ces stocks sont aujourd'hui relativement faibles. Ils seront remplis à environ 22-27% à la fin du mois de mars, contre une moyenne sur cinq ans d'environ 41% au même mois, selon des données de Kpler.
Si la paralysie du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz dure un mois, les stocks européens pourraient atteindre un niveau historiquement bas à la fin de l'hiver et entraîner une baisse des niveaux de remplissage à la fin octobre, a déclaré Erisa Pasko, analyste chez Energy Aspects. Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, l'UE est moins approvisionnée via des gazoducs mais davantage par du gaz naturel liquéfié, plus cher et transporté en mer, donc plus sujet à des perturbations.

/image%2F1485363%2F20250121%2Fob_c46383_image-1485363-20250121-ob-1714cf-avec.jpg)

/image%2F1485363%2F20241205%2Fob_9fcc7c_image1.png)
/image%2F1485363%2F20241205%2Fob_bf4106_20240829-122349.jpg)
/image%2F1485363%2F20240113%2Fob_1526dd_414482270-1731430877356182-91002473594.jpg)