Soins de santé...
"L'enquête en six phrases clés"
La santé a un prix mais l’essentiel de son coût est pris en charge par la collectivité. Un «virage» va devoir être pris, annonce Jo De Cock le patron de l’Inami. Quel virage? Dans "L'Avenir" de ce samedi 26 avril, son témoignage et cinq pages d'enquête. Dont voici six phrases clés...
Première donnée de notre enquête sur notre système de santé: aujourd’hui, vous coûtez 2 200 € par an à la collectivité. La surconsommation et les progrès de la recherche, notamment, pourraient mettre à mal ce modèle.
Que faire ? Renforcer les contrôles sur la prescription ? Salarier les médecins ? Brider les compagnies pharmaceutiques…. Nous sommes à un tournant.
Constats, analyses, éditos. En conclusion : le point de vue des candidats aux élections.
Voici six phrases clés tirées de l’enquête.
1. Jo De Cock, administrateur général de l’Inami
Sur le financement de notre système de santé...
« Il n’est plus possible de financer une logique du tout est possible et donc tout est valable. Nous devons entrer dans un principe d’une innovation médicale dont la légitimité tient dans son rapport coût/efficacité.»
2. Pierre Verbeeren, directeur de Médecins du Monde
Sur le fait que, selon l’Inami, 99 % de la population a accès aux soins de santé...
«Il faut nuancer. Les soins de santé sont accessibles mais pas gratuit : la part prise en charge par les patients équivaut à 19 % des coûts. Parfois, cette prise en charge est bien plus importante encore. »
3. Anne Spinnewine, pharmacologue à l’UCL
Sur la surconsommation de médicaments...
« La sous-consommation est tout aussi préoccupante. Dans un cas comme dans l’autre, c’est le lien entre prescripteur et patient qui est en cause. Cette sous-consommation a un coût car le défaut d’une prescription peut entraîner des complications et donc des soins de santé plus onéreux »
4. Michel Roland, professeur de médecine générale à l’ULB
Sur le nombre insuffisant de médecins...
« En Belgique, sur les 30 000 médecins, on estime qu’il y a 18 000 à 20 000 généralistes. Mais la réalité est bien moindre si on retire les généralistes pensionnés, les chercheurs, ceux qui travaillent pour les mutuelles. En fait, on peut estimer qu’il y a 10 000 généralistes pratiquant vraiment. »
5. Karl Richir, médecin généraliste
Sur l'usage de la prescription...
« Le médecin prescrit par habitude. Et il prescrit aussi pour conserver sa patientèle. C’est parfois plus simple de prescrire un antibiotique que de discuter 10 minutes avec son patient. Beaucoup pourraient sortir du cabinet médical sans prescription.»
6. Raf Mertens, directeur du KCE (Centre d’Expertise en soins de santé)
Sur les firmes pharmaceutiques...
«On peut comprendre la logique des firmes pharmaceutiques qui veulent augmenter leur rentabilité. Mais en même temps, les prix explosent. Or, nous sommes déjà à 10 % du PIB et ce dernier augmente moins vite que le coût des soins de santé : la marge est donc très faible».
L’Inami : [ institut national d’assurance maladie)

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