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Le Blog De Papy-Bougnat

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  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
Dans ce blog vous trouverez un peu de vérité, beaucoup de passion, et quelques coups de gueule 
Bonne route & merci pour votre visite
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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 06:30

Qu’est-ce que les pesticides néonicotinoïdes,

qui sont interdits depuis samedi?

 

Les abeilles sont particulièrement vulnérables aux néonicotinoïdes : ils les désorientent et les empêchent de retourner à la ruche.

Ces insecticides neurotoxiques, massivement utilisés par les agriculteurs, vont être interdits à compter du 1er septembre pour protéger les abeilles qui y sont particulièrement sensibles.

Après des années de controverses, les pesticides néonicotinoïdes seront bannis à partir de samedi en France. Cette interdiction est destinée à protéger les colonies d’abeilles en déclin, mais elle est dénoncée par les agriculteurs qui réclament du temps pour développer des alternatives.

Quelle est l’utilité  de ces pesticides?

Disponibles depuis le milieu des années 1990, les néonicotinoïdes, ensemble de sept insecticides neurotoxiques (acétamipride, clothianidine, imidaclopride, thiaclopride, thiaméthoxame, nitenpyrame et dinotéfurane), sont devenus les pesticides les plus utilisés dans le monde.

Ils sont utilisés pour débarrasser les cultures des insectes – chenilles, cochenilles, pucerons ou insectes mangeurs de bois. S’ils peuvent être utilisés en pulvérisation, en France ils servent principalement de manière préventive, en enrobant les semences. La substance, dite "systémique", est absorbée par la plante et se propage à tous ses tissus, y compris le pollen.

Tuent-ils les abeilles?

Depuis les années 2000, des scientifiques s’inquiètent du fait que même à faible dose, ces substances affectent les pollinisateurs (abeilles et bourdons désorientés, sperme des mâles altéré…).

Les apiculteurs français constatent une hausse de la mortalité dans leurs ruches depuis l’arrivée des néonicotinoïdes. Mais "aucun élément scientifique rigoureux" ne prouve qu’ils sont la première cause de mortalité des abeilles, note le directeur scientifique de l’Institut de l’abeille Axel Decourtye.

Seront-ils complètement interdits?

L’Union Européenne a décidé en avril d’interdire pour les cultures de plein champ l’utilisation de trois substances (clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride), objet de restrictions depuis 2013.

La France va plus loin : la loi biodiversité de 2016 prévoit l’interdiction des néonicotinoïdes à partir de ce 1er septembre. Un récent décret d’application précise que les cinq substances jusqu’alors autorisées en Europe pour des usages phytosanitaires sont concernées (les trois visés par l’UE, plus thiaclopride et acétamipride) . Les néonicotinoïdes sont-ils dangereux pour l’homme?

Les néonicotinoïdes se retrouvent dans le sol, dans l’eau et dans nos fruits et légumes. Pêches, laitues, tomates… L’acétamipride et l’imidaclopride sont présents respectivement dans 5% et 4% des échantillons alimentaires recueillis en Europe, selon un rapport de 2016 de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA).

Mais en février 2018, l’Anses assurait que les données disponibles "ne mettent pas en évidence d’effet nocif pour la santé humaine", à condition que les consignes d’utilisation soient respectées

Des dérogations sont possibles au cas par cas jusqu’au 1er juillet 2020. Mais elles ne seront délivrées que pour des produits à base d’acétamipride, et dans de "faibles volumes", assure le ministère de la Transition écologique.

Les néonicotinoïdes restent néanmoins autorisés pour les usages non-phytosanitaires : ils sont notamment présents dans les produits anti-puces pour chiens et chats.

Quelles alternatives pour les agriculteurs?

Selon un rapport récent de l’Anses, il existe des alternatives "suffisamment efficaces, et opérationnelles", pour la grande majorité des 130 usages phytosanitaires des néonicotinoïdes. Mais elle reconnaît que "l’impact sur l’activité agricole de l’interdiction des néonicotinoïdes est difficile à anticiper".

Les agriculteurs contredisent ces affirmations et disent se retrouver dans une impasse "dramatique", dénoncent la FNSEA et d’autres syndicats agricoles. Ils assurent n’avoir aucune solution de remplacement.

Cette interdiction va-t-elle sauver les abeilles?

"C’est une bonne mesure : vu leur toxicité, leur interdiction va améliorer les choses", explique l’écotoxicologue Axel Decourtye, directeur scientifique et technique de l’Institut de l’abeille.

Cependant, les néonicotinoïdes ne sont pas les seuls responsables de la mortalité des pollinisateurs: "Les causes sont multiples donc il ne faut pas considérer qu’on va sauver toutes les abeilles en les interdisant", note l’expert.

"Il faut lutter contre les maladies et les prédateurs – surtout ceux qui sont introduits par les échanges commerciaux, comme le frelon asiatique -, contre la dégradation des habitats, l’appauvrissement de la flore… Et dans une ruche en France, vous allez retrouver bien d’autres résidus de pesticides que les néonicotinoïdes".

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