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Le Blog De Papy-Bougnat

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  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
Dans ce blog vous trouverez un peu de vérité, beaucoup de passion, et quelques coups de gueule 
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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 06:44

Le Feux de la Saint-Jean :

Un rituel chargé de croyances et de symboles

(D’après « Collection des meilleurs dissertations, notices et traités
particuliers relatifs à l’Histoire de France » (Tome 8), paru en 1826)

Si le feu de la Saint-Jean était au Moyen Age l’occasion de ramasser des os d’animaux afin de les brûler en imaginant se préserver ainsi des dangers de la peste, il semble avoir auparavant existé comme une façon de célébrer le soleil, et notamment le solstice d’été, période généreuse où la terre présente partout des richesses ou des espérances flatteuses

Dans son Rational des offices divins, Durand, évêque de Mende, ne fixe pas la tradition des feux de joie précisément à la veille de la fête de saint Jean, mais environ ce temps-là. De fait, en certain pays comme Rouen, c’est à la fête de saint Pierre, cinq jours après, que l’on fait le feu en question.

Durand vivait à la fin du XIIIe siècle ; mais il n’est pas le premier qui ait parlé de cette matière ; il a pris presque tout ce qu’il en a dit dans un écrivain plus ancien d’un siècle, ou environ : c’est le docteur Jean Beleth. Ce dernier, qui vivait au XIIe siècle, nous dit, dans son Explication des offices divins, chapitre 137, que vers la fête de Saint-Jean on avait coutume de ramasser tous les os des animaux, et de les brûler, pour que la fumée de ce feu pût éloigner les animaux qui auraient pu, dans ces temps de chaleur, infecter par leur sperme, les puits et les autres eaux qui servent à boire, d’où il s’en serait suivi une année de mortalité.

Durand, qui s’étend un peu plus, dit que ce furent les philosophes, qui, pour prévenir les dangers de la peste, et éloigner ces dragons qui couraient dans l’air, ordonnèrent que l’on fît souvent de ces feux d’ossements d’animaux près des puits et des fontaines ; mais il ajoute qu’il n’y avait de son temps que quelques personnes qui observaient cette pratique, qui venait, dit-on, de la gentilité.

 

Ces deux auteurs ajoutent que la coutume était aussi de porter à la Saint-Jean des flambeaux allumés ; ils parlent aussi de l’usage où l’on était de tourner une roue à la même fête de Saint-Jean.

Lorsque l’usage de la poudre fut devenu fort commun, le feu de la Saint-Jean fut changé en feu d’artifice. Ainsi, à Paris, on faisait jadis tous les ans à pareil jour un feu de bois dans la place de Grève, que les magistrats de la ville allumaient en cérémonie, avant de tirer le feu d’artifice. On s’avisa aussi, par la suite, d’y donner un divertissement assez bizarre ; outre le bruit des pièces d’artillerie, boîtes et arquebuses à croc, que l’on déchargeait à la Grève, la coutume s’introduisit d’y brûler des chats tout vivants, dont les cris formaient une musique singulière.

Voici un passage de l’ouvrage de Sauval sur les antiquités de Paris, mentionnant cette singularité : « A Lucas Pommereux, l’un des commissaires des quais de la ville, cent sols parisis, pour avoir fourni durant trois années finies à la Saint-Jean 1573, tous les chats qu’il fallait audit feu, comme de coutume, même pour avoir fourni, il y a un an, où le roi y assista, un renard, pour donner plaisir à Sa Majesté, et pour avoir fourni un grand sac de toile où étaient lesdits chats ». On voit par-là que les personnes de Paris qui chérissaient leurs chats, devaient, aux approches de la Saint-Jean, redoubler leur attention à les tenir bien renfermés, pour empêcher qu’ils n’allassent, malgré elles, chanter leur partie au funèbre concert du feu de la Grève.

