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Le Blog De Papy-Bougnat

  • Papy-bougnat
  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine
Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour !
Dans ce blog vous trouverez un peu de vérité, beaucoup de passion, et quelques coups de gueule 
Bonne route & merci pour votre visite
  • De moi. retraité, passionné, curieux, gourmet, vivant au vert en Aquitaine Signe particulier : « Ayant attrapé tout jeune la maladie bleue et pas guéri à ce jour ! Dans ce blog vous trouverez un peu de vérité, beaucoup de passion, et quelques coups de gueule Bonne route & merci pour votre visite

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 06:25
La " rétro du lundi "

Les Vacances en 1830 : 

Du temps des
diligences à celui des plages

(D’après « Lectures pour tous », paru en 1929)

 

Ne regrettons pas trop l’imprévu des voyages au temps du Romantisme, car cet imprévu-là passait quelquefois la mesure, écrit le chroniqueur Charles Clerc en 1929. Les routes de montagnes, cahoteuses et ravinées, devenaient terribles quand le postillon n’était plus maître de ses chevaux. Et de nous donner à entrevoir ce qu’étaient les vacances un siècle plus tôt, en 1830.

Dans son charmant essai sur le Voyage, Paul Morand, qui a, comme on sait, nous explique Charles Clerc, la passion de courir le monde, prétend que « si nos contemporains se déplacent tant, c’est qu’ils sont malheureux : d’où les voyages d’agrément ».

Cette boutade donnerait à croire que nos pères étaient gens heureux. Car la légende veut qu’ils aient été d’enragés sédentaires. Mais il reste à savoir si la légende n’exagère pas. De ce qu’on se déplaçait moins facilement qu’aujourd’hui, il y a cent ans (notre chroniqueur écrit en 1929), de ce qu’on ne songeait pas, et pour cause, à aller passer le week-end à Deauville ou au Touquet, faut-il en conclure que le goût des voyages était inconnu ?

Diligence versant dans un précipice, par Jazet (vers 1830)

Les plus illustres exemples s’inscrivent en faux contre cette opinion reçue. Entre 1830 et 1840, Victor Hugo a fait le voyage du Rhin ; Musset et George Sand celui de Venise ; Lamartine, le voyage en Orient, pour lequel il a nolisé, à Marseille, un brick de 250 tonneaux, l’Alceste, appartenant à l’armateur Bruno Rostand, grand-père du poète. Théophile Gautier a vagabondé Tra los Montes ; Dumas en Suisse ; Gavarni aux Pyrénées. Ce n’est déjà pas si mal !

L’âge des pataches

Lents voyages, assurément. Pataches, diligences et cabriolets ne mènent pas le rain d’enfer de nos rapides ou de nos autocars. Ils vont au petit trot de leurs chevaux, par des routes cahoteuses et ravinées. Il faut à cette époque dix-huit heures pour aller à Rouen par la diligence qui part le soir, à 5 heures, de la rue Notre-Dame-des-Victoires. Onze jours pour atteindre Barèges. Le Courrier de Lyon, de célèbre mémoire, met une semaine, quand il n’est pas dévalisé chemin faisant.

Ce qui n’empêche pas Victor Hugo de trouver que la chaise de poste est « chose étincelante et rapide ». Le chemin de fer, qu’Alfred de Vigny compare à un « taureau de fer soufflant et beuglant », n’en est encore qu’à ses débuts. Arago vient de s’opposer à la construction du tunnel de Saint-Cloud, sur la ligne Paris-Versailles, sous prétexte que « les tunnels risquent de donner aux voyageurs des fluxions de poitrine, des pleurésies et des catarrhes ».

On voyage donc à petites journées. Sur la grande route, à chaque relais, les aubergistes affairés rudoient leurs garçons d’écurie et leurs filles de cuisine, lorsque la diligence arrive dans un grand bruit de ferraille. On s’attable, parfois en hâte. Car la tyrannie du conducteur écourte de temps en temps le bon dîner — potage, quatre plats, dessert et vin — qui coûte deux francs dans les meilleurs hôtels de Normandie. Le comédien Samson paye deux sous une huître « pied de cheval », si énorme qu’elle fait l’essentiel de son souper. L’usage est alors de donner au garçon un sou par franc de pourboire, deux sous si l’on s’est fait servir en dehors de la salle commune.

On repart. Et si quelque accident de route survient, la seule ressource est d’attendre le passage d’une autre voiture.

Les premières plages

Ou va-t-on ? Quels sont alors les rendez-vous des lions et des dandys ? On les rencontre, dans la Forêt-Noire, à Bade dont Musset nous a dit les folles parties de roulette. On les croise sur la route de Dieppe, que la reine Hortense a lancée en y allant prendre des bains de mer. Une reine en costume de bain, c’était alors un événement ! Quand la duchesse de Berry, à son tour, eut recours aux bains de Dieppe, en 1824, un coup de canon annonça son entrée dans la mer et l’inspecteur des bains, en habit à la française, l’épée au côté, lui offrit cérémonieusement la main pour ses premiers pas dans l’eau salée.

Dieppe, en 1830, est l’unique plage fréquentée. Nul n’oserait encore, le long des côtes normandes, s’aventurer ailleurs. Mais voici qu’en 1838, un petit village de pêcheurs, à l’embouchure de la Touques, séduit le paysagiste Paul Huet. Un soir, chez Nodier, il le vante à Alexandre Dumas père, qui fait bientôt le voyage et trouve gîte chez la mère Oseraie, pour quarante sous par jour, repas compris.

Un mois plus tard, Dumas, dans tous les cafés du Boulevard, célébrait avec enthousiasme ce petit village, qui s’appelait Trouville. Dieppe était détrônée. La création du premier réseau de chemins de fer, en 1842, allait consacrer la vogue de ces plages, et de bien d’autres encore.

 


 
 

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Publié par Papy-bougnat - dans La "Rétro"
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