Qu’il est bizarre ce monde qui sait interdire la spéculation sur les banques quand il faut sauver son système financier et qui ne sait pas interdire la spéculation sur la nourriture quand il s’agit simplement de sauver le monde !
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Alors on voudrait nous faire croire que le monde est devenu responsable ! MDR (mort de rire pour reprendre une fois encore les expressions des adolescents de notre époque). On nous balance, à grands coups de budgets marketing des concepts eco-responsables ou éthiques comme on a créé, il y a vingt ans, la « qualité totale » dans les entreprises : vous savez, c’est l’idée inventée par des consultants que l’on ne doit pas attendre plus de 3 sonneries quand vous appelez une entreprise ou une administration…
Et effectivement, maintenant ça décroche : musique à vous miner le moral pour la journée, tapez 1, puis 2, puis *, puis… Désolé, tous nos opérateurs sont en ligne, veuillez rappeler ultérieurement… Vive la « qualité totale » ! Ca, c’est fait… Alors on voudrait nous faire le même coup avec la responsabilité mondiale.
On se réunit à Davos ou à Cancun pour réfléchir à une meilleure répartition des richesses mais à part les tours opérateurs ou les hôteliers du coin, ça ne fait plus rire personne. Car au-delà des beaux discours, il y a la vie, la vraie, l’économie libérale qui se « shoote » à la spéculation au risque d’overdose. A spéculer avec le feu, à faire flamber les matières premières, comment s’étonner ensuite que la rue s’enflamme ? Les prix se sont envolés pour le cuivre, le nickel ou le zinc et pire encore pour le sucre, le maïs ou le blé au point d’en revenir à la bulle de 2008, quand l’économie mondiale tournait à plein régime générant les premières émeutes de la faim…
Cette hausse inconsidérée des matières premières n’est pas générée par une surchauffe économique, des accidents climatiques ou une brutale surconsommation. Non, elle est la conséquence directe de la création monétaire américaine. Le système bancaire, dopé de liquidités, rechigne à investir en bourse et ce d’autant qu’il est freiné en cela par de nouvelles règles comptables imbéciles… La crise de la dette inquiète, l’immobilier reste encore sous perfusion… Alors que reste-t-il pour faire joujou avec un effet de levier : les matières premières.
Et le jeu est donc ouvert avec deux effets pervers : la flambée des cours va pénaliser directement la croissance des pays importateurs (jouant à « contre-jeu » de l’objectif souhaité) mais surtout elle est le déclencheur d’émeutes dans les pays où la faim est encore un sujet. L’histoire n’est qu’un éternel recommencement, en tout cas sur le plan sociologique (ce postulat étant par ailleurs discutable). La faim génère des émeutes, les émeutes des révolutions, et les révolutions rebattent les cartes sans que jamais personne ne puisse écrire le dénouement… Le risque, on le connaît mais, comme pour la crise des subprimes, on refuse de l’inscrire dans l’équation, est une récupération de la crise par les extrêmes, notamment religieux.
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Grincheux le croquant

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