Dans le premier volume de son Histoire du ciel, où l’on recherche l’origine de l’idolâtrie et les méprises de la philosophie sur la formation et sur les influences des corps célestes(1739), l’abbé Noël-Antoine Pluche explique que l’astronomie a joui de tout temps, et chez presque tous les peuples, de la prérogative honorable de régler, par l’observation des différents déplacements du soleil dans sa révolution annuelle, la police des travaux de la campagne, des affaires civiles de la société, et les assemblées où l’on rendait en commun un culte public à la Divinité. Les travaux des cultivateurs ne purent se fixer effectivement que par la connaissance du cours de l’astre qui préside aux saisons.

Ses différents aspects offraient des annonces sensibles qui avaient une liaison trop marquée avec le cercle régulier des opérations de la campagne, pour n’être pas consultés comme une règle fixe, comme un calendrier vivant, agissant et très lumineux : ce sont ces raisons qui ont engagé ces laboureurs astronomes à donner des dénominations significatives aux constellations par lesquelles l’astre passait successivement, et qui leur servaient de points de comparaison pour en évaluer les changements ; aussi donnèrent-ils, selon Macrobe, le nom d’écrevisse, animal qui marche à reculons, à la constellation où le soleil parvient au solstice d’été, parce que cet astre, pour lors, imite la marche du cancer, en rétrogradant. Cette dénomination prouve que la plus grande ascension du soleil a toujours été remarquable pour les zones tempérées, qui ont été les premières peuplées, et par conséquent peuplées de laboureurs.

Le cours du soleil réglant celui de l’année par sa révolution, servait aussi à annoncer les fêtes, les jeux et les assemblées publiques, rapporte encore l’abbé Pluche. Cet astre, par sa chaleur bienfaisante, a toujours eu tant de part aux productions de la nature, qui étaient le sujet des communes actions de grâces, qu’il était naturel de consulter sa marche pour en régler les temps et en fixer la célébration ; et quel temps plus favorable que celui du solstice d’été, où la terre présente partout des richesses ou des espérances flatteuses ?

Ajoutez que ce point de la course du soleil est facile à saisir, et ne demande pas des observations délicates. On s’assemblait donc en commun, vers ce temps, pour concerter des arrangements définitifs sur les opérations de la campagne. Pour attirer à ces assemblées civiles une foule de spectateurs, on piquait les peuples par l’attrait des fêtes et des réjouissances. Or, pour distinguer le temps et la circonstance de ces jeux au solstice d’été, on faisait des feux pour représenter les chaleurs brûlantes de cet astre.

C’était, selon Noël-Antoine Pluche, dans la Perse surtout que l’on était attentif à consulter le soleil, pour régler les témoignages publics d’adoration et de reconnaissance que l’on rendait à Dieu ; mais dans la suite Dieu disparut, et le soleil, qui n’était que le symbole de la Divinité, resta pour objet du culte. Quel temps plus propre pour célébrer sa fête, que lorsqu’il paraît avec le plus d’éclat et le plus de majesté ? Et quel moyen plus naturel de célébrer ces fêtes, qu’en faisant des feux, qui sont l’image la plus vive que les hommes aient à leur disposition pour figurer cet astre ?

L’abbé Pluche, en parlant des différentes fêtes qui se célébraient en Égypte, fait mention d’une fête qui avait lieu au solstice d’été, et qui était annoncée au peuple par une Isis, sur la tête de laquelle on voyait une écrevisse ou un cancre marin. Ce symbole indiquait la constellation où le soleil entrait pour lors. Cependant le solstice d’été n’était pas un temps aussi remarquable pour les Égyptiens que pour les peuples des zones tempérées, mais ils avaient emprunté cette coutume et cet usage des peuples de l’Asie, dont ils étaient une colonie. Ces traditions ont passé, comme tant d’autres, d’Asie en Europe, et se sont transmises d’âge en âge.

