Révolution dans le fromage râpé
Face à la baisse de consommation, Roquefort Société met sur le marché une variété de fromage râpé en sachet à incorporer dans les pâtes et les gratins. Le nouveau produit est composé de 42 % de roquefort et de 58 % de fromage de brebis.
Les amateurs du « roi des fromages » n’en croient pas leurs yeux. Roquefort Société (Lactalis AOC) lance ce mois-ci une variété de roquefort râpé en sachet à incorporer dans les pâtes et les gratins ! Ce mélange de 42 % de roquefort et de 58 % de fromage de brebis, séché et râpé, est appelé « Société à Saupoudrer » car l’appellation d’origine roquefort ne peut pas être reprise. Roquefort Société, qui détient 58 % du marché du fromage persillé aveyronnais au lait de brebis, a vendu son râpé aux trois quarts des grandes surfaces françaises. Après un test de trois mois, il sera lancé en Espagne et en Allemagne. Il n’est pas fabriqué dans ses usines de roquefort de Saint-Affrique et de Réquista (Aveyron) mais dans celle de Rodez, qui produit les fromages au lait de brebis Salakis et Lou Pérac.
Désacraliser le fromage
« Avec cette innovation de rupture, nous voulons faire connaître le roquefort aux jeunes car les consommateurs fidèles ont plus de 50 ans, explique Adrienne Pagot-Gérault, directrice du marketing de Lactalis AOC. Le râpé positionne le roquefort sur un autre segment. » Ce n’est pas la première fois que la marque diversifie ses produits. L’an dernier, elle a lancé Roq’Croque, des tranches de fromage à fondre contenant 25 % de roquefort, pour les croque-monsieur. Elle en a vendu 250 tonnes, une goutte d’eau dans ses 10.000 tonnes de roquefort en 2014, mais ce fromage fondu a séduit 1 million de nouveaux foyers. Cherchant à désacraliser la consommation traditionnelle du roquefort en fin de repas, Lactalis AOC a réalisé l’an dernier une campagne de publicité le présentant en apéritif, en salade et même en sauce après la création en 2012 d’une sauce au roquefort au succès mitigé.Ces innovations doivent relancer un fromage réputé depuis cent cinquante-deux ans mais en perte de vitesse. Les ventes des 7 fabricants de roquefort (Société, Papillon, Coulet, Carles, Combes-Le Vieux Berger, Vernières et 3A) ont baissé de 11 % entre 2007 et 2013 à 16.900 tonnes. L’an dernier, Roquefort Société a diminué sa production de 3,7 à 3,4 millions de pains, suscitant l’inquiétude des 4.000 producteurs de lait de brebis dans 5 départements.
Baisse des ventes
Plus cher que les autres fromages persillés, le roquefort est pénalisé en période de crise, mais cela ne suffit pas à expliquer la baisse des ventes de 2 % par an depuis 2008. « En grande distribution, les fromages de fin de repas souffrent plus que les fromages frais ou de consommation nomade, les jeunes préfèrent les pâtes dures alors que le roquefort doit être tartiné », constate Adrienne Pagot-Gérault. La marque (Société, Baragnaudes et Cave des Templiers) a réalisé un chiffre d’affaires de 75 millions d’euros en 2014 en grandes surfaces en France. Elle vend aussi aux grossistes, sous les marques de distributeur et exporte 20 % de sa production en Europe et aux Etats-Unis. Elle fait travailler 1.250 salariés en comptant les fromages Salakis et Lou Pérac

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