Hebdo...
“Même le camembert a perdu sa saveur”
C’est bien connu, les Français adorent se plaindre.
Mais, en cette rentrée, ça frôle la pathologie !
Au cinéma, dans les livres, à la radio, un seul leitmotiv : la déprime
Nicolas Sarkozy voulait une “France forte”, Hollande avait promis de “ré enchanter le rêve français”. Pourtant, de retour de vacances, nos cousins se retrouvent en pleine déprime. Soyons clairs : la grogne* passe pour une caractéristique nationale dans ce pays cyclothymique où des périodes de sombre découragement et de mélancolie fulgurante alternent avec des rêves de gloire et des bouffées de grandeur, ce pays capable de tout sauf de se résigner à la normalité. Mais cet automne semble bien placé sous le signe du mécontentement. L’économie va mal, le seuil symbolique des trois millions de chômeurs a été dépassé, l’euro est à bout de souffle et de nouvelles vagues de licenciements et de délocalisations sont annoncées.
Même s’ils refusent de l’admettre, à commencer par François Hollande, les Français savent que l’Etat social auquel ils sont attachés (parce qu’il fonctionne bien mieux qu’en Italie, pour le même tarif) n’est plus viable. Résultat : la cote de popularité du tout nouveau président est en chute libre, 11 points perdus au mois d’août [soit 44 % de jugements favorables selon le baromètre Ipsos]. Hollande, à vrai dire, n’est pas responsable d’une situation dont il a largement hérité. Mais il semble à court de solutions pour en sortir. La crise des idées s’est répercutée sur l’optimisme des ménages.
Les perspectives nationales sont tout sauf encourageantes : selon les derniers sondages, 68 % des Français se disent pessimistes pour leur avenir [sondage IFOP].La culture, dans l’un des rares pays à la prendre encore au sérieux, reflète ce mal-être.
”En France, depuis toujours, pleurer sur son sort est un sport national. Aujourd’hui, pourtant, c’est en train de dégénérer en pathologie.
L’écrivain Michel Onfray parle de “haine de soi française” et l’explique ainsi [dans un article paru en août dans l’hebdomadaire Marianne] :
“Les Français, qui furent longtemps des coqs juchés sur leur tas de fumier, sont devenus désormais des poulets de batterie.”

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