 

Le changement de religion dans les Gaules, par l’établissement du christianisme, n’a point fait disparaître toutes ces cérémonies, que le paganisme avait défigurées en voulant les embellir. On a conservé à l’exercice des pratiques de la religion chrétienne, ce que les cérémonies païennes avaient de compatible avec la sainteté et la pureté du culte que l’on y rend au vrai Dieu, explique encore l’abbé Pluche. On peut même dire que la religion chrétienne a ennobli et rectifié toutes ces pratiques, dont le paganisme avait altéré et corrompu la première origine, ou plutôt dont le paganisme n’était que la corruption.

Voilà donc l’origine la plus naturelle que l’on puisse assigner à l’usage constant des feux de la Saint-Jean et de la Saint-Pierre. Comme les fêtes de ces grands saints se trouvent au solstice d’été, on transporta à leur honneur, suivant les différents endroits, les feux que le paganisme avait consacrés à ses divinités profanes. Après cela, les cérémonies et les pratiques ont pu varier selon les différents génies des peuples.

Signalons une particularité assez remarquable du feu de la Saint-Jean, et des feux de joie en général : l’usage où l’on était de sauter par-dessus le foyer ardent, lorsque la flamme amortie permettait de le franchir sans danger. Nous ajouterons ici quelques observations sur l’origine de cet usage, dont la racine se découvre dans les pratiques les plus anciennes.

 

On lit dans l’Écriture que le fils d’Achaz — Achaz fut un roi de Juda, au VIIIe siècle avant J.-C. — fut consacré en passant par le feu. Consecravit transiens per ignem. Cette action ne doit pas s’entendre d’un sacrifice proprement dit, mais d’un effet naturel de l’opinion où étaient les gentils, qu’ils purifiaient et sanctifiaient leurs enfants en les faisant passer au milieu des flammes.

C’est à cette opinion que se rapportent les vers d’Ovide :

Moxque per ardentes stipulae crepitantis acervos,
Trajicias celeri strenua membra pede

Les feux dont il s’agit ici étaient appelés palilia chez les Latins. C’était, selon Varron, dans les campagnes que se faisaient les palilia publics ou particuliers. Le bûcher était composé de chaume et de foin ; et les paysans, après y avoir mis le feu, sautaient par dessus, croyant par-là se purger de leurs fautes. Cet usage est rappelé, avec les mêmes circonstances et le même esprit, dans L’Arcadie du poète italien Jacques Sannazar (1502) : « Après avoir allumé de grands feux, nous nous mîmes en devoir de sauter tous légèrement, et l’un après l’autre, par-dessus, pour expier nos péchés . »

L’érudit italien Octavio Ferrari (1607-1682) en fait aussi mention dans ses Traités. On voit encore, par un passage du théologien et historiographe Théodoret de Cyr (393-457), que cette superstition régnait dans toute sa force au milieu du Ve siècle. Alors les hommes et les enfants prenaient également part à ce dévot divertissement, et les mères chargées de leurs nourrissons, qui ne pouvaient ni sauter ni marcher, faisaient le tour du feu, persuadées qu’elles expiaient les fautes passées, et détournaient en même temps les malheurs futurs. On remarque enfin, parmi les usages que le moine Cyrus, futur patriarche de Constantinople (705-712), signala comme superstitieux, au concile in Trullo (691-692), celui de sauter par-dessus les feux allumés au mois de juin, la veille de la Saint-Jean-Baptiste.

Les palilia subsistèrent long-temps en Italie sous le nom de falo avec cette différence, qu’ils n’avaient plus pour objet qu’un simple divertissement. Les enfants sautaient par-dessus le feu, mais sans attribuer à cette action la vertu qu’on y supposait chez les anciens, et bien moins pour se purifier que pour s’amuser et manifester leur joie. C’est ainsi que le même usage s’observait en France dans plusieurs provinces. Les jeunes gens, qui ne pensaient alors qu’à se réjouir, étaient loin de s’imaginer, sans doute, que ce genre de divertissement pouvait remonter, par une longue chaîne de traditions analogues, jusqu’au règne du vieux Saturne ; et en effet, un des plus anciens oracles rendus au nom de cette divinité, ordonnait de faire passer les enfants par le feu.

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